Chapitre 39 : Remous, discussions, cauchemars et révélations, co-épouse ?

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NDA : Amina est victime de cauchemars révélateurs, sans doute dus à sa période taboue !

Jour 32 (semaine 5 – jeudi) Après midi.

### Amina ###

La réunion de licenciement s’était bien passée, restait à voir si le personnel allait accepter le changement. Personnellement j’étais heureuse, d’avoir été vengée de l’insulte de cette femme !

Comme le repas du déjeuner n’était pas dans l’immédiat, Pierre et moi nous décidâmes de retourner au bungalow. Je passais par ma chambre déjà rangée par les domestiques pour me rafraîchir et m’étendre un peu sur mon lit.

Maman venait m’embrasser en sortant de la chambre de Pierre, elle était à peine vêtue et Pierre la suivait en la prenant par la taille, il était torse nu, son sexe était dur dans son short. Maman m’annonçait qu’ils allaient se marier et qu’il n’était donc plus question que Pierre puisse coucher exclusivement avec moi. Maman serait la première coépouse, moi la seconde et Ninah la troisième.

Maman était d’accord que j’aie des enfants de lui et Ninah pourrait rester comme nounou de mes enfants et s’occuper des siens. Je criais que je voulais être la première femme et que maman ne pouvait pas prendre ma place. Ninah ricanait en disant que maman avait la priorité et que je devais être contente que maman ne voulait pas me faire des petits frères ou des petites sœurs. Je criais sur maman et Ninah : Pierre était à moi !

– Amina, réveille-toi ! Tu cries ! Es-tu souffrante ?

– Oh, Pierre c’était un cauchemar ! Merci de m’avoir réveillée !

– Alors rafraîchis-toi et viens on va manger, si tu veux tu pourras me raconter ton rêve.

– Non, Pierre c’est un cauchemar, je veux l’oublier. J’arrive dans quelques minutes !

Je rejoignis Pierre mais le repas ce midi ne passait pas ! Je restais pensive à table sans toucher à la nourriture.

### Pierre ###

J’étais en train de rédiger le compte rendu de la réunion de licenciement de la gérante, j’étais relativement content que cela s’était déroulé sans trop de problèmes. J’espérais que la réunion du personnel ce soir serait qu’un entérinement de la situation, lorsque j’entendis Amina crier dans sa chambre :

– « Non maman, tu ne peux pas épouser Pierre, il est à moi ! » et d’autres phrases confuses avec des mots comme « enfants », « coépouse », « Ninah ».

Je la réveillais de son cauchemar et elle fut heureuse de revenir à la réalité.

Pendant tout le repas, elle resta silencieuse et toucha à peine à la nourriture pourtant excellente. De retour au bungalow je lui suggérais de s’étendre près de moi. On avait encore le temps ; la réunion n’était prévue que vers 15 h 30.

Amina, mit longtemps avant de me révéler l’essentiel de son rêve :

– Pierre, maman veut t’épouser, je ne serai que la seconde épouse. Mais je peux avoir des enfants de toi ! Elle ne veut plus être mère…

– Eh bien, tu ne fais pas dans la dentelle ! C’est vraiment un cauchemar Amina ! Je n’ai pas l’intention de me marier et certainement pas avec ta mère !

– Pierre c’est peut-être un rêve mais dans la réalité, j’ai quand même vu maman qui te serrait passionnément dans ses bras à plusieurs reprises !

– Ce n’est qu’une impression Amina, tu n’es plus dans ton rêve. Calme-toi, reste un peu dans mes bras et détends-toi. On a encore un peu de temps avant la réunion ce soir !

Elle se serra contre moi, caressant mon torse, je sentis des larmes coulant contre mon corps !

– Amina, tu pleures ? Pourquoi ?

– Pierre m’aimes-tu ?

– Oui, Amina je te l’ai déjà dit : je t’aime mais pas pour t’épouser, tu dois trouver un beau congolais qui t’aimera et que tu épouseras si tu lui plais sans détours.

– Non, Pierre je t’ai déjà dit que je te veux toi ! et personne d’autre. Mais toi, préfères-tu Ninah ou moi comme épouse ? Dans mon rêve elle était ta troisième femme !

– Ma troisième femme ? et qui seraient les deux autres ?

– Maman et moi. Maman serait la première et moi, la coépouse. Maman ne voulant plus d’enfants, elle disait que tu pourrais m’en donner autant que tu veux ; elle ne serait pas jalouse !

