Épisode 78

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Milobellus


La réception du mariage de Lucario et Ronflex est tout simplement charmante. Ces derniers ont officiellement échangé leurs vœux devant tout le monde, au parc de la ville, tel qu’ils l’avaient décidé, il y a plusieurs mois. Bien entendu, il s’agit simplement d’une cérémonie supplémentaire, pour honorer Monsieur et Madame Ronflex, en leur vingtième anniversaire de noces. Tout le parc a été redécoré en l’honneur des jeunes mariés. Il y a des tables de buffets partout, une piste de danse et même des jeux pour les touts petits.

Une piste de danse avait été déroulée sur le gazon et nous avions même un DJ qui s’occupait de la musique. Lucario avait revêtu son plus beau smoking et Ronflex avait même enfilé un chapeau et une cravate, toutes deux étaient blanches. Gardevoir et moi, nous dansions sur cette piste de danse même si je ne pouvais pas tellement bouger avec mon corps. Mais ma garde du corps et confidente s’amusait beaucoup.

— Oh, comme j’aimerais que tout le monde soit là pour fêter avec nous, dis-je à ma bien-aimée. Maraiste aurait trop aimé le bol à punch.

— Il vit dans nos cœurs, Milobellus, me dit Gardevoir. Ne l’oublions jamais.

Je hoche la tête, même si je verse quelques larmes. Ceci est non seulement la célébration d’un mariage, mais des retrouvailles entre nous, les survivants de ces derniers mois. Aujourd’hui, nous célébrerons la vie, mais aussi la mort de nos concitoyens. Nous fêterons en leur honneur et nous guérirons tous ensemble, une journée à la fois.

Un peu plus loin, je peux voir Monsieur Givrali et Madame Prinplouf qui donnent à manger au bébé Artikodin, pendant qu’Herbizarre ricane avec son amie Marill. Sur le toboggan, j’aperçois Pikachu et Tiplouf qui s’amusent avec des enfants. Matoufeu quant à lui, discute avec Lucario, alors qu’ils se servent des sandwiches. Dans un coin, le deuxième marié s’est endormi, alors que ses parents essaient de le réveiller.

Je pouffe de rire, lorsque Gardevoir garde dans la même direction que moi.

— Il ne changera jamais, celui-là, dis-je. Aussi paresseux que dans ses jeunes années.

— Laissons-lui cette journée, il l’a bien mérité.

— Évidemment. Il a porté la majorité des bagages pour ses amis durant plus de deux semaines. C’est un vaillant jeune homme.

Pendant leur absence, nous avons commencé à agrandir l’académie. Nos ouvriers ont été rapides, puisqu’ils étaient très nombreux. Heureusement pour nous, il n’y avait pas tellement de bâtiments à réparer, mais nous avons pris la décision de détruire l’immeuble qui avait autrefois servi d’usine désaffectée, pour agrandir le poste de polices. Puisque notre ville aura désormais besoin d’un peu plus de protections, nous avons pris la décision d’ouvrir aussi une caserne de pompiers. Cette dernière ne sera pas construite avant le printemps prochain, toutefois, parce que nous souhaitons donner un peu de temps libre à nous ouvriers. Toutes les constructions de Bekipan Ville devraient être terminées bientôt.

— Ouf, je commence à être fatiguée, dis-je. Je crois que je vais aller me reposer un peu.

— Dois-je t’accompagner, ma chère ?

— Si tu le souhaites, mais j’ai surtout envie de me rafraîchir un peu.

— La bassine d’eau n’est pas très loin.

Elle pointe à notre droite, où nous avons placé une toute petite piscine. Juste assez grande pour m’y tremper quand mes écailles sont trop sèches. J’y rampe un peu et y plonge avant de me rouler sur l’herbe à côté. Ça ne remplace pas une plus grande piscine ou l’océan, mais j’en ai souvent besoin lorsque je sors. Sinon, j’utilise Danse Pluie pour me soigner.

— Ah… qu’il fait bon d’avoir retrouvé la paix… je m’exprime alors que je m’allonge sur le gazon. Je suis si heureuse que ce conflit soit terminé.

