La petite mort

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Comment leur relation va-t-elle évoluer ? Il se méfie tellement de sa mère. Elle peut être envahissante, intrusive, indiscrète. Alban n'a pas l'intention de gâcher cette histoire d'amour naissante. C'est le premier weekend qu'il passe seul sans Gabrielle. Désormais, son boulot passe au second plan. Il est prêt pour une relation durable.

À midi, sa mère arrive, comme prévu, pour déjeuner avec lui.

  • Tu as acheté des plats chez le traiteur ? Tu as bien fait, on va se régaler !

Alban ne dit rien, il jubile intérieurement. Ils s'installent. Sa mère lui raconte son séjour à Gréoux les Bains, ses longues balades au bord de l'eau, les excursions en car auxquelles elle s'est inscrite.

  • Pour la première fois de ma vie, j'apprécie de sortir de chez moi, de profiter, de rencontrer des gens, tu te rends compte?
  • C'est formidable ! En plus le sud est vraiment une destination ressourçante, loin de la grisaille parisienne. Je suis très content pour toi. Finalement, tous les deux nous amorçons un virage important de notre vie !
  • Pourquoi dis-tu ça, chéri ?
  • Car tu es transformée, je trouve ! Et moi, aussi, j'ai changé en trois semaines, tu ne trouves pas ?
  • Si, maintenant, que tu le dis, je te trouve moins nerveux, plus calme. Une raison à cela ?
  • Oui, j'ai fait une rencontre, mais je t'en dirai plus quand ma relation sera solide, tu sais bien que je préfère avancer seul d'abord avant de me précipiter à te la présenter !

C'est plus fort qu'elle, sa mère le bombarde de questions :

  • Elle est seule, grande, brune, a un bon métier, sait faire le ménage, elle me plaira ?
  • Arrête avec tes questions, maman, tu verras bien ! Je peux te dire que je suis amoureux.
  • Ah, ah, voilà une bonne nouvelle, bravo mon fils, je me languis de la voir ! Moi aussi, j'ai une confidence à te faire ! J'ai fait la connaissance d'un charmant célibataire de soixante-ans pendant mon séjour. Il habite le Gers, il va venir me voir dimanche !!!
  • Eh bien, toi qui n'aimes pas précipiter les choses et qui me conseilles de toujours réfléchir, au risque de laisser passer une belle occasion, tu vas un peu vite, non ? Tu l'as déjà invité ? Es-tu sûre que c'est un homme bien, que sais-tu de lui ?
  • Alban, ne fais pas ton fils protecteur, ta mère sait bien ce qu'elle a à faire, j'ai perdu trop de temps, ma solitude me pèse, il faut bien que je m'amuse, moi aussi !
  • D'accord, nous verrons bien quelle tournure cette rencontre prendra. Tu me le présenteras ?
  • Pas tout de suite ! Laissons le temps au temps.
  • Tu m'intrigues, tout de même, le premier homme que tu acceptes après papa ! À soixante-dix ans !!
  • L'âge n'est pas un problème, il est vaillant, a randonné toute sa vie, il a une belle allure , il m'a conquise ! Alban, ces plats sont merveilleusement bons, il faut absolument que tu me donnes l'adresse de ce traiteur pour dimanche !!
  • C'est moi qui les ai préparés.

La bouche arrondie par la surprise, elle réplique :

  • Chapeau, je ne te serais pas cru capable de cela.
  • En effet, quelqu'un m'a aidé, c'est la femme dont je t'ai parlé.
  • Au fait, as-tu trouvé une employée ?
  • Oui ! Elle a déjà commencé, je suis très satisfait, je te la présenterai. Plus besoin de venir faire le ménage chez moi, tu peux profiter de ta nouvelle relation amoureuse ! Je sens qu'on va avoir beaucoup de choses à se raconter !
  • En effet, je suis contente de passer à autre chose, merci Alban pour cette idée de cure thermale.

