Chapitre 17 Petit jeu

10 minutes de lecture

Neil était toujours absent au lycée mardi, pour récupérer d’une journée difficile probablement. La maison n’avait pas l’aire d’avoir bougé à mon retour, peut-être avaient-ils déjà tout réparé ? Comme lors de mon arrivée entre Xann et Zayn.

En cours, Loriell se tenait tranquille mais était toujours présent. Aucun signe des quatre vampires qui avaient essayés de tuer non plus, je n’allais pas m’en plaindre ! Mais ne pas savoir s’ils allaient attaquer, ni quand, c’était stressant.

Vendredi, j’appris dans l’après-midi que ma professeure d’histoire était absente, et c’était ma dernière heure de cours. Je sortis donc du lycée vers 14 heures 15.

Il est tôt autant ne pas déranger les garçons pour qu’ils viennent me chercher…

Je pris donc mon portable et regardai les trajets de bus sur internet. Bon ça va ce n’est pas trop compliqué

Je me dirigeai donc vers l’arrêt de bus le plus proche de moi. Personne à l’arrêt… il vient de passer merde. Le prochain bus était alors dans 12 minutes, portable. Ce bus-là passait sur une grande avenue quelques arrêts plus loin, où d’autres bus passaient. Autant marcher jusque-là. Pour aller plus vite j’empruntai une ruelle.

Alors que je marchais tranquillement je sentis comme une présence, un regard pesant sur moi. Je me retournai mais ne vis personne pourtant, la rue était déserte. Un frisson glissa le long de mon dos. Cette impression, j’étais certaine d’être observée… mais par qui ?

Des bruits de pas me firent accélérer l’allure.

Arrivée à l’angle de la ruelle, je me retournai pour vérifier qu’il n’y avait personne derrière moi. C’est alors que ma marche fut stoppée par un obstacle. Je levai les yeux et me figeai. Mon cœur manqua un battement.

Le vampire.

  • Comme on s’retrouve chérie…

Le sourire qui marqua alors son visage me glaça le sang.

  • Tu m’as manqué…

D’un geste rapide il me prit par les épaules et me bloqua contre le mur d’une maison. Alors il s’approcha, collant son corps chaud contre moi, m’empêchant de bouger. Ma respiration s’était accélérée, mon cœur battait vite, trop vite. Ses yeux… c’était bien cela qui m’apeurait. Il avait ce regard qui en disait long sur ses intentions, des pupilles me laissant deviner ce qu’il avait prévu pour moi.

  • Reprenons où nous en étions. Tu m’as abandonné trop vite la dernière fois, dans la cabine d’essayage, c’était pas très gentil ça…

Je ne pouvais plus bouger, ni parler, paralysée par la peur.

  • Alors t’as perdu ta langue ?

D’une main, il me prit à la gorge pour remonter ma tête et me forcer à le regarder dans les yeux. Des yeux emplis d’excitation, certainement dû à la peur qu’il pouvait lire sur mon visage.

Un bruit de moteur de voiture vint jusqu’à mes oreilles. Une lueur d’espoir. J’ouvris ma bouche pour hurler mais le vampire m’embrassa sauvagement. Je tentai de le repousser, en vain. J’essayai de reculer ma tête mais il agrippa alors de ses dents ma lèvre inférieure. Je sentis ses crocs, comme des aiguilles transperçant ma chair. Le sang emplit ma bouche, coula sur mon menton, sur mon cou.

Il m’avait embrassée… pour que les humains croient qu’on n’était alors qu’un couple… pour ne pas les alerter…

Lorsqu’il s’éloigna enfin, lâchant mes lèvres, la voiture était loin. Je frissonnai d’horreur à la vue de sa langue léchant ses propres lèvres pour profiter de mon sang s’y étant déposé.

  • Maintenant on va jouer, j’te laisse 10 secondes.

Il s’éloigna… Jouer ?

  • 10… 9…

Je n’eus pas besoin de plus et partis à vive allure dans la ruelle.

Vite… il faut trouver quelque chose… Certainement pas chez des gens… ils les tueraient… mais où ? Gagner du temps.

La vue d’une maison abandonnée me parut une excellente idée… sur le moment du moins.

J’entrai alors dans un immense hall sombre. Devant moi se dressait un escalier menant apparemment à plusieurs chambres. Sans réfléchir je gravis les marches deux à deux, les 10 secondes étaient bientôt écoulées. Je me précipitai dans l’une des premières pièces à ma droite.

Merde… nulle part où se cacher ici

J’entendis alors le grincement de la porte d’entrée puis sa voix, forte et réjouie :

  • Ma chérieee où es-tu ??? Je vais te trouver tu sais… T’inquiètes pas voyons, j’te ferai rien de mal… tu verras, tu n’souffriras pas… mmmh bon peut-être un peu…

Prise de panique je me blottis sous le lit au fond de la chambre. Ses pas lourds grimpant l’escalier vinrent troubler le silence de la demeure.

  • Tu veux pas jouer avec moi… ??? Je s’rai gentil…

Il entreprit alors d’ouvrir chaque porte. Je retins ma respiration lorsque j’entendis ses pas devant la chambre où je m’étais réfugiée. Un silence, comme pour faire durer l’instant, me torturer.

