II

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Discuter et plaisanter avec Julie étaient aussi évidents que de se balader sur le trottoir brûlant en milieu de journée. D’ailleurs, c’est ce qu’on faisait. Elle parlait, je parlais, et la conversation se déroulait d’elle-même. Je racontais des conneries, elle se marrait.

- Ça te dirait de fumer un joint ?

- Oula ! D’accord. Mais je te préviens, ça monte vite chez moi, je suis pas habitué, et après je dis n’importe quoi ?

- Ça changera pas trop de maintenant alors.

- Ah, Diablesse ! Cette castration verbale soudaine te rend d’autant plus flippante et bandante, je like à mort !

- Pfff, t’es complètement taré !

- Je sais.

On s’est assis dans l’herbe d’un parc et Julie a commencé à rouler. Moi, j’ai posé ma tête sur ses cuisses et me suis allongé.

- Ben dis donc, faut pas te gêner !

- Oh, sois gentille, j’ai la gueule de bois et cette jambe avait l’air si confortable que j’ai pas pu résister. C’est juste génial, on dirait qu’elle a été faite pour moi.

Comme ça d’apparence je faisais le mec super à l’aise, et je l’étais, mais y’avait aussi cette part de moi qui flippait. J’avais pas de bol dans mes histoires. Je me débrouillais bien pour séduire les filles, ça c’est vrai, mais ça durait généralement pas plus d’une soirée. Quand la fille me plaisait, bizarrement, je devenais un « one shot » et comme je m’étais emballé, mon petit cœur en faisait les frais. Dans le fond, je suis un sensible. Et Julie me plaisait terriblement. Je me doutais bien que ça serait pas un truc sur le long terme, mais si ça pouvait durer un peu plus que quelques heures, je prenais. Seigneur Tout-Puissant qui adore jouer avec mes sentiments, faites que Julie ne me zappe pas à la fin de cette journée !

On a fini le joint tranquillement en discutant. Nos visages se sont rapprochés, je lui ai volé un baiser. Julie a pris un air faussement offusqué.

- Hey, tu fais quoi-là ?

- Ben je voulais goûter… C’était pas mal, un parfum de joint sauvage et d’éternité.

Elle a souri et son visage s’est rapproché. Nos bouches se sont rejointes, plus doucement, et nos langues se sont liées d’amitié. Une évidence, un dialogue buccal parfait. Ça nous a chauffés. Des gosses dans le parc nous regardaient.

- Tu habites loin l’écrivain?

- À deux pas. On peut y aller à pied.

Moins de dix minutes plus tard, on était dans la chambre à coucher. C’était toujours aussi chaud et parfait. Mais Julie hésitait… Elle sortait à peine d’une relation et j’étais le premier mec qu’elle rencontrait. Son cerveau ne voulait pas, je me suis arrangé pour que son corps prenne le dessus et remporte le débat. Je suis assez doué pour ça. C’est peut-être pour ça que mes histoires ne durent jamais. Finalement Julie m’a accueilli. Ce qui était flippant, c’est que tout, absolument tout était parfait entre elle et moi. Peu importe sur quel plan se tenait la conversation, la complicité et l’entente étaient incroyables ! Julie avait un vagin fabriqué pour moi. Chaud, humide et serré, ce royaume-là parlait à ma bite dans un dialogue parfait. Julie prenait un pied d’enfer, n’arrêtait pas de parler, ses yeux se révulsaient et son visage devait rouge. J’adorais ça ! J’ai joui en elle. Une explosion de plaisir assoiffé.

Nous avons laissé nos deux corps soudés un moment, le temps de récupérer, puis le langage a pris le relais. J’adorais cette fille, elle me déchaînait. On a pris une douche et on a continué à se marrer. De la voir se rhabiller m’a de nouveau terriblement existé. Je l’ai saisie et on a remis ça, cette fois sur le canapé. Lorsque je le regarde aujourd’hui, persiste encore sur le cuir cette tache, mélange de mouille et d’urine, vestige du plaisir de Julie.

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