Chapitre 9 : ... ou vrais problèmes ? - Partie 1

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  ⌈ Alors, tu as bien redoublé ou un événement cosmique provoqué par l'alignement des planètes, une éclipse et le sacrifice d'un ours en peluche a bouleversé l'équilibre du monde et t'a permis d'avoir ton diplôme ? ⌋

  Je m'étais réveillée tard, en fin de matinée, et comme je savais très bien que Sinéad était toujours au lycée et qu'en cours, elle ne touchait jamais à son téléphone, je fus plus que surprise d'avoir une réponse dans les cinq secondes qui suivirent.

  ⌈ Anastasia ?! C'est vraiment toi ?! ⌋

  ⌈ En chair, en os, et en horrible tenue d'hôpital. ⌋

  ⌈ OMG !!!!!

  Je sais pas quoi dire !

  C'est génial !

  Tu vas bien ?

  Qu'est-ce que tu as eu ?

  Tu penses sortir bientôt ?

  Je pourrai te rendre visite ? ⌋

  ⌈ Alors :

  Oui je vais bien.

  Ce que j'ai : c'est la question que tout le monde se pose.

  Sortir ? Je n'en ai aucune idée.

  Et j'ai deux gorilles qui surveillent ma chambre à cause des paparazzis, alors si tu veux venir,

  contacte Ashley, elle te fera passer en douce ;)

  Et au fait, pourquoi tu me réponds, t'es pas censée être en cours ? ⌋

  Je m'étais peut-être trompée finalement, il y avait peut-être bien eu un miracle.

   ⌈ Les cours ?! Tu veux vraiment parler des cours alors que j'étais morte d'inquiétude pour toi ?! Surtout que j'ai déjà vu tout ça, c'est pas important. Je m'en fous complètement ! ⌋

  Je n'eus pas le temps de taper un mot qu'un nouveau message arriva.

   ⌈ Bon, en fait, pas tant que ça, la prof me regarde fixement. Je vais voir avec ta sœur pour venir ce soir ! À tout' ⌋

  Tout juste dix messages, mais c'était suffisant pour me faire sourire jusqu'aux oreilles. L'idée de la revoir allait m'aider à passer cette nouvelle journée barbante. Qu'est-ce que Sissi avait bien pu faire pendant ces dix longs mois ? Comme je ne me souvenais plus si elle avait le numéro d'Ashley, je pris les devants et lui envoyai. Puis je prévins également ma sœur que ma meilleure amie allait l'appeler prochainement.

  Je passai la journée sur mon téléphone, à prendre des nouvelles des uns et des autres et surtout à discuter avec Michael. Il ne se passa pas une seule minute sans qu'on s'envoie un message, ou qu'on se téléphone, alors qu'il était à l'autre bout du monde, dans la capitale nippone où il faisait nuit noire. Déjà qu'il avait fait l'aller-retour en deux jours rien que pour me voir, il devait être complètement crevé. Mais il s'en fichait complètement, tant qu'il me parlait, c'était tout ce qui lui importait.

  –J'ai passé dix jours pratiquement sans fermer l’œil quand j'étais à tes côtés. Une nuit blanche, c'est rien du tout.

  Je savais bien qu'il ne cherchait qu'à plaisanter, mais j'eus un pincement au cœur. Dix jours pratiquement sans dormir et ni manger.... Il s'était fait beaucoup de mal. J'éprouvai soudain le besoin de le voir. Mike passa en appel vidéo et son visage s'afficha sur mon écran. Son sourire m'apaisa immédiatement.

  –Et moi, je peux te voir ? Me demanda-t-il.

  J'allais le faire mais je me figeai, le doigt au-dessus de l'icône. Comme je n'avais pas le droit de sortir de mon lit, je ne m'étais encore jamais vue depuis mon réveil. Ça ne m'avait même pas traversé l'esprit jusque-là Je me préparai psychologiquement et allumai ma caméra avant.

  Des cheveux dégueulasses bien gras, des tuyaux dans le pif, mais à part ça, j'avais la même tête : j’avais toujours de grands yeux vert émeraude mis en valeur par des sourcils épais, plus sombres que ma chevelure dorée, des lèvres fines, ainsi qu’un petit nez légèrement retroussé au milieu d’un visage ovale à la mâchoire marquée. Je poussai un profond soupir de soulagement qui n'échappa pas à Mike.

  –Qu'y a-t-il ?

