Épisode 23

6 minutes de lecture

Tiplouf

J’étais en train de cueillir des baies pour Riolu, quand soudain, nous avons ressenti une secousse sous nos pattes. Je suis tombé de mon petit tabouret, mais mon ami m’a rattrapé durant ma chute. Par contre, mon bol s’est renversé alors que des ronces sortaient autour de nous. Pris de panique, j’ai poussé un cri, en même temps que le Pokémon Combat.

C’est alors qu’une tête sortit d’un trou dans la terre, un petit bonhomme au visage brun clair et un couvre-chef ressemblant à des épines vertes.

— Bonjour Poképolis ! Me voilà ! lance la créature qui bondit hors du trou. Euh… c’est pas le bon endroit… J’me suis encore perdu…

Il ne nous regarde pas, il observe plutôt les arbres fruitiers autour de lui. Pendant ce temps, Flamiaou et Pikachu arrivent à pas de course et crient mon nom.

— Est-ce que je peux savoir ce que tu fais sous la terre de mes parents ?! grogné-je à l’étranger. T’es sur une ferme très importante, ici !

Le Pokémon devant nous sursaute, alors que Riolu me pose au sol.

— Mince… Je suis vraiment désolé ! dit l’inconnu alors qu’il se tourne vers nous.

Je remarque qu’il a de grandes dents assez solides pour ronger quoi que ce soit.

— Minute… ne serais-tu pas le fils des Blindépique ?! remarque Flamiaou qui freine la course, près de nous.

— Tu… tu connais mes parents ? couine la chose qui ressemble à un hérisson.

— Bah ouais ? Ce sont eux qui m’ont accueilli sur le campus, il y a trois semaines !

— Zût… je voulais leur faire une surprise, mais je me suis encore trompé de chemin.

Irrité, je place mes ailes sur mes hanches et toise l’inconnu qui se trouve près du gros trou dans la terre. Je n’apprécie pas du tout qu’il m’ignore.

— Vas-tu au moins remplir ce trou avant de partir ?! grogné-je.

— Oh… pardon pour ça. Tout de suite, Boss !

Le Pokémon retourne dans son trou et le rempli aussitôt, à une vitesse hallucinante. Il réapparaît quelques mètres plus loin, dans un trou qu’il a creusé près de la plage. Au moins, c’est un excellent creuseur. Je ne peux pas le critiquer là-dessus. Il revient vers nous, essoufflé. À le voir, j’ai l’impression qu’il se déplace sous-terre depuis maintenant un bon moment. Ses pattes arrière sont munies de puissantes griffes. Je n’aimerais pas me retrouver face à lui, dans un duel.

— Il s’agit de Marisson, m’explique Flamiaou. Il est le fils d’un couple que j’ai rencontré à l’université. Ils sont en deuxième année d’études en marketing.

— Ouais ! ajoute le petit bonhomme, alors qu’il s’écrase au sol, épuisé. Papa et maman m’ont demandé d’aller les retrouver parce qu’ils se sont trouvé un appartement assez grand pour nous trois… Je pensais pourtant avoir suivi les bonnes directions…

Il se tourne sur le dos et prend une grande respiration.

— Ah… le bon air frais ! couine-t-il. C’est Tantine qui serait jalouse !

— C’est quand même étonnant que tu n’aies pas croisé les gardes de sécurité de la ville, ni même les ouvriers, remarqué-je, étonné. Tu viens de te creuser un tunnel jusqu’à Bekipan Ville. Poképolis est à des heures d’ici.

— Mais c’est par où ? me demande-t-il, les yeux larmoyants.

— Euh… à l’est, réplique Flamiaou.

— Bouhouhou ! pleurniche notre invité. J’suis fatigué… !

— Allons, allons. N’en faisons pas un drame, dis-je. Tu peux te reposer un peu, le temps de récupérer. Bekipan Ville n’est pas du genre à rejeter les gens dans le besoin.

— Tu dis ça et tu voulais le chasser, il y a quelques minutes, remarque Flamiaou.

— N’exagérons-pas… bredouillé-je avant de jeter un regard froid à mon meilleur ami.

Le chat hausse ses épaules alors que Marisson soupire de soulagement. Il doit avoir plus ou moins le même âge que nous ou ma petite sœur, si ça se trouve.

— T’as pas école, toi ? demande alors Riolu, qui avait gardé silence, jusque-là.

