Chapitre 29 : Méfiance - Partie 1

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  Le même cirque recommença. Dès que je revins à moi, l'air me brûla de l'intérieur et je me retrouvai pliée en deux, déchirée par une violente quinte de toux. Je n'eus cependant aucun trou de mémoire. Cette fois-ci, je me souvenais parfaitement où j'étais, ce qu'il s'était passé avant que mes paupières se ferment...

  –Anastasia ?

  Et aussi en compagnie de qui je me trouvais. Toujours occupée à recracher mes poumons, je fis signe à Finn de patienter. Lorsque ma crise passa enfin et que je pus ouvrir les yeux, je le trouvai face à moi. Il ne volait pas, pour une fois. Il était assis par terre, le menton posé sur le canapé et les mains de part et d'autre de son visage.

  –Ça va ? demanda-t-il.

  –Ouais... Je pète la forme.

  Après une profonde inspiration, je me redressai, puis m'assis au bord du canapé. Le monitoring cardiaque attira tout de suite mon attention et mon regard glissa sur la femme qui y était reliée. Le souvenir de ce que j'avais ressenti en la touchant me fit frissonner. Supporter cette impression d'organes qui se liquéfiaient n'avait vraiment pas été une partie de plaisir, pourtant ce n'était pas le pire. Non.

  Ça s'était reproduit.

  Ce feu qui naissait au plus profond de mon être et tout ce qui s'ensuivait, exactement comme avec Liam et Mme Silver. Seules l'intensité et la localisation de la douleur avaient différé entre eux trois. Pour mon neveu et ma voisine, elle avait correspondu au mal dont ils souffraient quand je les avais touchés. Était-ce aussi le cas de Cami ? Le docteur Wilson avait dit que son cancer avait atteint plusieurs organes mais sans me préciser lesquels.

  Et si j'avais bien ressenti sa douleur, l'avais-je aussi... guérie, comme il supposait que j'en avais la capacité ? C'était pour ça que nous étions venus ici. Les sourcils froncés, je me concentrai sur la patiente. Rien sur son visage ne me donnait d'indice sur son état. Elle semblait toujours aussi endormie et détendue.

  Il fallait que je pose ces questions au docteur.

  Je me forçai à quitter Cami des yeux pour le chercher. C'était étrange qu'il ne soit pas venu m'assister à mon réveil. La dernière fois, j'avais à peine eu le temps de tousser trois fois qu'il était intervenu.

  Je n'eus pas à faire trop d'effort pour le trouver et quand mon regard se posa sur lui, je compris tout de suite pourquoi il ne s'était pas encore manifesté. Installé sur un fauteuil entre le lit et le canapé, ses jambes interminables étendues devant lui et la tête soutenue par son poing, l'albinos géant dormait à point fermé. Il devait être bien crevé pour que ma quinte de toux ne l'ait pas réveillé. Malheureusement pour lui, j'avais besoin de réponses.

  –Qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'enquit Finn tandis que je me levais.

  –Je ne sais pas vraiment.

  –Tu t'es mise à briller super fort.

  Je m'arrêtai brusquement et me tournai vers lui, interloquée.

  –Comment ça ?

  Il s'éleva dans les airs.

  –Bah, normalement tu ressembles à...

  –Une luciole ? le coupai-je.

  Il opina.

  –Mais quand t'as touché la dame, t'as brillé tellement fort que ça piquait les yeux, comme avec le soleil.

  Si ce n'était pas le fantôme d'un petit garçon qui venait de me sortir cette phrase, je me serais posée des questions. Elle ressemblait à un compliment foireux issu d'une tentative de drague bien lourdingue.

  –C'est encore le cas ? demandai-je sans pouvoir m'empêcher de jeter un œil au revers de ma main, toujours aussi pâle.

  –Non, c'est redevenu normal juste après.

  –O...K. Tu as remarqué autre chose ?

  Ses yeux glissèrent vers le médecin, puis sur le canapé, avant de revenir vers moi. Il se pinça les lèvres. Le regard de chien battu qui accompagna ce tic nerveux ne me rassura pas. Mes muscles se tendirent.

  –Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

  –T'aai ai orte, marmonna-t-il en rentrant la tête dans ses épaules.

  Je haussai un sourcil.

  –Et avec la version articulée, ça donne quoi ?

  Il sembla encore plus mal à l'aise, mais finit par me répondre plus distinctement.

  –T'avais l'air morte.

  Ce n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais. Mon cerveau mit d'ailleurs une poignée de secondes à assimiler cette information. Je cillai plusieurs fois.

  –Pardon ?

  –À partir du moment où t'es tombée dans les pommes, t'as presque plus bougé du tout.

  –C'est ce qui a tendance à arriver quand on s’évanouit, justifiai-je, soulagée.

  Même si c'était un fantôme, il restait un gosse. Il avait dû croire que je passais l'arme à gauche en me voyant perdre connaissance.

  Du moins, c'était ce que je pensais, jusqu'à ce qu'il secoue la tête.

  –Non, mais tu bougeais presque plus du tout du tout, insista-t-il. Même pour respirer.

  J'ouvris la bouche pour lui dire qu'il se trompait. Si ma respiration s'était vraiment arrêtée, le docteur ne m'aurait pas laissée sur le canapé. Il m'aurait mise sous assistance respiratoire. Mais avant que je ne prononce le moindre mot, ce que ce dernier m'avait dit juste avant de partir de chez moi, quand je lui avais demandé pourquoi il ne me faisait pas hospitaliser, me revint en tête.

  « Parce que d'après ce que j'ai vu, ce serait une très mauvaise idée. »

  Et il y avait aussi les bouffées d'oxygène qui me brûlaient de l'intérieur lorsque je revenais à moi. Comme si j'étais restée sous l'eau trop longtemps et que je parvenais enfin à atteindre la surface pour remplir mes poumons.

  Une sensation désagréable parcourut ma peau. Je pivotai vers le docteur, puis secouai son épaule sans plus attendre. Ses paupières papillonnèrent.

  –C'est vrai que je ne respirais presque plus ? attaquai-je.

  Il fronça les sourcil, l'air encore endormi, et tourna la tête vers moi. Ses yeux s'agrandirent légèrement.

  –Vous êtes réveillé ? Désolé, je ne pensais pas m'endormir.

  –C'est rien, vous pouvez plutôt répondre à ma question ? C'est vrai que je ne respirais presque plus pendant que j'étais dans les vapes ?

  –Qui vous a dit ça ?

  –Finn.

  L'intéressé se plaça derrière moi et jeta un œil au médecin par-dessus mon épaule. L'albinos se massa les tempes d'une main avant de se redresser de tous ses deux mètres dix et quelques. J'aurais préféré qu'il reste assis, ça ne m'obligeait pas à tordre le cou pour le regarder dans les yeux.

  –J'ai beaucoup de chose à vous dire, éluda-t-il. Mais nous devons d'abord partir. Nous sommes ici depuis trop longtemps.

  Pour la première fois depuis mon réveil, je jetai un œil à l'horloge murale. Il était trois heures et demi du matin. Nous étions arrivés peu après vingt-et-un heures trente. Mes yeux s'arrondirent. Ça voulait dire que j'étais restée inconsciente pendant six heures ?!

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