Chapitre 7: Le Choc. 

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«Une mort glorieuse - puisqu'il faut mourir - est toujours triste, à mon avis, pour celui qui meurt ; comment le nier ? mais pour ceux qui survivent, elle est un sujet d'orgueil et fait la gloire d'une maison

- Euripide.

Maëlys était installée dans une salle, le visage pâle, assise, les mains tenant sa tête. Elle ne l'appréciait pourtant pas, c'est un fait, mais elle avait assisté à sa mort et elle en avait été traumatisé. Quelqu'un s'installa à ses côtés et la prit dans ses bras. C'était sa mère. Laure murmura.

— Je sais que c'est dur mais tu as des responsabilités à assumer maintenant.

— Non ce n'est pas moi à assumer... C'est à Louis.

— Son père était l'empereur, il va le devenir désormais. Et tu seras par conséquent l'impératrice de la Magie.

— Je ne peux pas, maman. Je viens à peine de me marier, d'arriver dans ce pays. Qui l'a tué, pourquoi, je ne comprends pas, se lamenta Maëlys.

Louis arriva dans la salle, le visage neutre mais le regard dur et rempli de tristesse. Il discuta rapidement avec les conseillers puis se dirigea vers sa femme. Il lui dit, d'un ton froid.

— Lève toi.

— Pour quoi faire ?, murmura Maëlys d'une voix extrêmement faible.

— Je dois parler avec les conseillers et puisque tu es ma femme, tu dois également être à mes côtés.

— Laisse-la respirer, Louis. Elle n'a jamais vécu ça, l'apostropha Laure.

Louis se contenta de fixer sa belle-mère, les lèvres pincées. Il sortit de la pièce avec les fameux conseillers, laissant sa place à Max. Ce dernier s'avançait, entremêlant ses mains, gênés. Il ne savait comment réagir. Comment la rassurer? Comment l'aider à aller mieux? Il se contenta de s'installer à leurs côtés, sans rien dire. Maëlys murmura.

— J'ai l'air ridicule, n'est-ce-pas ?

— Non, Maëlys. Tu n'avais jamais vu de meurtre, c'est normal la première fois.

Les parents de la nouvelle impératrice continuèrent à la rassurer durant de longues minutes. Maëlys se leva une fois que son état émotionnel se soit stabilisé et que le choc soit passé. Elle sortit de la pièce et marcha le long des couloirs, ne sachant pas vraiment faire. Elle s'allongea sur une banquette, attendit quelque chose ne sachant pas vraiment quoi exactement, et sombra dans un profond sommeil.

***

Durant le sommeil de Maëlys, une guerre dans les cieux faisait rage. Les divinités s'insultèrent, d'autres s'échangeaient des regards durs, les poings serrés et certains même montrer l'étendu de leur pouvoir pour impressionner leur adversaire. Laure apparut durant ce chaos. Elle cria.

— Assez !

La foule se stoppa mais on pouvait sentir une tension palpable. Un homme s'avança, à ses côtés, sous les chuchotements surpris des spectateurs. Il fit un sourire grandiose et s'exclama.

— Ça faisait bien longtemps que je n'étais pas venu ici... La dernière fois, c'était pour déclarer le kidnapping de Maëlys, non ?

— Max... Que fais..faîtes-vous ici ? s'agaça Laure, étant obligé de le vouvoyer, règle d'or chez les divinités lors des Assemblées.

— Je viens rejoindre mon clan, Laure. Un de mes amis a été tué sous mes yeux sans que l'on sache comment. Je réclame justice ! s'exclama Max.

— Ce n'est pas nous qui avons tué Alan, soupira Annabelle. Nous n'avons aucune raison de le tuer, par respect à Maëlys.

— Au contraire, vous avez fais ça pour elle ! N'est-ce-pas ingénieux d'éliminer la seule source qui avait pour but de faire rejoindre la princesse dans nos rangs ?

— Vous n'avez pas d'idées plus farfelues, Marc ? se moqua Laure.

— Vous devriez éviter de vous moquer de moi, très chère. En effet, moi représentant du roi des forces de l'Eau, je réclame du sang contre le sang qui a été versé ! gronda Marc les yeux furibonds.

— Vous n'avez aucun droit, ce n'est pas nous qui l'avons tué, pourquoi diable vous nous croyez pas? cria quelqu'un dans l'Assemblée.

— Si nous n'avons pas le sang du coupable, la guerre sera officielle, il y aura beaucoup de victimes. Maëlys sera la première, cria à son tour une autre divinité.

— C'est une menace ? s'agaça Laure sous le visage impassible de son ex-mari qui ne savait quoi penser de la tournure des événements.

— Peut-être, ricana l'homme masqué.

Ils disparurent tous, laissant les forces du Feu patois. Ils disparurent un à un, laissant qu'Annabelle et Laure seules, marquant la fin de l'Assemblée. Laure fonda en larmes. Elle ne pouvait rien faire. Sa fille allait subir des attaques sans comprendre pourquoi. Elle l'avait entraîné dans des ennuis sans le vouloir. Annabelle lui fit un sourire compatissant. Elle murmura.

