Mardi 7 mai /1

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Charlotte

— Chéri, tu es encore au bureau ? demandé-je sans plus de manière dès que Manu décrocha.

— Oui… Mais je boucle, je serai à la maison d’ici vingt minutes. Pourquoi ? Tu as besoin de quelque chose ?

— Oui… de toi !

— Charlotte ! soupire-t-il.

Je l’imagine lever les yeux au ciel. Il n’aime pas quand je le taquine ainsi sur son lieu de travail. Surtout que ses collègues ne le connaissent pas encore très bien. Par contre, il se plait beaucoup et me parle souvent de son binôme. J’ai l’impression qu’ils sont déjà potes.

— OK… on attendra que les enfants soient couchés. Tu pourrais t’arrêter en rentrant ? Marion est invitée à un anniversaire demain et il lui faut un cadeau.

— Super ! grogne-t-il. Et je suis censé acheter quoi ?

— Je n’en sais rien… Un truc pour une ado de 13 ans ! Du maquillage, un bon dans un magasin d’habits…

— Je n’aime pas les bons ! Ce n’est pas personnel ! argumente-t-il.

Il a raison. Moi, je trouve cette solution facile, mais ça fait un peu cadeau de dernière minute. Même si dans ce cas, c’est vrai. Je demande à Marion si elle a une idée. En haussant les épaules, elle me montre un roman tout en mimant une prière pour que j’arrive à convaincre son père.

— Notre fille me dit qu’elle adore lire.

— OK… Un livre, avec un bon d’échange ! J’ai repéré une librairie sur le chemin, je m’arrêterai. Et qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Tu as tout ce qu’il faut ?

— Ah… mince. Je me suis occupée du gâteau toute la journée pour l’anniversaire et…

— C’est toi qui le fais ? s’étonne-t-il.

— La maman m’a offert de me payer. Mais j’ai refusé. Ça sera une sorte de carte de visite pour me faire connaître. Je me suis appliquée pour les décors… et j n’ai pas vu l’heure, mon chéri. Je suis désolée.

— OK, j’achète des œufs et du jambon. On fera des crêpes !

— Rien de trop compliqué, j’ai envie de profiter de mon mari… ce soir ! minaudé-je en retournant à la cuisine.

— Charlotte ! soupire-t-il. J’ai eu une journée crevante ! Une nuit tranquille c’est bien aussi de temps en temps.

— Si tu voulais la paix, fallait épouser une nonne, m’exclamé-je.

— Entre une nonne et toi, il y a une moyenne acceptable !

Je pouffe imaginant ses collègues écouter sa conversation.

— Plus d’un homme se plaint que sa femme n’est pas assez chaude, tu ne vas pas regretter que la tienne le soit trop !

— Je ne me plains pas, je demande une pause. À toute à l’heure Charlotte, dit-il pour conclure.

Je le sens pas très à l’aise. Je sais qu’il travaille dans un open space, mais je ne connais pas l’organisation des espaces ? Il faudra que je lui fasse une petite visite-surprise.

La poche à douille dans une main, mon esprit rêve au corps de mon mari et me voilà partie en plein fantasme. J’ouvre la bouche, y dépose une première pointe de meringue, ferme les yeux et imagine que c’est Manu qui vient de me nourrir. Je deviens gourmande, tire la langue, mets une nouvelle dose, penche la tête en arrière, et déguste cet apéritif improvisé que j’aimerais rendre nettement plus sexe. Mon corps s’échauffe, je commence à sucer goulument la douille, comme si c’était la queue de mon homme et faillit m’étouffer lorsque Maxime me surprend :

— C’est pas juste ! Tu m’as interdit de goûter !

Gloups ! Je déglutis. Mon excuse favorite de dire qu’on ne peut pas manger le dessert avant le repas vient de tomber à l’eau. Quelle nouille !

— Je trouvais qu’elle avait un drôle d’aspect. Il fallait que je vérifie.

— Mon œil, marmonne-t-il en retournant au salon tout raconter à sa sœur. Cafeteur !

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