Épisode 68

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Matoufeu


Quelques heures se sont écoulées depuis l’affrontement contre les membres du culte. À la radio comme à la télé, on annonce de nombreuses pertes, mais que la majorité des membres du culte on soit été arrêtés ou tués partout. L’espoir renaît, même si les pertes ont été tragiques. En ce moment, je me trouve au réfectoire de l’académie et les Ronflex ont préparé des pancakes pour tout le monde, en l’honneur de leur fils. Toute la ville a été invitée à venir célébrer notre victoire, même si plusieurs d’entre nous pleuraient la mort de nos proches. C’était une ambiance chaleureuse, mais nostalgique à la fois.

Assises derrière nous, Milobellus pleurait la mort de son fils adoptif alors que Gardevoir la consolait de son mieux. Ces deux-là avaient commencé à sortir ensemble, quelque temps après l’explosion du QG. Puisque les tensions commençaient à baisser, ça faisait du bien de voir notre patronne se laisser aller dans les bras de celle qu’elle aimait. Maraiste était un chic type. Ce qu’il a fait en se jetant devant elle était un geste noble. Il va tous nous manquer par sa joie de vivre et sa vision optimiste de la vie. Machoc de son côté… c’est une autre histoire. Elle était très attachée à Hypotrempe et a sombré dans la dépression quand elle est morte. Je crois que la mort de son père l’a achevé, au point qu’elle se sacrifie, elle aussi.

J’ai contacté mes parents, ils vont bien… Ainsi que ma fratrie. Ça m’a soulagé, d’autant plus que ma mère et mon père vont bientôt me rendre visite, quand tout se sera calmé. Il y a tant de choses dont j’aimerai leur parler… Comme les trois semaines que j’ai passé à la rue, ou bien la colère et la frustration que je ressens chaque fois que j’apprends que mon père a des problèmes de jeu… ou quand maman parle mal de lui dans son dos… Vite, changeons de sujet, sinon je vais exploser de colère.

J’observe Salarsen et Persian qui entrent au réfectoire, épuisés. Durant toute la nuit, ils ont défendu les infirmières, sous les ordres de Monsieur Givrali et Madame Prinplouf. Le père de Persian a été blessé par l’une des attaques à l’intérieur de l’académie, mais il s’en remettra. Quant à son épouse, elle sert présentement des plats de pancakes aux Pokémon qui viennent déjeuner. J’ai réservé cette table pour les membres de notre équipe, mais Ronflex et Lucario ont décidé de manger dehors.

— Pourquoi tu fais cette bouille, Flammy ? me demande Tiplouf.

Je baisse mon regard en bas de la table et je vois que mon ami pingouin est arrivé avec son assiette qu’il pose sur au-dessus de sa tête avant de bondir à côté de moi. Il en perd presque ses pancakes, mais je les ramasse pour lui alors qu’il s’agrippe devant lui, sur le point de perdre l’équilibre. J’aurais peut-être dû lui prendre un escabeau.

— Vivement que j’évolue, grogne-t-il.

— Ne sois pas si pressé, Tippy. On perd quelques avantages à être plus petits.

— Sinon, qu’est-ce qui ne va pas ? On dirait que t’as quelque chose sur la conscience.

— Oh tu sais… toutes ces morts… Puis mes parents…

— Oh non, ils sont décédés ?

— Non, non ! formulé-je, tandis que je pose son assiette de pancakes devant lui. Ils veulent me rendre visite bientôt et j’espère qu’ils vont prendre des dates différentes. C’est toujours l’enfer sur terre quand ils se disputent.

— Ah, je vois. Pikachu et Bulbi ne vont pas tarder à venir nous trouver. Ils voulaient faire la rencontre de mon nouveau petit-frère. Tu l’as rencontré ? Il est tout mignon !

— Tu veux dire, le bébé Artikodin ?

Il fait signe que oui avant de me répondre :

— Papa et Maman ont décidé de l’adopter, parce que sa mère est morte dans la Crevasse.

— Arf… C’est triste. Tout ça à cause d’un stupide culte de pyromanes.

— Bah… au moins ils vont se tenir tranquille pour quelque temps.

