Chapitre 5 : Réveil difficile - Partie 2

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  Sa mâchoire se décrocha. OK... J'avais autre chose que les tuyaux sur le visage ? Pourquoi était-elle aussi choquée ?

  –Ash ?

  Elle se remit à respirer et avec une lenteur extrême, elle s'approcha de moi, sans me quitter des yeux, ni cillé une seule fois. Elle baissa la barrière de mon lit et s'assit sur le matelas. Interdite, elle me dévisagea pendant de longues secondes. Je ne savais pas trop quoi faire d'autre qu'attendre qu'elle se reprenne, mais ça dura tellement longtemps que ça en devint un peu gênant.

  –Quelqu'un m'a dessiné une mou... (Elle se jeta à mon cou)...stache ?

  Ses bras resserrèrent leur étreinte, manquant de m'étouffer, et je l'entendis réprimer un sanglot. OK, il y avait définitivement quelque chose qui n'allait pas chez ma sœur. Elle n'avait pas la larme facile.

  –Merci mon Dieu, murmura-t-elle.

  Elle y allait peut-être un peu fort, non ?

  Ashley me libéra et recula. Ses yeux brillaient sous le coup de l'émotion et elle était vraiment à deux doigts de pleurer. Un demi-sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'elle posait une main sur ma joue, comme pour s'assurer que j'étais vraiment là.

  –C'est un vrai miracle.

  –De me réveiller dans un hôpital ? M'assurai-je. Non, pas vraiment. C'est ma deuxième maison.

  Un petit rire sincère lui échappa, agrandissant son sourire par la même occasion. Une larme roula sur sa joue et elle me reprit tendrement contre elle. Je ne savais toujours pas ce qui lui prenait, mais je n'étais jamais contre les câlins. Alors, avec le seul bras que je pouvais plier, je lui rendis son étreinte. Je la sentis trembler contre moi. Intriguée, je voulais voir ce qu'elle avait. Mais elle cala ma tête contre son épaule et embrassa ma tempe.

  –Je t'aime, Ana.

  –Moi aussi.

  Elle embrassa à nouveau ma tempe et passa une main dans mes cheveux. Elle réitéra son geste de nombreuses fois. Ses tremblements finirent par disparaître, mais elle me garda dans ses bras. Je fermai les yeux pour me couper du monde et profiter de l'amour que me portait ma sœur.

  –Comment tu te sens ?

  –J'avais un léger mal de tête en me réveillant, mais maintenant que j'ai mes lunettes, c'est passé. Tu pourrais me dire comment j'ai fini ici ? On m'a récupérée complètement torchée sous une table ?

Elle mit fin à notre étreinte, se redressa et sécha ses larmes.

  –Tu ne te souviens pas ? (Je secouai la tête de droit à gauche). OK, je vais te poser quelques questions, essaye d'y répondre du mieux possible.

  J'opinai et me mis en tailleur pour être plus à l'aise. Ashley se lança. Quel était mon nom et mon prénom : Anastasia Baskerville. Mon âge ? Dix-huit ans. Le nom de mes parents ? Ekaterina Romanovitch Baskerville et Nick Baskerville. La date du jour ? Le 19 mars. L'année ? 2017. Le dernier film que j'avais tourné ? Éternelle. Le nom de mon manager ? Jacob Cannon. Le dernier épisode de Manor que j'avais tourné ? Le 18 de la saison 2.

  Maintenant certaine que j'avais bien toute ma tête, Ashley prit une profonde inspiration et frotta ses paumes sur son pantalon d'hôpital.

  –Quel est ton dernier souvenir ? Me demanda-t-elle avec douceur.

  Je fermai les yeux et tentai de me rappeler ce qu'il s'était passé avant que je ne m'endorme. Je me rappelais vaguement d'un cauchemar où je me noyais, mais c'était peu de temps avant mon réveil. Je devais remonter plus loin... La dernière image qui me vint en tête fut aussi étrange que déroutante.

  –Un chat jouait de la batterie.

  Ma sœur tira une tête mémorable, j'aurais bien pris son téléphone pour l’immortaliser, mais ce n'était pas le moment. À la place, je préférai lui préciser que c'était sur Youtube. Ça la rassura tout de suite.

  –Et c'était avant ou après manger ?

  –Avant, affirmai-je après quelques secondes de réflexion.

  Elle prit de nouveau une profonde inspiration.

  –Tu as dîné avec Kat, déclara-t-elle. Puis tu es sortie pour aller à une soirée, chez Lucinda Parks... Toujours rien ? (Je confirmai). Tu as pris une voiture.

  Le rugissement d'un moteur jaillit dans mon esprit.

  –La Ferrari. J'ai piqué sa Ferrari.

  Une foule de souvenirs que j'avais oubliés se bousculèrent brusquement dans ma tête. La dispute avec ma mère, sa voiture, l'appel de Michael sur l'autoroute. La soirée chez Lucinda. La mousse sur le toit. Mais j'eus beau pousser, après, c'était toujours le trou noir. J'avais dû finir complètement ivre, à danser sur la table, comme j'en avais l'habitude. Je mis Ashley au courant que je me rappelais de la soirée. Du moins du début.

  –Trevor nous as dit qu'il t'a trouvée sur le balcon et que tu n'étais pas bien, reprit-elle. Tu as bu de l'eau pour essayer de faire passer, mais ça n'a servi à rien. Puis tu as fui la soirée alors qu'il appelait les secours et tu as disparu. Il n'avait aucune idée de l'endroit où tu étais passée.... Tu t'étais rendue chez Michael Nightwalker.

  Mon cœur manqua un battement. Mais qu'est-ce qui m'avait pris d'aller chez lui ? Si ma mère l'apprenait, j'étais définitivement morte et enterrée. Je déglutis avec difficulté.

  –Une fois là-bas, tu l'as appelé et c'est lui qui a prévenu les secours. Ils t'ont retrouvée inconsciente dans la salle de bain.

  –Quoi ?!

  Ashley me prit la main gauche et remit l'une de mes mèches de cheveux derrière l'oreille. Son regard était empreint de douceur et de chagrin. Pourquoi était-elle si triste ? Je n'aimais pas la voir ainsi.

  –Ash...

  –Ce que je m'apprête à te dire est extrêmement difficile à entendre, Anastasia. Alors j'ai besoin que tu restes calme. Tu penses pouvoir le faire ?

  Ces mots ne me rassurèrent absolument pas. Mais j'opinai. Ma sœur prit une profonde inspiration, son regard passa sur ma main, remonta le long des câbles, s'attarda quelques secondes sur les machines avant de se poser dans mes yeux.

  –Nous ne sommes pas le 19 mars 2017 mais le 15 janvier 2018. Tu viens de passer dix mois dans le coma.

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