Épisode 51

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Givrali


Kadabra et son collègue, Tarsal, nous mènent jusqu’à leur campement. Les routes sont assez bonnes pour leur véhicule tout terrain, mais ils devront l’abandonner dans un hangar et attendre que le prochain hélico vient les chercher. Cela confirme ce que je pensais à notre rencontre : ils sont venus ici par la voie des airs. Nous allons devoir attendre quelques jours pour un véhicule. Ici, il n’y a ni téléphone, ni internet. Des journalistes viennent parfois par ici afin d’étudier la faune et la météorologie.

J’ai cru comprendre que nos guides se spécialisent dans les enquêtes criminelles. On les a embauchés pour élucider le mystère de la Crevasse. Kadabra et Tarsal y sont descendus à quelques reprises pour y faire des recherches. Aujourd’hui, c’était la dernière fois qu’ils se rendaient aux ruines. Ils avaient récolté assez de données.

Quel est ce symbole, Givrali ? m’avait demandé Salarsen avant qu’on ne parte avec les journalistes. Je l’ai déjà vu dans l’usine abandonnée de Bourg Bekipan.

Lorsqu’il m’a dit cela, j’ai ressenti un frisson dans le dos. Ce qui est étrange, puisque je suis un Pokémon Glace. J’avais pourtant demandé au Conseil de se débarrasser de ce bâtiment. À cause de leur négligence, nous avons sûrement contribué à une cellule de la secte de s’installer chez nous. J’ai donc tout expliqué au deux adolescents ce que je connaissais du symbole et des Pokémon de cette organisation criminelle.

Oh… donc les vrais parents de Bulbizarre menaient aussi cette enquête avec vous… a remarqué Persian. Je suis désolée d’apprendre ce qui leur est arrivé.

Pendant longtemps, on a cru qu’ils allaient s’en prendre à nous aussi, a expliqué mon épouse. Maintenant, j’ai peur de ce qu’il pourrait se produire prochainement.

Avec raison. La perte de la Crevasse des Cadoizo est une terrible tragédie. Nous ignorons tout se passe au sud de la région, ni même si tout le monde est sain et sauve. Kadabra et Tarsal sont ici depuis des mois, car ils voulaient réaliser un documentaire sur la vie dans le nord, mais suite à ce qui s’est passé par ici, ils ont envoyé l’un de leurs collègues de travail à Poképolis avec les enregistrements et ont préféré rester encore quelque temps, pour fouiller ces ruines, dans l’espoir de trouver quelques indices.

Finalement, il n’y avait que la marque du Culte d’Yveltal que l’esprit d’Artikodin avait souhaité nous montrer. Car à sa mort, elle l’a probablement vu sur l’un de ces criminels. Heureusement pour nous, ces deux Pokémon Psy étaient très réceptifs aux forces spirituelles. Ils nous ont fait comprendre, à Prinplouf et moi, que notre bourg était probablement en danger, à l’heure qu’il est.

— Ah ! Voilà l’abri ! s’exclame Persian alors que nous voyons non loin de nous, ce qui semble être un très grand hangar pour des véhicules en tous genres.

Cet endroit devait à l’époque servir de point de départ pour coloniser le nord, mais les autorités se sont vite rendu compte que seuls les Pokémon Glace et ceux qui résistaient au froid, aiment vivre par ici. Pour cette raison, ils ont abandonné le projet, mais on a gardé le hangar ouvert pour quiconque aurait envie d’étudier cette partie de la région. C’est Kadabra qui nous l’a expliqué, plus tôt.

— Enfin, soupire Tarsal. Je commence à m’affaiblir… J’ai faim…

— Cui, cuiiiiiii ! formule le bébé Artikodin, dans les bras de Prinplouf.

— Nous avons de quoi faire un bon repas dans nos sacs, dit mon épouse.

Persian pousse un soupir de soulagement, derrière moi. Elle aussi commençait à être affamée. Nous n’avons pas trop mangé depuis matin, parce que nous étions pressés de voir ce qui s’était passé dans la Crevasse.

Après plusieurs minutes de randonnée derrière nos guides, nous arrivons enfin à destination. Ils entrent leur VTT dans le grand hangar et nous les suivons. Déjà, Salarsen s’éloigne vers l’une des génératrices d’électricités pour se réchauffer près des moteurs. Je remarque qu’il y en a plusieurs dans ce hangar et qu’ils sont tous reliés à un système qui permet probablement à tout l’édifice de survivre dans le froid.

