Chapitre 9: Le kidnapping. 

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"Quand j'ai été kidnappé, mes parents ont réagi très vite; ils ont loué ma chambre."

- Woody Allen.

Louis était rentré au château, l'air préoccupé. Il avait aperçu des personnes au loin kidnapper sa belle. Malheureusement, il n'avait rien pu faire. Il était dévasté, se sentait coupable de la disparition de l'impératrice. Cela faisait déjà deux semaines qu'elle avait disparu. Le peuple allait jaser s'il en venait à apprendre la terrible nouvelle. En seulement 2mois, l'empereur Alan Turin a été assassiné et maintenant sa femme venait de disparaître. Il avait eu du mal à calmer les tensions qui naissaient au sein des astramoniens. On allait dire de lui que c'était un incapable! Auraient-ils raison de le juger?

Louis s'installa dans une petite salle sombre. Il observa la table qui paraissait très vieille. Le bois se scindait en plusieurs morceaux. La poussière recouvrait certaines parties. Décidément, cette salle n'était guère utilisée. La porte s'ouvrit, laissant place à cinq conseillers, tous plus vieux les uns que les autres. Ils s'installèrent dans le plus grand des calmes et attendit que leur souverain prenne la parole. Louis se leva, les traits durcit par la colère. Son autorité était palpable. Il laissait ses pouvoirs sortir, créant un halo bleu électrique qui entoura tous les membres de son corps. Il s'exclama, la voix grave.

— L'heure est grave. Ma femme, Maëlys Turin, impératrice de la Magie et princesse d'Astramo, a été kidnappé. Je ne vous ai pas prévenu car j'espérais la trouver avant. Mais cela fait 2 semaines que je n'ai toujours pas retrouvé une quelconque trace d'elle.

— Oh mon dieu, murmurèrent les hommes.

— Je veux que cet enlèvement soit caché au peuple d'Astramo. Ils doivent ignorer que leur dirigeante est détenue par des criminels.

— Mais, mon seigneur, si jamais les astramoniens l'apprennent...

— Nous serons détesté et votre image sera à jamais salit, expliqua un conseiller.

— Je le sais bien, Charles. Nous devons prendre le risque. Si jamais nous les informons, ils me verront comme un homme incapable de diriger notre monde, rétorqua Louis. Cela ne doit pas arriver.

— Comment allons-nous récupérer la princesse?, demanda le plus jeune conseiller.

— Je vais retourner sur les lieux. Je flairerai leur magie. Ceci n'est pas un problème.

— Et comment allons-nous cacher son absence?

— Dites qu'elle attend un heureux événement et qu'elle préfère se reposer, répondit l'empereur.

— Vraiment? Félicitations!, le félicitèrent-ils.

— Non, c'est faux, soupira Louis. Mais cette excuse sera acceptée avec joie par les astramoniens.

— Ils verront bien qu'elle a le ventre plat, ripostèrent les hommes, scandalisés que l'empereur ose mentir à ce point.

— Malheureusement, les fausses couches existent, répondit Louis, indifférent.

— Vous n'êtes pas sérieux monseigneur!, s'exclama un homme scandalisé.

Il se leva et retira son masque. Les autres hommes murmurèrent surpris. Il s'agissait de James, l'ex petit-ami de Maëlys. Tout le monde ignorait le lien entre les deux. Tous sauf Louis. Ce dernier le fixa avec rage et lui répondit.

— Je fais ce que je veux.

— Vous croyez que Maëlys apprécierait ce mensonge?

— Elle n'aura pas le choix, elle n'avait pas qu'à se faire kidnapper, s'énerva Louis.

— Je la plains tellement qu'elle ait du vous épouser, lui cracha James.

— Voyons James, vous devrez avoir plus de respect envers notre roi, s'offusqua un homme.

— La ferme! Sortez d'ici, tous!, ordonna James.

Les personnes âgées ne savaient que faire. Lorsqu'ils virent leur roi leur fit signe, ils décidèrent de leur obéir. Il ne restait plus que James et Louis. Ces derniers se fixèrent avec haine. L'empereur s'avança vers le révolutionnaire qui regretta son excès de colère. Le mari de Maëlys lui dit d'un ton où on voyait qu'il essayait de maîtriser sa colère.

— Je ne tolérerai pas un autre affront, James. Tu m'as manqué de respect envers mes plus braves conseillers qui ignoraient ton lien avec mon épouse.

