Dimanche 26 mai /2

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Julie

Tim s’approche de ses nombreux collègues en me laissant décharger la voiture avec les enfants. Il ne prend que de la glacière pleine de boissons. C’est bien trop lourd pour moi. Après un dernier voyage, je commence moi aussi à saluer nos amis. Serrant les mains des nouveaux que je ne connais pas encore, embrassant nos plus anciens compagnons, sans oublier évidemment les associés de Tim. Tristan réclame déjà mon attention, alors que je viens à peine de disposer sur l’une des tables mes nombreux plats.

— Je finis d’installer nos affaires, Théo et j’arrive. Demande à papa…

— Il boit une bière !

— Deux minutes, dis-je en sortant encore la planche à pain et le couteau.

Je dis bonjour à Sophia, l’une des secrétaires qui vient d’apparaître puis je rejoins Tristan sur la plage. Certains se sont déshabillés, profitant de ce premier dimanche ensoleillé. Mon maillot de bain sous ma robe ne se montrera qu’au milieu d’après-midi, et encore. Pour l’instant je ne me sens pas suffisamment à l’aise.

Les ados se rassemblent près des rochers alors que les plus petits envahissent la place de jeu. Tristan me tend une raquette et nous faisons quelques échanges avant que Tim me rappelle pour m’occuper du repas.

Charlotte

Waouh… ça en fait du monde. J’imaginais une petite entreprise, Manu me parle toujours que de deux ou trois collègues, jamais je n’aurais pensé qu’on soit si nombreux aujourd’hui. Marion nous a vite abandonnés, mais Maxime a un peu de mal. Il attend de voir d’autres garçons taper dans un ballon pour s’en approcher.

Je suis mon mari qui me présente à chaque personne que nous rencontrons, avant de nous attarder près de ses employeurs. Je sens le regard insistant de l’un d’eux et je ne peux m’empêcher de lui sourire. Manu qui ne manque jamais un de mes faux-pas me pince discrètement le bras, me rappelant silencieusement ma promesse. Je ferme les yeux une seconde et me sermonne…

Pas aujourd’hui. Pas ici… C’est pas bien pour Manu… Ni pour moi.

Une voix l’interpelle et Manu nous excuse en nous éloignant :

— Sage, grogne-t-il entre ses dents.

— Je n’ai fait que sourire, détends-toi.

— Je reconnais tous tes sourires, Charlotte, murmure-t-il avant d’enchaîner d’un ton léger : voilà, mon collègue. Tim, voici Charlotte, ma femme.

L’homme qu’il me présente impressionne par sa carrure et son regard, presque austère. Ça contraste avec la bonhomie de mon Manu. Mais ce n’est peut-être qu’une façade. J’ai du mal à être à l’aise, sa poignée de main est franche, mais un je-ne-sais-quoi me dérange. Mentalement, je me demande bien ce que je vais bien pouvoir lui dire pour entretenir la conversation.

— Les enfants se sont éloignés, je te les présenterai après, explique Manu. Et toi ? Tu es tout seul ?

— Non, ma fille est avec les autres près de l’eau sur les rochers, Théo sur le terain de sport et Tristan joue avec ma femme au badminton sur la plage. Tu as besoin d’aide pour décharger ?

— Non, c’est gentil, répond-il. On s’installe où ?

— Je vous ai gardé une place à notre table, dit-il en la désignant d’un geste.

— Hum… ça a l’air délicieux, dis-je en admirant les variétés des plats.

— Ouais… ma femme se débrouille pas mal dans une cuisine.

Pas mal ? répété-je mentalement. Ça semble bien en dessous de la vérité. Encore un modeste !

— C’est… ta femme qui a fait tout ça ? s’étonne Manu.

— Je sais pas trop… Deux ou trois salades… Tu lui demanderas ! Il y a aussi Sophia qui s’est chargée du repas, dit-il en désignant la secrétaire au bout de la table.

— Non, Tim… les salades, cakes et amuse-gueule c’est Lili … moi j’ai apporté l’apéro.

— Ben voilà… Je t’avais dit qu’elle en faisait toujours pour un régiment. Bougez pas, je vais l’appeler.

Manu et moi échangeons un sourire complice. Nous sommes tous les deux impatients de voir à quoi ressemble cette épouse parfaite sortie tout droit des années 50. Il m’avait confié hier soir quelques phrases tirées de leur conversation et on avait la même impression. Tim ne devait plus faire très attention à elle. Mais sans doute qu’elle ne faisait pas beaucoup d’efforts, non plus. Et qu’ils devaient être heureux comme ça.

