Épisode 60

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Nidoking


Nous sommes arrivés à Port Tropius, une petite ville portuaire au sud de la région de Poké-Poké. Comme l’indique son nom, le maire de cette localité est un Tropius de plusieurs années et c’est aussi un ami de longue date, car nous avons fait quelques missions pour lui, en tant qu’agents libres. Jamais il n’a su qui nous étions, ni d’où nous venions, car nous ne lui parlions jamais en groupe. C’était toujours Dimoret ou moi qui lui parlait lorsqu’on ramassait l’argent qu’il nous devait. Puis un soir, un de ses contacts nous a donné un bateau pour que nous puissions accomplir quelques requêtes dans les alentours. Finalement, on lui a annoncé notre départ pour partir en voyage autour du monde. C’était il y a un an et quelques mois, environ. Nous avons décidé d’accoster le bateau de pêche, parce que c’était un bateau de pêche, au port du village.

Quelques contacts dans les environs nous doivent quelques services et dans trois jours, soit le 31 octobre, la Guilde d’Yveltal passera à l’attaque. Comment nous le savons ? Les gens au bar ne parlent que de ça, alors que Dimoret et moi, nous passons deux commandes séparées pour un repas. Capidextre nous attend à l’extérieur de la petite communauté, parce qu’on ne doit pas être vus ensemble. Dim sort avec l’une de nos commandes alors que j’attends pour la mienne, à part. Voyons voir ce qu’il y a à la télé, pendant qu’ils cuisent mon repas.

Sur l’écran, j’entends l’annonceur qui dit à sa collègue de travail :

— … il est quand même étonnant que le Fléau Pourpre, bien qu’innocenté depuis quelques jours, soient toujours en cavale. Personne ne sait où ils se trouvent.

En effet, Elektek. Comme nous devons le rappeler aux téléspectateurs, la mère de Nidoking a récemment mis la main sur le véritable criminel et il semblerait que celui-ci se soit suicidé, bien avant que les membres de la guilde de Bekipan Ville ne trouvent l’arme du crime qu’on croyait perdu, dans le garage même de Monsieur Qulbutoké.

Merci de me le rappeler, Mentali. Il était un membre de la secte qui menace de détruire notre monde, cette Halloween, n’est-ce pas ?

Je n’écoute pas le reste de la conversation. Ma mère nous a blanchis ? Mais pourquoi ? Comment ? Se pourrait-il qu’elle ait cherché à me protéger durant toutes ces années ? Elle qui a juré qu’elle me tuerait si jamais elle me revoyait, dans plein d’entrevues ? Qu’est-ce qui a changé ? Ma pauvre mère doit vivre avec beaucoup de honte. Et Qulbutoké ? Je me souviens qu’elle était amie avec un autre vétéran de guerre… Non… Serait-ce possible ?

— Ça doit vous faire étrange d’entendre parler d’un autre Nidoking à la télé, non ? me dit un jeune Ponchien qui déguste sa bière, à côté de moi.

— En effet, je lui mens. Nous sommes plusieurs en ce monde et celui-là m’a toujours donné froid dans le dos. Je suis content pour lui qu’il ait été blanchi, par contre.

— Ouais… Ce mec a fui pendant une bonne partie de sa vie, y compris ses potes. À vous voir, vous auriez à peu près son âge. Je suis cette affaire depuis que j’ai commencé à travailler chez les flics du port, voyez-vous et c’est la plus vieille affaire que la région n’a jamais pu résoudre. Quand on a appris cette affaire… Je vous jure que nous sommes tous tombés sur le cul… En tout cas, cette affaire est réglée. D’autres trucs pressent, comme le culte…

Je déglutis. Pour un flic que je viens de rencontrer en civil, il a plutôt bavard.

— Suis-je bête ! fait-il. Je me présente, Ponchien. Enchanté de faire votre connaissance.

— Il me donne alors la patte et sort la langue, tout heureux de faire ma rencontre. Il remue même la queue. Je cligne des yeux et lui tend ma patte pour serrer la sienne.

