Épisode 72

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Herbizarre


Nous avons crié, pleuré, râler à tout-va. Mais deux semaines se sont écoulées sans que nous nous en rendions compte. La température s’est beaucoup refroidie et nous avons même eu droit aux premières neiges, quelques jours plus tôt. On a commencé à porter des vêtements chauds par-dessus nos peaux ou nos fourrures. Même mon bulbe avait parfois besoin d’être réchauffé avec un bon feu de camp. Mais là, nous avons atteint notre objectif : le Mont Victoire. Il se tient droit devant nous et nous percevons déjà l’étrange mur magique qui représente le point de départ du labyrinthe.

Au pied de la montagne se trouve un site de campement et nous y avons rencontré quelques Pokémon qui sont entrés dans ce donjon mystérieux, quelques heures plus tôt, avant d’être expulsés par le Créateur au bout d’une heure, car ils s’étaient perdu dans l’un des étages. À notre grande surprise, ils étaient les seuls voyageurs qu’on ait vus sur la route. Je ne vous dis pas le bien que j’ai ressenti quand je me suis adressé à la seule femelle de leur groupe. Elle aussi n’en pouvait plus d’entendre les mecs parler de tous ces trucs de mecs. Me voilà revigorée ! On a même partagé quelques trucs sur le maquillage.

Mais bon, ce ne sont que des détails sans importance. Nous sommes ici pour une raison plus noble que mes petits tracas de jolie jeune femme et j’ai nommé : les souvenirs de Pikachu. Celui-ci s’est plaint à quelques reprises que ses rêves devenaient de plus en plus étranges et compliqués à comprendre. Il s’était même réveillé au milieu de la nuit, hier, en criant et en pleurant. Il avait fait un cauchemar et mon frère l’avait réconforté.

Alors que nous nous trouvons tout près du mur magique, je me tourne vers Pikachu, dont le visage est triste. Il a peur et je comprends pourquoi. Je crois que ce qu’il risque d’apprendre sur son passé pourrait le perturber à tout jamais. Peut-être qu’il n’a pas besoin de savoir tout ça. Peut-être qu’il pourrait simplement se contenter de ce qu’il a avec nous… Mais ça serait idiot d’abandonner maintenant, puisque nous avons parcouru tout ce chemin.

— Les nerfs commencent à me lâcher, les gars, marmonne Pikachu.

— Je sais, répond Matoufeu. Mais tout ira bien. Tu verras. Nous serons là pour t’épauler.

— Oui ! répond Lucario. Quoi qu’il advienne, tu es désormais un membre de notre clan. Tu auras toujours ta place, chez nous.

— C’est gentil… mais une partie de moi a peur de vous décevoir, ajoute notre ami électrique. Et si… et si la raison qu’on m’a chassé dans ce monde, c’était parce que j’ai été quelqu’un de cruel et sanguinaire ? Et si j’étais pire que les membres du culte ?

— Ne raconte pas des bêtises pareilles, soupiré-je. Cesse de te torturer. Nous ne serions pas avec toi, si tu n’étais pas une bonne créature.

— Elle dit vrai, fait Tiplouf. Sinon, pourquoi Ronflex aurait sacrifié sa silhouette pour toi ?

— Eh ! Arrêtez de parler de ma ligne, rouspète le concerné.

Ronflex a dû perdre le dixième de son poids, à force d’avoir marché avec nous. Il est un peu plus rapide qu’avant, mais celui-ci nous boude parfois, car il se sent moins beau qu’avant. Honnêtement, la philosophie de son espèce est étrange, mais s’il est heureux comme ça, qui suis-je pour le juger ? Au moins, il arrive à rester réveillé plus longtemps qu’à notre départ. Il faut dire qu’il était déterminé à nous accompagner. Parfois, il nous dépassait même, quand nous avons ralenti le pas.

— C’est bon… on peut y aller… remarque Pikachu. Mais soyons prudents. Les autres campeurs disent que les salles sont grandes. Une chance que nous avons plein de Résugraines dans nos bagages.

— Et les provisions, relate Ronflex. N’oublions pas les nombreuses pommes qu’on a trouvées sur la route. Ça devrait nous remplir, en cas d’avoir la dalle…

— Bien sûr, soupiré-je. Fais gaffe à ne pas toutes les dévorer, hein ?

