Chapitre 13: Commencement. 

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«Celui qui peut perdre, mais celui qui ne pas a déjà perdu.»

- Bertolt Brecht.

Durant les années 2040 approximativement.

Ce fut le plus beau jour de ma vie et en même temps le pire, murmura Maëlys en fixant le lac tandis que Louis frictionnait son dos.

Qu'est qui s'est passé maman?, demanda la voix d'un petit garçon.

La guerre, mon chéri. J'avais entendu ce mot tellement de fois que je croyais que ce n'était qu'une légende. Et pourtant, elle a débuté... Le 30 juillet 2034, le soir de ma proclamation en tant que divinité du feu.

Raconte nous! la supplia une voix plus aiguë.

Soit.

Retour à l'époque où se déroule le récit.

***

— Maëlys, tu vas être en retard!

— Je sais Anna'! Mais je ne trouve plus ma paire de chaussure! Louis, où est-elle? s'écria la princesse d'Astramo au bord de l'hystérie.

— Devant toi, soupira son mari.

L'impératrice baissa le regard et émet un léger rire jaune. Elle l'a prit et la mit à ses pieds. Elle poussa un long soupir et s'assit sur le rebord du lit, épuisée par l'angoisse. L'empereur s'assit à ses côtés et lui chuchota.

— Calme toi, tu sais, ça va être l'un des plus beaux jours de ta vie. Ce n'est qu'une cérémonie, tu es une déesse au fond de toi.

— Comment se fait-il que tu me rassures alors que dans quelques dizaines de minutes, je vais appartenir à un clan ennemi au tien? murmura piteusement Maëlys, les yeux rivés sur le sol.

— Car tu es ma femme et que je t'aime.

Elle redressa la tête, les yeux brillants ainsi qu'un léger sourire sur son visage. Louis caressa ses cheveux et ajouta.

— C'est l'heure, vous devez partir.

— On va se voir de toute manière, non? marmonna-t-elle.

— Sûrement pas. Je suis ton époux, ils ne m'ont pas mis dans la confidence sur une possible attaque...

— Ils t'appelleront en renfort si les choses tournent mal.

— Je n'espère pas. Je n'ai pas envie de te combattre.

La jeune femme hocha la tête et se releva, suivit de son mari. Ce dernier l'embrassa tendrement sur les lèvres et la regarda disparaître en compagnie d'Annabelle. Il soupira et dit tout bas.

— J'espère que tout va bien se passer...

La princesse d'Astramo apparut dans un endroit à couper le souffle. Elle était sur un chemin de pierre où de l'eau le bordait. Il y avait une multitude d'arbres et d'oiseaux qui chantaient une douce mélodie apaisante. Au lieu, elle vit de petites chaumières où de la fumée semblait s'échapper du toit "Un feu de cheminée" pensa-t-elle. Ses pieds foulèrent le sol avec légèreté et elle se surprit à observer attentivement l'environnement. Soudain, elle s'arrêta, ayant entendu un bruit suspect. Elle tourna la tête vers un tronc d'arbre mais ne vit rien d'anormal. C'était tellement étrange. Ou alors son angoisse la rendait un brin paranoïaque. Cette dernière supposition était sans doute la plus véridique. Elle poursuivit son chemin, tous ses sens en alerte. Sa mère en faisait de même. Toutes deux arrivèrent à l'entrée du village divin et patientèrent. Des dieux sortirent de leur chez-soi et se mirent en file, comme pour faire une allée. Sa mère alla les rejoindre.

Maëlys inspira et fixa l'horizon. Une femme arriva et se mit au bout du chemin. Elle s'assit sur un trône en feu. Elle fit un signe de la main et la jeune demoiselle sut que c'était le signe de départ. Elle avança, sa robe blanche empire, une semblable à celle de son mariage, volait légèrement. Ses cheveux noirs ébènes étaient maintenus dans un chignon passablement défais. Elle ressemblait à un ange gardien. Tous les regards étaient posés sur elle. Certains exprimés de l'admiration, d'autres de la sympathie ou bien parfois de l'animosité.

Elle s'arrêta devant la cheffe des dieux des Elecflabre et s'inclina, retenant son souffle. Celle-ci se leva de son trône et s'exclama.

— Nous sommes ici réunis pour recevoir une nouvelle déesse dans nos rangs: Maëlys Black, épouse Turin. Es-tu prête à te battre aux noms de ce clan?

