Chapitre 15 Loriell

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A la sortie du cours je me pressai de suivre le reste de la classe, évitant Loriell. Mais arrivés en mathématiques le professeur eu le malheur de m’installer à côté de lui. Le garçon en semblait ravi.

Le professeur fini par nous donner des exercices, mais je les avais déjà finis, alors je croisai mes bras sur la table pour me reposer un peu, mais sans dormir.

Loriell sourit et se pencha légèrement sur moi :

  • T’as l’air très fatiguée, tu voudrais encore te reposer ?

Je le regardai avec étonnement, presque la même phrase que dans mon rêve, impossible.

Il me sourit, comme fier de quelque chose.

Dans un murmure il se pencha alors vers moi :

  • Et ce Zayn tu l’aimes bien ?

Là non… là non ! Impossible ! Mon rêve était réel ? Non… comment était-ce possible… de la magie, encore ! Un mage ? Une quelconque magie contrôlant mes rêves ?

Je voulus être sûre :

  • Qui es-tu ?
  • Ah ça ma belle, tu le sauras très vite surtout maintenant que je sais qui tu es.

Là c’était sûr… un mage.

J’évitai toutes ses questions durant l’heure. Et Neil, pourquoi avait-il réagit aussi bizarrement ? Pour un simple mage…

A la sortie du lycée je partis directement vers Malec et Jack. Les deux garçons m’attendaient, appuyés contre une voiture blanche.

  • Vite, on y va.

Ils m’interrogèrent du regard mais acceptèrent et on partit rapidement. Une fois dans la voiture je pu souffler.

  • Il se passe quoi ?

Jack, sur le siège passager, s’était tourné vers moi pour me poser la question. Je soupirai et me laissai aller sur mon siège.

  • Il y a un garçon bizarre dans ma classe.
  • Bizarre comment ?
  • Un mage.

Les deux se regardèrent, comme inquiets.

  • Comment tu sais que c’est un mage ?
  • C’est obligé, il est entré dans un de mes rêves !

Jack fit alors des yeux ronds et regarda Malec :

  • Il faut qu’on en parle à Camel.

Je croisai mes bras sur ma poitrine.

  • Pourquoi ? Vous le connaissez même pas. Neil aussi a mal réagi tout à l’heure quand il l’a vu.
  • Un faiseur de rêve, ils sont très dangereux.
  • Faiseur de rêve…
  • Ils entrent dans tes rêves et te posent des questions, si tu n’es pas préparée ils peuvent ainsi avoir accès à n’importe lequel de tes souvenirs.

Je me raidis, voilà pourquoi il savait qui j’étais, il avait donc véritablement assisté à la scène avec Zayn, avec les autres dans mon rêve. Il savait qui j’étais.

  • Tu lui as montré quoi ?
  • L’accident avec Zayn et Samedi quand je suis arrivée.
  • Ça va… c’est pas encore trop dangereux… mais il sait que tu es une mage élémentaire.

Décidément, tout était dangereux lorsqu’on connaissait la magie…

J’étais assise sur mon lit, regardant par la fenêtre. La nuit était déjà bien engagée, mais je ne parvenais pas à trouver le sommeil.

Ma famille… cela ne faisait que trois jours, mais ils me manquaient… Et dire que moi je ne leur manquais pas… qu’ils m’avaient oubliée… Tom… Jodie… et mes parents… jamais je ne pourrais les revoir…

Je fini par me lever pour me rendre au bureau, il était assez petit mais ça me convenait. Ouvrant l’ordinateur portable, je me mise très vite à faire défiler toutes les photos que j’avais gardées. Les vacances à la montagne, à la plage, la naissance de Tom, j’avais dix ans à l’époque, il avait été un accident de mes parents mais jamais ils ne l’avaient aimé moins que ma sœur et moi. Jodie était plus âgée que moi de deux ans, soit 19 ans exactement. Elle avait toujours été là pour moi, que ce soit pour les bêtises, pour me défendre des parents comme pour me réconforter lorsque j’en avais eu besoin, et voilà que c’était moi qui l’abandonnais à présent. Sans même que je puisse avoir la possibilité de m’excuser un jour…

Un contact sur ma joue me fit sursauter. J’avais les bras croisés sur l’ordi qui tournait toujours sur les photos de ma famille. Neil était agenouillé à côté de moi, un léger sourire aux lèvres.

  • C’est ta famille ?
  • Oui.