On voit alors un trio entrer à l’intérieur du réfectoire. Un grand Nidoking, suivi d’une Dimoret et d’un Capidextre. Tout le monde se tait. Ces trois-là ont massacré la majorité des membres du culte à eux-seuls. Ils ont même été remerciés publiquement par Milobellus, un peu plus tôt. Cette dernière se lève de son banc et serpente jusqu’à eux, afin de montrer à tout le monde qu’elle lui fait confiance.

— Ça va, les amis ! lance-t-elle. Ils sont avec nous !

— Merci Maîtresse, dit Nidoking avant d’incliner sa tête respectivement.

À sa gauche, Nidorina est assise à sa propre table et mange ses pancakes en silence. Elle jette un regard froid dans sa direction, puis lève son pif en l’air. Le pauvre Nidoking s’approche de celle-ci, tout tremblant, sous les regards de tout le monde.

— Je suis rentré, Ma…

— CRÉTIN ! lâche-t-elle en se tournant vers lui.

Elle lui plante son poing dans la tronche, il s’envole tout droit dans un mur. Tout de suite après, le grand Pokémon cornu revient vers elle en rampant sur le sol. Il lève son visage vers sa mère ainsi qu’une patte dans sa direction, les yeux en larmes.

— Maaaamaaaaan, je suis désolé…

— Aussi borné que ton père… sanglote Nidorina. T’aurais pu au moins m’appeler !

— Mais Maman…

Tous deux s’échangent un regard attendri, avant que la doyenne des concierges ne se lance dans les bras de son seul et unique fils. Les deux restent ainsi pendant une longue minute, alors que les autres Pokémon recommencent à manger et à parler. Milobellus pousse un soupir de soulagement. Elle se tourne alors vers Dimoret et Capidextre pour leur dire quelque chose. Je n’ai pas trop compris ce qu’elle leur disait, mais ils semblent heureux, à voir le singe aux deux queues étranges sautiller de joie.

— Ainsi donc, le Fléau Pourpre est de retour à la maison… fait Tiplouf. C’est étrange à quel point ils sont intéressants… Ils ne sont pas du tout les criminels tel qu’on les peint, durant toutes ces années. Nidorina me fait un peu flipper par contre…

— Chaque Pokémon a sa manière d’aimer, j’imagine, je lui réponds.

— Ouais bah, elle devait vraiment lui en vouloir pour l’avoir frappé ainsi au visage.

— Ça fait quand même depuis une vingtaine d’années qu’ils ne se sont pas vus…

— Très juste. J’imagine que mes parents m’auraient fait la même chose, si j’avais un jour décidé de fuguer. Au moins, leur histoire se termine bien.

Soudain, Tiplouf sautille presque sur place. Il me prend la patte et me regarde comme s’il avait des étoiles dans les yeux. Mais qu’il lui prend ?

— Flammy ! Sais-tu ce que ça veut dire ?! couine celui-ci, enthousiaste.

— Non quoi ?

— On peut enfin reprendre les recherches pour aider Pikachu à retrouver la mémoire !

— Ah ouais… J’avais complètement oublié pour son amnésie.

— Oui ! Concentrons-nous à régler certaines choses et nous repartirons autour du continent avec Pikachu. Je suis certain qu’il finira par se souvenir de détails plus importants sur son ancienne vie. Enfin, je pourrais accomplir ma promesse.

— Une chose à la fois, Tippy. On se remet à peine d’une invasion à l’échelle mondiale.

Il lâche ma patte et reprend sa position initiale. Il réalise qu’il se projette déjà loin dans l’avenir, alors qu’il sait très bien qu’on ne doit jamais tout prévoir en avance, surtout quand nous sommes des secouristes et que les donjons mystérieux n’attendent jamais pour nous lancer des défis. Je retourne mon attention à ma propre assiette que j’ai à peine touché et je décide de lui donner mes pancakes. J’ai plutôt faim pour du poisson, ce matin.

— Eh ! Mais où vas-tu comme ça ? me demande Tiplouf, entre deux bouchées.

— Je vais pêcher ! On se reparle plus tard !

Sur ces mots, je passe devant notre patronne, salut celle-ci d’un signe de tête et sort du réfectoire. Je suis curieux de voir quelle sera ma prise, ce matin.

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