Chapitre 4 : Soirée chez les Parks - Partie 2

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  Mes iris vert émeraude étaient à moitié dévorés par mes pupilles. Même si je n'étais pas très colorée de base, à cause du côté russe de ma mère, j'étais anormalement pâle alors que le tour de mes yeux était rougi comme si j'avais pleuré pendant des heures. Mes cheveux avaient perdu leur brillance ainsi que leur légèreté et ils tombaient pauvrement dans mon dos et sur les côtés de mon visage.

  –Maintenant, dis-moi ce que tu as pris, Ana, fit Trevor.

  Je déglutis avec difficulté. Je comprenais ses doutes. J'avais juste l'air complètement défoncée. Et puis, normalement j'aurai ri en entendant sa proposition de sortir avec lui. Trevor qui cherchait à se caser ? On aurait cru une mauvaise blague. Mais j'étais tellement à cran... Alors que je n'avais rien pris ! Ça faisait trois ans que je n'avais plus touché à rien ! Qu'est-ce qu'ils avaient mis dans les verres pour que je sois dans un état pareil ?

  Prise d'une soudaine bouffée de chaleur, j'ouvris le robinet, passai mes mains sous l'eau et mouillai mon visage. Je bus également à grandes gorgées, mais rien n'y fit. J'avais même encore plus chaud, l’impression que mes pupilles étaient encore plus dilatées et je commençai sérieusement à avoir du mal à reprendre mon souffle. Je ne pouvais pas rester ici alors que j'étais dans cet état, Lucinda avait engagé des photographes et si ma mère regardait leurs clichés et me voyait dans comme ça...

  –Je.... Je crois que je vais rentrer chez moi... haletai-je.

  Trevor voulut me retenir, mais je le repoussai.

  –Anastasia, je ne te laisse pas repartir dans cet état.

  –Si... J'ai un pied-à-terre à cinq minutes, ça va aller... J'ai juste besoin de dormir.

  –Ce dont tu as besoin, c'est de soins !

  Il sortit son téléphone mais d'un coup sec, je frappai sa main et envoyai voler son appareil par terre.

  –Tu ne peux pas appeler les urgences. Ma mère va le savoir et elle va me tuer.

  Et ce n'était pas juste une métaphore !

  –Mais tu ne peux pas rester comme ça !

  Je rassemblai mes forces et sortis de la salle de bain en courant, Trevor jura et se lança à ma poursuite. Étant plus petite et plus menue que lui, j'eus beaucoup plus de facilité à passer entre les danseurs. Des voix m'appelaient, mais je ne répondais pas. Je voulais juste sortir d'ici. Une fois hors de l'appartement, je me ruai vers l'ascenseur et pressai le bouton du rez-de-chaussée comme si ma vie en dépendait. Durant la descente, je m'appuyai sur la barre et me penchai en avant pour essayer de retrouver un semblant de souffle. Ça n’avait toujours aucun effet. Le trajet jusqu'en bas me parut effroyablement long. J'eus même l'impression que je n'arriverais jamais consciente au rez-de-chaussée. Mais la cage de l'ascenseur finit par s'arrêter et les portes s'ouvrirent. Je me redressai et en sortis. Le pas mal assuré, je quittai l'immeuble et traversai la route pour rejoindre la voiture. Je glissai sur le siège conducteur et immédiatement, je sentis mes forces revenir. Alors j'avais juste besoin de m'asseoir pour que ça passe ?

  Sauf qu’une seconde plus tard, toute chaleur quitta subitement mon corps. Avant, je mourrais de chaud et maintenant, j'étais complètement frigorifiée. Je tremblais tellement que je claquais des dents et que je n'arrivais pas à mettre les clefs dans le contact. Un martèlement retentit soudain juste à côté de moi, me déchirant les tympans et me faisant sursauter. Trevor m'avait rattrapée.

  –Ana, descends tout de suite, tu n'es pas en état, m'ordonna-t-il d'une voix étouffée par la vitre.

  –Si... ça va aller... Je te promets.

  Je réussis enfin à allumer le moteur.

  –Non, Ana.... ANA ! Hurla Trevor.

  Je démarrai sur les chapeaux de roues et m'insérai dans la circulation. Cinq minutes. Je n'étais qu'à cinq minutes du loft de Michael. Tout ce que j'avais à faire, c'était avancer en ligne droite. Je devais y arriver. Je tenais le volant si fort pour contrôler mes tremblements que les articulations de mes doigts étaient livides. Sentant quelque chose couler de mon nez jusqu'à mes lèvres, je passai une main dessus. Du sang... C'était du sang. La peur qui me gagna accentua mes tremblements. Mais qu'est-ce que j'avais ?

  J'appuyai sur l'accélérateur alors que de nouvelles taches noires vinrent obscurcir ma vue. Par je ne sais quel miracle, j'arrivai à l'immeuble encore consciente. Je ne pris même pas le temps de me garer correctement.

  À chaque pas, mes jambes avaient de plus en plus de mal à supporter mon poids. Je réussis tout de même à entrer dans l'ascenseur avant de m'effondrer. J'insérai la clef magnétique de Michael et la cage commença à monter automatiquement jusqu'à son loft. Je n'étais plus qu'à deux étages quand je me mis à tousser à m'en déchirer les poumons. Je me retrouvai avec les mains pleines de sang. Mon cœur eut un raté.

  –Quoi ?

Les portes s'ouvrirent et, titubante, j'entrai dans le salon. Je dus m'appuyer sur les meubles pour me diriger vers la salle de bain. J'étais encore dans le couloir quand j'eus un violent haut le cœur. Mes jambes retrouvèrent leur force pendant quelques instants et j’atteignis la vasque juste avant de vomir. Ce n'était pas mon repas, ni même l'alcool que je rejetai, mais mon sang, énormément de sang.