– Amina, ça serait vraiment un cauchemar pour moi ! Oublies, je ne me vois pas avec trois femmes !

– Mais tu aimes maman !

– Oui j’aime bien ta maman, parce que tu es sa fille !

– Non, je veux dire tu aimes maman, son corps ?

– Pourquoi me demandes-tu cela ?

– J’ai vu ton regard de jouissance lorsque maman se promenait en déshabillé ou en nuisette devant toi !

– Comme toi, tu n’étais pas plus vêtue qu’elle et toutes les deux vous vous amusiez de moi en me faisant bander.

– Maman te fait bander ?

– Oui, tout comme toi, tu es une copie conforme de ta mère en plus jeune, et je suis un homme en bonne santé !

– Si maman te demande de faire l’amour avec elle, tu le ferais ?

– Sans doute. Je suis un grand amateur de sexe, j’ai appris à apprécier la peau africaine avec toi et Ninah. J’aime le sexe sans sentiments.

– Et toi, tu veux baiser maman ?

– Non !

– Mais tu as dit que si maman te le demande, tu accepterais sans doute, maman te l’a demandé ?

– Oui.

– QUOI ? QUAND ? cria-t-elle.

– Ta mère m’a demandé de calmer son désir de sexe, quand je sortais de la douche, le dimanche soir après la visite à l’atelier.

– Tu l’as baisé ?

– Non, je l’ai juste masturbé pour calmer son désir ; c’était dans ta chambre. Je n’avais pas de condom et ta mère non plus !

– Ça t’a plu ?

– Pour dire la vérité : non, j’étais choqué mais je ne voulais pas créer d’incident !

– Et après ?

– Elle est venue un soir à mon hôtel, elle voulait baiser avec un préservatif.

– Et tu l’as fait ?

– Oui.

– Tu as aimé ?

– Je l’ai fait pour rendre service à ta maman ! Mais je n’ai pas pris de plaisir à le faire ni les fois suivantes. Ta mère est traumatisée par l’absence d’homme dans sa vie, elle a été attirée par moi et maintenant elle s’est jetée dans les bras de Jaspar et j’espère qu’il pourra la satisfaire sans se cacher.

– Je comprends, Pierre je suis étonnée qu’elle t’ait demandé ce « service » alors qu’elle me dit régulièrement que je dois rester loin de toi et surtout en dehors de ton lit. Mais je ne suis pas fâché contre toi. Je suis furieux contre ma mère.

– Amina, n’en parle pas avec ta maman ! Pour ton bonheur ! On en discutera ce soir, prépare-toi pour la réunion avec les cadres.

***

### Amina ###

J’étais secoué après mon cauchemar et les révélations de Pierre, en fait j’ai toujours soupçonné que maman désirait Pierre.

Je me promis d’en parler avec lui ce soir. J’allais à la réunion mais je devais faire un gros effort pour me concentrer.

Tous les cadres étaient présents et je sentais une tension dans le regard de certains membres de l’assemblée. Pierre ouvrit la séance et confirma le licenciement de la gérante sans entrer dans les détails des raisons qui avaient amené la direction générale à prendre cette mesure exceptionnelle. Ensuite il lut la lettre de nomination de Madame Togba ce qui suscita quelques applaudissements discrets.

Je notais cependant que quelques cadres affichaient clairement leur réprobation et lorsque Pierre demandait s’il y avait des commentaires ou des questions, quelques-uns demandèrent la parole.

– Qui remplacera Madame Togba à la délégation syndicale ? fut la première question.

– Le choix du représentant syndical dépend des statuts du syndicat répondit Pierre en se tournant vers l’ancienne déléguée.

– La nouvelle déléguée syndicale sera Madame Nzonzi qui était mon bras droit, répondit la nouvelle gérante.

Cette annonce fut également accueillie avec quelques applaudissements et de nombreux sourires. Puis vinrent des questions qui très clairement étaient posées par des sympathisants de l’ancienne gérante. Comme j’avais les fiches de tous les cadres présents, je pris l’initiative de glisser une note à Pierre indiquant qu’ils faisaient partie de la famille de la gérante évincée.

