Chapitre 7 : Séjour à l'hôpital - Partie 3

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  J'avais passé une bonne partie de la soirée avec Ashley jusqu'à ce que je m'endorme comme une masse. Pourtant, il faisait encore nuit noire quand mes paupières se soulevèrent. Un rideau de lumière se déversait du couloir à ma chambre. Ça devait être ce qui m'avait réveillée. Qui avait ouvert la porte ? Je me redressai et m'apprêtai à sortir du lit pour la refermer quand j'entendis Ashley.

  –Je veux bien que tu entres, mais je ne peux pas la réveiller. Elle a encore besoin de dormir.

  –Je m'en fiche, j'ai juste besoin de la voir, s'il te plaît.

  Mon cœur rata un battement. Interdite, je portai une main à mes lèvres. Cette voix...

  Intriguée par le bruit arythmique du monitoring, Ashley entra précipitamment dans ma chambre. Ses yeux se posèrent sur moi et un sourire bienveillant fendit son visage. Elle retourna dans le couloir sans dire un mot.

  –Vas-y.

  Une ombre remonta lentement le chemin de lumière et le monitoring manqua un nouveau bip quand celui à qui elle appartenait se tint face à moi.

  Michael.

  Il se stoppa en me voyant assise et son souffle se bloqua dans ses poumons. Pendant plusieurs longues secondes, on resta tous les deux parfaitement immobiles à se dévisager dans les moindres détails, comme si l'on se rencontrait pour la première fois.

  Mon regard passa de ses cheveux noirs en bataille, légèrement plus longs que la dernière fois que je l'avais vu, à son visage parfait à la carnation plus mate que la mienne due à ses origines italiennes. Malgré l'obscurité, je me perdis dans ses yeux bleus, aussi sombres que le fond de la mer. Je réussis à m'en détacher et à poursuivre mon exploration. Mon regard glissa sur ses sourcils épais mais bien définis, son nez droit, sa mâchoire marquée, ses lèvres aussi attirantes que du miel pour une abeille. Puis il descendit sur ses épaules d'athlète, ses bras musclés et rassurants, son torse, ses longues jambes, avant de revenir sur son visage et replonger dans ses yeux magnifiques. J'aurais pu les admirer des heures durant sans jamais m'en lasser.

  –Anastasia ?

  Mes lèvres se fendirent d'un immense sourire.

  Il reprit vie, traversa ma chambre à toute vitesse et s'assit à mes côtés. Avec prudence, il porta une main sur ma joue et m'observa de nouveau avec attention, sans respirer. Je posai une main sur la sienne.

  –Je suis bien réveillée.

  La seconde d'après, j'étais dans ses bras. Je le sentis trembler contre moi et ses épaules s'affaisser, libérées d'un énorme poids.

  –Ne me fais plus jamais peur comme ça, idiote, m'ordonna-t-il dans un murmure.

  Sous le coup de l'émotion, j’eus les larmes aux yeux. Je les refoulai et l'embrassai dans la nuque.

  –Promis.

  Il resserra son étreinte et cala ma tête dans le creux de son épaule tout en caressant mes cheveux. Je fermai les yeux et pris une profonde inspiration, remplissant mes poumons de son parfum musqué et ambré, souligné par une pointe d’exotisme. C'était totalement viril, complètement enivrant et vivifiant. Je me sentais si bien contre lui que sans le bip incessant du monitoring et la soufflerie de l'assistance respiratoire, j'aurais très facilement pu oublier que j'étais à l'hôpital.

  –J'ai bien cru devenir fou…

  –C'est fini. (J'embrassai une nouvelle fois sa nuque). Je suis réveillée, je vais bien.

  Sans me lâcher complètement, il s'éloigna et prit mon visage entre ses mains. Ses yeux en balayèrent chaque centimètre carré. Je fis de même et remarquai qu'il avait perdu un peu de poids. C'était assez subtil, je ne l'aurais pas vu avec mes lunettes, mais c'était bien le cas. Avant, ses pommettes n'étaient pas aussi saillantes. Je passai ma main sur sa joue.

  –Tu vas bien ?

  Un petit rire lui échappa.

  –Tu sors du coma et tu t'inquiètes de mon état ?

  –Évidemment, tu es toujours ma prio...

  Il ne me laissa pas le temps de finir ma phrase et m'embrassa intensément, profondément. À travers son baiser, je ressentis toute la tension et la peur qui l'avait habitée le quitter. Je lui répondis avec tout autant de passion. Le monitoring s'emballa complètement.

