Épisode 77

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Matoufeu


Cette révélation nous a tous laissé sans mots, après le départ de notre Créateur. Bien entendu, le Père Noël, derrière nous, s’est raclé la gorge afin d’attirer notre attention vers lui. Celui-ci, contrairement à Arceus, était un peu plus poli.

— Ce n’est pas tout, mes petits, mais je vais devoir aller jeter un coup d’œil dans la Crevasse des Cadoizo. Je sais qu’elle a été détruite, mais j’aimerais la voir de mes propres yeux. J’avais de très bons amis là-bas, vous comprenez ?

— Bien sûr, Père Noël, réplique Tiplouf. Par contre… vous ne pourriez pas nous rendre un tout petit service, s’il vous plaît ?

— Pardon ? Qu’y a-t-il mon enfant ?

— Bah, c’est que ça nous a pris une éternité pour nous rendre au Mont Victoire et nous aimerions rentrer chez nous… Il n’y airait pas un peu de place, dans votre traîneau ?

— Mmm… Mmm… Laissez-moi réfléchir…

Le gros monsieur se tourne vers son ton véhicule et en sort un sac en cuir, tout ce qu’il a de plus banal. Il le tourne alors dans les airs pour qu’il s’agrandisse un peu et le jette par-terre. Aussitôt, un portail magique s’ouvre dans le sol, sous nos pattes.

— Rentrez là-dedans, mes enfants et ça devrait vous mener au tout début du sentier, déclare-t-il. Ne vous en faites pas pour ce sac, ça se remplace.

— Un portail ? Mais vous êtes puissant ! m’exclamé-je. Êtes-vous un Pokémon ? Vous êtes étrange… On n’a jamais quelqu’un de votre espèce, ici.

— Oh non ! Je ne suis pas un Pokémon, loin de là ! Ho ! Ho ! Ho ! Mais ça n’a pas d’importance. Vous devriez sauter maintenant avant que le portail disparaisse.

Tiplouf s’empresse de faire un câlin à la jambe du gros monsieur, puis s’élance pour plonger dans le portail magique. Bon, bah… qui ne tente rien, n’a rien.

— Geronimo ! je lance en bondissant dans ce vide étrange.

— Attendez-moiiiiiiii ! crie Herbizarre qui saute après moi.

— Mais vous êtes malaaades ! hurle Pikachu qui décide de nous rejoindre, quelques secondes plus tard. Oh mon Dieuuuuuuuu ! Aaaaaaaaah !

— On arriiiiiiive ! aboie la voix forte et puissante de Ronflex.

Un par un, nous sortons du portail pour tomber l’un sur l’autre. Et évidemment, nous sommes tous écrasés par notre cher ami pensant presque une demie tonne. Celui-ci se dégage de nous, alors que nous reprenons notre souffle. J’ai l’impression qu’il a brisé tous mes os, mais nous nous redressons vite. Je secoue mon visage et regarde autour de nous. Nous sommes de retour à l’extérieur et effectivement, nous avons été transportés au début du sentier qui mène au Mont Victoire.

— Eh bah ça alors, s’exprime Pikachu. Les guildes devraient songer à créer un tel système.

— Ouaaaah… ça tourne, couine Herbizarre, qui étourdie, titube de chaque côté.

Ça nous prend quelques minutes avant de tous reprendre nos esprits. Cependant, Pikachu se retourne en direction du Mont Royal, que nous ne pouvons voir depuis notre position. Il m’a l’air tout à coup plus silencieux que les autres. Je crois que la révélation de sa propre mort l’a un peu pris par surprise. Ainsi donc, les humains étaient réels et il avait autrefois été le Pokémon d’une gamine. Arceus nous avait vraiment surpris, sur ce coup-là.

— Eh Blues… est-ce que ça va aller ? demandé-je à notre ami.

— Ouais, ouais… me pleurniche-t-il. Seulement, c’est bizarre… Maintenant que je sais qui je suis, j’ai cette sensation étrange en moi… Comme une espèce de vide… Cette petite fille… Elle était mon amie. Je me rappelle aussi de notre vie d’avant… Elle s’appelait Sophie. Elle était tout mon monde. On a grandi ensemble, quand je n’étais qu’un bébé Pichu.

Tiplouf s’approche et lui prend la patte pour le réconforter.

