Chapitre 28 : Le test - Partie 3

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  L'émotion me nouait la gorge. Finn n'avait que onze ans, il n'aurait jamais dû mourir si jeune, ni être témoin de sa propre mort et du chagrin de ses parents. On racontait souvent que les fantômes restaient sur terre à cause de leurs regrets. Ne pas avoir vu leur sourire était-il celui de Finn ?

  –Pourquoi tu n'es pas allé chez toi pour les voir ?

  Plusieurs secondes s'écoulèrent avant qu'il réponde.

  –Je sais pas. Je suis ici.

  –Tu ne peux pas quitter l'hôpital ?

  Ce n'était pas une base fiable, mais dans de nombreux romans fantastiques que j'avais lus, les fantômes étaient liés au lieu qu'ils hantaient et ne pouvaient en partir.

  –Si, me contredit-il, je suis allé me promener dehors plusieurs fois, mais je préfère rester ici.

  –Finn, tu sais que tes parents ne reviendront jamais à l'hôpital, pas vrai ? (Il opina.) Alors si tu eux les voir sourire à nouveau, il faut que tu ailles chez toi.

  –Et s'ils pleurent encore ou qu'ils m'ont oublié ? Je veux pas le savoir...

  –Ils ne t'oublieront jamais, assurai-je. Tu es leur petit garçon.

  Il me jeta un regard en coin.

  –J'étais pas très gentil, marmonna-t-il. Je faisais tout le temps plein de bêtises.

  –Si tu savais comme ils s'en moquent. Ils t'aiment et t'aimeront toujours, même si tu n'es plus là.

  –Comment tu peux en être sûre ?

  –Parce que j'avais un frère jumeau et qu'il est mort, lui aussi. Il a fait une mauvaise chute dans les escaliers. Pourtant, il occupe toujours une place aussi importante dans mon cœur.

  À fleur de peau à cause de son histoire, je ne pus empêcher une larme de rouler sur ma joue au souvenir d'Ilya, de notre séparation prématurée, de tout ce que mon frère avait manqué, de sa chute... J'étais là lorsqu'il était tombé, juste à côté de lui. Si j'avais été un peu plus rapide, si j'avais réussi à l'atteindre avant qu'il ne bascule dans le vide...

  J’essuyai ma joue.

  –Alors, tu me promets d'aller les voir ? repris-je.

  Finn baissa à nouveau les yeux et se remit à frotter le parquet.

  –Et s'ils pleurent encore ? J'aime pas les voir pleurer.

  –Je ne peux rien te garantir à ce sujet. Mais s'ils pleurent encore c'est parce qu'ils sont tristes que tu les aies quittés. Ils ont juste besoin de temps pour l'accepter. D'accord ?

  Son pied arrêta de bouger. Un moment passa avant qu'il reprenne la parole.

  –D'accord, j'irais les voir.

  Un sourire fendit mes lèvres.

  –C'est bien, tu es courageux.

  Il releva les yeux vers moi et me rendit mon sourire. Son petit corps s'éleva dans les airs, puis il s'installa sur le bord de la fenêtre. Je pris une profonde inspiration pour chasser le nœud dans ma gorge. J'avais une encore une question à lui poser.

  –Finn, si tu sais depuis le début que tu es un fantôme, pourquoi tu m'as dit que tu étais hospitalisé ici au lieu de me dire ce que tu étais quand je te l'ai demandé ?

  –T'arrêtais pas de bondir partout dès que je venais te voir et dans les films, les fantômes sont souvent méchants. Je voulais pas te faire plus peur.

  Il marquait un point.

  –Mais moi je suis pas méchant, s’empressa-t-il d’ajouter, je te promets.

  En voyant ses yeux refléter la tristesse qu'il ressentait à l'idée que je le craigne, mon cœur fondit. Après son récit, j'avais encore plus envie de le prendre dans mes bras.

  –Je sais, Finn. Je n'ai plus peur de toi à présent.

  Son visage s'éclaira à nouveau.

  –Les autres aussi sont pas méchants, lâcha-t-il.

  –Les autres ?

  –Tu m'as demandé tout à l'heure si j'avais vu d'autres fantômes.

  Ah oui, je l'avais déjà oublié. Ma mémoire avait de sérieux problèmes. Je devrais songer à consulter.

  –Donc pour répondre à ta question : oui, on est cinq ici.

  –Et tu ne leur as jamais parlé ?

  Il secoua la tête.

  –Ils flottent dans leur chambre sans bouger. Et pour les vivants... Personne ne me voit ou me parle comme toi. Est-ce que c'est parce que tu brilles ?

  Encore cette histoire de brillance… Je vérifiai à nouveau l'état de mon bras mais je ne vis pas plus de lumière que la dernière fois.

  –Je luis vraiment comme une luciole ?

  –Oui... (Son visage se détendit.) C'est encore plus beau dans le noir.

  –Heu... merci ?

  Son sourire s'agrandit, jusqu'à ce que deux coups résonnent à nouveau contre la porte.

  Merde, le test.

  –J'arrive ! lançai-je. Écoute Finn, je dois aller vérifier le truc pour lequel je suis venue.

  –Je peux venir voir ?

  J'ouvris la bouche, la refermai, l'ouvris à nouveau.

  –Il va y avoir le docteur.

  Il se renfrogna.

  –T'as dit que je devais pas avoir peur de lui.

  –C'est le cas, mais je préfère te prévenir.

