Vendredi 21 décembre / 3

3 minutes de lecture

Julie

Comme je m’y attendais, Tim ne m’a pas félicité ni pour l’accident ni pour le constat à moitié rempli. Après avoir bien examiné l’état du pare-choc, il me tend la carte de visite d’un client carrossier et m’ordonne de l’appeler dès le lundi suivant.

— Je ne dois pas attendre l’accord de l’assurance de… ce monsieur ? demandai-je en cherchant à me souvenir du nom du fautif.

— J’espère pour toi qu’il les a prévenus. Tu vérifieras.

— La veille de Noël ? Tu crois qu’ils travaillent ?

— Le 24 n’est pas férié, Julie ! Il ne faut pas traîner, au contraire, grogne-t-il.

Une preuve supplémentaire de son énervement, jamais il ne m’appelle par mon prénom. Sauf justement quand je fais une bêtise. Sinon, je suis sa Lili-chérie. Enfin Lili ! Le « chérie » ne vient plus très souvent ces derniers temps.

Je m’en veux encore d’avoir été à ce point maladroite mais j’ai conduit longtemps une voiture automatique et ce matin j’ai oublié l’embrayage.

Toutes à mes pensées, je sors la salade du réfrigérateur, deux tomates et un concombre, détache les premières feuilles que je plonge dans l’eau, avant de couper les égumes. Je me penche pour contrôler la cuisson du rôti dans le four et termine de mettre les couverts sur la table. Je prends la carte de visite pour la ranger près du téléphone à l’entrée de la maison et lis attentivement l’adresse de la carrosserie.

— Tu ne préfères pas que j’aille au village ? C’est plus pratique, je pourrais rentrer à pied.

— Il te fournira une voiture de remplacement. C’est l’assurance qui prendra en charge cette dépense, ne t’inquiète pas. C’est un bon client, il faut absolument que tu ailles chez lui.

— Comme tu voudras, dis-je sans discuter. On passe à table dans trente minutes, tu aimerais un apéro ?

— Trente minutes ? On mange tard ce soir, remarque-t-il en jetant un œil à sa montre.

— Mes parents sont venus pour organiser la fête de famille et je n’ai pas vu l’heure.

— OK… Heureusement que je n’ai plus de rendez-vous ce soir. Je veux bien un pastis.

Je place un glaçon dans un verre, remplis la carafe d’eau et m’approche du bar. Je dose l’alcool anisé, y ajoute l’eau fraîche, puis le tends à mon époux confortablement installé dans son fauteuil, son smartphone entre les mains et les yeux rivés à l’écran.

— Y a encore des feuilletés que tu as faits hier ?

— Oui, il m’en reste un peu, mais tu n’auras plus faim pour le repas.

— C’est maintenant que j’ai faim. Juste deux, merci. Et donc cette année, quel est le menu de Noël ?

— Maman a proposé un chapon, elle s’occupe de l’entrée.

— Des huitres ? demande-t-il en salivant.

— Tu sais bien que mon père est allergique. Non, ça sera un foie gras et toast de pain d’épice, une salade et…

— Du foie gras et du chapon ? Je vais encore passer les vacances sur mon vélo à perdre les calories prises chez tes parents, ronchonne-t-il.

— J’ai proposé de faire chez nous, cette année. Maman est de plus en plus fatiguée et ils n’ont pas prévu de sapin puisqu’ils partent en croisière le 26.

— Encore ? Mais c’est chaque année chez nous alors ?

— Je pensais que tu serais content de pouvoir dormir un peu plus longtemps. Si on va chez ma sœur…

— Oh non… pas chez elle. Genève, c’est l’enfer à Noël. Les enfants ont passé une bonne journée ?

— Oui. Théo a été à la patinoire avec l’école, Tristan avait un tournoi sportif au collège et Tiphaine a été au centre commercial cet après-midi avec son amie.

— Hum hum, bien, marmonne mon mari.

Je n’ai pas l’impression qu’il m’écoute encore, mais je laisserai les enfants lui raconter leur journée lorsque nous serons à table. Je suis contente qu’il ne soit pas trop fâché pour Noël. J’aime beaucoup recevoir des amis ou la famille, j’adore cuisiner et pour moi Noël sans sapin ce n’est pas Noël.

Je sors les ingrédients pour faire la sauce à salade en chantonnant sur un air connu qui passe au même moment à la radio.

Annotations

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thalina4
- Je suis un paradoxe ambulant, rétorqua Daisy.

- J’avais remarqué. Le jour où tu as parlé de Coco Chanel et de Sun Zu dans un même sujet, j’ai été bluffé. Encore plus en remarquant que ta playlist va d’Ariana Grande à Metallica en passant par Aerosmith, répondit Matt.

- Comme le disait en effet cette grande dame que je respecte tant, Coco Chanel : « pour être irremplaçable, il faut être différente » ajouta-t-elle.

- Ça tu l’es, ma belle. Et c’est cela qui fait ton charme.


Etudiante en droit et fashionista dans l'âme, Daisy Nod, vingt-ans est une bourgeoise au tempérament bien trempé des beaux quartiers de Manhattan.

Issue de parents très conservateurs et un brin snob, ses relations sont conflictuelles avec ses derniers qui peinent à ce qu’elle se conforme au moule de la petite fille parfaite.

Quand elle rencontre Matt Keller, la pop star internationale aux multiples conquêtes, elle ne s’attendait pas à cette collision amoureuse ni au tourbillon dans lequel il allait la transporter. Leur attraction est immédiate. Leur amour rapide. Peut-être même un peu trop.

Mais leur idylle ne sera pas de tout repos.
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XiscaLB
On dit "jamais deux sans trois", ça vaut aussi pour nos récits ;)
Bienvenue à vous sur ce nouveau 4 mains !
Lecossais et moi vous souhaitons une bonne lecture !
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Rien ne les destinait à se rencontrer.
Militaire de carrière, Julia est caractérielle, indépendante et prête à tout pour se faire respecter.
Responsable Financier d’une ONG, Arthur est rêveur, utopiste et déteste tout ce qui porte une arme ou un treillis.
Le destin les réunit sur le terrain, au milieu des bombes et des réfugiés. La guerre fait rage en Silvanie et ils vont devoir travailler ensemble, mettre de côté leurs différences. Leur objectif commun : sauver le plus de réfugiés possible et leur offrir un espace où vivre et survivre en attendant la fin de la guerre. Et c’est sans doute le seul point sur lequel ils s’entendent.
Malgré une rencontre mouvementée et un contact électrique, il l’énerve autant qu’il l’attire, elle l’agace autant qu’elle l’hypnotise. Elle résiste à tout prix, quand lui ne veut qu’une chose : qu’elle craque.
Tous deux sont bien loin de se douter qu'au-delà de leur attirance mutuelle se joue bien plus. C’est le sort du pays tout entier qui est en jeu, c’est l’avenir de la Silvanie que leurs actions vont influencer. Leur relation survivra-t-elle à tant de pression ?
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Lina2402
Réponse à Feuille blanche

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