Chapitre 21: La famille.

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"La famille c'est une richesse incroyable, ça donne des outils pour pouvoir affronter les moments extraordinaires, les moments plus difficiles, les hauts, les bas."

- Céline Dion.

Une douce mélodie parcourait le paysage. Le feuillage des arbres tombait moelleusement sur le sol où déjà moultes feuilles y reposaient. La Terre semblait en deuil. Les animaux s'étaient regroupés et observaient un groupe de personne qui pleurait en silence. Le ciel obscure rendait ce paysage tristement macabre.

Parmi eux se trouvaient Louis et Maëlys. Le couple avait la tête basse et les yeux fermés. L'empereur prit la main de sa femme et la serra. La femme se redressa et murmura piteusement.

— Arrêtons de culpabiliser. Nous ignorions ce que pouvait faire Steve. Tu as tenté de le sauver, rappelle toi.

— Je le sais bien. Néanmoins, je pense surtout à Lillian, son fils. Que va-t-il devenir ?

— On en a déjà parlé et je t'ai proposé une solution à ce sujet, lui rétorqua-t-elle avec douceur.

— Tu sais aussi pourquoi j'hésite à te répondre oui. Cela est tellement compliqué...

Maëlys préféra ne pas répondre et se contenta donc d'écouter la cérémonie. Devant elle se tenait un petit garçon qui ne semblait pas réellement réaliser ce pourquoi il se trouvait ici. Celui-ci mesurait même pas un mètre à vu d'il. Ses cheveux, semblables à la couleur auburn, parsemées de quelques mèches blondes, s'alliaient parfaitement avec sa peau basanée. L'enfant se retourna tout à coup et Maëlys put apercevoir des yeux verts tilleuls. Quel mignon petit garçon était-il ! La jeune femme lui fit un doux sourire auquel lui répondit le bambin.

Louis observait la scène qui se déroulait sous ses yeux. Il fit un léger sourire. Il n'avait aucun doute sur la capacité de son épouse à éduquer des enfants. Ce qui lui faisait peur était plutôt d'élever deux enfants en bas âge. Lillian n'avait que 3ans et dans quelques mois, Maëlys allait donner naissance à leur fils. N'était-ce pas trop d'un coup pour ce jeune couple ? L'empereur avait peur et c'était pour cela qu'il refusait de donner une réponse. Pourtant, s'il n'acceptait pas l'adoption, qu'allait devenir ce petit ? N'était-ce donc pas sa faute après tout s'il se retrouvait tout seul ? Il soupira, las. La vie était tellement compliquée !

La dernière note de la mélodie retentit avec douceur et la foule commença à se disperser. Lillian tournait la tête dans tous les sens et sembla tout à coup comprendre une chose fondamentale: son papa n'était pas là et ne le serait plus jamais. Il éclata en sanglots sous le regard attristé de Louis. Maëlys se précipita vers l'enfant et le prit dans ses bras. Instinctivement, le bambin nicha sa tête dans le cou de la jeune femme et se laissa bercer. Ses pleurs diminuèrent petit et à petit. L'adulte qui s'occupait temporairement de Lillian semblait pensif. Il se dirigea vers Louis et lui adressa quelques mots.

— Vous savez, Lillian a toujours été un enfant un peu sauvage. Pourtant, votre femme a réussi à le prendre dans ses bras et a même le rassurer ! Ne vouliez-vous pas l'adopter, majesté ?

— Je n'en suis pas encore sûr, monsieur.

— Je vous propose quelque chose: je vais ramener ce petit à l'orphelinat pour cette nuit. Demain matin je vous l'emmène et vous passez tout les trois une journée ensemble. A la fin de celle-ci, je vous reposerai la question. Cela vous va-t-il ?, ajouta-t-il.

— Êtes-vous sûr que Lillian n'ait plus de famille ?, lui demanda tout d'abord Louis.

— J'en ai bien peur que non. Essayez de vous renseigner demain mais d'après mes recherches, ce jeune homme est désormais sans responsables légaux.

— Alors soit, j'accepte cette journée.

L'homme serra la main de Louis et retourna auprès de Maëlys et de Lillian. Ce dernier grimaça en entendant les paroles de l'adulte et semblait ne pas vouloir quitter l'impératrice. Celle-ci se mit à genoux et sembla le rassurer. Il hocha vivement la tête puis décida à suivre son responsable temporaire. La princesse d'Astramo se releva, fixa l'enfant avec un petit sourire puis retourna auprès de Louis. Celui-ci souffla bruyamment en voyant la petite mine de son épouse. Il la prit dans ses bras et lui dit avec douceur.

— Nous allons voir Lillian demain. Tu le sais, je suppose.

— Ecoute, Louis. Cet enfant est un ange. S'il a été placé sur notre route, c'est forcément un signe de destin ! Nous devons l'adopter, j'en suis persuadée.

— Je n'ai pas dis non, tu as oublié ? Nous verrons tout ça demain. Nous allons rentrer au palais de ton père puis on avisera ça plus tard, ok ?, lui proposa-t-il.

Maëlys hocha distraitement la tête. Son époux lui prit la main et ils repartirent dans leur calèche. Le trajet fut bref et ils arrivèrent rapidement au palais du Roi. La princesse descendit de leur moyen de locomotion et elle ignora tous les regards des serviteurs qui semblèrent perplexes. Max d'Astramo était également présent dans la cour. Il fronça les sourcils en voyant le comportement de sa fille et il se tourna vers son gendre.

— Que lui arrive-t-il ?