La poignée de la porte tourna lentement. Je retins un sanglot d’horreur. J’écoutai sa respiration, contrairement à la mienne que je peinais à contrôler, la sienne était régulière. Ses chaussures passèrent près de ma tête, s’arrêtèrent. Mon cœur semblait sur le point d’exploser. Puis à mon grand étonnement ses chaussures disparurent de ma vue. J’attendis quelques instants après qu’il eut refermé la porte, de peur qu’il ne revienne.

Dans un coup de folie je forçai mes jambes ankylosées par la crainte à se mouvoir. J’entrouvris aussi silencieusement que possible la porte. Je le vis ouvrir la dernière chambre et y entrer. Sur la pointe des pieds je descendis les marches de l’escalier, maudissant chaque grincement. Je m’apprêtai à courir vers la sortie quand je l’entendis approcher derrière moi. Trop tard. J’entrai donc dans la première pièce venue. La cuisine. Je me retrouvai quelques instants plus tard dans la plus merdique des cachettes du monde, un placard. Même si au fond, je savais que c’était totalement inutile de m’y cacher : il me repérerait à l’odeur, dans la chambre il m’avait certainement senti mais avait alors laisser un soupçon d’espoir.

  • Mon cœur où es-tu ??? Je commence à m’impatienter c’est jamais bon tu sais. Allerrr vient jouer avec moi…

Je ne pus retenir un gémissement de terreur quand je l’entendis entrer dans la cuisine.

Par les interstices des portes du placard je le vis s’avancer vers moi… C’est fini.

  • Kayla… voyons ma belle j’te pensais plus intelligente que ça.

Les portes devant moi s’ouvrirent en grand. Il abordait alors un immense sourire :

  • Tu n’es pas très forte à ce jeu n’est-ce pas ?

Il me prit un bras pour me forcer à sortir et me plaqua violemment contre le mur. Je ne pus m’empêcher de trembler.

Qu’allait-il me faire à présent ?

Je voulu crier, hurler, mais il m’en empêcha d’un doigt : son pouce sur mes lèvres. D’un sourire des plus horribles, il appuya sur ma bouche, ravivant la douleur de ma lèvre inférieure, faisant couler mon sang.

Il finit par éloigner sa main, alors il porta son pouce à ses propres lèvres, léchant mon sang avec satisfaction. Il s’approcha ensuite un peu plus :

  • Tu m’donne faim chérie.

Je me raidis. Mais alors, certainement par instinct de survie : je relevai ma jambe puis, avec autant de force que je pus, j’assénai un coup des plus violents dans ses parties intimes.

Il le méritait !

Le vampire poussa un hurlement et se plia en deux sous la douleur, j’en profitai pour m’éclipser.

Mais alors que j’arrivais près de la porte d’entrée de la maison, je fus soulevée par la taille et retournée face à lui. Le vampire devant moi avait changé, ce n’était plus le visage calme et joueur à présent mais plutôt un visage emplit d’une colère pure.

  • Là tu vas m’le payer.

Ayant dit ceci, d’un coup rapide, il me cogna au visage. Je m’effondrai. Du sang emplissait ma bouche, coulait de mon front. Le vampire me souleva par le cou, m’empêchant de respirer, rapprochant son visage du mien.

  • T’as voulu jouer au plus malin, ça marche pas avec moi ça poupée.

Il sourit face à mes yeux effrayés. D’un geste brutal il me redressa contre lui et s’empara de mes lèvres. Le contact raviva les douleurs de la morsure, me faisant gémir. Une fois de plus il se mit à mordiller ma lèvre inférieure.

Je voulu m’éloigner mais le grondement sourd qui s’échappa de son torse m’en dissuada. Il quitta mes lèvres, descendant directement sur le haut de ma poitrine. Alors je sentis qu’il me léchait le cou. Il remonta lentement jusqu’à reprendre ma bouche. Il me prit par les poignets pour les passer autour de son cou comme si j’étais… sa copine. Je voulus enlever mes bras mais il s’éloigna et, d’une voix excitée :

  • Aller mon ange, joues l’jeu sinon ça s’finira trop vite, c’est moins drôle.

Un frisson de peur me prit… Trop vite… ça me laissait entendre que ça se terminerait mal pour moi quoi que je fasse. Je me laissais donc faire, gardant mes bras crispés autour de lui.

Il me souleva alors du sol et me comprima contre son torse. Ne pouvant plus respirer je ne pus bouger, mais je sentis qu’il me ramenait vers la cuisine. Il me cogna contre la table. Sa main droite, jusque-là sur mon cou, se mit à descendre. Des larmes coulèrent sur mes joues alors qu’il commençait à caresser ma poitrine… Pas ça… ma respiration s’accéléra, la panique.

  • Non… Arrête… je t’en supplie…

Ma voix était faible, tremblante, pleine de sanglots. Je n’en pouvais plus. Il sourit et d’un geste rapide, arracha mon haut. Ma respiration se bloqua tandis que, par ce geste, ma peau fut striée de griffures.

