Ange.

Une minute de lecture

   Je n’y avais jamais réellement réfléchi. J’ai dû y penser quelques fois, puis j’ai oublié. Peut-être parce que j’étais convaincu que cela n’arrivait qu’aux autres, mais cela arrive à tout le monde ; un proche qui s’en va ou un proche qui, sur le point de s’en aller, perd lentement espoir et déclare sur un lit d’hôpital « c’est finit ». Et quand ce moment arrive on ne peut s’empêcher de pleurer. On pleure discrètement, une larme après l’autre, et on étouffe ses plaintes : on ne veut pas anéantir tous les espoirs. Alors, un peu en riant, un peu sérieusement, on demande « qu’est ce qui est finit ? ». Et soudain le silence est assourdissant, il est lourd. Lourd de réponses à lui seul. Et puisqu’il veut parler on le laisse faire et on essuie nos larmes, toujours furtivement.

Et c’est précisément là que l’on aimerait redevenir un enfant, ignorant ce que le mot mort veut dire, jouant avec les stores de l’hôpital, mangeant ce dont le vieillard n’a pas voulu… D’ailleurs, ce vieillard on ne le voyait jamais mourir. On le voyait vivre éternellement ou bien on repoussait sa fin… éternellement. Mais ce jour où l’on a pleuré, on ouvre les yeux sur la réalité du monde et on ne peut faire que pleurer. Pleurer pour la mort prochaine de son grand-père ou bien la nôtre.

Il s’appelle Ange, et c’est comme d’un ange que je m’en souviendrais.

---------------------

- 3 août 2015

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

Défi
sven123
Réponse au défi de Ceryse : micro-nouvelles semaine 17

jour : vendredi et 2 pour le prix d'une (variation autour de la rémunération)

Et une petite "synthèse" en troisième version.. c'est vendredi, tout est permis
26
51
0
0
Nick Smithee

Dans les méandres des limbes tempétueuses de mon esprit, je trouve refuge au calvaire terrestre, à l'ombre des infâmes pensées qui me hante, caché au creux de l'ennuie, je m'isole et perds pied, mon bonheur s'est enfuit
Je ne chercherai pas à le poursuivre, je laisse l'immonde noirceur faire son labeur, encore un jour de plus, sans but, pour survivre, seul l'arbre infâme auquel je m'adosse ose prétendre me comprendre.
Qui d'autre que ce bourgeon, né au plus profond de l'obscurité de mon âme, peut dire qui je pense être sans que je le sois vraiment, spectateur de ce que d'autre appel la vie, acteur au mil visages, je tomberai le masque de mon démon.
3
2
0
1
Défi
Jonathan Aubé
Marathon poétique 48 / 52
Senteur et mélodie

Je tente ici une réponse avec deux tanka(s). Un pour chaque mot.
8
9
0
0

Vous aimez lire Neverland-Wolves ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0