Chapitre 21

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Le général d’Erico regarda par le hublot de la soute la flotte principale disparaître après le saut C-1 vers l’inconnu. Voilà. Les Stériles étaient maintenant en sécurité. Enfin, pas tout à fait. Les vaisseaux usines, sous le commandement du colonel Hencock ne passeraient en mode C-1 que dans une dizaine de minutes. Plus anciens, la manœuvre prenait plus de temps avec ces navires vitaux pour la flotte. Le légionnaire se tourna vers le poste de commandement du Zeus. Le capitaine Oliver trônait sur le fauteuil du Pacha. Fertile lui aussi, il avait pris la décision de couvrir la fuite des Stériles. Il mènerait l’assaut avec les vaisseaux de la Légion depuis le poste Amiral.

  • Général, nous serons à portée de tir dans quelques instants, fit-il en s’adressant à l’hologramme de d’Erico.
  • Merci Amiral Oliver, murmura-t-elle en enfilant son casque. Elle jeta un œil sur les troupes amassées dans les soutes de débarquement. 8 000 légionnaires en armure de combat attendaient ses ordres. Il alluma son transmetteur.
  • Légionnaires, vous avez aujourd’hui choisi de lutter en dehors de la légalité. Vous avez choisi de ne pas soutenir une tentative de génocide. Vous avez pris la terrible décision de désobéir à un gouvernement qui se dit démocratique mais qui en réalité n’est que la façade d’une dictature. Il n’y a qu’une seule issue à cette bataille : notre défaite. Mais une défaite qui sera synonyme de victoire si nous tenons le plus de temps possible. Souvenez-vous de Camerone, de Narvik, de Bir Hakeim, et de Mars… Nous lutterons, jusqu’à ce que la flotte du colonel Hencock soit loin…

Elle se tourna vers le sas. Le spot rouge passa au vert.

  • Légionnaires, aujourd’hui, nous entrerons dans l’oubli, mais avec panache et la conscience libre !

Sans un bruit, les 8000 légionnaires se précipitèrent dans l’espace. Des lasers fusaient de tous côtés. Des explosions nucléaires courbaient les flancs des Galions et des Zeus des deux flottes. Les informations défilaient sur la visière de d’Erico. Les propulseurs dorsaux des armures s’allumèrent et les fantassins furent projetés vers le seul objectif valable : le vaisseau amiral ennemi. Environ 5000 légionnaires prirent d’assaut les soutes de la cible. D’Erico menait la première vague. Elle déboucha les pieds en avant dans la soute pleine de chasseurs se préparant au décollage. En quelques secondes il ne restait que des carcasses fumantes et des rampants fuyants en tous sens. L’ennemi ne s’attendait pas à un abordage. D’Erico et sa troupe habituelle se faufilèrent rapidement dans les étages et les coursives, balayant sur son passage les Marines embarqués pour se retrouver dans la salle de commandement. L’Amiral commença à se lever de son fauteuil mais il fut arrêté par le canon de l’arme du général qui vint se poser sur son front.

  • Si j’étais toi mon ami, je laisserai mes fesses sagement posées sur mon fauteuil…

Elle enleva son casque et fit signe à Carr, Cornwallis, et Mecter de se mettre au travail. En quelques instant la bataille s’acheva par la reddition des Fertiles. Après tout, contrairement aux Stériles ou aux légionnaires, ils avaient quelque chose à perdre.

Hencock alluma l’holocom. Le général d’Erico fumait tranquillement un cigare en jouant avec l’insigne d’Amiral de son ennemi.

  • Bon, Henry, tu as tout le temps que tu veux… fit-elle en lançant l’insigne à Cornwallis qui passait par là.
  • Général, merci. Nous sommes prêts. Nous partons dès que j’en donne l’ordre.
  • Bien, bien, c’est une bonne chose. J’ai perdu beaucoup d’hommes, mais vous êtes en pleine forme, c’est ce qui compte…
  • Et qu’allez-vous devenir général ?
  • Bah, on va aller s’emparer de Mars une bonne fois pour toute. J’ai un vieux compte à régler avec les pourris de cette planète. On va en faire une planète bon chic bon genre, libre, et…" Elle se tourna vers la caméra. "Et toi mon gars, essaye de ne pas trop faire de bêtise là-bas dans les étoiles hein…"
  • Je vais essayer Général… Adieu d’Erico, et merci à vous et à vos hommes. Ainsi qu’à ceux d’Oliver.

D’Erico contempla l’espace vide laissé par la flotte d’Hencock. Peut-être qu’un jour ils reviendraient ces Stériles ? Il fallait qu’ils puissent compter sur une planète amie, sur un peuple ami.

L’alarme résonna dans tous les bâtiments. La voix calme de l’Amiral Oliver grésilla dans les coms :

  • Nombreuses signatures C-1 en provenance de la Terre !

La Mère Légion cracha son cigare. Avec un large sourire elle referma son armure.

  • Les ordres Général ? Demanda d’Oliver en se coulant dans son cocon de protection.
  • On va là où ils ne nous attendent pas. On va prendre Mars !

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