Ronflex me sort la langue et se croise les pattes pour me bouder.

— C’est bon, je te taquinais, dis-je avant de m’excuser.

Il préfère laisser couler ma remarque et décide d’entrer le premier dans le labyrinthe. Lucario le suit aussitôt, suivi de Matoufeu et Pikachu. Il ne reste plus que Tiplouf et moi et nous faisons le choix d’entrer ensemble. Le paysage s’embrouille autour de nous, un moment, avant de se transformer. Nous sommes dans une forêt verdoyante, où la température n’est plus celle de la fin de l’automne, mais d’un été chaud. Nous nous empressons d’enlever nos vêtements en surplus et les plaçons dans nos sacs de voyage.

— Ah ! Ça, par contre, c’est beaucoup plus mon style ! je m’exclame avant de sautiller dans le gazon vert qui se trouve à nos pieds.

— Oui, mais faisons attention, quand même, remarque Tiplouf. Nous ne savons pas où se trouvent les pièges, ni le premier escalier.

— Ouais, ouais, je ferai attention.

Non mais, quel idiot… Pour qui me prend-il ? Je le sais que ne sont pas des vacances. J’ai quand même le droit de profiter un peu de cette température, non ? Pfft… les grands frères !

Lucario décide d’avancer un peu avant nous, afin de servir d’éclaireur. Il est le plus agile d’entre nous, donc il est capable d’esquiver le moindre piège. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas de Pokémon sauvage dans cette pièce, mais nous risquons quand même de les croiser, bien assez vite. À en juger les arbres et les plantes qui poussent ici, nous allons sûrement rencontrer d’autres Pokémon Plante que moi et des Pokémon Insecte.

— La voie est libre, déclare notre ami loup, alors qu’il revient vers nous. Mais j’ai entendu du bruit dans le couloir, donc ne faisons pas trop de bruits.

Nous décidons de le suivre, Ronflex sur nos talons. Pikachu, Tiplouf et Matoufeu suivent Lucario alors que j’opte pour rester près du gros Pokémon. Alors qu’on maintient cette formation, notre éclaireur nous mène dans une nouvelle pièce, plus grande que la précédente et nous y croisons des Paras, des Chétiflor, des Chrysacier et plus encore. C’est bien ce que je croyais. Cet étage est rempli d’espèces faciles à combattre pour Matoufeu. Rien ne nous dit que le prochain sera pareil.

À notre plus grande surprise, nous voyons l’escalier qui mène au deuxième étage, tout juste derrière eux. Je ne pense pas qu’il soit une bonne idée pour moi de m’approcher des Pokémon Insecte, alors je reste derrière le groupe et les vise avec Poudre Dodo, pendant que mes camarades s’en occupent. Quant à Ronflex, celui-ci passe devant moi et exécute Plaquage sur le Chétiflor le plus près. Heureusement, ce combat ne dure pas longtemps.

— Bizarre… Ils étaient plus faciles à abattre que je ne l’aurais imaginé, commente Tiplouf qui s’adresse à Pikachu et Matoufeu. Vous avez vu ça ?

— Ouais, remarque Lucario, qui s’approche d’eux. C’est comme si nous avions combattu avec des débutants. Étrange… Très étrange…

— Ne dormez pas sur vos lauriers, les gars, alors que je marche vers eux. Chaque étage risque d’être différent, d’après ce que Roigada m’a dit.

— Ah ouais, je l’avais oublié ! répond mon frère qui secoue la tête. Ne restons pas ici. Passons à l’étage supérieur, maintenant.

Nous nous rendons alors à l’escalier, après avoir vérifié qu’il n’y avait pas de piège dans cette salle et alors qu’on monte, le décor change radicalement. Déjà, les arbres sont devenus des palmiers et l’herbe a été remplacée par du sable. Nous sommes sur ce qui semble être une plage, qui entoure une île tropicale. La chaleur n’a pas changé.

— Oh chouette ! Il ne manque plus que l’océan et on pourrait faire du surf ! plaisante Lucario, ce qui fait rire la plupart d’entre nous, sauf Pikachu.

Encore une fois, notre ami électrique semble perdu dans ses pensées. Je me demande bien ce que je pourrais lui dire pour lui remonter le moral. Pfft. Pas facile.

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