  –Hé !

  Michael s'écarta de moi d'un seul coup et on se tourna tous les deux vers la porte, le souffle court. Ashley avait débarqué dans la pièce.

  –Calmez un peu vos ardeurs, tous les deux, nous ordonna-t-elle. Kat est encore dans son bureau et si tu n'as pas un rythme cardiaque stable, elle risque de venir... Et je ne pense pas que vous en ayez envie.

  Oh non, hors de question qu'elle soit au courant pour Michael et moi ! Pas besoin d'être devin pour savoir ce qui se serait passé si Ashley ne nous avait pas prévenus à temps et que ma mère nous avais surpris : les agents de sécurité seraient déjà en train de virer mon copain de l'hôpital, et moi, je serais en plein transfert vers un autre établissement, sans possibilité de contacter l'extérieur. Voyant qu'on avait bien compris son avertissement, Ashley repartit et ferma la porte. Michael reporta son attention sur moi. Ses joues « creuses » attirèrent à nouveau mon regard.

  –Tu as maigri.

  –Et encore, j'ai repris du poids, avoua-t-il. (Il soupira). Dès que je t'ai perdue au téléphone, j'ai tout laissé en plan pour te rejoindre. Mais quand je t'ai trouvée sur ce lit d'hôpital... (Il ferma les yeux). J'en ai perdu l'appétit et le sommeil. Je ne voulais pas te quitter un seul instant, au cas où tu ouvrirais les yeux. Je dormais et mangeais à peine. Au bout de dix jours, j'ai eu une petite discussion avec ta sœur. (J'arquai un sourcil et affichai clairement mon scepticisme). Bon, d'accord, on a eu une très très grosse discussion qui a bien duré plusieurs heures. Elle a entamé la conversation en me demandant si on était ensemble. Elle était pratiquement sûre à cent pour cent et voulais juste une confirmation. Ça ne servait à rien de lui cacher et puis, tu l'aimes et tu lui fais confiance, alors je lui ai dit la vérité. On a beaucoup parlé à ce sujet, puis elle a réussi à me convaincre de reprendre ma vie et de repartir en tournée. Si je ne l'avais pas écoutée, j'aurais pu être là à ton réveil.

  –Tu rigoles j'espère ! Parce qu'à t'entendre, la seule chose que j'aurais trouvée à mes côtés serait un corps dépéri, et ça non merci. Enlacer un squelette ? Très peu pour moi. Je t'aurais fait la tête pendant des jours.

  Un petit sourire arrogant étira les lèvres de Michael et chassa sa mélancolie.

  –Tu es incapable de me faire la tête plus de deux heures.

  Vexée, je lui donnai un petit coup de poing dans l'épaule. Il le reçut en rigolant et me vola un baiser. Le pire dans tout ça, c'est qu'il avait raison. Mon seuil de rancune était très bas, voire inexistant, surtout en ce qui le concernait.

  –Si tu savais à quel point je suis heureux de te retrouver telle que tu étais, murmura-t-il contre mes lèvres. J'avais peur que tu mettes énormément de temps à t'en remettre.

Mon animosité s'envola en une seconde. Je ne voulais plus qu'il se fasse de soucis pour moi.

  Je l'embrassai rapidement sur la joue.

  –Que veux-tu ? Je suis exceptionnelle.

  –Je le savais déjà, assura-t-il.

  Comme pour s'assurer que j'étais bien ici, il passa une main sur ma joue, puis il approcha mon visage du sien pour m'embrasser avec tendresse, ce qui suffit pourtant à détraquer le monitoring. Il poussa un petit grognement de frustration et à contrecœur, me libéra. J'avais autant envie que lui de jeter les machines par la fenêtre. Sérieusement.... ça me démangeait. Mais je préférais profiter du temps qu'il me restait avec lui, alors quand il s'allongea sur le lit et m'invita à me blottir dans ses bras, je ne le fis attendre une seconde de plus.

  Son torse endurci par ses muscles n'était pas très confortable mais je ne l'aurais échangé pour aucun oreiller du monde. J'adorais les sentir sous mes doigts, ils m'accordaient réconfort et sécurité. Je savais qu'avec lui, je ne risquais rien. J'aurais voulu profiter de ce moment jusqu'à ce que le soleil se lève et que Michael ne soit obligé de partir avant le passage de ma mère. Mais m'allonger avait été une mauvaise idée, je n'avais pas fini ma nuit et le sommeil eut raison de moi.

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