— Si tu veux un endroit plus chaud, c’est par ici, explique Tarsal qui s’approche d’une porte. Bienvenue au site de campement !

Alors que la grande ouverture du hangar se ferme derrière nous, Kadabra va garder son véhicule parmi les autres et nous suivons le petit Pokémon dans la pièce suivante. Celle-ci est aménagée avec des appareils électriques : chaufferette, réfrigérateur, poêle à cuir, congélateur, mixeurs et j’en passe. Il y a une grande table et plusieurs chaises, donc j’imagine que cette pièce peut accueillir au moins une dizaine de Pokémon. Déjà, Salarsen reprend des couleurs alors que la chaleur nous entoure.

— Êtes-vous certains qu’on peut rester ici jusqu’au prochain vol ? demande mon épouse. Nous ne voulons pas nous imposer…

— Ne vous en faites pas pour ça, Miss. Il n’y a que Kadabra et moi ici et nous avons plein de nourriture dans le frigo pour au moins le prochain mois. D’autres chercheurs et journalistes vont sûrement nous rejoindre avec l’hélico.

— Est-ce que l’hélicoptère est assez grand pour nous ? demande alors Persian qui vient de s’asseoir près de la table.

— Ne vous en faites pas pour ça, réplique Kadabra, pendant qu’il vient nous rejoindre. En général celui qu’on utilise peut transporter une dizaine de passagers. Il est financé par la station de téléjournal de Poképolis, justement pour transporter notre équipement, nos cameramans, nos journalistes et j’en passe. On a aussi d’autres véhicules qui atterrissent parfois sur la piste, mais ceux-là posent surtout des machines et repartent. Ça nous a pris plusieurs années pour équiper ce hangar avec tout le bon matos.

— Ah ouais, j’avais remarqué la piste, dis-je. Elle un peu enneigée, par contre.

— C’est pour ça que Tarsal et moi, on va essayer de la déblayer un peu avant le prochain atterrissage. Mais normalement, notre hélico ne devrait pas avoir trop de problèmes.

— Donc, formulé-je, il ne nous reste plus qu’à attendre…

Kadabra hoche la tête et nous explique que les pièces sont toutes avec des appareils électriques qui pourraient nous divertir pour les jours à suivre. Dehors, il commence déjà à faire nuit et nous avons tous faim. Mon épouse décide de cuisiner avec Salarsen, alors que Persian et moi, nous suivons Tarsal à travers les nombreuses salles qui sont reliées à la cuisine. Il y en a beaucoup.

Le bébé Artikodin a décidé de monter sur mon dos et gazouille à chaque instant où il découvre quelque chose de nouveau. Celui-ci commence à s’endormir, mais je pense qu’on devrait le faire manger un peu, au risque de nous faire réveiller cette nuit par des cris. Il arrive déjà à consommer des aliments solides, mais nous lui offrons aussi des fruits et des légumes. Je me demande s’ils ont du lait, ici. Malheureusement, je ne m’y connais pas trop pour la croissance des oiseaux – même su j’ai aidé ma femme à élever Tiplouf. Je crois qu’elle est mieux placée que moi pour élever le petit.

— Dites, vous l’avez trouvé où, ce bébé ? me demande Kadabra derrière moi.

— C’était ça notre mission. On devait l’emmener à sa mère parce que des pillards avait volé son œuf et blessé notre cliente. Mais comme vous pouvez le voir… elle est morte.

— Je vois… Donc c’est pour ça que son esprit nous a contactés dernièrement… Je vous recommande la plus grande vigilance, dans ce cas. Les Pokémon légendaires peuvent facilement devenir la cible des chasseurs de primes.

— Bien entendu. Nous y avons réfléchi… Merci pour votre avis.

Alors que je termine cette phrase, Tarsal nous conduit dans une salle remplie de lits superposés. Il y a même une petite couchette pour un enfant de la taille d’Artikodin. Je suis inquiet parce qu’on ne sait rien de ce qui se passe dans le sud, mais au moins, je me sens rassuré de savoir que Kadabra et son collègue soient si généreux envers nous. Je sens que nous allons passer un bon séjour ici.

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