Épisode 63

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Tiplouf


Je n’ai toujours pas eu de nouvelles de Marisson. Voilà des jours que je suis sans nouvelles. J’ai même pensé à appeler ses parents, mais je ne connais pas leurs numéros. Je n’ose pas demander à nos supérieurs de contacter la guilde de Poképolis, car je sais qu’ils ont tous du pain sur la planche avec toutes les tâches à accomplir ici, comme là-bas. Alors que j’attends Pikachu et Ronflex, Bulbizarre et Matoufeu m’aident à placer quelques tables près des entrées avec des munitions qui pourraient nous servir, en cas d’invasion dans l’établissement. Pendant ce temps d’autres Pokémon sont en train de protéger les vitres en les bloquant avec des planches. On veut éviter que des intrus rentre ici en fracassant les vitres du rez-de-chaussée. Même les étages du dessus ont reçu le même traitement.

— C’est dingue, remarque Flammy. On se croirait dans un film de survie post-apocalyptique avec les zombis et tout ce qui vient avec.

— Pitié, ne parle pas comme ça, dis-je, dégoûté. Si le monde finit comme ça, je préfère mourir tout de suite. Je ne supporterais pas que ça nous arrive.

— Tiplouf, ne plaisante pas avec ça, formule Bulbizarre. Beaucoup mourront pendant la soirée d’Halloween. Peut-être même nous trois.

— Désolé, c’est seulement la peur qui me force à penser comme ça.

Bien sûr, nous avons pensé au fait que l’académie serait probablement visée par les pyromanes, mais nous avons été assurés que beaucoup de Pokémon d’Eau seraient présents, en plus de toutes les mesures prises pour réduire les dégâts, tels que les produits anti-flammes employées sur les établissements ou bien les alarmes d’incendies qui giclent de l’eau partout. On a l’impression de combattre avec des forces invisibles et c’est un peu le cas en ce moment, car nous ignorons qui va nous… ou plutôt, qui pourrait nous trahir.

Marill est retourné chez elle pour la nuit – ses parents, ainsi que quelques Pokémon du voisinage ont pris la décision de partir se réfugier au fond de l’océan et évidemment, puisqu’elle n’Est pas engagée dans la guilde, elle est forcée de les suivre. Je peux comprendre pourquoi ils ne veulent pas combattre, mais fuir la ville ainsi en lâche, ça risque de démoraliser la plupart d’entre nous. Au moins, nous avons eu la confirmation des pompiers volontaires que nous aurons le support des Pokémon aquatiques qui vivent sous l’eau, en cas d’incendie majeur.

Le sol se met à vibrer sous nos pattes.

— Oh merde, un tremblement de terre… couiné-je pour moi-même.

— Relaxe, c’est juste Frex, me dit Flammy qui pose une patte sur ma tête pour la tourner en direction de l’entrée du réfectoire.

Ronflex nous rejoint avec Pikachu sur l’épaule. Il reste encore plusieurs chaises à tasser et tables à placer en barricades, un peu partout dans l’école. Même les pupitres devront servir pour nous protéger en cas d’attaque à l’intérieur de ces murs. L’auditorium devrait même abriter au moins quelques centaines de Pokémon, si on les entasse comme il faut.

— Comment se passent les choses à l’extérieur ? demande Bulbizarre.

— Mal, réplique PIkachu. Les civils ne se promènent plus dans les rues, évidemment et ils se sont cachés chez eux alors que les secouristes préparent le terrain.

— Il faudrait qu’on bouffe un truc, remarque ma sœur. On n’a rien mangé depuis dîner.

— Je suis du même avis, commente Matoufeu. Heureusement, la cantine est toujours ouverte… On devrait prendre une courte pause et reprendre après.

Nous hochons tous la tête, sauf Ronflex qui décide de s’asseoir près de l’entrée du réfectoire dans le but de faire une petite sieste. On l’a fait travailler presque toute la journée. Il a bien mérité un peu de repos. Je ne vois pas Lucario avec Pikachu et lui, donc il doit être parti quelque part. Je suis épuisé et je tiens à peine debout. Je ne vais pas tarder à rentrer chez moi afin d’aller me coucher pour la nuit.

— Cette sale ambiance est palpable, vous ne trouvez pas ? prononce Bulbizarre.

