Les nazis sont parmi nous!

4 minutes de lecture

Lammour n’était qu’une micropointe d’un iceberg géant, tellement énorme que l’Himalaya paraissait bien misérable face à lui. Il n’était qu’un petit pion, dans l’échiquier, mais au centre de tout. Pourtant, Edgard me dit d’emblée qu’il n’a pas réussi à creuser bien loin, que très vite il eut des bâtons dans les roues. Il avait à peine commencé son enquête qu’un flot de pressions se fit sentir, tant au niveau de la direction que de sa personne. Ensuite, il commença à recevoir des menaces de mort. Il eut trop peur et arrêta ses investigations, demandant sa mutation.

Il commença son enquête en 2008, après qu’une famille ait été massacrée par une bande skinheads. Bien qu’ils furent rapidement identifiés par les forces de police, toute la bande s’évanouit en l’espace d’une nuit. Ils ne purent en rattraper qu’un, Derek Vigneron, pendant qu’il tentait de passer la frontière vers l’Allemagne. Parmi la bande, il y avait un proche de Frédéric Lammour. Très proche. Frédéric était même le parrain de son aîné. Cependant, la presse et la police minimisèrent l’incidence de cette relation, négligeant donc une belle part de l’enquête. Mais les déclarations du seul prévenu étaient vraiment intrigantes : il parlait de race supérieure. D’une race qui posséderait des super-pouvoirs et régnerait sur l’humanité. Un nouveau Reich, encore plus grand et puissant que ne l’aurait rêvé le Führer.

La cible de leur opération était la petite fille de la famille, Marie, qui d’après leur entourage, disposait d’un don. Elle semblait deviner les choses peu de temps avant qu’elles se produisaient. Sa grand-mère, dans la presse, confirma ses dires. Ils devaient juste récupérer la fille. Croire qu’elle s’était fait enlever par une bande de gitans, en laissant de fausses preuves. Seulement, la nuit de l’opération, le père se réveilla pendant qu’ils s’étaient introduits. Une bagarre éclata, des cris fusèrent. Une balle se perdit dans le noir. Une opération visiblement manquée.

Alors que Derek Vigneron parlait de super-pouvoirs, de nouvelles pièces à conviction firent curieusement leur apparition : le père semblait avoir visiblement des dettes colossales, avait emprunté de l’argent à une organisation mafieuse. Et que selon toute vraisemblance, pour les enquêteurs, cet organisme avait dû engager une bande de voyous pour leur mettre la pression.

Finalement, Derek fut considéré comme fou. L’avocat de la défense plaida la folie, et fit venir un psy qui confirma avec le baratin scientifique habituel que l’on voit dans les films à procès américains. Il fut interné pendant cinq ans. Puis, il fut considéré comme guéri et apte à reprendre une vie normale. Depuis, il a disparu dans la nature, certainement mort. Edgard réussit cependant à obtenir une entrevue pendant son internement. Il divaguait pas mal, était gavé de médocs. Pendant tout l’entretien, il répéta constamment une phrase : « cherchez unglaubliche Kommando. L’opération est toujours en cours, elle n’a jamais été abandonnée, menée en clandestinité. Elle est sur le point d’aboutir, après près de soixante ans de recherche. Cherchez unglaubliche Kommando. »

Edgard enquêta dans tous les sens, étudia toutes les pistes possibles qui s’ouvrirent à lui. Persuadé de la lucidité de Derek, il enquêta sur l’opération unglaubliche Kommando, une vieille opération du culte de Thulé, une société secrète nazie férue d’occulte. Avec ce projet, elle cherchait à créer une armée de personnes dotées de super-pouvoirs. Après sa dissolution par le décret anti société secrète d’Hitler, qui visait principalement les francs-maçons, les recherches furent reprises par un groupuscule de la SS directement sous les ordres d’Herman Göring. Officiellement, ces recherches furent abandonnées en 1945 peu avant la capitulation allemande, mais les personnes chargées de l’opération disparurent en ne laissant aucune trace. Des rumeurs circulèrent sur une possible fuite en Amérique du Sud, mais personne ne put le confirmer.

