Épisode 45

6 minutes de lecture

Ronflex

Marcher avec ce nouveau corps m’est un peu difficile. Voilà quelques jours que j’essaie de m’habituer à mon gain de poids spontané et ma grandeur colossale, mais je me surprends encore à me cogner partout dans le restaurant de mes parents. Ils sont les premiers à avoir vu nos nouvelles apparences, lorsque nous sommes revenus en ville et maintenant je dois apprendre à vivre avec mes nouvelles rondeurs dans de plus petits espaces.

J’étais habitué à un plus petit poids, bien sûr. Là, j’ai l’impression que la terre tremble sous mes pieds. Ce qui est tout à fait normal quand on est un énorme Pokémon de quatre-cent-soixante kilos !

Depuis que nous sommes de retour, j’ai aussi commencé à manger de plus grosses portions et je me suis pesé à quelques reprises, ne serait-ce pour comparer mon poids à celui de mes parents. Il semblerait que je sois plus lourd que ma mère, mais moins que mon père. Cela me vexe ! Un jour, je serai plus gros et plus fort que mon père ! Je me le suis juré quand j’étais petit et ce n’est pas maintenant que ça changera. Voyez-vous, je l’ai toujours admiré et c’est pour cette raison qu’il est mon plus grand rival de toujours. Je l’adore !

Je soupire et réfléchis à ce que je pourrais manger pour mon troisième dîner de la journée. Oui… un troisième dîner parce qu’évoluer ainsi a aussi agrandi mon estomac. Mais le plus embêtant dans tout ça… c’est que j’ai constamment envie de dormir… Il me faut roupiller plusieurs fois par jour pour me sentir bien.

Alors que j’entame mon énième Repos de la journée, je me laisse tomber sur mon popotin, dans ma grande chambre, pour ensuite m’allonger sur le dos. Mon petit lit ne me sert plus à rien, maintenant que mon tout mon corps est assez gras pour me servir de matelas. Jamais je ne me suis senti aussi confortable qu’en ce moment…

Toute la graisse de mon corps se met à gigoter alors que je prends une position confortable sur le plancher. Au moment de fermer les yeux, je ressens de petite pattes qui bondissent sur mon bedon. J’ouvre un œil et je lève la tête afin de voir mon compagnon de vie, Lucario. Il s’allonge à plat ventre sur mon énorme bedon et me caresse partout. Je lui souris alors qu’il m’embrasse le torse.

— Je viens faire une sieste avec toi, bébé, me dit-il.

— Parfait… Ça nous fera du bien…

Je baille avant me laisser m’emporter dans le royaume des songes. À mon réveil, je vois que Lucario est toujours allongé sur mon énorme panse, mais cette fois, il consulte son smartphone. Mes énormes pattes sont devenues trop grosses pour manipuler le mien, alors mes parents vont m’en commander un neuf.

— Ta transformation est la meilleure chose qui nous soit arrivée, dit Lucario qui m’esquisse aussitôt son plus beau sourire. J’ai très bien dormi ! Et toi ?

— La meilleure sieste de ma vie… Sûrement parce que tu étais-là.

Il range son smartphone et me caresse encore le bedon avant de s’avancer jusqu’à mon visage. Même s’il fait la moitié de ma grandeur, j’ai peur de l’écraser. Je lève mon énorme patte gauche pour le soutenir par les fesses, alors qu’il approche de ma grosse bouille. Il m’embrasse, mais je remarque que mes lèvres sont devenues trop grandes pour sa petite gueule. Je fronce des sourcils et je me contente de lui faire une grosse léchouille. Il éclate de rire et secoue son poil. Il goûte bon… Mais je ne le mangerai pas. Jamais.

— Je crois qu’on va devoir trouver de meilleurs moyens de se prouver notre amour, soupiré-je. J’ai peur d’être devenu un poids lourd pour ce mariage à venir.

— Tu plaisantes, j’espère !?

Je lui fais ensuite une petite grimace. Il vient de comprendre que j’ai fait une blague.

— Oh sacré, Frex ! Toujours le mot pour rire !

Il bondit de ma poitrine et tombe à un mètre de moi. Pendant ce temps, je m’assois confortablement au sol. Le plus marrant est que je peux me mettre sur mes pattes facilement, autant que je peux m’asseoir avec ma nouvelle physionomie. Je suis un meuble aux multiples fonctions, comme je suis devenu une bête qui ne fait que manger, dormir, manger et encore dormir. C’est trop bien…

— Sinon, qu’est-ce qu’on a au programme, aujourd’hui ? demandé-je à mon petit ami.

— Bah, Matoufeu et les autres veulent faire un tour dans les bois. On a plein de requêtes qui viennent de Poképolis et de notre ville. Beaucoup d’ouvriers recherchent des volontaires pour couper du bois et l’emmener un peu partout dans la province. Comme ça, on n’aura pas vraiment besoin de visiter un donjon mystérieux avant un moment.