Pierre avait bien pris connaissance de l’information et me remercia d’un regard et répondit avec beaucoup de diplomatie soulignant les manquements graves dans la gestion. Cela calma certains mais je sentis que quelques partisans les plus virulents marquaient à voix basse en lingala leur désaccord. Comme je n’étais pas certaine que Pierre ait compris je me penchais à son oreille pour traduire succinctement. En me penchant je lui touchais la main accidentellement ce qui déclenchait des vibrations dans mon ventre que j’étais heureusement la seule à percevoir. Pierre se tourna vers moi avec un regard dur que je ne lui connaissais pas et dit à voix haute :

– Mademoiselle Traoré veuillez traduire en lingala ce que je vais vous dire maintenant : « La gestion de la gérante allait entraîner la fermeture de l’unité. Sans l’intervention du DRH et de Mademoiselle Traoré ici présente l’affaire eut été pliée ; la direction générale a cependant décidé de donner une chance à cette unité de montrer sa rentabilité sous la direction de la nouvelle gérante assistée de l’expert international et son assistante. Il y a eu par le passé des vols et des détournements de la production et des produits annexes qui n’ont été possibles qu’avec la complicité de certains. La direction espère que ces vols cesseront et que la rentabilité de l’unité sera rétablie. »

Je parvins à traduire sans trop élever la voix car certains avaient déjà compris les paroles de Pierre et commençaient à murmurer leur réprobation. Ma traduction calmait cependant les commentaires et Pierre put exposer les grandes lignes de son plan en me permettant de traduire au fur et à mesure ses paroles.

Ma traduction était bien comprise par les présents et l’atmosphère se détendit rapidement lorsque j’annonçais qu’il n’y aurait pas de licenciements et que les conditions de vie allaient être améliorées.

Je pris la liberté d’ajouter les commentaires que j’avais faits lors de la visite précédente sur l’état déplorable des installations sanitaires et du dispensaire. J’espérais que Pierre comprenait mon langage simple et j’en eus la confirmation lorsqu’il posa discrètement sa main sur ma cuisse, m’incitant à continuer et reprendre en français ce que je venais de dire.

La nouvelle gérante ajouta en clôture de la réunion qu’elle comptait sur la collaboration de tous les cadres pour redresser la situation. La prière de clôture habituelle fut suivie avec beaucoup de ferveur et j’eus la conviction que tout le monde s’était rallié au projet de redressement.

Puis Madame Togba nous invita au dîner avec la nouvelle déléguée et quelques cadres proches de la nouvelle gérante. Pendant le repas je vis que le regard de Pierre s’était radouci et qu’il souriait à nouveau. Il prit quand même la parole pour remercier la nouvelle déléguée syndicale et les présents en exprimant sa confiance dans le redressement de l’unité. Il ajouta que des réunions auraient lieu le lendemain pour entamer les échanges de vues sur les réformes à mettre en place.

En sortant Pierre me félicita pour mon intervention ce qui me fit énormément plaisir car j’avais cru un moment en voyant le regard dur de Pierre qu’il était fâché sur moi, en fait son regard dur était à l’attention de l’assemblée pour bien faire comprendre le sérieux de la situation.

***

De retour dans le bungalow je me rapprochais de Pierre :

– Pierre, je voudrais reprendre la discussion concernant ma mère ; je te répète, je ne suis pas fâchée contre toi. Je comprends que tu n’as pas voulu me parler du désir de sexe de maman. Je le comprends d’autant plus que j’ai le même désir de faire l’amour avec toi. Je suis furieuse de l’hypocrisie de maman, qui voulait me tenir à l’écart de toi, sans doute pour garder l’exclusivité de la relation. Mon cauchemar était peut-être révélateur de la réalité que je n’ai pas vue.

– Amina, me répondit-il, je suis heureux que tu ne sois pas fâchée, mais je ne voulais pas te révéler le comportement de ta mère croyant que son désir était passager et j’espère que la venue de Jaspar mettra une fin à notre relation secrète. Je t’avoue que la dernière fois j’ai failli crier ton nom alors que ta mère me baisait !

– Pierre, dis-moi que tu refuseras maman dans ton lit pour le futur ?

– Oui mais tu devras m’aider ! Tu devras éviter que ta maman se retrouve seule avec moi !

– Cela me paraît facile, je dors avec toi, si maman vient à la villa, elle ne pourra plus t’isoler dans ton lit ou le sien. Je dirais à maman que je te désire ; que je veux t’épouser et avoir des enfants de toi.

– Ce serait beau et merveilleux si cela pouvait se résoudre ainsi ! dit-il.

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