Je me redressai en m’étirant. Le loup vient s’asseoir sur mon lit, fixant l’écran :

  • Tu sais que nous étions obligés de leur effacer la mémoire ?
  • Oui je sais…
  • Tu dois essayer de les oublier… si tu y arrive.
  • Et si je n’y arrive pas ?

Il se leva pour venir derrière moi poser ses mains sur mes épaules.

  • Tu fais comme moi, tu te dis que tu t’éloignes pour leur bien, pour qu’ils soient en sécurité.
  • Ta famille est encore vivante ?
  • Ma mère et un frère oui.

Je me levai pour venir face à lui :

  • Mais… tu es né loup ?
  • Non je le suis devenu.
  • Comment ?

Il sourit mais se dirigea vers la porte :

  • On en parle dans la voiture sinon on va être en retard en cour.
  • C’est toi qui m’emmène ?
  • Ouep.

Il sortit donc, me laissant m’habiller. Vu l’heure… je prendrai ma douche ce soir… J’enfilai donc un jean et un t-shirt simple avant de prendre mon sac et sortir. Dans l’allée devant la demeure, Neil attendait près d’une voiture bleu foncé. Je montai à l’avant et le loup démarra.

  • Donc ?
  • C’est que tu es pressée…
  • Le lycée est pas si loin que ça.
  • C’est vrai. Bon, t’as déjà dû voir dans des films des gens qui devenaient des loups garous en se faisant mordre ou griffer ?
  • Oui…
  • C’est un peu vrai, si on est mordu ou griffé à certaine journée particulière alors on devient un loup.
  • Quelles journées ?
  • Ben’ t’as parlé des pleines et des nouvelles lunes ?
  • Non, c’est aux pleines lunes du coup ?
  • Raté, les nouvelles lunes, il y en a une la semaine prochaine mais on s’arrangera d’ici là pour que tu sois pas dans la maison.
  • Pourquoi ?

Il sourit mais se gara à l’avant du lycée avant de me regarder pour répondre :

  • On est presque incapable de se contrôler et tous sous forme de loups, toute la journée.

J’avalai ma salive de travers, mais il me rassura :

  • T’en fais pas on s’organisera.
  • Mais du coup… les pleines lunes c’est quoi ?
  • Les vampires, pas pour la transformation, eux ils transforment quand ils veulent, mais la journée de pleine lune ils ont du mal à se contrôler, sauf pour les plus âgés.
  • C’est quand la prochaine…
  • Le mois prochain.

J’hochai la tête et on finit par sortir.

Ce fut une journée de cours ordinaire, j’évitai Loriell un maximum… mais à l’heure du repas, il m’accompagna vers la cantine.

  • Tu sais je te veux pas de mal moi…

Je ne répondis pas et continuai d’avancer. Les autres m’avaient dit de l’ignorer, même si je n’aimais pas ça…

Mais arrivés près du bâtiment, Loriell fut durement plaqué contre un mur, à l’abri des regards. C’était Neil…

  • Qu’est-ce que tu fais Neil ?

Le loup ne répondit pas et fixa méchamment le mage :

  • Je te préviens, si tu lui fais quoi que ce soit je te tu.

Loriell avala sa salive de travers sans oser le regarder. Je m’approchai, posant une main sur l’épaule de Neil :

  • Calme-toi.

Il le relâcha :

  • Fait attention à ce que tu fais.

Le loup me prit la main et m’entraîna vers la cantine sans se retourner.

Une fois assis à table je me penchai :

  • Qu’est-ce qui t’a pris ?

Neil me sourit en mangeant :

  • Camel m’a dit de mettre les choses au claire avec lui.
  • Ah ba pour être claire… je pense que ça l’est…
  • Faut être ferme avec eux… on sait jamais.
  • Ils sont si dangereux que ça ?
  • Si je te dis qu’ils peuvent t’endormir rien qu’en te touchant ?
  • C’est vrai que dans un combat… ça peut être pratique.
  • Ça met fin au combat quoi.

Durant le reste de la journée, Loriell resta loin, je ne m’en plaignais pas mais… il me faisait un peu pitié. Mais si les autres disaient qu’il était dangereux, je n’allais pas l’approcher.

Cela dura jusqu’à mercredi. Loriell m’ignorait, enfin me regardait de loin, moi je l’ignorais, même si ça me dérangeait, peut-être que ça s’arrangera ? Enfin, vu le comportement des autres vis-à-vis de lui, ce n’était pas pour tout de suite.

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