Épisode 71

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Pikachu

Ainsi donc, après une nuit de noce torride pour nos deux tourtereaux, à l’auberge de la ville, nous nous sommes fait conduire jusqu’au début du sentier que nous devrons escalader pour les prochains jours… et possiblement les prochaines semaines. Nous serons forcés de camper et de survivre par nos propres moyens, mais la bonne nouvelle est qu’il y a plusieurs sites de campement que nous pourrons visiter. Plusieurs Pokémon des guildes de la région viennent souvent s’entraîner par ici, alors on risque de tomber sur des créatures assez intéressantes. Seulement, notre temps est déjà limité. Je vais devoir me rendre au sommet du donjon avant le nouvel an. Sinon, la prédiction de Gardevoir ne se réalisera pas.

Au bout de quelques heures de marche, nous nous arrêtons parce que Ronflex ne sent plus ses pattes. Il s’écrase, essoufflé, près d’une rivière. Nous sommes justement à un campement qui a servi récemment. On voit toujours des braises dans ce qui était un feu de camp, cerclé par de gros cailloux. Il n’est pas encore l’heure du souper, la plupart d’entre nous se ramasse une collation, pendant que Lucario donne des massages aux pieds de son tout nouveau mari. Je préfère ne pas regarder, ça me met mal à l’aise.

— Il a enduré la marche beaucoup plus longtemps que je ne l’aurais imaginé, remarque Tiplouf qui s’installe à côté de moi.

— Et encore, nous nous sommes arrêtés à toutes les heures pour nous reposer quelques minutes, formulé-je. On va devoir presser le pas si nous voulons arriver au deuxième site de campement, avant la tombée de la nuit.

— La bonne nouvelle, c’est que les Pokémon ne rôdent pas trop près d’ici.

Il dit vrai, car nous n’en avons croisés que très peu depuis notre arrivée.

Herbizarre se contente de prendre des photos avec son smartphone et les envoie à Marill. Elle est la première à nous avoir dit, un peu plus tôt, qu’on aurait pu simplement se faire déposer au pied du donjon mystérieux, mais comme Milobellus nous l’avait déjà mentionné, très peu de Pokémon Vol ou de conducteurs d’engins volant souhaiteraient s’aventurer trop près de cette montagne, sans prendre le risque d’y perdre quelques membres… Peut-être qu’on aurait pu nous déposer à quelques heures de marche, ça nous aurait sauvé un temps précieux. Encore là, je sens que notre cheffe de guilde nous aurait dit non. Pour cette raison, nous rendre au Mont Victoire se révèle un entraînement en soi.

— Dites, les gars, commente Herbizarre. Que pensez-vous qu’on va trouver comme Pokémon dans ce labyrinthe ? Je me demande si ce sont des espèces très rares…

— Aucune idée, répond Tiplouf. Milobellus ne nous a rien dit. Je crois que c’est un secret pour quiconque s’y rend. C’est comme une sorte d’initiation, d’après ce qu’on m’a dit.

— Une initiation ? répète Matoufeu, qui se réchauffe les pattes près des braises. Ils sont sadiques, les gens qui nous envoient là-bas. Je crois qu’ils veulent autant notre mort que cette stupide secte, si vous voulez mon avis.

— Moi, je vois plutôt ça comme une épreuve à surmonter, afin qu’on puisse accéder aux grades supérieurs, déclare Lucario, qui s’approche du groupe. J’espère qu’on rencontrera d’autres voyageurs, parce que j’ai bien envie de me mesurer aux rivaux de notre guilde.

— Il n’y a que toi qui penses comme ça, pouffé-je de rire. Nous, on veut juste se rendre là-bas, tranquille. Tu es déjà l’un des plus fort de notre grade…

— Et alors ? me remarque-t-il. Ça ne doit pas nous empêcher de nous améliorer. Nous sommes supposés nous entraîner sur la route, de toute façon. Milobellus veut justement qu’on apprenne de nouvelles choses durant le trajet.

— Mouais… il marque un point, soupire Matoufeu.

— Arf, ne me dis pas que tu vas t’y mettre toi aussi, Flammy, râle Herbizarre.

