Épisode 32

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Pikachu

Où suis-je ? J’ai l’impression d’avoir dormi longtemps. Je me relève tranquillement pour me souvenir où je me trouve. Je suis à l’infirmerie de l’Académie Pokémon. Je crois que ça fait des jours que je suis ici. Sur ma tête, je ressens un pansement avec l’un de mes pattes. Je pensais que je n’avais rien de grave. Est-ce qu’on m’a opéré ? Non. Sûrement une plaie qu’ils ont désinfectée, puis refermée. À ma gauche, je peux voir un patient allongé, il est en compagnie du Riolu de ma guilde. Il s’agit d’une créature étrangement féline, peut-être un ours, avec un évident embonpoint. Sa fourrure bleue nuit et couleur crème par endroits me rappelle l’un de ces immenses Pokémon que j’ai vu en ville, l’autre jour.

— Ah ! Regarde qui est réveillé, s’exclame Riolu à son ami.

— Mm ? fait le patient dans son lit.

Le gros Pokémon se tourne vers moi et sourit. Quant au loup bipède, il se lève de son siège pour venir à ma rencontre. Il semble avoir épargné l’incendie de la guilde.

— Salut Pikachu. Je te présente Goinfrex. C’est lui, le Pokémon qui avait besoin des baies, l’autre jour. Tu as beaucoup dormi, dis donc !

— Coucou, fait le gros patient derrière lui.

— Salut… minute… l’autre jour ? Depuis combien de temps suis-je ici ?

— Environ quatre jours, m’explique Riolu. Ils ont dû te garder quelque temps, puisque tu as fait une infection suite à tes points de suture. Apparemment, tu avais quelques morceaux pris dans la peau. Ils ont dû les enlever. Tu te plaignais dans ton sommeil. Le dermatologue et le chirurgien t’ont soigné, puis on t’a ramené ici.

— Je vois… Est-ce que Tiplouf et Flamiaou sont venus me rendre visite ?

— Oui. Ce matin-même, ils t’ont apporté un pot de fleurs. Regarde !

Il pointe alors le vase sur ma table de chevet, à droite de mon lit. Je suis soulagé d’apprendre qu’au moins, mes amis n’ont rien. On m’a relié à une intraveineuse. Sûrement pour m’hydrater et me donner à manger pendant mon sommeil.

— Goinfrex va sortir d’ici peu, m’explique Riolu. Voilà pourquoi il n’a pas de machine, comme toi. On a eu de la chance que Tiplouf nous ait fourni des baies. Il a fait un empoisonnement alimentaire qui a très mal tourné.

— Ouais, répond son ami derrière lui. Plus jamais je ne m’approcherai des champignons…

— Le pauvre est complètement déshydraté, soupire le loup bipède.

— Je vais mieux maintenant ! réplique son partenaire, tout sourire.

— Au fait, je travaille avec lui depuis un moment déjà. C’est mon coéquipier à la guilde.

— Ah, formulé-je. Votre équipe a-t-elle déjà un nom ?

— Pas vraiment, répond Riolu. On nous connaît seulement que par nos prénoms.

— Et la guilde, dans tout ça ? continué-je. Est-ce qu’elle a survécu à l’incendie ?

Riolu et Goinfrex affichent des airs sombres. Cela signifie que notre quartier général n’existe plus. Il y a sûrement eu beaucoup de morts.

— Malheureusement, non, me répond le loup. Une horrible tragédie… Au moins, notre patronne est toujours vivante, bien que perturbée. L’Académie Pokémon devra nous servir de repère pour quelque temps.

— Je vois… Les choses sont pires que je l’imaginais.

Goinfrex descend de son lit et s’approche de Riolu. Je remarque qu’il le dépasse de plusieurs centimètres. Tous deux se tiennent la patte. Je crois comprendre qu’ils sont en couple. D’ailleurs, Riolu penche sa tête sur l’épaule de son partenaire, ce qui confirme ma théorie.

— Au moins, ça nous a permis de passer plus de temps ensemble, Goinfrex et moi, dit-il.

— Tiplouf et toi formez un très joli couple, ajoute le loup, enthousiaste.

— Euh… nous ne sommes pas ensemble, dis-je.

— Ah… ah bon ? Ce n’est pas l’impression que j’ai eu quand il venait te voir, couina-t-il.

— Ouais, le mec est carrément attaché à toi, Pikachu, m’avoue Goinfrex. Il a même pris soin de changer tes draps pendant que tu dormais.