— Lillian, lui répondit seulement Louis d'un ton neutre.

Max hocha la tête. Les deux prirent la route pour se rendre à leur chambre respective. Louis ouvrit la porte et se figea. Maëlys n'avait pas entendu son époux. Elle était tranquillement assise sur son balcon et parlait à Steve, son protecteur.

— Je sais que je vais bientôt donner naissance à mon bébé. D'ailleurs, Louis et moi avons choisi le prénom. Ca serait Charles Robert Alan Turin. Le pauvre, t'as vu son nom à rallonge ? Mais bon passons. Lillian me fait de la peine. A cause de nous, son père est décédé. Il n'a jamais connu sa mère, celle-ci les a abandonné dès sa naissance. Ses oncles Radamel et Ricardo ont été frappé par la foudre. Il est tout seul. J'aimerai lui offrir un père, une mère et bientôt un petit frère. Je sais que je peux lui offrir du bonheur. Il le mérite, ce petit ange.

Maëlys resta silencieuse puis se rendit jusque dans son lit et s'y allongea. Quelques minutes plus tard, elle s'endormit sous le regard de Louis qui était resté sur le seuil de la porte. Il s'assit sur le fauteuil et observa sa femme. Pourquoi pas adopter cet enfant ?

Il réfléchit à la question durant un long moment et finit par s'endormir. Durant son sommeil, il revit la mort du vétérinaire, le père de Lillian.

Louis courait. Il espérait ne pas arriver trop tard. Si le vétérinaire venait à mourir, il ne s'en remettrait jamais. Cet homme devait probablement avoir de la famille, celle-ci serait dévastée s'il venait à disparaître.

L'empereur fonça dans l'immense porte d'entrée qui s'ouvrit avec fracas. Les domestiques stoppèrent leur tâche et froncèrent les sourcils, perplexes. Pourquoi le dirigeant du monde magique s'affolait-il ainsi ? Ce dernier se dirigea vers la clinique et y entra aussitôt. Ce qu'il vit l'effraya et le cloua sur place.

Le vétérinaire était au centre de la pièce. Il était littéralement en feu. Steve était sur une plateforme, toujours inconscient. Néanmoins, son corps produisait ces flammes dévastatrices. Ce macabre spectacle glaçait le sang de Louis qui ne savait que faire. L'homme était quasiment carbonisée. Le feu s'évanouit soudainement et le corps s'effondra au sol, ce qui fit réagir l'empereur. Ce dernier courut jusqu'à celui-ci, s'agenouilla et essaya de trouver une quelconque trace de vie. Le vétérinaire ouvrit soudainement les yeux, attrapa le bras de Louis et articula lentement, des flammes crépitèrent au niveau de son cou.

— Lillian... Mon fils... Prenez-le, ne le laissez pas seul. Dîtes-lui que...

Il toussota bruyamment. Le corps fut parcourut de spasmes puis resta inerte. La vie l'avait ainsi quitté. Louis n'avait pas bougé. Son esprit avait été déconnecté de la réalité et il ne s'avait plus comment réagir.

Il vit des gardes entraient dans la pièce et l'enlevait d'ici, loin de ce schéma horrible. Louis criait de ne pas toucher à Steve, qu'il ne voulait pas qu'il y ait une deuxième mort. Il ressentait de la panique, de la colère et surtout du désespoir. Il avait assisté à une mort qu'il n'avait pu éviter et le pire dans tout ça: il y avait contribué.

L'empereur de la Magie se réveilla brusquement, sa peau était brillante de sueur. Il respirait fort et rapidement. Il entendit des marmonnements puis de légers ronflements.

Cela faisait quasiment une semaine qu'il faisait ce cauchemar. Sans arrêt il revoyait le corps calciné du père de Lillian qui s'inquiétait de l'avenir de son fils.

Louis n'arrivait plus à se rendormir. Il se leva de son fauteuil et se rendit jusqu'à son balcon afin d'observer le ciel étoilé. Cela apaisait grandement son âme et il aimait regarder le spectacle que lui offrait la nature. Il soupira et se dit à lui-même.

— Je comprends ce que veut dire Maëlys. Nous ne pouvons pas laisser Lillian tout seul.

— Je suis ravie que tu es saisi ce que j'essayais à te faire comprendre, intervint son épouse.

Louis sourit et se retourna lentement. Sa femme serrait un châle et semblait à peine émerger du sommeil. Elle le rejoignit et alla se réfugier dans ses bras. Elle se cala contre son torse et murmura.

— Nous allons donc devenir parents plus tôt que prévu finalement.

— Oui. Néanmoins, ajouta-t-il, je refuse qu'il soit l'héritier aux trônes.

— Il peut être l'héritier du Royaume d'Astramo, riposta Maëlys. Il est issu du peuple, cela fait de lui un excellent candidat. Charles pourra être l'Empereur de la Magie.

Louis fronça des sourcils mais préféra garder le silence. Il éclata soudainement de rire sous l'incompréhension de son épouse qui se retourna pour le fixer intensément. Il justifia son amusement.

— Nous ne l'avons pas encore adopter que nous nous disputions déjà à propos de son avenir.

Les lèvres de Maëlys frémirent et s'étirèrent en un grand sourire. Son rêve d'avoir une grande famille commençait peu à peu à prendre forme. La famille Turin allait donc bientôt accueillir un nouveau membre. Certes, elle aurait pensé que leur premier enfant serait Charles mais Lillian lui convenait tout à fais. Elle le considérait déjà comme son propre fils.

Longue vie à Lillian Turin.

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