— Elle est forte, elle arrivera à survivre.

— Pourquoi est-elle autant convoitée...

— Parce-qu'elle est issue de la Prophétie, intervint une voix.

— Alexandre, tu aimes voyager dans le temps, on dirait, souligna Annabelle.

— Que veux-tu, je dois vous aider, rétorqua-t-il en riant légèrement.

— Quelle prophétie ? Dis moi tout, lui demanda Laure, ignorant l'échange entre lui et son amie.

— Je t'en parlerai demain soir, en compagnie du prophète. Il t'expliquera bien mieux que moi.

Alexandre marcha jusqu'au puits, situé au centre de la pièce de réunions des dieux. Il observa le doux visage de Maëlys qui venait à peine de se réveiller grâce à Louis. Il se mit à sourire, ému. Il se tourna vers les deux femmes et leur dit.

— Je puis vous assurer que Louis n'est pas un danger. Du moins, pas de suite.

— Tu en es sûr ?, se méfia Annabelle.

— Sûr et certain, lui répondit Alexandre. Je te rappelle que je voyage dans le temps, ajouta-t-il avec un clin d'oeil charmeur.

— Ta femme va me tuer si tu n'arrêtes pas de me draguer, se lamenta Annabelle.

— Oh non ne t'inquiète pas pour ça, elle me connaît, j'aime taquiner mes proches.

Ils éclatèrent tous de rire, oubliant momentanément les soucis qui allèrent leur arriver.

***

Maëlys sentit quelqu'un lui caressait les cheveux. Elle renifla avec douceur et donna un coup de main dans les airs. Elle entendit un rire moqueur et ouvrit les yeux. Elle se redressa et tomba nez à nez avec Louis. Il était agenouillé face à elle et lui fit un sourire. Elle s'assit correctement et lui demanda, les yeux encore endormis.

— Ça fait longtemps que tu es là?

— Non, je viens à peine d'arriver. Ça t'arrive souvent de t'endormir au beau milieu d'un couloir ?

Il la fixait avec amusement. Il attendit quelques instants le temps qu'elle se réveille. La princesse fixa soudainement le sol et lui dit.

— Je m'excuse de mon comportement de toute à l'heure. J'aurai du te soutenir, c'était ton père qui a été..Tu vois ce que je veux dire... Pas le mien.

— Ne t'inquiète pas, Maëlys, on agit tous différents face à la mort. Je n'étais pas proche de lui. Je ne dis pas que je ne ressens rien, mais disons que je ne suis pas atterré, expliqua Louis avec un vague sourire.

— Et ta mère... ?

— On en parlera une autre fois, dit-il d'un ton froid. Excuse moi, ajouta-t-il précipitamment en voyant la culpabilité sur le visage de Maëlys. Je ne voulais pas être aussi direct. Je n'aime pas trop parler de ma mère.

— Ah... Quand tu le voudras, je serai là, murmura Maëlys en posant sa main sur son épaule.

— Merci, tu es une bonne personne. On commence à mieux s'entendre.

— En effet, rougit-elle en voyant ses yeux posés ardemment sur son visage.

— J'aurai imaginé une meilleure lune de miel, marmonna Louis d'un ton mêlant la bouderie et la perversité.

— Louis !, s'offusqua Maëlys. On s'entend certes mieux mais quand même, ne nous précipitons pas.

Louis lui caressa la joue et hocha la tête, mordant sa lèvre inférieure. Difficile pour lui, il reste un homme et sa femme était d'une beauté incroyable. Il se releva et lui tendit la main. Maëlys la prit avec plaisir et ils se rendirent dans leur nouvelle chambre. Elle s'attarda sur le pas de la porte, surprise. Ce lieu est d'une modernité sans nom. Le blanc, gris et brun régnaient en maître. Elle effleura une commode de son index et murmura.

— J'aurai eu du mal à croire qu'une telle pièce pouvait exister dans un château.

Le lit à deux place était contre le mur. En face de lui, une cheminée trônait. Quelques commodes étaient sur le côté gauche. Quant au côté droit, une immense fenêtre donnait sur un balcon qui donnait sur le grand lac d'Astramo. Louis s'approcha à ses côtés et défit un à un les fils de sa robe. Il embrassa en même temps son cou. Maëlys frissonna de plaisir. Sa robe tomba sur le sol et Louis la contempla, le souffle coupé. Il remercia intérieurement de l'avoir forcé à se marier avec cette déesse. Maëlys lui fit un bref sourire, et lui rappela.

— Pas ce soir. Je veux mieux te connaître avant.

— Vos désirs sont des ordres, impératrice Turin.

La jeune mariée lui défit son costume et ils allèrent se coucher, à une distance respectable l'un de l'autre. Quelle soirée se dit Maëlys avant de sombrer dans le sommeil, sous l'oeil protecteur d'Alexandre, situé sur le balcon.

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