Je hoche la tête, ainsi que Matoufeu. Pikachu descend de Ronflex pour nous rejoindre.

— Normal, dit-il. Beaucoup d’entre nous sont inquiets pour Magirêve. Au moins, les recherches devraient nous mener quelque part. Moi, j’aimerais qu’on fouille un peu l’usine abandonnée, si vous êtes partants.

— Bonne idée, mais je suis crevée, fait ma sœur qui s’écrase au sol.

— On devrait attendre demain, Blues, ajoute notre compagnon chat.

— Une chose à la fois, soupiré-je. Avant ça, faut qu’on bouge encore quelques trucs. Ensuite, on mangera un petit truc avant d’aller nous coucher.

Matoufeu et ma sœur râlent alors que Pikachu est de mon avis. Ce dernier a encore assez d’énergie pour trois Pokémon. C’est à se demander comment il fait, alors qu’on devrait dormir à cette heure avancée de la soirée.

— Laissez-moi faire, déclare-t-il. Je vais aider les autres Pokémon réveillés pendant que vous irez vous reposer. Passez une bonne nuit. On se reparle demain.

On se dit tous au revoir, puis ma sœur et moi on sort de l’académie afin de nous rendre chez nous. Matoufeu va faire se coucher dans l’un des dortoirs libres de l’académie, alors il n’a pas besoin de nous suivre. Une chance que PIkachu est là, parce que je commençais à cogner des clous imaginaires avec la tête.

— Nos parents ne vont rien reconnaître quand ils vont revenir, soupire Bulbizarre.

— Ouais… Bekipan Ville a l’air d’une communauté fantôme depuis quelques jours.

— C’est encore pire aujourd’hui, avant la déclaration de guerre du culte.

— Soyons patients… Peut-être que nous réussirons à les repousser.

Alors que nous passons devant l’église en pleine rénovation, à notre grande surprise, nous croisons Feuforêve et quelques Pokémon qui sont rassemblés autour de Magirêve. La prêtresse a été retrouvée dans les égouts et est installée sur une civière alors qu’une Leveinard prend ses signes vitaux. Nous nous arrêtons, ma sœur et moi, près du lampadaire qui éclaire la scène. La fille de notre prêtresse est en état de détresse, on la voit bouger dans tous les sens alors qu’elle marmonne des choses incompréhensibles.

— Ça va ! formule la docteure. Elle est juste inconsciente. Il lui faut un endroit confortable pour qu’elle se repose. Trouvez-lui à manger pour quand elle se réveillera.

Les autres Pokémon acquiescent tandis que ma sœur et moi, nous décidons de reprendre la route. Au moins une bonne nouvelle… J’ai la tête qui tourne un peu.

— C’est toute la ville qui va être contente, soupire Bulbizarre de soulagement.

Je décide de répondre d’un coup de tête. Elle a raison. Je ressens déjà un peu d’espoir, car nos secouristes ont eu raison de fouiller les égouts. Je n’ose même pas aller leur demander s’ils ont trouvé des membres du culte. Probablement qu’ils aient pris la fuite et laissé notre prêtresse, sous nos pattes. Je suis trop fatigué pour réfléchir. Ma sœur m’aide à rester debout avec une liane, puisque j’ai presque failli trébucher sur le pavé.

Une fois rendus chez nous, elle compose le code de la grille pour nous permettre de passer et la porte s’ouvre pour nous. Ensuite, on rentre au cottage et referme la porte d’entrée derrière nous. Tonton Voltali doit dormir sans sa chambre. Je remarque sur l’horloge du four micro-ondes de la cuisine qu’il est minuit passé. Tant pis pour ma chambre, je m’approche déjà du salon et m’écrase sur le divan. Je m’endors aussitôt.

Aux petites lueurs du matin, je suis réveillé par une odeur familière de crêpes et de café. J’ouvre les yeux pour remarquer qu’un bébé oiseau bleu ciel me dévisage avec un drôle d’air. Il a une tétine dans son bec qu’il suce avec enthousiasme. Je m’assois sur le divan et me frotte les yeux pour me tourner vers la cuisine. Mon cœur fait un bond quand je la vois.

— Bon matin, Tiplouf ! me dit Maman. As-tu bien dormi ?

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