Une de perdue, dix de retrouvées.

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Sa mère est déjà de retour ! Ce bonheur, ce moment de plénitude qu'il vient d'atteindre ne doit pas être gâché par sa mère. Bien que bienveillante et soucieuse du bien-être de son fils, elle a tendance à être agressive, voire jalouse lorsqu'Alban lui présente une nouvelle compagne.

Les trois femmes qu'il a fréquentées quelques mois ont montré beaucoup de patience vis-à-vis des coups bas de sa mère.

La première a dû supporter ses critiques sur ses tenues trop sexy. Rien ne trouvait grâce à ses yeux, ni les boots en cuir blanc à talons aiguilles décorées de boucles argentées, ni les mini-jupes laissant dévoiler un peu plus que ses cuisses, ni les décolletés plongeants sur lesquels les yeux d'Alban louchaient à longueur de journée.

La deuxième était incapable de s'occuper du ménage correctement. Lorsque sa mère venait leur rendre visite, elle poussait de grands cris devant la cuisine en désordre, les coussins et les verres qui traînaient au salon, la vaisselle sale de la veille encore dans l'évier.

Certaine de devoir accomplir une fois de plus ces tâches elle-même, elle venait plusieurs fois par semaine, et même à une heure indue, pour faire le ménage.

Elle ne prévenait pas, utilisait son propre trousseau de clés. Un jour, elle fit tout un esclandre. À son arrivée, les deux tourtereaux, qui ne l'avaient pas entendue, étaient en pleine action sur le canapé, la femme en tenue de Wonder Woman pour l'occasion, jambes écartées, poussant moult cris sous les assauts d'Alban, ce qui permit à sa mère de voir ses fesses qu'elle n'avait plus vues depuis qu'il avait 10 ans.

La troisième femme qu'il a fréquentée n'avait pas de diplôme, et pour sa mère cela était inconcevable. Même si sexuellement ils s'éclataient vraiment, avaient expérimenté toutes les positions et toutes les pièces de l'appartement, sa conversation était pauvre et lors des repas familiaux on ressentait un terrible malaise qui ne s'est jamais dissipé.

Après chaque rupture, sa mère tentait de le rassurer avec cette phrase : "Une de perdue, dix de retrouvées" qui l'horripilait. C'était vraiment pénible.

Alban réalise à quel point son emprise nuit à sa vie privée.

Lui seul doit savoir quelle femme lui convient et s'opposer s'il le faut aux désirs de sa maman.

Gabrielle n'est pas comme les autres. Avec elle, ce sera différent.

Sa relation avec son employée n'en est qu'à ses prémices. Il a l'intention de dire à sa mère qu'il a trouvé la personne idéale. Il laissera passer quelques semaines avant de faire les présentations officielles, erreur qu'il a faite autrefois. L'annoncer maintenant semblerait pour le moins précipité. Cette femme-là mérite qu'on prenne le temps de la découvrir.

Ils sortirent du jacuzzi, serrés l'un contre l'autre, et prolongèrent leurs ébats dans la chambre. Gabrielle prit l'initiative de s'asseoir sur lui. Un préservatif recouvrit le pénis d'Alban tout tendu de désir. Ses va-et-vient sur son sexe, de plus en plus rapides, accompagnés de gémissements, lui procurèrent un plaisir intense. Ils étaient en parfaite communion, haletant de concert sur ce lit qui n'attendait que ça : deux êtres unis par l'amour, comme une évidence, une belle histoire en devenir.

21H30. Gabrielle, lovée contre le corps chaud, transpirant de son nouvel amant, a oublié le repas. Alban, alangui dans les bras de sa belle, n'a pas songé à manger. Ce fut une délicieuse salade de riz aux crevettes qui marqua leur premier repas en commun. Et aucun d'eux ne se plaignit.

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24 janvier 2010, 18:47
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