Sauvage

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   Je me sens tellement petite. Démuni face à une telle beauté. Les arbres sont immenses et semblent me dominer avec leur carrure imposante. La rivière fait sans doute preuve de plus de puissance que moi, glissant ainsi sur les rochers dans un bruissement régulier. Je n'arrive même pas à faire plier le sol, qui reste dur sous mes pas. Ma voix résonne sur ces hautes montagnes qui m’entourent, paraissant m'enlacer. La nature est ainsi faite, elle est le centre de tout et le roc de l'humanité.

   Soudain, alors que mes pensées se perdent dans la beauté du paysage, un inconnu bien inattendu me regarde. Il me fixe de ces yeux noir, incertain. Je me fige, cesse même de respirer et crispe tous mes muscles. Lui non plus ne bouge plus. Nous sommes à quelques mètres l'un de l'autre et seule la peur nous sépare. A cet instant-là, je me demande bien qui de nous deux est le plus apeuré. C'est un prédateur connu dans ces forêts, un prédateur connu pour tuer. Mais je ne peux voir la bête, seulement l'animal. Splendide. Encore plus beau qu'en images. Sa truffe remue légèrement, ses oreilles arrondies sont droites et sa tête haute. Son pelage gris reflète quelques nuances de blancs, apportant un effet de brillance à son poil. Les griffes de ses pattes sont profondément ancrées dans le sol, comme s’il était prêt à bondir.

 Après quelques secondes de face à face, le loup s’éloigne. Ses foulées sont rapides, il n’est bientôt plus qu’une tache noire, au loin. Il disparaît avec la fougue des animaux sauvages. Je comprends alors que c’est tout ce qu’ils resteront à jamais : sauvages. Ni dangereux ni méchant. Juste sauvage.

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- 12 novembre 2015

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