  –J'ai eu peur d'avoir changé de visage.

  –Tu es toujours aussi belle, mon ange.... Essaye juste de te laver les cheveux.

  –T'as de la chance d'être au Japon, Nightwalker, sinon tu aurais subi mon courroux.

  Il haussa ses sourcils avec arrogance.

  –Je tremble de peur.

  Je lui lançai mon regard le plus dur et il explosa de rire. Bon, d'accord, je devais être aussi terrifiante qu'un lapin nain.

  On continua de se parler pendant des heures. À ma demande, il me montra la chambre où il était supposé dormir. Elle était luxueuse mais typiquement japonaise, avec des tatamis sur le sol, portes coulissantes, ainsi qu'un futon sur un lit traditionnel. Et il fit ma journée en me donnant un petit aperçu de la tenue qu'il portait. Un yukata ! C'était très sexy et ça lui allait super bien ! Il avait intérêt à en ramener un à son retour. Je me ferais un petit plaisir de lui retirer. Ce serait un vrai jeu d'enfant, je n'aurais qu'à tirer sur la ceinture au lieu de galérer comme une idiote avec les boutons de sa chemise ou de son pantalon.

  Il sortit de sa chambre et continua son petit tour de l'appartement en parlant moins fort. Contrairement à lui, les autres membres de son groupe dormaient profondément. Je vis le sol quelques instants, le temps qu'il pousse un panneau coulissant.

  –Qu'est-ce que tu en penses ?

  Il pivota à nouveau son téléphone et m'offrit la vue qu'il avait depuis un balcon. C'était époustouflant. Il devait se tenir un peu à l'écart de Tokyo même, mais être dans les hauteurs car il avait une vue plongeante sur la capitale, encore illuminée malgré l'heure, ses gratte-ciels et la Sky Tree. Et c’était très subtil, mais je pouvais aussi apercevoir les contours du mont Fuji, au loin.

  J'avais l'impression de voyager alors que j'étais enfermée entre quatre murs. J'avais conscience que ça aurait pu être bien pire, c'était une chambre de luxe que j'avais. Mais quand même, j'aurais préféré être avec lui. Surtout que malgré mes nombreux déplacements à travers le monde, je n'avais encore jamais mis les pieds au pays du soleil levant. Il faudrait que j'y remédie rapidement.

  La porte s'ouvrit. Je cachai rapidement mon portable sous mes draps. Celia poussa la petite desserte avec mon plateau repas, qu'elle me remit avant de partir sans dire un mot. Bonjour à toi aussi....

  Je ressortis Michael de sa cachette. Il avait un immense sourire et avait du mal à contenir un fou rire. Je pouvais être mauvaise langue.... très mauvaise langue, alors bien évidemment, je lui avais parlé de la douce et tendre Celia, mon infirmière attitrée, quand elle était passée me donner mon repas à midi. Depuis, il l'appelait ma geôlière. Ce qui n'était pas très éloigné de la réalité en fin de compte.

  Tout en mangeant mon dîner, toujours composé de nourriture broyée pas vraiment consistante, je restai avec Michael. Il s'était installé de façon à ce que je vois le paysage pendant qu'il me parlait. Qu'est-ce que j'aurais donné pour avoir des sushis à la place de la purée. Ils ne pouvaient pas en inclure dans leur menu ? Même si je devais avouer que ce soir, c'était particulièrement bon. L'émincé de homard y était pour beaucoup.

  On discuta encore une paire d'heures jusqu'à ce que mon copain décide de raccrocher. Il voulait que je me repose. Je trouvais ça assez amusant de la part de quelqu'un qui venait de passer sa nuit au téléphone. Je tentai une petite négociation pour qu'il reste encore un peu avec moi, mais je n'eus pas gain de cause.

  –Je t'aime, mon ange, on se rappelle demain.

  –Ça marche, passe une bonne journée.... Mickey.

  Il me foudroya du regard et j'éclatai de rire. Il détestait ce surnom. Je lui fis les yeux doux et battis innocemment des paupières avant de raccrocher et de me faire rappeler à l'ordre. Puis, je me laissai tomber sur mon oreiller, le portable sur le cœur et un sourire d'idiote enamourée fendant mon visage. La journée était loin d’avoir été pourrie finalement.

  Un conseil... Ne jamais proférer ou même penser ce genre d'affirmation. C'est toujours à ce moment-là que les choses se dégradent.

  Ma mère entra.

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