Chapitre 9 : ... ou vrais problèmes ? - Partie 2

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  Je fus tellement surprise de la revoir que je ne réagis pas assez vite, elle remarqua tout de suite ce que j'avais en main et son regard s'assombrit.

  –Qui te l’a donné ? Me demanda-t-elle froidement.

  Je ne voulais pas apporter de problème à Ash alors qu'elle n'avait fait que m'aider. Je ne répondis pas. Mais ma mère était loin d'être idiote.

  –La police ne l'aurait rendu qu'à un membre de la famille. Et puisque ce n'est ni ton père, ni moi, il ne reste qu'Ashley.

  –Elle voulait juste me rendre service.

  –Tu n'en avais pas besoin.

  –Bien sûr que si ! Je suis coincée ici, Maman. Tu ne laisses personne venir me voir, à part Celia, qui n'a pas décroché un mot depuis qu'elle s'occupe de moi. Je n'ai pas le droit d'avoir d'ordinateur, tu ne peux pas non plus...

  –J'empêche les paparazzis de venir jusqu'à toi, me coupa-t-elle sèchement. J'empêche la photo de ma fille à l'hôpital de faire la une des tabloïds.

  –Alors fais-moi sortir. Je vais bien !

  –Si c'est vraiment ce que tu penses, alors explique-moi pourquoi je viens de passer trois jours avec une dizaine de cardiologues.

  J'eus un mouvement de recul. Des cardiologues ? Pourquoi ? Et puis, depuis quand avait-elle autant de temps à m'accorder ? Elle me détestait.

  Ma mère me jeta au visage les feuilles qu'elle avait en main ; beaucoup se répartirent autour de moi, d'autres par terre, sous mon lit... J'en pris une et tentai de déchiffrer le charabia médical qui était tapé en noir dessus. Je n'insistai pas bien longtemps.

  –Je ne suis pas docteur, je ne comprends rien.

  –Et bien nous non plus. À moins que tous les monitorings auxquels on te relie soient tous défectueux, ton cœur s'arrête toutes les nuits.

  Bon, OK, ça, c'était pas top. Mais il ne fallait pas être sorcier pour savoir que c'était impossible.

  –Je ne serais pas aussi en forme si c'était le cas, marmonnai-je.

  –Non, en effet, et les examens qu'on t'a fait passer ne nous apprennent rien. Comme personne n'avait d'explication ou même d'hypothèse, j'ai passé toute la journée à éplucher mon répertoire afin de trouver quelqu'un qui pourrait résoudre le problème.

  –Et ?

  Si ma sortie dépendait de ce quelqu'un, je préférai le voir rapidement.

  –Le docteur Caïn Wilson devrait arriver demain. En attendant...

  Elle s'approcha de moi et tendit la main. Je n'essayai même pas de négocier, je savais que c'était perdu d'avance. J'éteignis mon portable afin qu'elle ne puisse pas fouiller à l'intérieur et voir que j'avais passé ma journée avec Michael, puis, à contrecœur, je lui remis. Elle sortit de la chambre sans ajouter un mot.

  Ce Caïn Wilson avait intérêt à avoir la réponse à ce que j'avais, sinon, je n'étais pas prête de revoir l'extérieur de l'hôpital.

  Renfrognée, je me recouchai et croisai les bras sur ma poitrine. J'avais envie d'arracher les capteurs que j'avais sur la poitrine et au pouce. Au moins, cette fois, on saurait pourquoi le monitoring enregistrerait un plat.

  Attendez deux secondes...

  Et si c'était en fait ça, la réponse au problème. J'avais le sommeil très agité, Michael n'arrêtait pas de me taquiner à ce sujet. Alors est-ce que, par le plus grand des hasards, en gesticulant comme une idiote je ne décrochais pas malencontreusement une partie des capteurs, puis en bougeant à nouveau, ils retrouvaient leur position ? Si ma mère n'était pas aussi froide avec moi, je lui aurais fait part de ma petite théorie. Parce que même si c'était complètement tiré par les cheveux, c'était toujours plus probable que le fait d'avoir un arrêt cardiaque chaque nuit. Je détiendrais probablement le record du nombre de morts pour une même personne si c'était le cas.... Est-ce que je pouvais proposer ce record au Guiness Book ? En ce qui concerne ma mère, elle balayerait ma théorie d'un geste de la main ou me ferait interner. Au choix. Quoique... elle me menaçait tellement de m'envoyer en cure de désintox que je finirais probablement là-bas.