— Ton épouse, reprit James d'un ton moqueur. Tu t'en moques! Celle-ci a disparu et tu ne fais rien pour la retrouver. Réfléchis, Louis. Tu lui as annoncé la prophétie et peut de temps après, elle disparaît. Ne me dit pas que tu penses que c'est seulement un hasard.

— Non, bien sûr que non, s'offusqua Louis. Je regrette de l'avoir laissé partir seule. Mais je ne pensais pas qu'ils allaient oser la kidnapper aussi vite.

— Alors si tu regrettes, dépêche toi de la retrouver!

— Crois-tu donc que je vais laisser Maëlys là-bas? Je fais des recherches, chaque nuit je repars sur les lieux, je remonte la piste, je regarde les souvenirs qu'a enregistré la Terre!, expliqua Louis.

James le fixait, calmement. Il n'avait jamais envisagé que Louis puisse être attaché à Maëlys et qu'il la recherchait activement et personnellement. Pour lui, il s'agissait seulement d'un mariage arrangé. Mais se pourrait-il que celui se transforme en un mariage d'amour? L'empereur s'assit, les traits fatigués. Il leva la tête vers James et lui demanda d'une voix faible.

— Aide moi à la retrouver. Je ne sais plus quoi faire, elle me manque. Je sais qu'elle et moi, on est parti sur de mauvaises bases. Il y a deux mois, elle était encore en couple avec toi, je venais d'arriver et j'étais destiné à l'épouser. On s'est marié sans vraiment le vouloir, mon père a été assassiné, on devenait empereur... Mais on a commencé à tomber amoureux! Et voilà qu'on me l'a enlevé, termina-t-il les yeux brillants.

— Je t'aiderai Louis, lui répondit James. Je ferai tout ce qui est à mon pouvoir. Maëlys a été ma copine pendant un long moment. Mais je vois que tu es bien plus digne pour elle que moi je ne l'ai été.

— Merci de ta compréhension, murmura l'empereur visiblement soulagé.» Les deux hommes se levèrent et se serrèrent la main, une amitié et un respect mutuel venaient de naître entre eux.

***

— Je me lasse de ce nouveau jouet, Diane. Elle est magnifique et terriblement sexy mais trop sauvage, pleurnicha une voix.

— Paul, arrête un peu, soupira la dite Diane. Elle n'est pas pour toi de toute manière. Notre maître l'a exigé. Nous devons seulement la garder en attendant qu'il arrive.

— Cela fait deux semaines qu'elle est dans ce cachot, lui indiqua Paul.

— Je sais. Le maître doit arriver aujourd'hui, il avait fort à faire.

— Qui est votre maître?, intervint une voix.

Les deux kidnappeurs se tournèrent vers la personne qui avait pris la parole. Il s'agissait de Maëlys en personne. Celle-ci était derrière les barreaux, assise au sol, les cheveux sales qui tombaient tristement sur son visage d'habitude si beau mais aujourd'hui affaiblie. Pourtant, sa voix était dure et ne semblait pas affectée par ses conditions de vie. Elle gardait une certaine prestance. Elle fixait les deux inconnus et répéta sa question.

— Qui est votre maître?

— Le roi des forces de l'Eau, lui répondit Paul subjugué par sa beauté. Hé pourquoi tu m'as tapé?, marmonna-t-il lorsque Diane lui a administré un coup dans les côtes.

— Quel idiot, gronda Diane.

— Le roi?, répéta Maëlys. Combien de roi il y a dans ce royaume, marmonna-t-elle agacée par tant de dirigeants.

— Sombre idiote, soupira Diane. Astramo est dirigé par Marc Black. Mais Astramo n'est pas le seul pays où la magie règne. Il y a d'autres lieux. Ces lieux sont tous supervisés par Louis Turin et par toi-même, inculte. Ensuite, parallèlement à ça, il existe les royaumes des dieux. Il y a deux royaumes: les forces de l'Eau et les forces du Feu qui se divisent en différents clans mais on s'en moque. Mais les forces de l'Eau sont dirigés par un dieu en particulier et les forces du Feu par une déesse.

— On raconte que la reine des forces du Feu était folle amoureuse du frère du roi des forces de l'Eau. Sauf qu'elle était promise à ce dernier. Notre maître, qui est le fameux roi, a tué son propre frère et depuis, ils se vouèrent une guerre farouche, intervint Paul sous l'oeil exaspéré de Diane.