— Vous devriez vous faire engager comme garde du corps, Monsieur. Vous m’avez l’air d’être costaud. Je suis sûr qu’on vous l’a déjà dit.

— Ah… en effet… On me la dit souvent, celle-là.

Je vois que le cuisinier a fini mon plat de frites et mon burger qu’il apporte dans une boite à emporter. J’ai déjà payé pour ma commande, donc je la ramasse avec les ustensiles qu’il me tend. Pendant ce temps, Ponchio tourne autour de son banc et pouffe de rire comme un enfant. Il est complètement bourré. Je le salue d’un signe de tête et sort du bâtiment.

La nuit commence à tomber. Nous allons sûrement camper sur la route pour une partie de la nuit, mais c’est bien que rien. Nous pourrions nous payer des billets de bus pour nous rendre à Bekipan Ville, mais ça nous prendrait plusieurs jours de déplacement sur la route. Nous ne pouvons pas prendre ce risque. Nous allons devoir trouver nos contacts, à quelques miles de ce village. Les connaissant, ils vont sûrement pouvoir nous aider à rejoindre le bercail par la voie des airs. Alors que je me dirige vers la sortie du village, je croise Dim.

— Alors c’est vrai ce qu’ils racontent au bar ? Le culte passe à l’attaque bientôt ?

— Ouais… et Port Tropius ne sera pas ciblé d’après eux, parce qu’ils ne sont pas affiliés aux Guildes Pokémon. Jusqu’à maintenant, les seules villes qui ont été attaquées sont les plus populaires, mais je doute qu’ils soient complètement hors de danger.

Nous marchons un moment jusqu’à ce que nous retrouvions Capidextre avec nos sacs de bouffe. Il a été cherché quelques articles dans un dépanneur aussi, qu’on va partager. J’en profite pour leur annoncer ce que j’ai entendu à la télé.

— Comment ça ? s’étonne Dim, qui a failli s’étouffer avec une frite. Ta mère nous a blanchis ?! Je pensais qu’elle voulait ta peau…

— Moi le premier… Je ne sais pas si c’est un signe du destin qu’on soit revenu au beau milieu de cette merde qui s’en vient ou si Arceus se moque de nous… Mais j’ai quand même peur de me présenter chez nous, cogner à la porte et lui dire bonjour…

— À qui le dis-tu… Je ne sais même pas si mes parents sont toujours en vie.

— Les miens doivent se trouver dans une maison de retraite, formule Capidextre. Je suis encore étonné d’apprendre que Madame Nidorina a toute encore toute sa lucidité. Elle est quand même… très âgée, non ?

— Soixante-sept ans, dis-je. Nous sommes partis de chez nous quand elle ne avait quarante-sept. Mon père était déjà mort, à cette époque.

— Ah ouais… c’est triste quand même, remarque Dim. On a pris la fuite quelques mois après son accident de voiture, le pauvre. C’était un grand homme. C’est grâce à lui si je suis rentrée chez les secouristes. Il nous a tous inspiré à le faire, je crois.

— Ouais, fait Capidextre. Je me souviens que tu voulais beaucoup lui ressembler, King.

— Normal… C’était mon héros.

Pendant que nous marchons dans l’obscurité de la nuit et qu’on mange nos repas. Je réfléchis à ce que je pourrais dire à ma mère, lorsqu’on se retrouvera. Je crois que je vais d’abord lui demander pardon pour toutes ces années de silence. Après, j’irais sûrement régler quelques affaires avec les flics, parce que je suis sûr qu’ils vont avoir beaucoup de questions. Mais bon, ça fait quand même vingt ans que nous sommes en cavale. J’imagine qu’ils ont simplement fermé le dossier.

Maintenant que j’y pense, il y a peut-être d’autres amis qui pourraient nous rejoindre à Bourg Bekipan… Euh, Bekipan Ville. Je crois que je vais les contacter, une fois qu’on sera rendu chez rendu à notre prochaine destination. J’espère seulement qu’eux, ils se souviendront de tout ce qu’on a fait pour les aider, dans le passé…

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