  Je passai le reste de la soirée devant la télé, à zapper entre les différentes chaînes. Je me serais bien matée une série, mais à cause de mon sommeil prolongé, j'avais du retard dans tout et il n'était pas question que je me spoile !

  J'avais fini par me rabattre sur un documentaire animalier sur les créatures dangereuses vivant en eau douce – oui, je me faisais vraiment chier –, quand quelqu'un entra à nouveau dans ma chambre. Je me crispai. Etait-ce de nouveau ma mère ? Avait-elle réussi à cracker mon téléphone et vu que j'avais passé la journée avec Michael ?

  Mes muscles se détendirent immédiatement dès qu’Ash apparut, suivie de Sinéad et Blodwyn ! Je me redressai d'un coup alors que meilleure amie traversait la pièce en courant. Elle se jeta dans mes bras et je tombai à la renverse, morte de rire. Ashley était vraiment géniale, pour avoir réussi à les faire venir en douce, sous les yeux de ma mère. Surtout qu'elle était loin d'être une grande fan de Boldwyn, à cause du métier qu'elle exerçait. Elle n'avait aucune considération pour la médecine traditionnelle. Elle était bien trop pragmatique pour ça.

  –Sinéad, calme-toi un peu, la reprit sa mère.

  Ma meilleure amie se redressa et m'aida à faire de même.

  –Alors, les cours ? La taquinai-je.

  –Sérieusement Ana, tu ne penses qu'aux cours depuis ton premier message.

  –C'est seulement pour t'embêter.

  Elle leva les yeux au ciel.

  Comme toutes les personnes qui me rendaient visite, je pris le temps de l'observer. Alors qu'avant, ils atteignaient seulement ses épaules, ses cheveux tombaient maintenant sur sa poitrine et semblaient encore plus indomptables. Et puis, qu'est-ce qu'elle s'était embellie ! Je l'avais toujours trouvée magnifique, mais là, wahou ! Ses traits étaient fins et délicats, elle avait un joli petit nez concave, des pommettes hautes et soulignées par quelques taches de rousseur discrètes, de grands cils courbes et charbonneux, de beaux yeux noisette, des lèvres rouges pulpeuses, et niveau corporel, elle était tout aussi gâtée. Sa silhouette en sablier la dotait de belles formes féminines, soulignées par une taille fine et de longues jambes. En soi, elle n’avait pratiquement pas changé, mais il se dégageait d’elle un petit je ne sais quoi qui n’était pas là avant... Si elle ne rendait toujours pas fous les mecs qui la croisaient, je ne comprenais plus rien !

  De son côté, Blodwyn, que j'avais toujours considérée comme la plus belle femme du monde – une version plus âgée de Sinéad, ne semblait pas avoir pris une seule ride. Je regardai rapidement par-dessus mes lunettes. Oui, ce n'était pas qu'une impression. Qu'est-ce qu'elle utilisait pour avoir une peau aussi parfaite ? Elle allait fêter ses cinquante ans l'année proch... dans quelques mois, mais tout le monde lui en donnait quinze, voire vingt de moins ! Si ce n'était pas une preuve des bienfaits des médecines traditionnelles, je ne savais pas ce qu'il fallait à ma mère pour être convaincue.

  –Comment vas-tu ? Me demanda-t-elle avec douceur.

  Je n'étais pas étonnée qu'elle ait accompagné sa fille pour venir me rendre visite. Elle avait toujours été là quand j'avais eu besoin d'aide, et je n'avais jamais hésité à me confier à elle. Elle avait plus été une mère pour moi que la mienne.