Le repas terminé, Alban raccompagne sa mère chez elle. Il pousse un grand soupir de soulagement. Tout s'est passé à merveille, les plats lui ont plu, il a réussi à stopper sa curiosité concernant Gabrielle. Il a obtenu un répit. Sa nouvelle rencontre y est pour quelque chose. Enfin, sa mère va s'occuper d'elle et non de sa vie.

N'était-ce pas ce qu'il souhaitait ?

Le dimanche, n'ayant rien à faire de particulier, il échange quelques textos avec Gabrielle, qui de son côté, organise une sortie au cinéma avec son fils. L'après-midi arrive vite. Il décide d'aller voir sa mère. Après tout, il a ses clés, elle ne s'est pas gênée pour venir quelquefois sans prévenir, et sa curiosité est trop grande.

Dès l'entrée, il sent que quelque chose d'inhabituel se passe, il a un pressentiment, il sent qu'il arrive au mauvais moment. N'avait-il pas vécu cela lui aussi ?

Dans la salle à manger, personne. Dans la cuisine, personne. À pas feutrés, il avance dans le vestibule et rejoint la chambre de sa mère. Il entend des gémissements.

Là, sur le lit, sa mère, nue, allongée sur le dos, ferme les yeux. Un homme dont ne voit que le dos lèche son clitoris avec vigueur, tout en disant des mots crus. Les cris de sa mère se font entendre. Elle lui murmure : " Ne t'arrête pas !".

Ce qui est le plus extraordinaire, c'est qu'ils ne sont pas seuls : un autre homme caresse ses seins, sa mère lui prend son sexe et le suce avidement. Deux soixantenaires dans la chambre de sa mère s'évertuent à la faire jouir.

Alban rebrousse chemin, et s'en va aussi vite et discrètement que possible.

Abasourdi, il descend au café d'en bas s'offrir un petit remontant.

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Adrien de saint-Alban

Un peu inquiet et fébrile, je cherche ma place toute désignée avec l'étiquette sur laquelle est gravée mon patronyme.Je passe d'une travée à l'autre cherchant, espérant voir mon nom et mon matricule de candidat sur le coin d'une table.
J'aime cette atmosphère d'examen. Un parfum indescriptible qui me ramene à mon adolescence régne dans la salle. Ce parfum qui n'a pas changé depuis des siècles. Ce parfum des ambiances de concours et d'émulation. Dehors,la chaleur d'une journée d'été sonne le glas d'une année de labeur. La libération est au bout aussi bien pour l'ouvrier que pour le lycéen que j'étais. J'allais dire adieu à la hierarchie, à l'autorité, à la prison. L'ultime effort vers la liberté. J'entend déjà le bruit des vagues qui viennent mourir sur le sable. Je goute déjà à la joie des baisers sucrés des chaudes nuits d'été. Les années soixante dix disparues à jamais. Elles m'ont laché. Je les regarde s'éloigner, sans jamais pouvoir les retenir. Mon père me frappait. Mon bagne, c'était le grenier où il s'acharnait à m'y enfermer. Je me mettais sur la pointe des pieds pour regarder le coin de ciel bleu à travers la petite lucarne. Seule issue vers l'extérieur. Un petit bout de liberté. Il n'y avait pas d'arbre pour bercer sa palme. J'imaginais la vie sans moi. A force de jouer les Jean Valjean à répétition par la volonté de mon père, je finissais par connaitre les moindres recoins du grenier. J'explorais. Je jouais à Indiana Jones. J'espérais trouver un trésor. Oh, modeste trésor! Tout au moins un jouet exceptionnel que les anciens locataires auraient pu laisser et qui aurait satisfait mon imagination. Seuls le bruit des voitures me renseignaient que la vie dehors continuait sans moi. Ces temps de de puberté intellectuelle. Un passage obligé. Aurai-je le bac? Les vacances.
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Je me souviens de Monsieur Legrand, l’instituteur du CP qui m’avait pris en charge. C’était un passionné de moto. Il avait une grosse cylindrée et roulait en ds noire. La voiture à la mode Ah, Monsieur Legrand comme c’est drôle! Il était petit et trapu. C’était un fougueux. Il était redoutable et il était redouté. Il avait toujours une mèche rebelle sur le front qui retombait à chaque mouvement de la tête. Une tête passionnée. Il était instit dans son âme et dans son corps.
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Mon nom commence par la lettre M. Je me fraie un passage parmi la foule des candidats pour trouver la salle dans laquelle je dirai ce que je pense de la littérture française. Je suis venu avec quelques livres dont les "trois contes" de Flaubert usé jusqu'à la corde à force dêtre lu et "l'étranger" de Camus.
Dans certains cultures africaines, on impose aux jeunes gens certaines épreuves endurantes et parfois fort pénibles. Ces rites initiatiques le font passer de l'adolescence à l'âge adulte par des éxercices de chasse périlleux. Ces rites structurent la vie du futur chasseur appelé à reproduire une culture et un mode de vie légué pr les ancêtres.
Le baccalaureat occupe une place centrale dans la psychée française. Le système élitiste a pendant longtemps écarté les enfants d'ouvriers du droit au savoir. Seule, une catégorie sociale avait le droit de se reproduire, laissant ainsi la majorité de la population dans la pauvreté intellectuelle et économique.
A quelle aune doit juger qu'une société est plus avancée qu'une autre?
La société africaine soucieuse de chacun de ses membres ou la société occidentale où l'homme n'est qu'une marchandise comme une autre?
Je me fous du bac.
Adrien de saint-Alban
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Aline Lopes

