Epilogue - Fin

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 Leur instructrice avait du mal à les canaliser. Les enfants avaient pourtant écouté attentivement durant plusieurs longues minutes. Mais la jeunesse s’accommode mal de l’immobilité. Une fois l’intervention de Valentin Solgarde terminé, les jeunes commençaient à discuter entre eux et à se retrouver entre amis.

 La jeune femme les encadrant frappa plusieurs fois dans ses mains afin d’attirer une nouvelle fois leur attention, après avoir désespérément tenté de les regrouper de sa voix peu portante. Enfin, elle capta les regards.

 « S’il vous plaît… Merci… Encore une minute, et ce sera terminé pour cet atelier. Vous avez donc pu entendre le témoignage d’un de vos ancêtres itionnais qui en partie a permis plusieurs générations plus tard, d’en partir, pour coloniser notre belle planète, Baure. Comme vous avez pu le remarquer, il suffit parfois de peu de choses pour qu’un ensemencement tourne à la catastrophe. Avez-vous des remarques ? Des questions ? » lança l’instructrice.

 Comme si c’était inéluctable à chaque fois après une telle question, un silence gêné naquit de la jeune assistance.

 « Bon… apparemment tout est clair pour vous… Sur ma liste, j’ai remarqué un certain Nil Solgarde.

 L’enfant rougit à l’annonce de son nom.

 — Quelle impression ça te fait de voir ton aïeul vivre de telles aventures ?

 — Euh… Bah… Je l’avais déjà vu avec mes parents… » répondit le jeune homme tout emprunté.

 La réponse sonna le glas de la visite. L’instructrice aurait rêvé d’un échange vif et constructif. Mais ce serait peut-être le cas avec le prochain groupe.

 Soudain, elle se rappela de cette petite annonce qui faisait toujours soulever un sourcil aux jeunes.

 « Pour terminer, savez-vous pourquoi certaines des jeunes filles présentes et moi-même portons la terminaison "-ia" à notre prénom ?

 Une jeune fille leva la main rapidement.

 — Oui. C’est en souvenir d’Ingrid Arcourt.

 — Très bien. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, vous avez bien d’autres ateliers à découvrir durant cette visite du Markind 55 Cancri », conclut la jeune femme.

 Déjà quelques jeunes s’étaient éloignés, mais le jeune Nil se tenait encore devant une réplique miniature d’un MART-MKD. L’instructrice s’approcha doucement.

 « Ce truc me glace le sang. C’est comme si c’était gravé dans ma tête.

 — Peut-être le résultat d’une mémoire génétique, s’essaya la jeune femme.

 — Peut-être. Il devait être sacrément costaud dans sa tête mon ancêtre pour partir pour un ensemencement sur un Markind. Il devait être exceptionnel.

 — Pas forcément, tu sais. Il ne faut pas être surhumain pour partir sur un Markind. La formation est longue et exigeante, mais pas insurmontable. On demande surtout de la polyvalence et d’avoir la tête sur les épaules.

 — Ah… » répondit simplement Nil intéressé.

 Une jeune fille l’appelait au loin en effectuant de grands gestes l’intimant de les rejoindre. Nil sourit à la jeune femme et la salua rapidement d’un geste de la tête. La jeune instructrice le regarda partir. Son atelier ne s’était pas si mal déroulé que cela. Elle tourna son PIM vers elle et y pianota pour mettre en surbrillance la fiche de Nil Solgarde. Elle y cocha la case « Candidat potentiel ».

 Déjà, un autre groupe de jeunes approchait. Le témoignage de Valentin Solgarde allait reprendre une nouvelle fois pour marquer d’autres jeunes esprits. 


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