  –Mais qu'est-ce que j'ai ? Paniquai-je.

  Complètement perdue, je sortis mon téléphone de mon sac et appelai Michael. Je n'étais pas sûre que son concert était terminé, mais je ne pouvais parler à personne d'autre que lui, Blodwyn et Sinéad étaient occupées. Pendant que la sonnerie retentissait dans le vide, je me redressai. Je me figeai en voyant mon reflet. Il était encore pire que tout à l'heure. Mes pupilles étaient tellement dilatées que je ne distinguai pratiquement plus mes iris. Mes yeux étaient injectés de sang. Et après en avoir vomi, j'en avais partout dans la bouche, sur les lèvres et le menton.

  Je sursautai en entendant la voix de Michael briser le silence de son loft.

  –Mon ange ? La soirée se passe bien ?

  Je craquai et me mis à pleurer. J'étais terrorisée. Je ne comprenais rien à ce qu'y m'arrivait.

  –Ana ? Que se passe-t-il ? Qu'est-ce que tu as ? S'inquiéta Michael.

  –Je... Je ne sais pas, sanglotai-je. Je ne suis pas bien. Je…

  Je gerbai à nouveau une quantité importante de sang. J'eus du mal à reprendre mon souffle après. J'entendais vaguement Michael hurler, mais je n'avais plus la force de le porter le téléphone à mes oreilles. Je le posai sur le meuble sous la vasque et mis le haut parleur.

  –Dis-moi ce qu'il se passe ! Hurla Michael.

  –J'ai… J’ai les yeux dilatés. Je suis congelée. Je crache plein de sang...

  –C'est pas vrai, mais qu'est-ce que tu as pris ?!

  –Rien.... Je n'ai rien pris.

  –Anastasia, s'il te plaît, ne fais pas ta forte tête. Tu avais promis de ne plus toucher à la drogue, alors je comprends que tu ne veuilles pas me le dire. Mais ne me mens pas.

  –Je ne te mens pas... Je n'ai rien pris Mike, je te promets... Je suis clean.

  Je vomis une nouvelle fois. Les taches noires revinrent, bien plus nombreuses. Je commençais à avoir du mal à tenir debout, à garder les yeux ouverts.

  –OK, je te crois, mon ange, déclara-t-il d'une voix calme, même si je sentais qu'il ne l'était pas du tout. Dis-moi où tu es. Simon est au téléphone avec les urgences. On va t'envoyer quelqu'un.

  –Non, ma mère...

  –On s'en fiche de ta mère, dis-moi juste où tu es.

  –Chez toi... Je suis chez toi.

  Je l'entendis transmettre l'info à son batteur. Plus de la moitié de mon champ de vision était plongé dans les ténèbres à présent. Je manquai de m'effondrer et me maintins de toutes mes maigres forces à la vasque.

  –Michael... J'ai vraiment du mal.

  –Reste avec moi, mon ange. Une ambulance vient de partir, elle ne devrait plus tarder.

  Oui, mais combien de temps allait-elle mettre ? J'étais si fatiguée. Incapable de tenir plus longtemps, je glissai jusqu'au sol.

  Lentement, mes paupières se fermèrent.

  –Ana.... ANA !

  Je rouvris les yeux d'un coup.

  –Oui ?

  –Putain, me fais pas peur comme ça. Parle-moi, m'ordonna Michael. Il faut que tu restes éveillée.

  De quoi ? Ma journée, la soirée ?

  Mes larmes se mirent à couler sans que je puisse les retenir. Je m'essuyai les joues pour les chasser. Mes mains se retrouvèrent encore plus rouges. Je me pétrifiai. Puisant dans mes dernières forces, je me relevai et regardai dans le miroir. Un rire nerveux m'échappa.

  –Je pleure du sang, lâchai-je.

  –Tu quoi ? Fit Michael sans cacher son angoisse.

  Les larmes rouges qui roulaient sur mes joues se firent plus nombreuses, le flot de la même couleur qui s'écoulait de mon nez devint plus important. Je vis le même liquide se mettre à glisser de mes oreilles et suivre la ligne de ma mâchoire avant de goutter à mon menton. J'étais tellement terrorisée par ce que je voyais que je perdis le semblant de contrôle qu'il me restait sur ma respiration.

  –Mike...J'ai.... j'ai peur.

  –Ça va aller, mon ange. Tiens le coup, reste avec moi, me rassura-t-il. L'ambulance arrive.

  Un sourire triste s'étira sur mes lèvres mais il fut brisé quelques secondes plus tard, au moment où je me remis à régurgiter du sang.

  Je ne voyais pratiquement plus rien, tout était sombre, flou. Mes paupières ne voulaient plus m'obéir. C'était tellement dur de rester debout alors que tout mon corps tremblait d'épuisement.

  –Ana, par pitié, parle-moi.

  –Je suis là, assurai-je d'une voix éteinte. Je suis...

  Le sol se déroba d'un coup sous mes pieds et je m'effondrai. Ma tête heurta violemment la vasque dans ma chute. À moitié assommée, je tentai de me relever, mais mes bras n'avaient plus aucune force et je retombai lourdement sur le carrelage froid.

  Alors que mes sensations me quittaient une à une, j'entendis soudain des pas accourir, devenant de plus en plus forts. Les plus audibles s'arrêtèrent.

  –Elle est là ! Cria quelqu'un.

  Je ne pus retenir mes larmes, qu’elles soient lacrymales ou sanguines. C'était les secours. Je voulus leur parler, mais au même moment, une pression énorme me comprima soudain la poitrine, m'empêchant d'émettre le moindre son, de reprendre mon souffle et mon cœur, de battre.

  Complètement asphyxiée, je perdis connaissance.

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