Chapitre 1 Rendez-vous

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Je fus seule à descendre du bus. J’espérais ne pas m’être trompée de station. Je me tenais alors dans une rue totalement déserte. D’après ce que Benjamin m’avait expliqué, la maison de ses amis se trouvait isolée, au bout d’une petite allée, cachée derrière un immense jardin.

Ce n’est pas du tout rassurant. Seule, dans une rue quelconque, avec cette brume. Je frissonnai de terreur en repensant à ce qu’il s’était passé avec mon cousin, le fameux tableau. Il fallait que je trouve cette maison.

Finalement, après quelques minutes de marche hasardeuse, je parvins à repérer le chemin s’enfonçant entre les bâtisses Benjamin m’avait parlé. Enfin ! Il fallait que je trouve un endroit sécurisé. Un lieu avec des gens, me dire que je n’étais pas seule face au loup qui allait surgir. Oui, cette atmosphère : je ne pouvais m’empêcher de m’imaginer à l’intérieur du tableau ! Il me paraissait alors évident qu’un loup allait apparaître et me sauter à la gorge ! Bon, plus sérieusement, dans la réalité, ce n’était pas un loup que je redoutais mais… à peu près l’équivalent : ces hommes cheminant dans ce genre de rue déserte en espérant croiser une jolie jeune fille perdue, des frissons me prenaient rien que de l’imaginer. C’était peut-être un peu cliché, mais de base, ces clichés étaient tirés de la réalité non ?

Benjamin, mais à quoi avait-il pensé en m’invitant dans un endroit pareil ?! Et pourquoi ses amis habitent une rue aussi paumée ?!

Un grillage. Mince. Le jardin semblait tellement immense ! Aurais-je le temps de le traverser ? C’était ouvert, je m’empressai donc d’entrer. Propriété privée oui, mais il s’agissait d’amis de mon cousin, et puis avec un temps pareil ! Ils étaient obligés de me laisser m’abriter.

De nos jours, personne ne faisait confiance à personne. Inconnus, famille ou même ami de longue date, dans notre société il pesait toujours un doute sur l’honnêteté des personnes qui nous entourait. J’en avais souvent fait les frais.

L’atmosphère était de plus en plus pesante, comme si la nature était stressée ou cherchait à m'effrayer davantage ! Je devais me calmer. Gardant mon pas vif, je parvins à ralentir ma respiration. Étrangement, le brouillard se dissipa, un peu.

Le jardin était très bien entretenu, de ce que je pouvais voir du moins.

Combien de personne vivaient ici ? Des riches certainement, des amis de Benjamin, il devait bien les connaître pour m’envoyer près de chez eux seule.

De chaque côté du chemin sur lequel j’avançais, des arbres ; je n’aurais su dire lesquels ; je n’étais pas douée pour cela lorsque le stress me prenait. Tout ce que je pouvais dire c’était qu’ils me paraissaient immenses, ombrageant la terre tout autour. C’était agréable. Cet environnement m’aidait ainsi à me détendre.

Je marchais calmement à présent, observant autour de moi. Ce jardin était véritablement immense, je n’en voyais pas le bout !

A ma droite, je finis par distinguer un arbre, couché, renversé par on ne sait quoi, un résineux de cette taille, une voiture peut-être ? Il n'y avait aucune trace de dérapage pourtant, elle avait dû être amochée.

Crac !

Un rapide regard derrière moi : non il n'y avait personne. J'aurais pourtant juré avoir... Ce fut à ce moment précis qu'un obstacle se dressa sur ma route. Ne l'ayant pas vu venir, je tombai à la renverse. Assise par terre, je finis par lever les yeux une fois le choc passé. Je me figeai. Je dus lever les pupilles assez haut pour atteindre le visage. Une peau mate, bronzée. Des cheveux coupés courts mais pas trop, blancs brillants, très bien entretenus. Pourtant il paraissait jeune, une teinture certainement. Il n'était habillé que d'un jogging noir, laissant à ma vue ses muscles saillants. Sur son épaule droite, une tête de loup hurlant à la lune était peinte. Mais le plus remarquable restaient alors ses yeux, d'un vert profond. Avec son visage carré, son air grave, et tous ces muscles, il était beau... magnifiquement effrayant. Les sourcils froncés par la colère, il était effrayant.

… deux jours plus tôt...

Autour de moi la grande cour était calme. Quelques élèves étaient restés à l'intérieur, mais la plupart se trouvaient dehors, profitant du premier jour de soleil de Mai. Il faisait tout de même froid mais j'avais préféré rester à l’extérieur. Je tombais rarement malade même si les conditions étaient très favorables aujourd'hui, avec le vent qui s’annonçait.

La sonnerie retentit enfin et je pus aller à mon dernier cours de la journée : anglais. Inintéressant pour ma part : par groupe on devait parler de chanson que l'on était censé avoir écouté chez nous.

Une fois hors du lycée, je n'eus pas fait deux pas que je me retournai vers la route ; interpellée par une voix familière :

  • Kayla !

Benjamin, que faisait-il là ?

Je m'approchai de mon cousin avec un sourire pour lui faire la bise. Il me prit par la taille pour me serrer contre lui : on se voyait tellement rarement !

  • Comment ça va depuis le temps ?
  • Bien et toi ?

D'un geste il m'invita à le suivre vers sa moto. Magnifique ! Il faut bien le dire ! Blanche, elle avait dû lui coûter cher mais il paraissait bien gagner sa vie ! Même si j'ignorais exactement comment.

  • Tu fais quoi dans le coin ? Je croyais que tu vivais dans le Sud ?
  • Oui, je suis passé pour voir un peu tout le monde et je voulais te parler.
  • Me parler ? De quoi ?

Il me tendit un casque et mit le sien.

  • Plus tard ok, je te ramène ?

J’acceptai avec le sourire, j'avais toujours adoré faire de la moto, et seul Benjamin me le permettait. Je l'adorais lui rien que pour ça, ou peut-être pour d'autres choses aussi bien sûr.

La soirée se passa dans le salon, à prendre des nouvelles de toute la famille que Benjamin avait déjà visité. Mon cousin semblait légèrement mal à l’aise, peut-être simplement préoccupé par quelque chose.

Une fois la nuit tombée, je le raccompagnai en bas de l’immeuble.

  • J’aurai des choses à te dire, on peut se voir demain ?
  • C’est férié donc oui, vers quelle heure ?
  • Dix heures ça te va ?
  • Oui.

Que pouvait-il avoir de si important à me dire ?

Une fois le repas fini, je m’installai face à mon ordinateur, sur mon lit. Que faire pour passer le temps… Lorsque j’entendis les nouvelles émanant de la télé allumée dans le salon, je fus intriguée. En effet l’histoire était intéressante. Une étude répertoriait tous les phénomènes étranges dans le monde depuis les derniers mois. Des disparitions qui ne laissaient aucune trace, des pertes de mémoires phénoménales, des champs fleurissant en plein hiver, des meurtriers agissant dans leur sommeil. Rien de bien rassurant. Ce genre d’histoire m’avait toujours intéressé. Je suivais les enquêtes, ou au moins ce qu’on nous laissait savoir. Rien que pour voir comment ils s’y prenaient pour résoudre tant d’énigmes d’apparence si compliquées.

Pour le moment, aucune piste.

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