Une sensation dix fois plus intense.

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Alban n'arrive plus à considérer Gabrielle comme une simple employée ordinaire. Que lui arrive-t-il ?

Le matin, il pense à elle, le midi il se languit d'être chez lui le soir, la nuit c'est le corps mince et ferme de cette femme qui occupe son esprit.

Hier, son associé au boulot lui a fait des remarques désagréables.

- Oh Alban, tu m'écoutes ? Un gros contrat est en jeu. Dis-moi si ce dossier te soûle. Je m'en occuperai tout seul. Ce client attend une réponse depuis plusieurs jours. Tu n'as pas l'air très préoccupé par la situation. Moi, si.

- Désolé. Je vais y réfléchir à tête reposée chez moi. Je te dirai demain.

- Tu rentres déjà chez toi ! Alban, il y a quelque chose qui cloche. Tu deviens vraiment trop casanier. Ça ne colle pas avec notre job. Tu vas connaître le revers de la médaille ... Ça va faire mal.

- Je sature un peu en ce moment. J'ai besoin de recul. Cinq ans à trimer comme un fou, pas de loisirs. Le stress prend le dessus, je crois, dit Alban en se passant les mains dans les cheveux d'un air impatient.

- OK. À demain alors.

Alban ne va pas prendre le risque de se confier à Jean-Michel, bien qu'il en ait très envie. Pour une fois, il aurait bien écouté les conseils d' "experts" de ses collègues en matière de sexe.

Il a passé des heures à écouter leurs railleries sur les filles qui n'osaient pas prendre leur sexe dans leur main, qui refusaient la pénétration après trois mois de relation, ou encore celles qui mordaient leur sexe pendant la fellation, ce qui gâchait un peu la soirée.

II a trop peur de prendre des initiatives et d'être éconduit. L'échec amoureux le guette.

Son manque d'assurance le rend encore plus nerveux. C'est comme un cercle vicieux. Il se demande comment faire pour qu'une relation réussisse.

Est-ce qu'il a envie de Gabrielle ? Oui, trois fois oui. Mais elle, sérieuse et bien éduquée, ne prendra aucun risque. Elle a besoin de ce travail, aucun faux pas n'est envisageable. La balle est dans son camp, s'il veut que les choses changent. D'autant plus qu'elle ne sait rien de ses tourments.

Ce soir, au menu : crevettes flambées au cognac, riz aux poivrons, crème caramel. Ses papilles s'en délectent par avance.

Gabrielle s'active dans sa chambre, on est lundi, elle nettoie le jacuzzi.

Il ne l'a même pas utilisé ce weekend. À quoi bon, tout seul dans l'eau chaude à fantasmer sur des situations hypothétiques qu'il est incapable de réaliser.

Aujourd'hui, elle a mis un body en coton gris, deux nattes sont nouées dans son dos. Son short en molleton assorti lui moule les fesses.

Il se rend dans sa chambre. Le jacuzzi est nickel, l'eau propre miroite, la vapeur s'élève vers le plafond, comme un appel à la langueur.

Il est 18h45. Alban ne travaille pas. Pour la première fois de sa vie, le dossier qui peut lui rapporter trente pour cent sur une vente traîne sur le bureau. Il vide d'une traite son verre de cognac. La tête lui tourne. Il est prêt à dire la phrase qu'il s'est répétée en boucle toute la journée .

Une proposition anodine qui en vérité ne l'est pas. Il doit évaluer les risques. Selon la réaction de Gabrielle, son employée reste ou bien elle s'en va en claquant la porte devant son attitude insensée et inconvenante. Deux scénarios qui peuvent influer sur sa vie future.

Appuyé contre le chambranle de la porte, le sourire aux lèvres, il se lance :

  • Que diriez-vous d'une petite immersion dans mon jacuzzi ? Personne n'y est allé ce week-end.

Elle se retourne. Ses yeux noirs le regardent d'un air étonné, sa main munie d'une éponge s'arrête en plein geste.

  • Oui, il était propre. Ça me plairait bien. Je ne veux pas que vous pensiez que je suis une profiteuse. Il reste un quart d'heure avant la préparation du repas.
  • Prenez votre temps, je peux quand même m'occuper de la cuisson du riz. C'est à ma portée, je crois.

Elle rit. Ses dents blanches et bien alignées apparaissent.

  • C'est vraiment gentil de votre part. C'est moi qui suis censée organiser votre dîner. Ça me gêne, vous êtes sûr ?
  • Aucun problème. Ça me fait plaisir. Mettez vous à l'aise. Je vais à la cuisine.

Alban met en route l'eau pour le riz, enfourne trois poivrons, sort les crevettes et les fait mariner dans l'huile. Il ne restera plus qu'à les flamber.

Il marche à pas feutrés vers la chambre, découvre Gabrielle immergée dans son jacuzzi.

L'émotion le submerge. Il veut plus. Il la désire. Sa peau brune brille à la lueur des leds qui diffusent une lumière douce. Ses épaules rondes s'offrent à son regard.

Son short est posé sur la vasque en marbre. Elle a gardé son body pour aller dans l'eau. Les bulles clapotent autour d'elle. Elle ferme les yeux.

Il approche ses mains de son corps. Ses manches de chemise le gênent. Maudites convenances.

Ses doigts longs et fins font de petits cercles en haut de ses épaules. Elle n'a pas bougé. Elle n'a pas sursauté. Elle se laisse aller aux caresses bienfaitrices.

Alban a soudainement très chaud. La sueur coule le long de ses tempes. Il lève une des bretelles du body, puis l'autre. Il masse le haut de son dos, son cou, ose un baiser sur ses oreilles. Alban exulte. La chaleur s'est emparée de tout son corps.

Il prend un sein dans l'une de ses mains, le caresse, titille son aréole, son bout de sein. Gabrielle met la tête en arrière, à l'écoute de ses sensations. Sa poitrine ronde est libérée, offerte.

Alban enlève sa chemise. Il espère que son corps musclé et imberbe plaira à Gabrielle. Il allume les enceintes situées au-dessus de la vasque. Une musique jazzy entraînante emplit l'espace.

  • Viens ! susurre Gabrielle en l'attirant vers elle.

Elle le prend par le cou et l'embrasse fougueusement. Alban ne se fait pas prier. Il enlève ses derniers habits et rejoint sa jolie nayade dans l'eau si accueillante et chaude. Le body de Gabrielle valse à travers la pièce. Il s'étreignent si fort qu'ils ont du mal à reprendre leur respiration. Il caresse ses cheveux, ses cuisses, ses fesses...Elle est tellement douce, ferme, désirable. Il ne cesse de la regarder d'un air amoureux, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant.

Conquise, Gabrielle n'a opposé aucune résistance, elle laisse courir ses mains sur son corps, prend aussitôt son sexe dans ses mains, fait des va-et-vient sous l'eau qui font gémir Alban. Leur étreinte dure longtemps, leurs doigts sont striés par la chaleur de l'eau. Mais qu'importe, le temps n'a plus d'importance, ils se laissent emporter par leurs sensations.

Le moment qu'il avait tant espéré, rêvé dans ses jours et ses nuits solitaires, est arrivé. Ainsi, l'amour est possible, il survient lorsqu'on s'y attend le moins.

Soudain, malgré son esprit alangui, son corps nu dans sa salle de bains, avec son employée de maison lovée contre lui dans son jacuzzi, un visage lui apparaît.

Celui de sa mère. Elle rentre de cure demain. Que va-t-il lui raconter ?

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