Aujourd'hui à la boucherie

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   Aujourd’hui comme souvent j’ai attendu ma mère pendant qu’elle achetait je-ne-sais quelle viande - et je me fiche bien de ne pas savoir – à la boucherie du coin. S’il m’avait fallu l’expliquer, les passants n’auraient pas compris pourquoi je me trouvais dehors, et non dedans.

J’ai vu un homme sortir et entrer couvert de sang de la tête aux pieds. Cela n’a choqué personne. J’imagine que travailler dans une boucherie est salissant. Assise dehors entrain d’imaginer toutes les sortes d’horreurs qu’on pouvait trouver à l’intérieur, j’ai songé à ce que les gens auraient pensé si cet homme était sorti de nulle part. Puis j’ai imaginé toute la souffrance qu’il y avait derrière ce sang. J’ai vu la chair rouge d’un animal apeuré qu’une machine égorge en se fichant bien de savoir qu’elle être innocent elle découpe. Cette machine peut être humaine. À cet instant j’ai pris ma tête dans mes mains et je n’ai plus vu que le sol. J’ai aperçu des sacs se balancer d’avant en arrière, porter par des gens peut-être compatissant, peut-être aimant. Des sacs remplis d’animaux morts. Porter par des gens normaux. Je n’ai vu que des cadavres et des gens bien. Comment ces deux choses si opposées peuvent-elles être liées ?

J’ai croisé le regard innocent d’une petite fille qui ignorait qu’elle sortait juste d’un abattoir. D’une morgue. J’ai dit bonjours à ces gens qui portaient des cadavres dont je ne supportais pas la vue. S’il m’avait fallu l’expliquer, auraient-ils compris que je ne supporte plus de voir l’atrocité banalisée ?

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- 28 septembre 2016

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