— Je vois. Mais vous ne pouvez pas donner le nom de votre roi?

— Je me nomme Sir Aaron Charles de l'Océan. Mais vous pouvez m'appeler Aaron, lady Maëlys.

Cette dernière posa son regard sur l'arrivant qui la fixait avec intensité. Il avait des yeux d'un bleu profond. Sa peau était hâlée et parfaitement sculptée. Il avait des cheveux châtain avec quelques mèches bleus clairs. Il s'avança et se mit accroupit, la regardant droit dans les yeux. Maëlys ne put s'empêcher de s'attarder sur sa musculature. Il était l'homme le plus musclé qu'elle n'avait vu. Aaron sourit, ravi de l'effet qu'il lui faisait. Il murmura.

— Ainsi nous nous rencontrons. Tout mon peuple rêverait de te tuer. Ou d'autres rêveraient de partager quelques moments avec toi, ajouta-t-il le regard plein de sous-entendus.

— Je préférerai mourir, gronda l'impératrice.

— Quel caractère, s'extasia Aaron. Vous serez parfaite!

— Parfaite? reprit-elle avec méfiance. Parfaite pour quoi ?

— Oh oui. J'aimerai avoir des descendants mais je n'ai pas trouvé la femme idéale. Du moins, jusqu'à ce que mes yeux rencontrent les vôtres.

— Je suis mariée Aaron. Alors au revoir, s'agaça Maëlys.

— Où est votre mari, Maëlys?

Celle-ci resta silencieuse. Était-elle condamnée à ne plus jamais revoir Louis? Allait-elle devenir la mère d'une lignée de dieux nobles? Elle se refusait de vivre cela. Elle se leva et s'éloigna de l'homme qui venait de rentrer dans son cachot. Il s'approcha d'elle puis lui caressa le visage. Maëlys était tétanisée. Elle voulait l'en empêcher mais elle était comme clouer au sol. Aaron déposa un baiser passionné sur ses lèvres. Il s'éloigna et murmura.

— Vraiment parfaite. Tu es si puissante, ajouta-t-il en effleurant son poignet. Je capte ta puissance magique, elle rivalise presque la mienne. Tu ferais une bonne reine.

— Je vous dis que je suis mariée! s'exaspéra-t-elle.

— Louis est un de mes soldats, ce n'est guère un soucis. Il acceptera volontiers de te céder. Il sera d'ailleurs récompensé, lui expliqua Aaron d'un ton désinvolte.

— Aaron, laissez moi, le supplia Maëlys en le voyant lui caresser ses hanches.

— On se reverra très bientôt, ma belle.

Il disparut dans un bruit de mer qui fracassait les roches. Maëlys s'agenouilla, des larmes inondèrent son visage. Paul la rejoignit. Elle s'éloigna, connaissant ses intentions. Il la rassura.

— Ne t'inquiète pas. Je sais ce que tu vis.

— Comment le sais-tu? Tu m'as kidnappé ! lui rappela-t-elle.

— Ma soeur a été longtemps une des filles qu'il a convoité. Elle a préféré se suicider que de lui céder, expliqua Paul. Je sais que j'ai été agaçant avec toi. Mais Sir de l'Océan me l'a ordonné. Il voulait tester ta force de caractère.

— Comment peux-tu travailler pour cet homme, murmura Maëlys.

— Il retient ma femme et il retient son futur époux, dit Paul en désignant Diane. On a malheureusement pas le choix.

— Je ne vous en veux pas... Du moins je ne vous en veux plus, ajouta-t-elle dans un vague rire.

Paul lui donna une couverture et Diane lui apporta de la nourriture. Les deux kidnappeurs la fixèrent avec un sourire compatissant et sortirent du cachot. Paul s'assit sur une chaise et murmura.

— Tu vois Diane, on n'aurait jamais du être aussi cruel. Elle est brave et n'est pas comme le dit les autres dieux.

— Je vois ça, elle est bien plus intelligente et douce, acquiesça Diane.

Ils fixèrent Maëlys qui mangeait lentement, l'air pensive. Diane ajouta.

— J'espère que son époux arrivera bientôt.. Aaron n'est pas réputé pour être patient dans ses projets.

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