Chapitre 23 : Cicatrice - Partie 2

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  J'avais toujours l'habitude de raconter mes rêves bizarres à Sinéad. Elle aimait bien essayer d'y trouver une signification, en particulier pour les plus loufoques d'entre eux. Cependant, cette fois-ci, je n'en fis rien. Loup... chien, la différence était faible et je ne voulais pas lui rappeler de mauvais souvenirs. Surtout qu'elle ne portait pas son écharpe quand je la rejoignis dans la cuisine pour me réveiller autour d'un chocolat chaud. Seule une petite partie de sa cicatrice était visible mais c'était un énorme pas en avant.

  –Bien dormi ? m'enquis-je.

  Elle opina, un sourire aux lèvres. Le teint lumineux, les yeux grands ouverts... sans son pyjama et ses boucles qui partaient dans tous les sens, personne n'aurait cru qu'elle venait de se lever après avoir dormi avec moi. En plus d'avoir la sale habitude de prendre de la place sur le lit, j'avais le sommeil agité. Il m'arrivait parfois de me réveiller la tête à la place des pieds. Mais nous avions passé tellement de nuits dans le même lit que Sissi s'y était habituée.

  –Par contre, qu'est-ce qu'elle t'a fait ta table de nuit pour que tu la dévalises à onze heures ? demanda-t-elle après avoir vidé son mug.

  Je grimaçai.

  –Je cherchais mon téléphone, ça t'a réveillé ?

  –Plus ou moins. Je me suis rendormi tout de suite après... Prête à reprendre le marathon ?

  J'acquiesçai, puis, munie de ma tasse bien chaude, j'allais m'affaler sur le canapé.

  Cette journée se déroula comme la vieille. On passa notre temps devant l'écran, ne le quittant qu'entre deux épisodes pour faire le déjeuner ou satisfaire un besoin naturel. Vers dix-huit heures, j'étais tellement concentrée sur la télé que je bondis sur place lorsque mon téléphone sonna. Sinéad s'empressa de mettre sur pause.

  –Laisse ça doit être de la pub, assurai-je.

  –Tu n'en sais rien, me contredit-elle.

  À contrecœur, je me levai pour décrocher. J'aurais préféré ne pas le faire.

  –Pourquoi tu ne réponds pas sur ton portable ? m'incendia ma mère. Ça va faire trois fois que je t'appelle.

  Je fermai les yeux et pris une profonde inspiration. C'était la première fois qu'on se reparlait depuis qu'elle m'avait giflée, presque une semaine plus tôt. Pourquoi n'étais-je pas surprise que les premiers mots qu'elle m'adressait me reprochaient quelque chose ?

  –Désolée, mon téléphone est sur silencieux.

  –Alors remets-le immédiatement sur vibreur. Si tu as un téléphone, c'est pour qu'on puisse te joindre. Je n'ai pas que ça à faire.

  –D'acco...

  –Et prépare tes affaires, me coupa-t-elle. Logan passe te chercher dans une demi-heure pour t'emmener à ton rendez-vous avec le docteur Wilson.

  –Hein ? Mais c'est demain.

  –Il ne sera pas disponible demain. C'est pourquoi il te voit tout à l'heure.

  –Mais Sissi...

  Elle raccrocha avant que j'aie fini ma phrase. Ce n'est qu'en reposant le téléphone sur son socle que je me rendis compte à quel point mes muscles étaient tendus.

  –Un souci ? s'inquiéta Sinéad en me rejoignant.

  –Oui, mon rendez-vous médical a été avancé, je pars à l'hôpital dans une demi-heure.

  –Tu vas faire une prise de sang ?

  J'opinai en passant les mains sur mon visage. J'étais dans la merde jusqu'au cou. Une bière ne représentait pas beaucoup d'alcool, mais je venais d'en finir une. Mon taux d'alcoolémie ne serait jamais redescendu à temps d'ici mon rendez-vous. Dès que ma mère poserait les yeux sur les résultats d'analyse, elle allait me tuer.

  –Et si tu demandais au docteur de ne pas lui dire tes résultats ? proposa Sissi.

  Accepterait-il de les cacher ? Le secret médical ne s'était jamais appliqué pour moi. Peu importe quel médecin m'examinait, ma mère finissait toujours par être au courant. Même quand je m'étais rendue dans une toute petite clinique perdue au milieu de nulle part pour me faire prescrire la pilule, elle avait fini par le savoir.

  Mais lorsque le docteur Wilson avait vu que je n'étais pas à l'aise à l'idée de contacter les urgences, il m'avait donné son numéro personnel. Il m'avait offert cette échappatoire sans hésitation. Pouvait-il aussi m'aider concernant mon taux d'alcool ?

  –Je verrais une fois sur place, soupirai-je. De toute façon, ce n'est pas comme si je pouvais revenir à zéro en un claquement de doigt.

  Sissi pinça les lèvres.

  –Comme je ne sais pas quand je rentrerais, peut-être qu'il vaut mieux que tu repartes en même temps que moi, déclarai-je.

  –Tu ne veux pas que je t'attende ?

  –Non, ça ira.

  Sinéad se rendit dans ma chambre pour ranger ses affaires tandis que je retournais m'asseoir sur le canapé. Si le docteur Wilson ne pouvait pas m'aider, je pourrais encore me tourner vers Ashley pour lui demander de faire tampon entre ma mère et moi. Je n'aimais pas l'impliquer dans de telles affaires mais depuis que ma génitrice m'avait giflée, j'avais peur qu'elle recommence à me frapper régulièrement.




  Quand Logan arriva, Sinéad me lança un regard encourageant et me demanda de la tenir au courant. J'acceptai d'un léger hochement de tête, puis montai en voiture. À cause de la neige et des bouchons le trajet fut plus long que prévu. Je n'avais jamais autant aimé ces deux-là qu'en cet instant. Chaque seconde qui m'éloignait de la prise de sang était une seconde supplémentaire qui permettait à mon organisme de se débarrasser de l'alcool que j'avais ingéré.

  Une hôtesse d'accueil m'attendait dans le hall de l'hôpital. Elle me prit en charge dès mon arrivée.

  –Ma mère est là ? m'enquis-je en la suivant vers la salle d'auscultation.

  –Non, la directrice nous a averti du changement de rendez-vous mais une réunion l'a empêché de venir.

  Une vague de soulagement me traversa. Je n'étais pas encore prête à la voir.

  Le reste du chemin se déroula sans un mot. Ma guide se contentait de saluer ses collègues d'un hochement de tête et moi, de la suivre en silence.

  –Voilà, déclara-t-elle en ouvrant une porte. Le docteur Wilson n'est pas encore arrivé mais il ne devrait pas tarder.

  Je me retins de lui exprimer le fond de ma pensée, à savoir que plus il tardait, mieux je me portais.

  Une fois seule, je tentai de me détendre en me massant la nuque, en vain. Si seulement ma mère m'avait appelé une heure plus tôt, je n'aurais jamais touché à cette bière !

  La tête baissée, je m'appuyai contre la table d'auscultation. Pourquoi ce genre de chose n'arrivait qu'à moi ? Avais-je embêté quelqu'un que je n'aurais pas dû dans une vie antérieure ? Devais-je tout de suite contacter les tombes funèbres ou y avait-il une petite chance que je m'en sorte ? Au moins ce serait ça de fait.

  Fatiguée, je me redressai dans un profond soupir. Mon regard en croisa un autre.

  Je bondis aussitôt sur la table.

  Le petit garçon, celui qui courait dans les couloirs et que j'avais aperçu dans le reflet de mon écran la semaine dernière, se tenait au centre de la pièce.

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