— Oui je le suis, répondit la princesse avec autorité.

— Tu t'engages en tant que divinité et tu t'engages également à accomplir tes devoirs qui vont s'ensuivre. En es-tu consciente?

— Oui, je le suis, répéta-t-elle.

— Répète après moi: Moi, Maëlys Black, je m'engage en tant que déesse du clan des Elecflabre. Je m'engage à suivre toutes règles sans jamais les contester. Je respecte l'autorité d'Alexandra du Soleil, cheffe suprême de ce clan. Je m'engage à ne pas trahir mes semblables sous peine de sanction.

L'épouse de l'empereur de la magie répéta tout cela sans sourciller. Puis elle patienta.

Un homme arriva, essoufflé et se rendit jusqu'au trône. Il chuchota des paroles à la reine qui fronça aussitôt les sourcils. Elle semblait fortement agaçait et Maëlys se demandait bien pourquoi.

Alexandra du Soleil acquiesça et regarda la foule qui semblait tout aussi étonnée que la princesse d'Astramo. Elle soupira et expliqua.

— Aigle-Voyant, ici présent, vient m'informer de quelque chose... De prévisible, certes, mais de contrariant. Voyez-vous, nous savons tous la véritable nature de Maëlys Turin. Nous allions lui faire passer les tests d'aptitude par simple commodité. Mais nous n'avons pas le temps. Il se trouve que parmi nous, il y aurait un traître qui aurait communiqué l'information au clan ennemi. Ils vont arriver très bientôt. Je vais traquer l'espion et croyez-moi, il va regretter d'avoir ouvert la bouche. Maëlys, je suis désolée. Ta cérémonie va être écourtée.

— Bien enten..entendu, bégaya la concernée.

— Moi, Alexandra du Soleil, te proclame déesse du Feu Sauvage. Tu auras le pouvoir de déclencher des feux que toi seule pourra contrôler. Ta forme est celle d'une louve au pelage d'or. Tu...

Un cri retenti, et Alexandra écarquilla les yeux. Une flèche venait de l'atteindre dans la gorge et elle s'effondra, son corps étant parcouru de spasmes. Maëlys se tourna vers l'agresseur et plaqua ses mains devant sa bouche. Devant elle se trouvait Aaron, son visage étant tordu par la haine. Il abaissa son arc et observa la déesse qui venait de rendre l'âme. Il sourit, et s'exclama, sa voix mêlant colère et amusement.

— Je pensais qu'elle serait plus difficile à maîtriser. C'est fort dommage, soupira-t-il sous les éclats de rire de son clan qui venait de se joindre à la foule.

— Partez d'ici, murmura Maëlys.

— Non ma belle. Tu savais que j'allais venir ici. Vous le saviez tous au fond, c'est pourquoi vous avez décalé de quelques jours la date de cérémonie. Mais vous croyiez que ça allait nous stopper? s'étonna le dieu des Aqlairre. Vous pensiez réellement que nous allions pas venir gâcher votre petit moment de plaisir? ajouta-t-il l'air furieux. Oh que non.

— Pourquoi faites-vous ça ? murmura la princesse qui sentait sa tête tournée.

— Pour toi, ma belle... Uniquement pour toi.

Aaron s'approcha et caressa son visage. Il l'a pris par la hanche et la colla contre son torse. Il pencha sa tête vers elle et murmura.

— Sache une chose, ma beauté. C'est que je viens de déclencher la guerre pour toi et ton beau regard. Ne culpabilise pas trop.

Il l'embrassa avec force et se recula, manquant de peu une dague. Il se tourna vers la responsable et éclata de rire en voyant Laure. Les autres dieux des Elecflabre s'étaient regroupés en un bloc. Certains s'étaient transformés, d'autres avaient lâchés leur pouvoir. L'un d'entre un s'avança et cria.

— Vous avez tué notre déesse! Vous allez le regretter!

— Je vous attends, mes petits, ricana Aaron guère effrayé.

Soudain, le ciel si bleu si pur vira à l'obscurité la plus totale. Le paysage qui semblait si candide devenait effrayant et la tension était montée en flèche.

Un énorme chien dont le pelage était parcouru d'ombre sauta sur un dieu et le mordit férocement. Un individu riposta et envoya valser la bête contre le mur. Maëlys recula, effarée. Devant elle se déroulait un combat des plus horribles. Et tout ça, à cause d'elle et de son obsession à vouloir se venger d'Aaron qu'elle jugeait responsable de tous ses problèmes.

