Chapitre 29 : Méfiance - Partie 2

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  Le docteur se dirigea vers la porte. Prenant mon mal en patience, je le rejoignis, puis lui emboîtai le pas dans le couloir, un fantôme sur les talons. On ne croisa à nouveau personne et sortit de l'hôpital sans problème. Finn nous suivit jusqu'au 4x4 de location du médecin.

  –Tu reviendras ? s'assura-t-il tandis que le docteur déverrouillait sa voiture.

  –Oui, promis. Et toi, n'oublie pas d'aller voir tes parents.

  Après une hésitation, il opina.

  –Très bien, à plus, Finn.

  Je lui adressai un dernier sourire encourageant, puis disparut dans l'habitacle. Mes lèvres retombèrent aussitôt et toute mon attention se focalisa sur l'homme derrière le volant. Je réussis à garder mes lèvres scellées le temps qu'il démarre le moteur, monte le chauffage, puis nous conduise hors du parking avant de craquer.

  –Alors, c'est vrai, je ne respirais presque plus ?

  Il me jeta un rapide coup d'œil.

  –Nous reviendrons sur ce point plus tard, fit-il en reposant les yeux sur la route.

  Ma mâchoire se décrocha. Il n'avait rien affirmé mais c'était tout comme !

  –Comme je vous l'ai dit, j'ai beaucoup de chose à vous dire et vous risquez d'être un peu perdue, enchaîna-t-il sans me laisser le temps de digérer cette information. Mais j'ai une question à vous poser avant tout. Vous avez eu l'air de beaucoup souffrir tout à l'heure, mais est-ce que vous avez eu davantage mal à la poitrine, au ventre et à la gorge ?

  –Heu, oui, confirmai-je dans un état second. Pourquoi ?

  –Le cancer des poumons de Madame Tucker s'était propagé à son œsophage, son estomac et son foie.

  Même si j'étais encore sous le choc de sa première révélation, le moindre de ses mots me parvint. L'un d'eux me ramena à moi.

  –S'était ? répétai-je.

  –Oui... Elle est guérie.

  Mon souffle se coupa. Alors c'était vrai ? En plus de voir les fantômes, je pouvais soigner les gens rien qu'en les touchant ?

  –Ils s'en rendront tout de suite compte à son réveil, ajouta-t-il, son attention toujours rivée sur la route.

  –Vous l'avez examinée pendant que j'avais perdu connaissance ?

  –Oui.

  Je n'avais pourtant pas eu l'impression que Cami ou son lit avait bougé d'un iota. Lentement, je baissai les yeux vers mes mains.

  –Comment est-ce possible ? murmurai-je. J'ai déjà touché plein de gens avant et...

  –Des personnes malades ou blessées ? précisa le docteur.

  –Oui ! Et je n'ai jamais soigné personne ! Ce week-end j'ai même touché quelqu'un qui a une grosse cicatrice et il ne s'est rien passé !

  L'horrible stigmate de Sissi n'avait pas disparu quand elle m'avait raconté ce qui lui était arrivé et que j'avais posé ma main sur la sienne.

  –Quel genre de cicatrice ? Une laissée par une brûlure, une coupure ? Est-ce qu’elle l'handicape ?

  –Non, elle ne l'handicape pas.

  Mais elle restait un stigmate qui ne quitterait jamais sa peau, qui lui rappellerait chaque jour qu'elle avait été attaquée par un chien et avait frôlée la mort de beaucoup trop près.

  –C'est peut-être pour cette raison, conclut le docteur. Peut-être que votre capacité à soigner les autres ne fonctionne que sur les personnes qui ont réellement besoin de soin. Celles blessées, handicapées, en danger...

  –Mais ça ne change rien au fait que j'ai déjà touché plein de gens avant et que...

  Ma voix mourut au milieu de la phrase. Pour la première fois depuis le début de la soirée, l'attitude étrange de mon médecin me sautait aux yeux. J'eus un léger mouvement de recul et le dévisageai d'un œil nouveau. Le docteur était calme. Beaucoup trop calme. Comme si notre sujet de conversation était tout à fait normal.

  –Pourquoi êtes-vous aussi serein ? demandai-je, soudain méfiante. Vous êtes un médecin, un homme de science. Vous ne devriez pas croire un traître mot concernant les fantômes ou la guérison instantanée, pourtant ça n'a pas l'air de vous surprendre. C'est même vous qui avez évoqué l'implication du surnaturel.

  Le malaise qui s'était insinué en moi n'avait fait que grandir à mesure que je parlais. Maintenant que j'y pensais, son comportement était plus que suspect ! Qu'est-ce que ça cachait ? Avais-je eu tort de me confier à lui ?... De monter dans sa voiture ?

  Les muscles de sa mâchoire roulèrent sous sa peau. La lumière défilante des lampadaires éclairait son visage et accentuait cette réaction, lui donnait de nouveau cet air irréel. Les doigts serrés sur le volant, il continua à rouler en silence.

  –Docteur Wilson ? insistai-je.

  Il arrêta le 4x4 à un feu rouge, puis coula un rapide regard vers moi.

  –Si vous ne me répondez pas tout de suite, je sors, le mis-je en garde.

  Ma main se referma autour de la poignée. De longues secondes de silence insupportables s'écoulèrent. Dehors, le minuteur du passage piéton décroissait au même rythme. Dix, neuf, huit, sept, six, cinq...

  J'ouvris la porte.

  –Attendez.

  Je bloquai mon mouvement sans refermer la portière, toute mon attention braquée sur le docteur, en attente de réponses. Il ferma les yeux et prit une profonde inspiration.

  –Je... Vous n'êtes pas la seule avec des capacités qui sortent de l'ordinaire.

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