— Non ! J’ai été diplômé l’année dernière. Maintenant je suis un secouriste de grade débutant pour la Guilde du Ranch Meuh Meuh.

— Ah tiens, on en parlait un peu plus tôt, justement, constate Flamiaou qui fait un signe de tête vers Pikachu. Nous quatre, on travaille pour la Guilde de Milobellus.

— Ah ouais ?! remarque Marisson. Cool ! Madame Écrémeuh pense envoyer mon dossier à l’établissement de Poképolis, puisque je m’en vais bientôt vivre avec mes parents.

Son estomac commence à grogner. Il est l’heure du dîner pour la plupart d’entre nous. Ce Pokémon doit sûrement avoir très faim, en plus d’être perdu. Je lis sur une expression douloureuse sur son visage, comme quoi il est découragé.

— Dites, vous n’auriez pas un truc à grignoter ? Je n’ai pas un sou avec moi et je pensais arriver à Poképolis avant ce midi…

— Tu peux prendre quelques baies de nos arbres, si tu veux, formulé-je. Ne prends pas celles qui sont par-terre, elles sont pour un client.

Il se lève, hoche la tête et s’approche d’un arbre où il fait tomber quelques baies Oran avec un coup de pied. Il les attrape avec une adresse assez étonnante.

— Au fait, est-ce que tu travaillais en équipe, au Ranch ? demandé-je. Nous aussi, nous sommes au grade débutant.

— Nan… J’avais beaucoup de supérieurs, par contre. On n’avait pas assez de nouveaux membres, alors Madame Écrémeuh pensait que c’était une bonne idée que je partes. Poképolis est quand même la plus grosse ville du continent… et aussi le meilleur endroit pour une guilde !

— Le meilleur endroit, hein ? Bekipan Ville a la meilleure réputation au niveau de sa Guilde Pokémon. Tu ne trouveras pas mieux.

Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’énerve toujours quand les gens sous-estiment la Guilde de Milobellus. Je suis si fier de tous les travaux que Papa et Maman ont réalisé là-bas, que ça me fait toujours de la peine, quand les gens en disent du mal.

— C’était pas Bourg Bekipan, avant ? dit Marisson, qui se gratte la joue.

Il s’installe au sol et remue sa longue queue alors qu’il prend une bouchée de baie Oran.

— Ouais, mais depuis une semaine, nous sommes officiellement reconnus comme une ville, répond Flamiaou. Tu arrives au beau milieu d’un agrandissement.

— Ah bon ? On avait entendu des rumeurs, au Ranch, comme quoi Milobellus comptait agrandir le terrain et accueillir plus de Pokémon. D’ailleurs, Madame Écrémeuh pense qu’on va devoir tous déménager, parce qu’il y a de moins en moins de trafic, là-bas.

— Et abandonner tous vos champs ? demandé-je. Ne sont-ils pas les meilleurs de la région ? Ça serait dommage…

Au moment où Marisson allait me répondre, Flamiaou m’interrompt :

— Euh, Tippy, j’suis désolé de te dire ça comme ça, mais on a un l’enfant d’un client qui nous attend dans la Zone d’entraînement. Un Mimitoss s’est perdu dans le labyrinthe et sa mère veut qu’on aille le chercher, avant qu’il ne soit trop tard.

— Ah, mais fallait le dire ! m’exclamé-je avant de sursauter.

Je me tourne vers Riolu, qui a l’air de comprendre que je ne peux pas rester plus longtemps.

— Ne t’inquiète pas pour moi, je vais me débrouiller avec ce que tu nous a trouvé, me dit-il, avant de se pencher pour ramasser les baies qui sont tombés, un peu plus tôt.

— Tu me donneras des nouvelles plus tard, d’accord ?

Il opine du chef et je me tourne vers Pikachu et Flamiaou.

— Ramassons notre équipement et partons, ordonné-je. Nos sacs sont dans le placard à balai du salon, comme d’habitude.

— Oui, chef ! répond Flammy. Tout de suite, chef !

— Mais je fais quoi, moi ? questionne Marisson, confus.

— Tu suis Riolu ou tu nous suis, si tu veux, dis-je. Un enfant a besoin de nous !

— Dans ce cas, je vous suis ! s’exclame-t-il en se levant d’un bond, pour ensuite essuyer sa bouche recouverte de jus de baies.

Il faut croire que nous nous sommes fait un nouvel allié.

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