  –Ah d'accord... Bah, au pire, je peux vite disparaître, déclara-t-il en s'élevant de la fenêtre.

  Bon, très bien. J'allais avoir un public. Après une dernière hésitation, je quittai la salle de bain.

  –Désolée, glissai-je à l'albinos qui m'attendait de l'autre côté de la porte. On a eu une discussion plus longue que prévu.

  Il sembla vouloir me poser des questions à ce sujet, puis se ravisa.

  –Vous êtes prête ?

  –Pas vraiment, mais quand faut y aller, faut y aller.

  Armée de ce semblant de détermination, je me dirigeai vers le lit. Du coin de l’œil, je repérai mon spectateur spectral assis sur la télévision.

  Le docteur se plaça à côté de moi lorsque j'arrivai devant le lit. Je lui jetai un regard en coin, puis me concentrai sur Cami. Ce test ne pouvait pas lui faire de mal. Soit il ne se passerait rien, soit elle irait mieux. Pour moi, en revanche…

  Je secouai la tête pour chasser ces pensées. Je devais rester concentrer et découvrir une bonne fois pour toute si le docteur avait raison. Rester dans le doute serait pire que tout.

  Après une franche inspiration, j'avançai ma main vers la patiente.

  Mon cœur battait de plus en plus vite. À mesure que mes doigts s’approchaient de son bras, le reste de mon corps reculait, comme si je me préparais à recevoir un coup de jus et à m'écarter dans la milliseconde.

  Pas un coup de jus, un putain d'incendie dans les veines. Rien d'inquiétant.

  Lorsqu'il ne resta plus qu'une paire de centimètres, je fermai les paupières, prête à endurer la douleur. Mes doigts effleurèrent la peau de Cami et le fin duvet qui la couvrait. Je me crispai.

  …

  Je rouvris un œil, puis l'autre.

  –Il ne se passe rien. (Je tapotai son bras du bout des doigts). Rien du tout.

  –Est-ce que le contact n'était pas plus important avec les autres ? demanda le docteur.

  –Pour Madame Silver, oui. Je lui ai serré la main. Mais Liam ? Non. J'ai effleuré son front. Enfin, je crois...

  Le choc avait un peu brouillé mes souvenirs et je ne me souvenais plus exactement ce qu’il s’était passé cette nuit-là.

  –De toute façon, pourquoi y aurait-il une différence entre ça ? (Je posai mes doigts sur sa peau.) Et ça ?

  Je plaquai ma paume au même endroit.

  Mon corps se pétrifia aussitôt.

  La naissance d'un feu au plus profond de mon être, sa propagation le long de mes veines jusqu'à ma paume, l'impression de n'être plus qu'une coquille vide lorsqu’il en jaillit, le violent retour d'énergie, l’explosion de sensations et de douleur... Je revécus exactement la même chose qu'avec Liam et Madame Silver. Mais cette fois, la douleur venait de partout. Ventre, poitrine, gorge... J'avais l'impression de brûler de l'intérieur. J'arrachai ma main du bras sur lequel elle reposait et manquai de tomber à la renverse. Le docteur me rattrapa de justesse.

  –J... J'ai mal, gémis-je entre mes dents serrées.

  C'était la première fois que c'était aussi douloureux.

  Le docteur me prit dans ses bras et me déposa sur le canapé avant de disparaître. Finn le remplaça aussitôt, l'inquiétude peignant ses traits.

  –Anastasia ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

  Je ne lui répondis pas, terrassée par les élancements en moi. Tous mes muscles étaient tendus à l'extrême. J’avais l’impression qu’on m’arrachait les tripes, les poumons, la gorge…

  Le docteur Wilson revint avec un verre d'eau et voulut me le faire boire, en vain. Je souffrais tant que je ne pus bouger pendant un temps. Ça ne dura sûrement que deux minutes mais ça me sembla interminable. Lorsque la douleur commença enfin à s'atténuer, une vague de soulagement me traversa. Peu importe ce qui allait suivre, je ne souffrais plus et c'était tout ce qui m'importait.

  –Je veux bien avoir ce verre d'eau, maintenant, murmurai-je à bout de souffle.

  Le docteur me redressa pour m’aider à le boire. Le simple fait de porter la boisson à mes lèvres et de l'avaler me demanda un effort sur humain. Le verre glissa des doigts à la fin. Je n'avais déjà plus aucune force.

  –Je vais m'évanouir, annonçai-je.

  –Ça a recommencé ? s'assura-il.

  –Oui, et c'est vraiment à chier. Pourquoi est-ce que j'ai eu aussi mal ?

  Il jeta un œil à Cami.

  –Cancer en phase 4 signifie cancer en phase terminale. Elle est déclarée à partir du moment où le cancer s'est propagé dans le corps et a atteint plusieurs organes.

  Un rire nerveux franchit mes lèvres.

  –Et vous n'avez pas jugé utile de me prévenir avant ?

  –Je pensais que vous le saviez.

  –Je ne suis pas médecin et je n'ai pas une mémoire comme la vôtre. Je ne me souviens pas de toutes les pathologies Dr House.

  Mes paupières papillonnèrent. Je commençais à avoir du mal à les garder ouvertes.

  –Vous avez intérêt à trouver une explication en béton si jamais quelqu'un passe par ici, parce que je ne vais aller nulle part pour le moment et je vous vois mal me porter jusque chez m....

  Cette phrase resta à jamais en suspens.

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