D’un autre côté, il continua à chercher du côté de Lammour et des relations communes avec ce skinhead. Lammour commençait déjà à faire doucement polémique à l’époque, même si ces propos étaient nettement moins virulents à l’époque. En grattant ses relations dans la sphère privée, Friendley se rendit compte que Lammour fricotait avec le tout le gratin de l’extrême droite européenne. Jamais en public, où il ne s’affichait jamais avec eux, ne prenant même pas le risque d’inviter l’un d’entre eux sur les plateaux de radio qu’il animait. En privé, c’était une tout autre chose. Il se rendait à des rencontres privées régulièrement dans toute l’Europe. Même si certains de ces mouvements semblaient en totale opposition avec d’autres en façade, derrière le rideau ils semblaient copains comme cochon.

Il se rendit compte ensuite que Lammour n’était pas le seul électron interconnecté à toute la fachosphère. Il était même un homme parmi tant d’autres. Des tas de personnes du gratin gravitaient dans les mêmes cercles : des hommes politiques d’autres mouvements, des hommes d’affaires, des médias, de la recherche scientifique… Ils se retrouvaient dans toutes les couches de la société, comme si une société invisible et tentaculaire s’était infiltrée dans tous les recoins de notre planète.

Il se rendit compte que dans toute l’Europe des personnes qui fascinaient leur entourage par une capacité hors du commun se faisaient régulièrement enlever ou tuer. De temps à autre, certains témoins parlaient de skinheads, mais ces témoignages se rétractaient dès le lendemain. On perdit toute trace des disparus, comme s’ils s’étaient volatilisés. Mais il ne put jamais trouver des informations concrètes sur ce fameux projet unglaubliche Kommando.

Il publia un premier papier sur Lammour et son entourage, promettant de continuer à divulguer régulièrement ses recherches. Il eut tellement d’emmerdes qu’il se retira officiellement, demandant sa mutation. Mais il continua ses recherches en secret. Depuis presque sept ans maintenant, Edgard tentait de relier tous les points, de mettre à jour cette grande conspiration. Il découvrait de nouveaux noms tous les jours. Le travail était titanesque et n’était pas sur le point de s’arrêter. Il recevait presque tous les jours de nouveaux documents de toute l’Europe et n’en avait épluché même pas le dixième.

Ayant fini le gros de son histoire, Edgard s’arrête de parler et me laisse digérer toutes les infos pendant quelques minutes. Ce qu’il venait de me dire me paraissait si gros, si énorme que c’en était presque ridicule. Il devina ma pensée.

« Non, ce n’est pas ridicule. C’est extrêmement bien conçu et pensé. Il faut bien gratter derrière les façades. Elles sont toutes trompeuses. Ne dit-on pas que l’habit ne fait pas le moine ? Je peux prouver tout ce que j’avance. Les preuves sont là, parmi nous. »

