Chapitre 35 : Un dîner presque parfait - Partie 1

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  Toujours énervée, je reposai mon rouge à lèvres et pris mon mascara.

  « Tu ne peux pas comprendre. »

  Trevor trompait Sinéad, qu'est-ce qu'il y avait à comprendre là-dedans ? S'il y avait bien une chose d'incompréhensible dans cette histoire, c'était que Sissi était au courant et qu'elle ne disait rien. Comment pouvait-elle laisser passer un truc pareil ? Ça ne lui ressemblait pas. Elle n'avait peut-être pas eu un seul petit-ami depuis que nous avions commencé le lycée, mais elle en avait eu deux au collège et elle avait plaqué le premier parce qu'elle l'avait surpris en train de flirter avec une autre fille. Alors pourquoi ne réagissait-elle pas avec Trevor ?

  À cause de mes gestes brusques, je me plantai la brosse du mascara dans l'œil.

  –Aïe, putain !

  Quelle conne.

  Je clignai plusieurs fois des paupières pour faire passer la douleur et finis de me maquiller. Je mourrais d'envie d'appeler Sissi pour discuter de toute cette histoire, mais Michael n'allait pas tarder. J’allais devoir prendre sur moi le temps d’avoir cette conversation de vive voix le lendemain, au lycée.

  Après une dernière vérification dans le miroir, je rectifiai rapidement un trait d'eyeliner, m'habillai, puis sortis de ma chambre en me tressant les cheveux. J'étais encore dans les escaliers lorsque la sonnette retentit. Je déverrouillai la porte de l'immeuble sans décrocher l'interphone, puis terminai de me préparer. J'avais plus ou moins réussi à repousser l'histoire de Trevor et Sissi dans un coin de mon esprit quand Mike toqua à la porte, une minute plus tard. Je tapotai mes joues pour leur donner un peu plus de couleurs, puis lui ouvris, un grand sourire aux lèvres. Mon regard fut immédiatement happé par ses magnifiques yeux bleus et avec joie, je me noyai une fois de plus dans la profondeur de ses océans.

  –Bonsoir, beau gosse. (Je m'appuyai au chambranle de la porte.) Que puis-je pour vous ?

  Un sourire en coin des plus sexy naquit à la commissure de ses lèvres.

  –Je suis à la recherche d'une jeune femme. Vous pourriez peut-être m'aider à la trouver.

  Je haussai un sourcil.

  –Bien sûr, à quoi ressemble-t-elle ?

  –C'est une jolie blonde.

  –Humhum...

  –Avec de grands yeux verts éclatants capable de faire rougir de jalousie les plus belles émeraudes.

  –Vraiment ? Vous m'en direz tant.

  –Elle a aussi un magnifique teint de porcelaine, continua-t-il en se penchant vers moi, un petit nez légèrement retroussé adorable, des lèvres délicieuses...

  Les siennes n'étaient plus qu'à quelques centimètres des miennes.

  –Et elle est aussi grande qu'un lilliputien.

  L'air de mes poumons s'échappa d'un coup.

  –Hé !

  Son sourire s'agrandit alors que mon poing s'abattait son torse.

  –Je ne suis pas petite, rétorquai-je. Je te rappelle que je fais un mètre soixante-et-un, ce qui est seulement six centimètres de moins que la moy...

  Il m'interrompit d'un baiser. L'espace d'un instant, j'oubliai sa comparaison peu avantageuse et l'embrassai en retour. Ses mains se glissèrent dans le creux de mes reins et il me pressa contre lui.

  –Qu'est-ce que je disais ? murmura-t-il lorsqu'il mit un terme à notre baiser, son souffle se mêlant toujours au mien. Tu as des lèvres délicieuses.

  –Hum, tu vas devoir faire mieux que ça si tu veux te faire pardonner de m'avoir comparée à un Minimoys. Et sache que j'ai très faim.

  Un éclat de désir traversa son regard tandis que je glissais un doigt au niveau du col de son manteau pour le tirer à l'intérieur de l'appartement.

  –Ne me bouge pas, susurrai-je à son oreille.

  Il m'obéit et me laissa retirer son écharpe et son duffle-coat. Bon sang, il portait un col roulé noir, l'un de mes pêché mignon en matière de vêtements. Ça n'allait pas à tout le monde, mais en ce qui le concernait, c'était toujours le cas. Pendant une seconde, j'admirais son buste finement mis en valeur par ce haut, avant de reprendre mes esprits et de me rappeler le but de ma manœuvre. Avec un petit sourire en coin, je lui pris la main, l'emmenai dans la cuisine. Puis je le plantai devant les fourneaux et me hissai sur l’îlot central. Michael me dévisagea sans comprendre.

  –Bah quoi ? fis-je innocemment. Je t'ai dit que j'avais faim, qu'est-ce que tu t'imaginais ?

  Un rire lui échappa.

  –Alors toi...

  Il plaça les mains de part et d'autre de mes cuisses. Je lui fis les yeux doux.

  –Tu m'avais demandé de t'attendre, lui rappelai-je.

  –Et tu m'as attendu... Pas de pizza cramée cette fois-ci ?

  –Pour me passer de ta super cuisine ? Certainement pas.

  Il déposa un rapide baiser sur mes lèvres, puis me prit par la taille pour me faire descendre de mon perchoir.

  –Tu m'assistes ?

  J'acceptai avec grand plaisir.

  Après une petite inspection des placards et du frigo, Mike décida de s'attaquer à une poêlé de légumes épicés avec du riz et du blanc de poulet. Il me chargea des découpes tandis qu'il s'occupait de tous ce qui concernait la cuisson. Effleurements de nos coudes, de nos doigts, petits regards en coin... Même une activité aussi banale que cuisiner avait sa part d'intimité avec lui.

  –Alors, comment s'est passé ta semaine ? me demanda-t-il en déversant les légumes que je venais de couper dans la poêle.

  Cette simple question balaya la bonne humeur qui m'habitait depuis son arrivée. J'avais beau avoir décidé de lui dire ce qu'il m'arrivait, je ne savais pas encore comment m'y prendre. Devais-je tout lui balancer de but en blanc ou y aller avec des pincettes ?

  –Elle a été un peu mouvementée, avouai-je.

  –Ah oui ? Comment ça ?

  –Eh bien... rien qu'aujourd'hui, je viens d'apprendre que Sinéad et Trevor étaient ensemble et qu'ils étaient au courant pour nous deux.

  –Vraiment ? s'étonna-t-il.

  Je confirmai d'un hochement de tête en prenant un gros couteau de cuisine pour m'attaquer au blanc de poulet. Parler d'eux allait me laisser encore un peu de temps pour choisir la façon dont j'allais lui annoncer vérité.

  –Ils ont vu que tu passais beaucoup de temps à l'hôpital, expliquai-je, et ils ont fini par comprendre qu'on n’était pas seulement meilleurs amis.

  Mike arrêta d'agiter les légumes et se tourna vers moi, sourcils froncés.

  –J'ai bien croisé Sinéad durant ton hospitalisation, mais ce n'était pas si souvent que ça, assura-t-il. Et je n'ai jamais vu Trevor.

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