Chapitre 6 Morsure

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J’ignorais comment je m’étais retrouvé séparée de Malec. Mais à présent je n’avais qu’une chose en tête : courir. L’alarme incendie avait été déclenchée, les gens autour de moi couraient aussi, dans tous les sens, rendant certains passages impossibles.

Où sont les garçons ?

Soudain, je sentis une pression sur mon bras, l’instant d’après le calme m’entourait. Mon cœur cessa de battre durant quelques secondes lorsque je croisai les yeux bleus du garçon face à moi. Il me dépassait d’au moins une tête, me dominant de toute sa carrure. Sa peau était légèrement pâle et ses cheveux châtains désorganisés coupés courts. Il n’était habillé que d’un pantalon noir moulant et une veste de cuir noire ouverte. Je pouvais ainsi voir son torse musclé présentant quelques légères cicatrices. Mais c’était son sourire, sadique, qui me fit comprendre qu’il n’était pas de notre côté. Je m’éloignai avec terreur, lui souriait toujours, s’avançant d’un pas lent. Il jouait. Nous étions alors dans un magasin, isolés des autres gens. Il n’y avait pas d’autre sortie que celle derrière lui.

Il faut gagner du temps, mais comment ? Sortir, non. Me battre ? Non, certainement pas, je ne tiendrais pas deux secondes. L’empêcher de m’approcher, oui, mais comment ? Les cabines !

Je courus donc en sens inverse de la porte du magasin. Lui ne se pressa pas pour me suivre, toujours avec ce sourire sadique aux lèvres.

La porte ne tiendra pas longtemps s’il tente de forcer, mais je n’ai pas le choix.

Une fois enfermée je reculai dans le fond de la cabine, le plus loin possible de la porte. J’entendis un coup, mais rien de plus. Pourtant l’ombre ne laissait pas de doute, il était là.

  • Voyons ma belle, je n’vais pas te faire de mal.

Je me raidis au son de sa voix grave. Cela s’entendait que la situation lui était plaisante. Il jouait, il s’amusait avec moi. Je me sentais alors prise au piège. S’il parvenait à ouvrir, ce qui ne saurait tarder, j’étais piégée.

Une souris entre les griffes d’un chat. Voilà comment je me sentais.

Mon cœur battait à cent à l’heure, je ne savais pas quoi faire. Crier ? A quoi bon. Je ne savais même pas si Malec, Melvyn ou Will étaient dans les parages. Et ça ne ferait que l’énerver.

Mon dos cogna le mur derrière moi, ou plutôt le miroir. Le miroir ! Mais oui ! En espérant que ça ne soit pas du plastique.

  • Ouvre cette porte chérie et j’te ferai rien.

Je n’écoutai pas et brisai d’un coup de coude le miroir. Je ramassai un morceau de verre au sol. Le garçon n’eut besoin que d’un coup d’épaule pour ouvrir la porte. Il sourit alors en me regardant. Je dois être pitoyable. Il s’avança, les mains écartées comme pour signifier qu’il ne me ferait rien. Mais je ne le croyais pas. Il était là pour moi, pour me tuer.

  • Laisse-toi faire voyons, je voulais juste te parler en tête à tête.
  • Me parler de quoi ?
  • T’as une voix magnifique.

Je resserrai un peu plus mon étreinte sur le morceau de verre que je tenais, entaillant ma paume, mais il approchait encore. Plus il s’avançait, plus ses yeux passaient du bleu au rouge. Il finit par être assez près de moi et me prit le poignet sans que je n’ose faire le moindre mouvement. J’étais bien trop terrifiée pour bouger. Mon corps se mit à trembler, des larmes coulèrent sur mes joues. Un sourire laissa voir les canines surdéveloppées du garçon. Il me prit le morceau de verre et le lâcha par terre, s’approchant ensuite de moi. Il releva ma main, dans un sourire il se mit alors à lécher ma paume entaillée par le verre. Une sueur froide coula le long de mon dos, mes muscles étaient paralysés, je ne pouvais rien faire.

  • Quel dommage, t’es plutôt mignonne.

Il me prit les deux poignets pour les bloquer contre le mur mais un cri résonna alors :

  • Kayla ?!

C’était Melvyn qui me cherchait. Le garçon se colla rapidement à moi, une main sur ma bouche. J’aurais voulu l’éloigner, faire quelque chose, mais il avait trop de force.

Mes larmes redoublèrent.

  • T’en fais pas, ça s’ra rapide.

Il se pencha et ma respiration fut coupée par le stress. J’aurais voulu crier sous la douleur mais sa main sur mes lèvres m’en empêchait. Je ne pus donc que fermer les yeux et endurer l’immense sensation de poignards se plantant dans mon cou. Un grondement de satisfaction s’échappa du poitrail du garçon et il se colla un peu plus à moi. Ce mouvement fit s’échapper un peu de sang, je sentis le liquide chaud couler le long de mon cou.

Une chaleur partant de ma tête commença à se propager dans tout mon corps. Mes paupières devinrent lourdes, je ne pouvais plus bouger. Mes bras retombèrent alors que le garçon me prenait par les épaules pour m’empêcher de m’écrouler.

Mais alors que je me sentais partir : le vampire fut brutalement éloigné de moi. Je m’effondrai contre le mur en me tenant au petit banc en bois de la cabine. Même si je sentais l’évanouissement proche je fis un effort pour regarder devant moi : une femme se battait contre lui. Le coup le plus violent au niveau du poitrail de l’homme le projeta à travers le magasin. Alors la femme s’approcha de moi. Elle me prit un bras et le passa autour de son cou.

  • Surtout reste éveillé.

Elle me tira hors du magasin.

Mais une fois dans le grand couloir elle se figea. Je ne compris pas alors : elle se colla à moi le plus possible et resta immobile.

  • Bouge pas.

Je regardai rapidement autour de nous : trois garçons arrivaient. Le plus grand en tête, il paraissait plutôt maigre. D’un teint blanc, très pâle, comme malade. Ses yeux étaient rouges. Ses cheveux blancs. Tous d’un vampire comme dans les films. Derrière lui deux garçons plus petits ; l’un aux cheveux blonds très longs, lui atteignant la taille, les yeux verts ; l’autre semblait être un adolescent, blonds, cheveux courts, yeux bleus, mais ce petit avait également des traces de sang dans le coin des lèvres et sur le t-shirt.

Les trois passèrent près de nous sans nous voir.

Celui qui m’avait mordue sortis alors du magasin, encore légèrement sonné.

  • Il s’est passé quoi Zach ?!
  • Je la tenais ! Putain !
  • Il s’est passé quoi ?!
  • Une putain d’mage qu’est venue la sauver !
  • Elles sont où ?!
  • J’EN SAIS RIEN !

Ils étaient donc bien venus pour moi.

  • Fouillez les magasins, elles ne doivent pas être loin, et tuez-les toutes les deux.

Une fois qu’ils furent éloignés, on reprit notre course.

Pourquoi ne nous avaient-ils pas vues ? Malec ? Melvyn ? Will ? Où étaient-ils ?

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