Nous pouffons tous de rire, sauf Ronflex et elle. D’ailleurs, le gros Pokémon est de retour sur ses pattes et s’approche des braises chaudes afin de se réchauffer un peu.

— Ça va mieux, Frex ? lui demande son époux.

— Oui, nous pouvons repartir bientôt. Donnez-moi encore quelques minutes…

Il sort alors de son sac de voyage, quelques baies qu’il grignote à une vitesse hallucinante, sans même recracher les pépins.

— N’oublions pas de récolter d’autres provisions sur la route, commente Tiplouf. Pêcher dans une rivière ou bien cueillir quelques fruits sauvages pourra nous aider, durant les jours qui vont suivre. Je ne peux rien vous promettre pour notre stock de papier toilette, par contre… On va devoir improviser quand il ne nous en restera plus.

Plusieurs d’entre nous grimacent en même temps. Ronflex est celui qui transporte une bonne partie de notre équipement de camping, puisqu’il est le plus fort du groupe et que tout ça a pratiquement le poids d’une plume sur lui. Nous tournons nos regards vers lui, alors qu’il nous observe d’un drôle d’air. Il sait pourquoi on s’inquiète. Je préfère ne pas compléter la pensée, car je sens qu’il va se vexer si on le regarde trop comme ça.

— Des baies, des champignons, des noix sauvages et du poisson, formulé-je en me tournant vers Tiplouf. Je crois qu’on peut trouver ça assez facilement.

— Arf, ne me parlez pas de champignons, soupire Ronflex. J’en fais encore des cauchemars de ces maudites amanites… Vous les cueillerez pour moi, d’accord ?

— Il n’y a pas de danger pour que t’empoisonnes, chéri. Tu es un Ronflex et les Pokémon comme toi digèrent absolument tout. Pas vrai ?

Il lui fait une petite tape sur le bedon. Ronflex rougit timidement et répond :

— C’est vrai. Je l’avais oublié. J’ai désormais un super estomac, après tout.

— Dans ce cas, tu peux manger toutes les amanites que tu veux.

Notre ami adipeux nous fait son plus grand sourire et avale les dernières baies qui sont entre ses pattes. Ensuite, il se lève pour reprendre la route. Il est temps pour nous de continuer notre trajet. Je sens que ce voyage sera surtout une mission de patience, plutôt que d’endurance. Je ne sais pas combien de temps nous allons pouvoir endurer un tel trajet. J’ai cru comprendre qu’à une bonne vitesse, nous serons arrivés à destination d’ici deux semaines. Le plus difficile sera de grimper le Mont Victoire jusqu’au sommet. Ensuite, nous devrons rebrousser chemin jusqu’à chez nous.

— Si vous voulez mon avis, les gars, tout ça, c’est un défi pour des Pokémon maniaques, déclare Herbizarre. On a intérêt à se trouver des activités pour la route, parce que je sens que je vais devenir folle sans mes livres…

— Tu as toujours tes trucs sur ta liseuse, non ? formule son frère.

— Ouais, mais ce n’est pas pareil… et je n’aime pas passer mon temps devant des écrans trop longtemps, ça fait mal aux yeux. Ça, c’est sans oublié que nos chargeuses ne vont pas durer éternellement, ni nos batteries…

— Dans ce cas, tu devrais économiser la batterie de ton smartphone.

Elle lève les yeux au ciel et se retient de lâcher un juron. Elle ferme donc son appareil et le range dans la pochette de sa ceinture. Nous avons tous pris la décision de nous servir des nôtres, qu’en cas d’urgence. De nous six, elle est celle qui est la plus accro à internet.

— Vous voulez ma mort, grogne-t-elle tout bas. Si je crève avant vous, écrivez sur ma tombe : tuée par manque d’ondes WiFi.

Je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire à son humour auto-dérisoire. Je crois que Matoufeu et son frère commencent à l’influencer, dernièrement. C’est peut-être une bonne chose qu’elle soit plus ouverte à faire des blagues avec nous. Elle est beaucoup moins gênée avec les garçons du groupe qu’avant ; surtout avec moi, elle avait l’habitude de m’ignorer. Mais bon, même si Tiplouf plaisantait, l’autre fois, je n’ai pas envie de trop m’approcher de sa sœur. Je crains que ça puisse briser quelque chose, dans notre groupe…

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