  –Très bien.

  –Tu es sûre ? Tu me sembles changée... C'est très subtil, mais ton aura est différente d'avant.

  Ah oui, Blodwyn était un peu spéciale et excentrique. Ceux trop étriqués d'esprit, comme ma mère, pouvaient la prendre pour une illuminée à parler d'aura, de karma et de qi. Mais personnellement, j'étais ouverte à la possibilité que de telles choses existent. Après tout, je croyais déjà aux fantômes. Et puis Boldwyn était loin d'être folle.

  Sa petite remarque fit réagir Sinéad, qui se concentra sur moi et tenta de voir la même chose que sa mère. Elle était son modèle et je savais que ma meilleure amie rêvait de devenir comme elle à l'avenir. Mais elle avait encore du travail, car ce qui était flagrant pour l'une ne l'était pas pour l'autre. Je retirai mes lunettes et les lui proposai ; elle haussa un sourcil.

  –T'y verras peut-être plus clair, plaisantai-je.

  –T'es vraiment trop con.

  Boldwyn se racla la gorge, ce qui nous fit rire aux éclats. Pas de gros mots, c'était noté.

  –Plus sérieusement, intervint Ashley. Nous ne sommes pas sûrs, mais Ana pourrait avoir des problèmes cardiaques.

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Vhaeraun2016

Il n'y avait pas de réelle nuit pour les habitants de la station spatiale impériale Arankyr. Les ouvriers habitaient là avec leurs familles depuis des générations. Ils passaient, pour la plupart, toute leur vie sur ce cailloux dérivant au beau milieu du vide spatial, accueillant de temps à autre des vaisseaux impériaux en voyage.
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Sachant qu'il ne ferait que la gêner et réclamerait de jouer lui aussi, Irina décida qu'il n'en était pas question.
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Il y a peu, des soldats qui passaient par la station avaient fait courir le bruit que la race belliqueuse des Kruds gagnait du terrain et que certains de leurs vaisseaux venaient par ici. Malgré les chances infinitésimales qu'ils trouvent la station, le peuple en était resté terrifié pendant de longs mois. Certains disaient même avoir aperçu les silhouettes de leurs vaisseaux depuis les plus hautes spires de la station. Et même s'ils avaient finalement été écrasés par l'armée impériale, certaines rumeurs prétendaient que des navettes de sauvetage avaient pu mener quelques rescapés jusqu'à la station Arankyr. Bien évidemment, le gouvernement de la station s'était empressé de démentir cette légende ridicule, mais les gamins continuaient de se raconter ce genre d'histoires pour se faire peur.
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Elle mît la peluche dans les mains de Krell, puis le mena jusqu'à son lit tandis qu'il contemplait la peluche d'un air hagard.
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- "Ça va vraiment faire fuir les Kruds?
- Bien sûr." Irina s'assit à côté de lui." Pour preuve, je vais te raconter une histoire. C'est l'histoire d'un preux soldat de l'empire pendant la première guerre contre les Kruds."
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- "C'était un soldat impérial qui avait beaucoup combattu pour protéger les humains contre les nombreux aliens qu'il y a dans la galaxie. Son nom était…" elle hésita un instant," Krem. Il s'appelait Krem Ling de Lafoch." Irina sourit, fière du nom pompant qu'elle avait trouvé. "C'était un homme courageux, mais les autres soldats ne l'étaient pas. Pendant cette guerre, beaucoup d'hommes étaient comme toi tout à l'heure, terrifiés à l'idée d'affronter ces choses horribles.
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Le Chtazyr les regarda d'abord s'enfuir, puis il se lança à leur poursuite comme un prédateur fondant sur ses proies. Il les rattrapa et les tua tous en un rien de temps.
- Vraiment ?" Fit Krell, un peu sceptique.
- "Tout à fait. Krem Ling, sauvé, devait apprendre plus tard que cet animal était un prédateur impitoyable aux yeux des Kruds. Le Chtazyr est un animal qui se nourrit uniquement de Kruds. Il est capable de rester immobile en hibernation pendant des années, mais sitôt qu'il voit des Kruds, il leur bondit dessus et les dévore. Crois moi, avec ça tu n'as rien à craindre. Aucun Kruds n'osera t'approcher à moins d'un kilomètre. Ce Krem Ling de Lafoch dont je te parlai a été décoré pour avoir découvert le point faible des Kruds. Sitôt qu'on fait venir un Chtazyr sur le champs de bataille, il fait un massacre. Bien sûr ça ne sert pas dans les batailles spatiales, mais tant qu'on en a quelque part, aucun Kruds ne peut nous menacer.
- Je vois…" le petit garçon hésitait. Malgré son air sceptique, il serrait fermement la peluche contre son cœur. Irina comprit qu'il n'était pas bête au point de complètement lui faire confiance, mais qu'il avait envie de croire à cette histoire. Pour bien le convaincre, Irina ajouta d'une voix qui se voulait tendre:
- "Tu sais, jusqu'ici je dormais toujours avec, mais comme je m'inquiète pour toi j'ai décidé de te le donner. Tu peux dormir avec tout le temps à partir de maintenant. Même si moi maintenant je vais un peu avoir peur, mais bon, c'est pas grave du moment que toi tu es en sécurité."
L'enfant acquiesça, et s'allongea, l'air songeur.
Irina éteignit la lumière et sortit, laissant son frère dormir. Mais bien loin d'aller elle même dormir, elle se précipita sur sa console, obnubilée par son nouveau jeu vidéo inspiré de l'antique histoire de la vieille terre. Elle avait hâte de rencontrer le personnage virtuel de Gengis Khan qu'elle trouvait délicieusement charismatique.
Pendant ce temps, Krell s'endormait lentement. Il serrait la peluche patibulaire contre son cœur. Mais la tête affreuse de l'animal dépassait de sa couverture.

