Chapitre 36 : Aveux - Partie 3

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  Plongée dans mes questions, je détournai les yeux de Michael. L’astre dans le ciel, face à moi, attira très vite mon regard. L'absence de nuage nous permettait d'admirer toute la beauté de la pleine lune. Comment ne pas penser au loup-garou avec notre conversation et ce tableau ? Avec les vampires et les elfes, ces créatures étaient probablement celles qui avaient été le plus popularisées dans la fiction. Existaient-elles toutes les trois ? Y a avait-il quelques parts des êtres qui se changeaient en loup sous l'influence de la reine de la nuit ? Des êtres qui se nourrissaient de sang au coin d'une rue ou dans un manoir aux allures gothiques angoissantes ? Des êtres à la beauté irréelle et dotés d'oreilles pointues ?

  Et même si c'était bien le cas, à quoi ressemblaient-elle vraiment ? Les mythes étaient tellement variés et se contredisaient même parfois. Comment pouvions-nous nous appuyer sur des informations aussi bancales ? Il fallait absolument que je me penche sur le sujet et que j'essaye de trouver des sources plus fiables – si tant est qu'il en existe. Il devait bien y avoir quelqu'un qui en savait plus.

  La sensation des doigts de Michael s'entrelaçant aux miens me tirèrent de ces réflexions et je lui accordai de nouveau mon attention.

  –Et si nous discutions d'autre chose ? proposa-t-il. Je pense qu'on a tous les deux eu notre dose de paranormal pour ce soir.

  Même si le surnaturel était désormais ancré en moi, j'acceptai son offre. Ce n'était pas parce que j'avais des pouvoirs que ma vie devait tourner autour et un peu de normalité me ferait autant de bien qu'à Michael. Avec les Oscars ce week-end, on se retrouva rapidement à en parler. Chacun y alla de ses pronostics, de ses critiques – positive ou négative – des différents participants... Ce vaste sujet nous occupa jusqu'à une heure du matin. Nous aurions encore pu en parler longtemps, mais Michael devait se dans cinq heures pour prendre son avion. Aussi gagna-t-on ma chambre pour aller se coucher. Mike me laissa aller dans la salle de bain en premier.

  Dès que mon regard croisa mon reflet dans le miroir au-dessus du lavabo, je ne pus m'empêcher de m'en approcher pour observer mes yeux. Ils avaient retrouvé leur couleur normale. J'avais encore du mal à croire qu'ils aient pu virer au doré en un claquement de doigt. Qu'est-ce que ça signifiait ? Était-ce lié à l'utilisation de mes pouvoirs ? Le docteur Wilson pourrait peut-être m'aider à y voir plus clair un fois que je lui aurais remonté les bretelles pour ne pas m'en avoir parlé tout de suite. À moins qu'il n'en sache rien...

  Mike me remplaça lorsque je sortis de la pièce et je préparai mes affaires pour demain, le temps qu'il finisse. J'étais encore en train d'hésiter sur un haut lorsqu'un bras musculeux passa à côté de mon visage.

  –Tu devrais prendre ça, souffla une grave à mon oreille.

  Un doux frisson me parcourut. Je dus me concentrer pour ne pas me laisser distraire par sa présence dans mon dos et identifier ce dont il me parlait : une épaisse robe en laine bleu nuit qui me mettait plutôt à mon avantage.

  –Tu n'as pas peur que d'autres gars tentent une approche ? le taquinai-je en prenant le vêtement.

  –Pas du tout, j'ai confiance en toi et cette robe te va comme un gant.

  Je la posai sur la chaise à côté de moi, puis pivotai enfin vers lui. Le regard de Mike me balaya de haut en bas et il sembla plus qu'apprécier le spectacle que lui offrait ma nuisette en soie noir. Le désir qui luisit dans ses yeux me rassura. Mes aveux n'avaient en rien entaché l'attirance qu'il éprouvait pour moi.

  Alors que je commençais à me mettre sur la pointe des pieds pour l'embrasser, son regard redevint soudain sérieux. Je me figeai sur place.

  –Un problème ?

  –Non... Je voudrais juste vérifier quelque chose, si tu me le permets.