Gardevoir vient s’allonger près de moi et me caresse la nuque, faisant attention de ne pas faire de mal à mes nageoires.

— Les nouvelles sont de mieux en mieux, depuis que le Grand Prêtre est mort, me dit-elle. Beaucoup des disciples se sont livrés à la police… C’est un miracle, non ?

— En effet. Ils ont finalement compris que ce qu’ils faisaient était mal.

De ma position, j’aperçois Roigada qui discute avec ses élèves. Celui-ci ne peut s’empêcher d’enseigner aux enfants, même loin de notre académie. Il me fait rire. Je l’adore comme s’il était mon petit frère. Je suis tellement heureuse qu’il ait accepté de jumeler notre guilde à son école. Ainsi donc, nous pourrons former notre avenir en frappant une pierre deux coups. Je ne sais pas ce que Roigada montrait à ces enfants… sûrement une expérience étrange, parce que ce qu’il tenait dans sa main vient de lui exploser à la figure. Les gamins pouffent de rire, tandis qu’il affiche un air plutôt bête. Je ne sais pas ce qu’il tenait, par contre. Probablement une bulle savonneuse avec un autre produit, qui sait ? Avec lui, on peut toujours s’attendre à tout. Je trouve sa curiosité, contagieuse.

— Un vrai gamin, celui-là, je marmonne pour moi-même.

— Rien ne l’arrête, glousse Gardevoir.

— Au fait… Où est passé ton cousin ? On ne l’a pas vu depuis une semaine.

— Gallade ? Je croyais qu’il te l’avait dit. Il a pris quelques jours de vacances. Le pauvre frôlait la dépression avec tout ce qui n’est arrivé. Il a décidé de retourner chez ses parents à Goélise Ville. De toute façon, c’est moi son employeuse et j’ai décidé de lui donner congé.

— Dans ce cas, tu as bien fait. Il nous a beaucoup aidé lors de la nuit d’Halloween.

D’ailleurs, il avait sauvé à lui seul, un groupe de civils dans le gymnase de l’académie. Un trio de disciples étaient entrés dans la salle ; l’un d’entre eux avait même une tronçonneuse. C’est dans le plus grand des miracles que Gallade est arrivé et les a tous maîtrisés. Gardevoir n’a même pas eu besoin d’intervenir.

Une douce brise s’élève dans le parc. Devant nous, Salarsen et Persian remuent leurs fesses au rythme de la musique. Je les ai récemment intégré à notre guilde, officiellement. Ils ont été assignés à l’équipe de Givrali et Prinplouf, tel que promis. Ils vont bientôt repartir en mission avec Givrali. Son épouse a décidé de rester au bercail, quelque temps, car elle souhaite s’occuper de son nouvel enfant. Puisque nos crèches sont pleines jusqu’à nouvel ordre, Gardevoir et moi avons promis à nos amis de prendre soin d’Artidokin durant nos jours livres. Cet enfant grandira dans tout le respect et l’amour qui soit. Un jour, il retournera peut-être vivre dans le nord, qui sait ?

— C’est un peu triste, tout ça… tu ne trouves pas ? formule Gardevoir, le regard perdu dans le vide. Plus rien ne sera jamais pareil. Il y a des mois, je me disais que rien ne gâcherait notre petit bourg… et maintenant, nous avons une ville tellement différente…

— Je comprends ce que tu veux dire, ma douce. Jamais je n’aurai cru que parmi nous se cacheraient des traîtres… Mais ils ne sont plus là…

— C’est bête à dire, mais même si Qulbutoké était notre ennemi, je le trouvais charmant.

— Je pense aussi la même chose. Je crois que nous allons devoir apprendre à pardonner ceux et celles qui ont tenté de nuire à nos vies. C’est la seule manière que la plupart d’entre nous arriverons à s’en sortir… Et tu sais quoi ? Je crois que je vais me rendre à la prochaine messe de Magirêve. Elle aimerait commencer un groupe de thérapie avec un psychologue qu’elle a recruté pour ces sessions.

— Ça pourrait nous faire du bien… Je compte y aller aussi.

En silence, nous observons ensuite la piste de danse, alors que d’autres Pokémon viennent rejoindre Salarsen et Persian. Cette soirée est un événement magique…

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