Quand j'étais petite, ma grand - mère m'interdisait d'ouvrir la porte de la cave.
Maintenant qu'elle était décédée, je me demandais pourquoi elle ne voulait pas que j'ouvre cette porte.
Qu'est ce qu'il y avait derrière cette porte pour que je l'ouvre pas ? Un monstre, un esprit maléfique ou d'autres cadavres du passé ?
Alors au lieu de commencer par la cuisine, je décidais de commencer par les autres pièces. On commença par le grenier et au fur et à mesure du  demenagement, je remarquais un drôle de bouquin sur le plaquard de ma grand - mère. Il était remplit de formules magiques et de drôles de noms de démons.
Mais qui était - elle ? Une sorcière ? Non pas elle.
J'étais sous le choc, je venais de découvrir le secret de ma grand - mère. Mais pourquoi m'avait - elle rien dit avant de mourir
Quand la journée fut finis, je franchis le seuil de ma chambre d'enfant, je me revoyais ma grand - mère qui me racontait de drôles histoires de gentilles sorcières qui combattant de méchants monstres. Puis Paul me bouscula en me demandant si j'allais bien.
Je n'arrivais pas à fermer les yeux de la nuit. J'entendais encore cette voix qui me disait qu'il ne fallait pas que j'aille ouvrir la porte de la cave.  Mais plus cette voix me disait de ne pas le faire et plus ma curiosité me convaquait du contraire. Alors je pris mon courage à deux et je m'écartais délicatement de Paul pour aller voir.
En fouillant un peu partout dans la cuisine, je découvrais où ma grand - mère avait caché la clé de cette mystèrieuse porte . Elle l'avait caché sous un tirroir de la cuisine. La clé en main, je me revoyais devant cette porte, en lui demandant pourquoi je ne devais jamais ouvrir cette porte, qui pour moi étais un véritable mystère. Elle me répondait:
" Tu est trop petite pour comprendre. Bientôt tu le seras. "
Durant tout ce temps, ma grand - mère me parlait de monstres et autres sortilèges mais je comprenais pas pourquoi. Maintenant si. Bien décidé à ouvrir cette porte, je pris la clé et je remontais me coucher.
Au petit déjeuner, Paul remarquait que la cuisine était en bazar et il m'avait demandé si il y avait eu une tornade qui était passé dans la cuisine durant la nuit. Je lui répondais que je cherchais un couteau pour nous protéger d'éventuels cambriolleurs qui auraient pu venir dans la maison.
Mon dieu quel mensonge!!
Durant toute la durée du déménagement, j'avais la clé de cette mystèrieuse porte au tour de mon cou, de ce secret que ma grand- mère avait gardé en elle durant toute ces années.
Jusqu'au moment où ce fut le tour de cette pièce.
Très poliment, je demandais à Paul de rentrer chez nous et que je m'occuperais seule de cette pièce. Il accepta. Le lendemain, après qu'il est pris un taxi pour l'aéroport, je partais vers la cuisine et je serrais très fortement la clé de la cave qui été attaché au tour de mon cou. Arrivée devant la porte, ma main se mit à trembler. La peur m'envahit.
Je revoyais à nouveau ma grand - mère qui me disait de ne pas ouvrir cette porte. Je pris une grande bouffée d'oxygène et enfonça la clé dans la serrure, puis j'entendais un grognement derrière la porte. La porte était à peine ouverte que je sentis une force envahir mon corps. Je mis ma main sur la porte et j'allumais ma lampe torche. Rien.
Soudain le grognement reprit, la peur m'envahit. Doucement je descendais les marches et le bruit se faisait plus présent. Arriver au centre de la pièce, je ne voyais rien d'autre que des pots de confitures vides et un étrange symbole fait à la craie sur le mur. Puis petit à petit, je me souvenais ce qu'elle me disait avant de m'endormir. Une histoire étrange entre une gentille sorcière et un vilain monstre qui mangeait les âmes.
Avec mon téléphone, je pris une photo du symbole et le rechercha dans le livre pour voir si il n'y avait pas de formule magique pour le faire disparaître. Aucune ressemblance avec la photo. Puis je repensais aux amies de ma grand - mère, peut - être qu'elles savaient ce que c'était ?
Au lendemain de cette découverte, je décidait de parcourir le répertoire téléphonique de ma grand - mère et je vis qu'à côté des prénoms " Décédées ". Quel poisse!
Comment faire maintenant ? 
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Nounours