— Je suis sûr qu’elle était une bonne humaine, dit-il. Tu dois beaucoup lui manquer…

— Oui. Elle commençait sa carrière de Dresseuse de Pokémon. Nous avions combattu d’autres Dresseurs comme ma petite Sophie et elle me disait souvent que nous allions combattre un Chef d’Arène, un jour… elle et moi…

— Dresseuse ? questionne Tiplouf. Chef d’Arène ?

— Je vous expliquerai plus tard, soupire Pikachu avant d’essuyer ses larmes.

Il renifle un bon coup et se tourne en direction d’Herbizarre, car elle a déjà ouvert son smartphone. Celle-ci vient d’appeler quelqu’un, avant même de nous parler.

— Ouais, P’pa ? On a besoin du même camion que la dernière fois, dit-elle. Nous sommes de retour. Mm hmm ? D’accord. On vous attend ! À plus tard !

Elle raccroche. Nous sommes au beau milieu de l’après-midi. Ce qui explique pourquoi nous avons si faim. Nous sommes rentrés dans le Mont Victoire au début de la matinée, après notre déjeuner. Je soupire de soulagement que notre aventure va bientôt se terminer et que nous allons enfin rentrer chez nous.

— Que pensez-vous qui aura changé, en ville ? demande alors Herbizarre qui range son smartphone dans son bulbe. J’ai trop hâte de voir ce que nos ouvriers on fait comme rénovations ! J’espère que Marill va me raconter tout plein de nouveaux détails croustillants ! Oh, et n’oublions pas de célébrer le mariage de Ronflex et Lucario en grand ! Je suis toute excitée ! Hi hi hi ! On va faire la fête !

Je pouffe de rire alors que j’observe Herbizarre sautiller sur place. Pikachu a retrouvé sa bonne humeur. Toutefois, je remarque qu’il ne demande pas à Tiplouf de lâcher sa patte. Même que notre ami électrique colle sa tête à celle de Tiplouf, fatigué. Tiplouf l’enlace de son autre aile et ils restent ainsi, un moment.

C’est clair pour moi que Pikachu et lui sont fait l’un pour l’autre. Seulement, je ne saurais dire ce que pense Pikachu. Il nous a déjà dit qu’il n’aimait pas les garçons. Nous aurait-il menti ? Je me frotte le menton avant de le voir reculer, timidement. Il lâche la patte de Tiplouf et décide d’aller s’asseoir sur une grosse pierre. Il a besoin d’être seul, un moment.

— Il y a de l’amour dans l’air… chuchote Lucario à mon oreille.

Je sursaute et fait volte-face.

— Chuuut… je fais, tout bas. Laissons-les se débrouiller tous seuls.

Mon ami loup glousse et retourne discuter avec son mari. Quant à Tiplouf, il hésite d’aller retrouver notre souris. Il est tout timide et se tourne vers moi, plaçant ses pattes devant son bec. Je ne sais pas quoi dire. Pikachu et lui se sont déjà disputés à ce sujet. Je me souviens à quel point ça nous a tous fait souffrir quand il l’a rejeté.

— As-tu besoin d’en parler, Blues ? commente Herbizarre qui s’approche de notre collègue.

— Non… ça ira. Merci de t’en préoccuper, Bulbi. T’es un ange.

Elle s’approche alors de lui et lui murmure un truc à l’oreille. Il lui répond quelque chose aussi que je n’entends pas. Je me demande ce qu’ils se disent.

Je décide de parler un peu avec Tiplouf, afin de lui changer les idées. Nous restons tous ainsi pendant un long moment, jusqu’à ce qu’un camion vienne nous chercher, soit une vingtaine de minutes après notre arrivée. Celle qui le conduit est nulle autre que notre chère Nidorina, accompagnée de son fils comme passager. J’esquisse un sourire alors que je remarque qu’ils sont devenus inséparables depuis leurs retrouvailles.

Ainsi donc, nous grimpons tous à l’arrière du gros camion ; Ronflex y compris, avec tous nos bagages et nos souvenirs de cette aventure. Nous donnons la directive à Nidorina qu’on peut repartir, depuis la petite fenêtre qui nous lie près du siège du conducteur, et elle repart les engins alors que Ronflex ferme la porte du véhicule derrière lui.

Alors que nous roulons sur la route, je remarque que Tiplouf et Pikachu se sont endormis, l’un contre l’autre. Je me demande ce qui va se passer entre eux…

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