— Ne dites pas de bêtises, ce n’est qu’un ami, expliqué-je. Il devait sûrement s’en faire pour moi, tout simplement.

— Ouais bah, ça serait peut-être une bonne idée de lui dire qu’il n’a aucune chance avec toi, remarque Riolu. Ce pauvre garçon semble très amoureux…

À les entendre parler, j’ai l’impression que ces deux-là sont un peu plus vieux que mes coéquipiers et moi. Soudain, j’entends la porte de l’infirmerie s’ouvrir.

— Ah tiens, quand on parle de lui, constate le loup. Le voilà qui arrive…

Je tourne ma tête à ma droite et je vois Tiplouf, Flamiaou et Bulbizarre qui entrent. Ils viennent sûrement me rendre visite, parce qu’il y a des patients qui discutent avec d’autres Pokémon. Je m’étire un peu les bras. Ma nuque me fait un peu mal, tellement je n’ai pas bougé ces derniers jours. J’ai l’impression d’avoir dormi sur de la brique.

— Ah ! Te voilà réveillé, Blues ! s’exclame mon ami chat.

— Chouette ! Il est de retour ! couine notre chef d’équipe qui sautille.

— Yo ! me fait Bulbizarre qui me salue avec une liane.

Pendant ce temps, je vois un docteur s’approcher du lit de Goinfrex, qui l’interpelle. Je décide de ne pas les déranger et je retourne mon attention vers mes camarades.

— Enfin une bonne nouvelle, soupire Tiplouf de soulagement, alors qu’il vient s’asseoir sur un siège à ma droite. On pensait que tu allais dormir plus d’une semaine, à ce rythme.

Je n’oublie pas les mots que Goinfrex et Riolu m’ont dit, à propos de Tiplouf. Seulement, ce n’est pas le bon moment d’en parler. Nous sommes entourés et je n’ai pas envie que cela se transforme en cauchemar pour lui. Je m’assois sur le bord du lit et observe mon intraveineuse. Le sac dans lequel ils m’ont nourri avec du liquide semble presque vide. Vais-je sortir aujourd’hui ? Je l’espère.

— Comment vont les choses ? demandé-je.

— Mal, si tu veux tout savoir, soupire Bulbizarre qui s’installe à côté de son frère. Nous avons de plus en plus de requêtes à accomplir et beaucoup de nos secouristes sont morts durant l’attentat. Roigada et d’autres supérieurs sont en train de passer des coups de fils, depuis des jours, afin de recruter dans les autres guildes.

— Nous avons réussi à accomplir quelques requêtes, mais les autres sont beaucoup trop avancées pour notre groupe, ajoute Flamiaou. Heureusement que Bulbi nous a aidé, parce que sinon, on n’aurait pas pu toutes les terminer.

— Ma Poudre Dodo est efficace ! glousse notre amie, soufflant sur ses pattes avant, après avoir imité un coup de fusil sur un ennemi imaginaire.

— Du coup, nous avons reçu beaucoup d’argent de nos clients, mais nous avons décidé d’en offrir une partie pour financer la reconstruction du QG, m’explique Flamiaou.

Je cligne les yeux et descend de mon lit. Je suis un peu étourdi. Par réflexe, Tiplouf se lève et me supporte avec ses ailes. Quand il voit que j’arrive à me tenir debout, il se retire.

— Les docteurs sont très occupés, mentionne Bulbizarre. Beaucoup de Pokémon ont perdu beaucoup de sang ou se sont ramassés avec des débris dans la peau, suite à l’explosion. Du coup, des élèves de l’académie se sont portés volontaires pour aider les infirmières.

— On peut dire que vous n’avez pas chômé, dans ce cas, remarqué-je.

— C’est le cas de le dire, soupire Flamiaou. Tippy, Bulbi et moi, on s’est surmené pour la guilde. Ça ne m’étonnerait pas que Milobellus nous accorde bientôt un nouveau grade.

— Ouais, mais elle est dans un sale état, ajoute Bulbizarre. Elle ne reprendra pas ses activités avant quelques jours encore.

— Nos pertes l’ont beaucoup affecté, avoue Tiplouf, la mine base. Au moins, il y a de l’espoir pour les survivants…

Celui-ci me regarde avec affection et essuie une larme sur sa joue. Je ne peux m’empêcher de me sentir mal pour lui. Après tout, il a perdu plusieurs de ses collègues secouristes. Au moins, cette hospitalisation m’aura apporté du bon : mes souvenirs reviennent.

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