  • Aller ma belle tu peux pas m’refuser un instant de plaisir.

Je frissonnai.

Non… tout mais pas çaAutant qu’il me tue tout de suite

Je me mise à me débattre. Je ne pouvais pas rester sans rien faire ! J’allais mourir autant éviter la souffrance. Il s’allongea sur moi, m’interdisant tout mouvement.

J’arrivai à dégager mon bras et tentai d’attraper un objet pouvant m’aider. Ce fut un vase et je parvins à le lui briser sur le crâne. Il se mit à rigoler et s’empara de mes mains pour les bloquer au-dessus de ma tête.

J’étais prise au piège.

Le vampire se pencha sur moi. J’étais bloquée. Ses lèvres chaudes se posèrent sur la peau de mon cou. Je voulus reculer, m’éloigner de ce monstre, mais je ne pouvais pas, j’étais déjà allongée sur la table.

D’une seule main, il tint mes deux poignets, alors son autre main glissa le long de l’un de mes bras pour ensuite arracher le reste d’habits que j’avais en haut. Mes joues s’humidifièrent un peu plus de mes larmes :

  • Non… je t’en prie ! Arrête… je t’en supplie pas ça…
  • Oh oui... vas-y… Continu d’me supplier, j’adore ça… ça m’excite.

Je frissonnai de terreur. Il continua, sa bouche descendit, ce n’était pas le pire, comme un bon vampire il se mit à mordiller ma peau, s’arrêtant dès que le sang jaillissait.

Je tentai une fois de plus de dégager l’un de mes bras, mais son emprise sur mes poignets se resserra au point de la douleur. Je n’eus alors plus que mes jambes.

Mais alors que j’étais enfin parvenu à l’éloigner, un mouvement de colère le prit : il me frappa au visage. Je me retrouvai une fois de plus au sol, à ses pieds.

  • Ça fait quoi d’souffrir ? Moi j’trouve ça tellement plaisant…

Je levai sur lui des yeux au bord de l’évanouissement. Je me sentais tellement faible. Après les morsures, les coups, jamais je n’aurais la force de lui résister, et il le savait. Pourtant… je tentai de m’éloigner, rampant vers la porte. Derrière moi, je l’entendis rigoler. D’un mouvement lent, il posa son pied sur l’une de mes chevilles, m’obligeant à m’immobiliser. Je ne pus m’empêcher d’hurler de douleur sous le poids de sa jambe sur mes os. Le bruit de ma cheville se cassant sous la pression résonna dans la pièce… Pourquoi…

  • Là au moins, j’suis sûr que tu n’t’enfuiras pas.

J’entendis à peine ses paroles alors qu’il s’allongeait sur moi… je ne pouvais plus me concentrer sur rien… la souffrance m’était trop insupportable.

Il aura ce qu’il désir…

La seule chose que je compris est que le vampire tomba à côté de moi dans un grondement sourd. Je fis un effort malgré mon cerveau engourdit de douleur : quelqu’un se penchait sur moi. Je crus distinguer les beaux yeux bleus du garçon de ma classe… Loriell. Mais à vrai dire… peu importait, qui que ce soit, je m’accrochai à lui pour qu’il me sorte de là…

  • Tiens bon Kayla…

Le garçon venu à mon secours me porta jusqu’à sortir de la maison, dans la rue, puis plus loin. Le chemin m’importait peu, je ne pus regarder, mes yeux se fermèrent. La douleur était trop immense pour que je puisse lutter.

Pourquoi… pourquoi moi ? Pourquoi tout ceci m’arrivait à moi ? Qu’avais-je fait… Mes rêves n’avaient jamais été ainsi, jamais aussi horribles, jamais à me faire ainsi souffrir…

Je ne rêvais pas, je me serais éveillé. Comment y croire ? Tous ces malheurs qui m’arrivaient. J’espérais alors ouvrir les yeux dans mon lit, dans ma vraie maison, avec ma mère, mon père, ma sœur et mon frère, leur dire bonjour comme avant, passer une journée normale comme avant, ne pas savoir que tout ceci existait… comme avant…

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

Défi
Taïk de Nushaba
... peut mieux faire !
... ou peu mieux faire ?
6
18
1
1
Océane D. River
« Jusqu’à présent, ma vie était simple au possible : je n’avais qu’à me préoccuper de mes études et tenter d’être sociable, ou du moins feindre de l’être. Mais du jour au lendemain, je me retrouve avec un enfant sur les bras. Un enfant, bordel ! »

Quand Thomas, mon ami d'enfance, revient frapper à ma porte après une si longue absence, tenant par la main un enfant, je ne soupçonne pas tous les secrets qui vont bientôt peser sur mes épaules. Moi, Linda, étudiante bien rangée, vais devoir sortir de ma bulle pour pouvoir m’occuper de Léo, ce jeune garçon renfermé dont j’ignore tout.

Entre souvenirs, contraintes et malentendus, le chemin jusqu’à la vérité semble semé d’embûches.

Jusqu’où cette histoire va-t-elle me mener ? Et au fond, qu'est-ce que je ressens vraiment pour Thomas ?
0
0
0
19

Vous aimez lire Sucres ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0