Tu dois hurler dans un dialecte que seuls les loups peuvent entendre. Tes doigts s’agrippent aux barreaux du lit tandis que tes pieds s’étirent de toutes leurs forces. Crie de douleur sur ce dessein qui t’es attribué, laisse ruisseler sur tes pommettes le flot d’un malheur continu à la fois démesuré et sans présages. Au plus haut de ta souffrance, à peine as-tu atteint son pic, sans patience ni espoir pour atténuer cette névrose vicérale, tu verras devant tes yeux apparaître une figure éphémère qui t’enseignera ton tout dernier ressort. Après quelques temps de réflexion avec ou sans rationalité sur cette nouvelle hypnose biblique, tu finiras par écouter les paroles de tes proches, et de ton néant existentiel surgira la croyance qu’un jour le soleil s’élèvera au-dessus de ton corps dans un silence de mort, apportant avec lui l’harmonie autre fois subjuguée par la cause de ta folie romanesque. Il t’importe peu de savoir si cette prophétie philosophique s’accomplira tant et aussi longtemps qu’elle donne à ton âme le droit de prolonger sa danse mystique. C’est ainsi que les revirements et tous les autres délires du cœur s’émancipent dans un calme de tempête : d’un corps à un autre, d’un prénom au suivant, sans l’ombre d’un détour vers l’arrière et sous la pression insipide des pendules qui nous poussent à « continuer aveuglément. »


Aux nuages éphémères qui se hissent si haut,
Dont la blancheur illumine le trouble des eaux,
Valsent sous des formes apaisantes,
D’une bourrasque à une autre, d’une voile à une autre,
En une scène théâtrale innocente.
Ils s’évaporent aussi vite,
Que chaque souci des marins perdus.

- Nounours Lelion
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