— Du bois ? Rien de plus facile avec ma puissance !

Je me gratte le bedon, chose que j’ai commencé à faire plus souvent avec ce nouveau corps. Je ne passe pas une journée sans jouer avec mes rondeurs ou à m’admirer dans la glace. Pour nous, les Ronflex, l’obésité est une marque de beauté, mais aussi de puissance. Beaucoup de nos attaques sont justement basées sur l’épaisseur de notre corps. Malheureusement, je ne suis plus aussi rapide qu’avant. Lucario s’occupera de ce problème, puisqu’il est le Pokémon le plus rapide que je connaisse.

— Viens faire câlin… dis-je aussitôt à mon fiancé.

— Avec plaisir, grand fou !

Il s’approche sans plus tarder et enfonce sa tête dans mon ventre mou, alors que je l’attrape et l’enlace. Ce contraste entre nous me fait étrangement du bien. J’aime prétendre que je suis devenu sa planète et lui, ma lune. Il gravite toujours autour de moi, depuis que nous sommes sortis de notre dernier donjon. Il ne me quitte pratiquement plus, sauf si c’est pour aller faire des commissions pour notre famille.

Par contre… il y a un truc qui me tracasse… Comment va-t-on faire nos trucs… ? Au lit, je veux dire… Nous sommes adultes lui et moi… et nous avons nos besoins… Donc… Oh… Je n’avais pas réalisé jusque-là à quel point nos nouvelles apparences pourraient nous compliquer la vie ! Et pour être franc avec vous, on a déjà essayé de se réserver pour le jour de notre mariage, mais ça n’a pas fonctionné. Qu’Arceus nous pardonne !

Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. Mon chéri n’a pas l’air de s’en plaindre pour le moment, mais… mais… et s’il ne voulait plus de moi, plus tard ?

— Bon ! Nos amis nous attendent, me dit Lucario qui grimpe sur mon épaule droite.

Conduis-nous jusqu’à eux, ma belle bête !

Il me fait un bisou sur la joue, ce qui me remonte le moral. Tant pis pour le sexe. On trouvera bien un moyen de s’amuser, lui et moi. Après tout, il existe plusieurs façons de faire joue-joue sous la couette, non ? Bah quoi ? Vous aussi vous penseriez à ce genre de truc, si vous aviez un petit ami ou une petite amie.

Euh… à moins d’être asexuel, bien sûr. Vous, je ne vous oublie pas, vous… Bisous.

Oh j’me fais chier ! J’aurais dû refuser d’évoluer. Nous n’en serions pas là, aujourd’hui !

Par contre, même si je pense beaucoup aux désavantages d’avoir un corps rond, il peut aussi avoir des tonnes d’avantages… et jouer au taxi pour mon chouchou, en est un !

Alors que je me dirige vers la sortie de la chambre, me dandinant de gauche à droite, je fais trébucher ma lampe de chevet qui tombe et se fracasse au sol. Ce n’est pas la dernière fois que ça m’arrivera, malheureusement. Aussi, ce n’est pas comme si j’allais en avoir besoin souvent, maintenant que je passe la majorité de mes journées à dormir.

Encore une chose que mes parents vont devoir me trouver… une fichue lampe plus grande pour mes grosses pattes… Qu’on change tout le mobilier de ma chambre, tant qu’à y être !

Lucario me caresse la tête, l’air de me dire de ne pas m’en faire. Je continue donc à sortir de ma chambre, à une vitesse plutôt lente, mais avec un appétit féroce pour le prochain repas qui s’en vient. Je compte manger au moins quelques burgers pour mon troisième dîner. Ensuite, nous partirons dans les bois pour retrouver nos amis !

Annotations

Recommandations

Jean-Marc GACHAN
Liban : A Momentary Lapse of Reason.
Liban : Bref épisode d'une guerre sans raison apparente, sauf, selon moi: le mauvais œil...
Sur demande de mon psychiatre : écrire la cause de l'angoisse et de l'obsession et de la paranoïa, précis, concis, le strict minimum...
22
6
0
4
Anaïs Sieffert
Quand on a de l'ambition, on peut toujours atteindre nos objectifs et changer notre destin !
26
0
0
26
Marine Desvoivre
Comment empêcher une future apocalypse lorsqu'on ne croit pas au dieu égyptien et que l'on est une simple mortelle ? Chloé se remémore tout ce qui lui est arrivé depuis le premier jour de son retour chez elle au déclenchement de toutes ses catastrophes. Une histoire tellement inimaginable et effroyable. Mais tout cela n'est rien, comparé à tout ce qui l'attend encore...
22
29
326
73

Vous aimez lire TeddieSage ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0