Elle ferma les yeux, réprimant une nausée. Elle ouvrit à nouveau ses paupières, bien décidé à se battre. Elle jeta quelques boules de flammes et l'une d'entre elle entra en contact avec le thorax d'un dieu qui hurla de douleur. Elle allait poursuivre ses attaques quand Aigle-Voyant arriva et l'a pris par le bras. Il la tira ailleurs et lui cria.

— Tu ne peux pas te battre. Pars, va-t-en.

— Je suis une déesse désormais! Je ne peux pas fuir, cria-t-elle à son tour.

— Si tu dois! Aaron est ici pour te kidnapper, tu ne peux pas rester.

— Non, je me refuse!

Maëlys s'échappa de l'emprise de cet homme et se rejoint dans la mêlée. Une tornade la frôla de peu et elle vit à l'intérieur plusieurs dieux hurlaient. Elle décida de transformer sa peur en force. Elle attrapa quelqu'un et le frappa de toutes ses forces. Elle sentit des bras l'attraper par le cou et l'étouffer. Elle bougea dans tous les sens, et plaqua sa main contre celle de l'inconnu. Elle sentit les flammes remontaient de tout son corps et se diriger vers sa paume. Elle sentit la pression de son adversaire diminuer et elle en profita pour se retourner et l'envoyer contre un arbre. Quelqu'un arriva et transforma ce même arbre en une cage électrique. Son sauveur se tourna vers elle et elle flancha. Ses yeux... Ça lui rappelait quelqu'un mais elle n'arrivait pas à savoir qui. Pourtant elle ne l'avait jamais vu. Elle en était sûre. Il sourit tristement et continua à se battre.

Maëlys poursuivit sans relâche ses efforts. Plusieurs fois on tenta de la tuer ou de la kidnapper. Mais l'homme mystérieux venait la sauver à chaque fois.

Quelques heures passèrent et enfin Maëlys put s'assoir au sol, les bras ensanglantés. Elle était vidée de toutes ses forces. Elle entendit quelqu'un s'assoir à ses côtés et la princesse tourna la tête afin de savoir de qui il s'agissait. Elle reconnue sa mère, celle qui lui avait caché le fait qu'elle aussi été une déesse. Cette dernière sourit tristement et murmura.

— Tu ne m'en veux plus de ne t'avoir rien dis sur ma vie de déesse?

— Je ne t'en ai jamais voulu. C'est vrai que tu aurais pu m'en parler mais je ne t'en veux pas. C'est normal, tu as voulu me protéger je présume.

— Je suis heureuse qu'il ne t'ait rien arrivé. Je suis aussi fière de toi, tu as si bien combattu, toi qui est pourtant une débutante.

— C'est l'instinct de survie je crois, précisa Maëlys en riant légèrement. Et aussi je dois dire que plusieurs fois, un dieu m'a aidé.

— Comment était-il?, s'étonna Laure.

— Grand. Blond et des yeux bleus autant que les miens. J'aimerai être plus précise mais dans le combat, je n'ai pas tellement fais attention...

— Étrange, personne a les mêmes yeux que les tiens.

Maëlys haussa les épaules. Il y avait bien Max et ce fameux Alexandre qui en avaient des semblables... Soudain, elle fronça les sourcils. Alexandre. Comment se fait-il qu'il avait le même regard?

Elle haussa les épaules, trop fatiguée pour comprendre ce mystère. Elle se leva et suivit sa mère dans une chaumière, trop épuisée également pour rejoindre son royaume.

***

Alexandre apparut dans sa grotte et s'effondra au sol. Il cracha du sang. Il poussa un râle. Il essaya de se redresser mais son corps ne répondait plus. Il grogna encore et marmonna.

— Il ne m'a pas raté...

Il se rappela comment il s'était blessé. Sa mère avait failli être enlevé par Aaron en personne. Mais il s'était interposé et s'était battu avec. Il devait faire attention, il avait modifié son apparence pour venir en aide au clan de sa mère.

Contre le roi des Aqlairre, il n'avait aucune chance officiellement. Il avait pris une apparence similaire à celle d'un dieu mineur. Alors il avait laissé son ennemi le blesser. Mais Alexandre avait réussi à l'éloigner de sa mère. C'était suffisant pour lui.

Et maintenant, le voilà à moitié mourant. Il ferma les yeux et laissa son corps reprendre des forces.

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