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
J. Atarashi

Comment ne pas commencer ce défi par un grand classique, à savoir la liste de ce que j'emporterais pour survivre sur une île déserte.
Pas question de tricher, nous parlons bien d'y survivre pour une durée indéterminée et somme toute relativement longue. Exit donc l'iPhone, la crème solaire - je ne vais tout de même pas en emporter un tonneau - ou même la trousse de secours qui ne tiendra pas une année.
J'ai décidé de me limiter à dix objets. Dix parce que ça oblige à choisir.
Alors avant tout bien sûr, le couteau de survie. Le plus beau, le plus gros, façon Rambo ou Lara Croft (j'sais plus ... elle a un couteau ou juste ses flingues :) ?). Celui avec lequel on peut couper, scier, hacher menu, pecher, allumer du feu.
C'est mon côté pragmatique et aventurière.
Et puis je ne me vois pas découper les racines ou dépiauter les lapins avec mes dents.
En deux, une casserole. Ca y est, j'entends déjà les sarcasmes, genre "c'est bien un truc de nana, pourquoi pas un micro-onde tant qu'elle y est ?". Eh bien oui, ça me paraît totalement indispensable de pouvoir disposer d'un récipient, aussi bien pour recueillir un liquide que pour le conserver, pour le faire bouillir ou pour cuire les aliments.
Allez, pour faire taire les sarcasmes, on va mettre ça sur mon côté gourmande.
En trois, même si mon couteau de Mimi Rambi est censé pouvoir tout faire, un moyen de secours pour faire du feu. Là il faut que je potasse un peu les sites ou bouquins de survie, il doit bien exister quelque chose d'inépuisable, genre pierre à feu ou que sais-je, qui durera 20 ans s'il le faut.
Je crois que je pourrais vivre sans électricité, mais pas sans feu.
Mettez ça sur le compte de mon côté froussarde :)
En quatre, une photo de mes proches. Je sais, ça paraît complètement incongru. C'est pour les coups de blues, pour booster mon moral. Toute petite, mon Papa voyageait énormément et quand il s'absentait longtemps, j'étais horriblement inquiète à l'idée d'oublier son visage.
Je ne veux pas prendre ce risque.
C'est mon côté sentimental.
En cinq, une petite tente très solide. Pour avoir un minimum de confort, pour me protéger des insectes que j'ai en horreur, pour recueillir l'eau de pluie aussi.
Et parce que j'assume mon côté chochotte embourgeoisée :)
En six, une bobinne de ficelle bien solide. Je suppose que ça peut servir à un tas de chose.
En sept, un trrrès grand carnet et des crayons. Bon je sais, je triche un peu, ça fait plusieurs objets. Alors on va dire de quoi écrire. Si on me retrouve vivante, je veux pouvoir me souvenir et raconter mon histoire ... et si on m'y retrouve à l'état de squelette, je veux pouvoir laisser une trace et écrire aux gens que j'aime ... que je les aime.
En huit, une tenue fonctionnelle et adaptée aux conditions. Pas par coqueterie. Si je me vois très bien survivre nue au soleil, je ne m'imagine pas du tout braver le mauvais temps ou même un soleil de plomb du matin au soir. Et puis relever les collets ou chasser le lapin les fesses à l'air avec un couteau de rambo, je trouve que ça ne le fait pas.
En neuf, un livre. Je ne sais pas encore lequel. Quelque chose que je puisse lire et relire, et relire encore. Je vais y réfléchir.
En dix, un s**toy. Un beau, durable, multifonctionnel et bien entendu sans piles. Pour faire rire celles et ceux qui m'ont lue jusqu'ici mais aussi parce que le plaisir ça compte aussi. Et parce qu'il faut pouvoir s'occuper une fois la nuit tombée, vous vous imaginez lire pour la trentième fois le même bouquin à la lueur d'un feu ?
Et vous, qu'en pensez-vous ?
Qu'est-ce que vous changeriez à ma liste ?
Y a-til des choses que vous laisseriez, pour les remplacer par d'autres ?
15
42
13
5
François Rocher
Réfléchissons ensemble à comment l'amour, l'humour et la paix sont en train de métamorphoser notre vision du monde, en nous permettant d'ouvrir notre cœur. Ils permettent de faire évoluer chaque cellule de notre âme et de la société toute entière. Nous ne parlons pas seulement de l'amour pour un compagnon de vie, mais de l'amour universel pour l'ensemble du vivant, cet amour sans limite qui nous amène à redécouvrir chaque seconde, la meilleure version de nous même.
18
10
14
39
Défi
yukosan

Si tu me prends à deux mains, je te serai plus utile.
Une fois, l'un d'eux m'a lancé "quel canon!". Si je le pouvais, j'en aurais rougi.
C'est non sans fierté, que lorsque tu me titilles, j'expulse bruyamment ce qui me brûlait de l'intérieur.
Si tu es habile, en une fraction de seconde, je répondrai à ton désir.
Laisse-moi devant toi et soulève moi légèrement.
Ecarte les jambes, penche toi en avant, reste concentré, aggripe-toi à moi et détend toi.
4
39
2
0

Vous aimez lire Greg "LeGreg" Siebrand ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0