En plein délire, nous l’avions imaginé avec les bigoudis sur la tête, un tablier autour des hanches et lui portant des Charentaises et fumant la pipe devant une vieille série policière. Puis Manu m’avait dit qu’il ne fumait pas et notre délire était parti dans une direction tout autre. C’était elle qui menait le couple et la famille à la baguette, digne d’un commandant de l’armée, les cheveux coupés courts, le visage dur sans maquillage, une tenue toujours impeccable, sans faux pli, mais pas très féminine.

Nous regardons Tim s’avancer près du lac, j’entoure le cou de mon mari en chuchotant à son oreille :

— La fin du suspense… Alors, blonde ou brune ? Petite ou grande ? Menue ou…

Mes paroles s’interrompent en voyant une blonde absolument divine s’approcher. Ne vous trompez pas, les femmes je les aime comme amie, confidente, copine, mais pas dans mon lit. Elles ne m’attirent pas. Mais là… bonté… c’est une bombe ! Mon regard se perd sur ses longues jambes fuselées, sa taille fine, sa poitrine mise en valeur dans son t-shirt. Son sourire irradie son visage qui reflète la gentillesse. On dirait un ange… mais en plus sexy. Manu ne manque pas le spectacle et sa bouche reste entrouverte quelques secondes. J’ai envie de le taquiner, mais j’avoue que je suis moi aussi sans réaction. Ou plutôt mon regard fixe avec attention chaque geste que cette femme… cette Lili. Elle rassemble ses cheveux en un chignon désorganisé qu’elle maintient avec une pince et clopine, évitant de se faire mal au pied, alors qu’elle tient ses sandales dans la main.

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thalina4
- Je suis un paradoxe ambulant, rétorqua Daisy.

- J’avais remarqué. Le jour où tu as parlé de Coco Chanel et de Sun Zu dans un même sujet, j’ai été bluffé. Encore plus en remarquant que ta playlist va d’Ariana Grande à Metallica en passant par Aerosmith, répondit Matt.

- Comme le disait en effet cette grande dame que je respecte tant, Coco Chanel : « pour être irremplaçable, il faut être différente » ajouta-t-elle.

- Ça tu l’es, ma belle. Et c’est cela qui fait ton charme.


Etudiante en droit et fashionista dans l'âme, Daisy Nod, vingt-ans est une bourgeoise au tempérament bien trempé des beaux quartiers de Manhattan.

Issue de parents très conservateurs et un brin snob, ses relations sont conflictuelles avec ses derniers qui peinent à ce qu’elle se conforme au moule de la petite fille parfaite.

Quand elle rencontre Matt Keller, la pop star internationale aux multiples conquêtes, elle ne s’attendait pas à cette collision amoureuse ni au tourbillon dans lequel il allait la transporter. Leur attraction est immédiate. Leur amour rapide. Peut-être même un peu trop.

Mais leur idylle ne sera pas de tout repos.
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XiscaLB
On dit "jamais deux sans trois", ça vaut aussi pour nos récits ;)
Bienvenue à vous sur ce nouveau 4 mains !
Lecossais et moi vous souhaitons une bonne lecture !
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Rien ne les destinait à se rencontrer.
Militaire de carrière, Julia est caractérielle, indépendante et prête à tout pour se faire respecter.
Responsable Financier d’une ONG, Arthur est rêveur, utopiste et déteste tout ce qui porte une arme ou un treillis.
Le destin les réunit sur le terrain, au milieu des bombes et des réfugiés. La guerre fait rage en Silvanie et ils vont devoir travailler ensemble, mettre de côté leurs différences. Leur objectif commun : sauver le plus de réfugiés possible et leur offrir un espace où vivre et survivre en attendant la fin de la guerre. Et c’est sans doute le seul point sur lequel ils s’entendent.
Malgré une rencontre mouvementée et un contact électrique, il l’énerve autant qu’il l’attire, elle l’agace autant qu’elle l’hypnotise. Elle résiste à tout prix, quand lui ne veut qu’une chose : qu’elle craque.
Tous deux sont bien loin de se douter qu'au-delà de leur attirance mutuelle se joue bien plus. C’est le sort du pays tout entier qui est en jeu, c’est l’avenir de la Silvanie que leurs actions vont influencer. Leur relation survivra-t-elle à tant de pression ?
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Lina2402
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