  Décontenancée, je ne répondis pas, mais j'obéis lorsqu'il me demanda de me retourner. Sa main se posa sur le haut de ma cuisse, puis remonta vers mes hanches, entraînant ma nuisette avec elle. Mike ne s'arrêta pas là et continua le chemin de ses doigts. Je me tendis lorsque je compris enfin ce qu'il faisait, cependant, je restai en place et le laissai découvrir mon dos. Lorsque ce fut fait, Michael ne bougea pas pendant un instant avant de relâcher mon vêtement. Le tissu retomba le long de mon corps comme une seconde peau.

  –Tu regardais mes cicatrices ? m'assurai-je en lui faisant de nouveau face.

  –Oui, admit-il. Je me demandais si ta guérison accélérée les avait fait disparaître.

  –Je me suis posé la même question. Malheureusement, il semble que ça ne s'applique qu'aux blessures survenues après l'apparition de mes pouvoirs.

  La compassion emplit son regard. Je regrettais aussi que ce ne soit pas le cas : Dieu – s'il existait – savait à quel point j'aurais aimé ne plus avoir ces marques gravées dans ma chair. Mais à quoi bon m'appesantir sur le sujet si même mes pouvoirs de guérisons ne pouvaient les faire disparaître ? J'avais déjà passé trop de temps à espérer qu'elles s'effacent pour en perdre davantage en nouveaux espoirs futiles.

  Aussi, dès que je sentis la main de Mike se poser avec douceur sur ma joue, je reléguai les stigmates de mon dos au fin fond de mon esprit et me concentrai sur lui. À l'instar de son regard, le mien le parcourut de haut en bas et apprécia ce corps digne d'une statue grec. Ses belles tablettes de chocolat m'attiraient trop pour que je ne les touche pas.

  Un sourire fleurit sur mes lèvres lorsque je sentis ses muscles se contracter sous mes doigts. Avec une lenteur exagérée, je les fis descendre plus bas, suivant les monts et vallée créés par ses abdominaux, jusqu'à la lisière de son boxer. Cette caresse ne l'avait visiblement pas laissé indifférent. Une vague de chaleur se déversa à son tour en moi et se concentra dans mon bas ventre. Je n'accélérai toutefois pas les choses et longeai l'élastique de son sous-vêtement. La tension entre nous augmenta à chaque centimètre parcouru, puis explosa lorsque je glissai enfin les doigts en dessous.

  Michael reprit immédiatement mon visage entre ses mains et m'embrassa avec force. Je ne perdis pas une seconde de plus et entrouvrit les lèvres. Tout s'emballa très vite après ça et on se retrouva tous deux sur le lit avant que je ne m'en rende compte. Complètement nus, de surcroît. Je ne savais pas quand et comment je m'étais retrouvé en tenue d'Êve et à vrai dire, je m'en moquais. Tout ce qui m'importait était que Mike comble le feu que chacun de se baiser attisait. D'humeur joueur, il décida de me torturer un peu plus longtemps avant de satisfaire mes envies, jouant de ses doigts ou de sa langue pour m'approcher de plus en plus de ma limite.

  Mon corps semblait être dévoré par des flammes lorsqu'il se décida enfin d'y mettre un terme et de prendre place entre mes jambes. Je brûlais tellement de désir que je ne faillis pas m'en rendre compte mais une part de mon cerveau, sûrement mon subconscient, était restée suffisamment alerte pour le sentir : rien ne couvrait le membre de Michael.

  Cette sensation me fit l'effet d'un électrochoc et je ressortis d'un coup du brouillard de la passion.

  –Attends ! m'écriai-je.

  Interdit, Mike se figea au-dessus de moi et aux portes de mon intimité. Un lourd silence s'ensuivit.

  –Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai fait quelque chose de mal ? s'enquit-il.

  –Non, on a juste oublié... le préservatif.

  Il grogna et marmonna un truc incompréhensible en italien.

  –Où sont-ils ? soupira-t-il après coup.

  –Je crois qu'on les a laissés en bas.

  Il gronda à nouveau et je dus me mordre les lèvres pour ne pas rigoler face à cette réaction. Le voir irrité pour cette raison était plutôt amusant. À contrecœur, il finit par s'écarter de moi.

  –Ne bouge surtout pas et ne t'endors pas non plus, m'ordonna-t-il en sortant. Je n'en ai pas fini avec toi.

  Mon regard se posa sur son fessier d'acier alors qu'il s'éloignait. Le spectacle de ses muscles roulants sous sa peau me fit de nouveau saliver.

   M'endormir et me priver le plaisir de profiter de cette œuvre plus longtemps ? Loin de moi cette idée.

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