Des tentacules s'agitèrent dans les conduits d'aération. Un ligament de chair passa par les barreaux et les retira un à un. Puis une masse molle et informe se comprima pour passer par l'ouverture. Un mollusque tentaculaire rampa sur le sol, et se redressa lentement. Ses appendices s'agitaient lentement, et une voix faible et sifflante murmura:
- "Skvllyyktch skratc goltgum!" Un soupir. "Je meurs… je n'ai ni bu ni mangé pendant des semaines… je ne produis plus assez de mucus… Aussi, je suis désolé petit humain, mais je vais devoir te manger. Depuis des mois je survis en traînant dans les conduits d'aération. Cela ne pourra plus durer longtemps. Sinon je vais mourir."
Bien qu'il soit en train de dormir, le visage de l'enfant parut de crisper.
- "Je suis désolé. Je ne veux pas mourir. Même s'il peut paraître révulsant de manger la chair d'une créature intelligente… je suis dans une situation où je pourrais presque manger l'un des miens. Alors manger un humain…"
La masse de tentacules bougea lourdement. Rampant difficilement sur le sol sec.
- "Zyrcghlou Chtyglou! Ta chair… ton sang… tes os… c'est ignoble… mais peu importe. Tu me permettras de reprendre des forces. Je suis désolé. Je suis…"
La voix s'arrêta brusquement. Dans le peu de lumière que laissait filtrer la porte et qui éclairait vaguement les murs, on pouvait voir se dessiner l'ombre d'une créature étrange avec une gueule immense garnie de crocs.
La masse de tentacules frissonna, puis un tentacule se souleva et s'approcha de l'enfant.
Assis sur le torse de l'humain dans une posture grotesque, une créature velue souriait de toutes ses dents pointues. Ses yeux noirs renvoyaient des reflets lumineux où se lisait une lueur de défi, qui, mêlée à son sourire, lui donnait l'air sadique du prédateur qui attend que sa proie tombe dans son piège.
Un sifflement se fit entendre.
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Puis la masse de tentacules s'activa à une vitesse incroyable, remontant dans le conduit d'aération en quelques secondes avant de disparaître dans les ténèbres.

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