Épisode 21

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Pikachu

Une semaine s’est écoulée depuis ma toute première visite dans le donjon mystérieux de la ville. Bourg Bekipan n’est plus. On a récemment annoncé que la communauté était désormais assez grande pour être connue en tant que Bekipan Ville. Même Tiplouf et Flamiaou se trompent de nom, chaque fois qu’on en parle. Par contre, ce n’est pas la seule chose qui a changé depuis une semaine. Il y a de plus en plus de gardes et de patrouilles en ville. L’atmosphère un peu chaotique, mais sympathique de cette communauté s’est rapidement effritée, suite à l’arrestation de Salarsen et sa bande.

Alors que je me promène le long d’une ruelle pour me rendre au quartier général de la guilde, je m’arrête près d’un panneau d’affichage, où un Machoc est en train de clouer le nouveau nom de la ville par-dessus l’ancien. Lorsqu’il a terminé, il descend de son escabeau et m’observe d’un drôle d’air. Je crois que je l’ai déjà vu quelque part, lui. Ah ouais, ça me revient. Il était dans l’antichambre de Milobellus, la première fois que j’ai fait sa rencontre. Je n’ai pas eu le temps d’approcher tout le monde, malheureusement.

— Je ne reconnais plus cette communauté, me dit-il, déprimé. La cheffe a eu raison de prendre toutes ces nouvelles décisions pour protéger nos citoyens, mais j’ai l’impression que les membres du Conseil conspirent dans son dos.

— C’est vrai que les gens murmurent de drôles de choses quand je passe au centre-ville. On dirait que plus personne ne fait confiance aux membres de notre guilde.

— Et pourtant, tout allait plutôt bien, la semaine dernière.

Il opine du chef avant de plier son escabeau et me regarde un instant avant de s’éloigner. Maintenant que je lui ai parlé, je me souviens qu’on s’est vu avant-hier, lors de mon passage au QG. On s’est échangé quelques mots, avant qu’il ait retourné son attention à son groupe d’amis. J’imagine qu’il n’est pas très bavard.

Aujourd’hui, je dois normalement consulter les requêtes pour la guilde. Pour cela, je dois me rendre à l’intérieur du bâtiment et consulter les babillards, affichés près des entrées. Tiplouf n’est pas avec moi, car il attend un appel de sa mère d’ici un quart d’heure. Aux dernières nouvelles, Givrali, son épouse et les deux détenus ont passé les frontières pour arriver dans la fameuse toundra. Leur mission dans le nord semble bien se dérouler pour le moment, même si Tiplouf et moi, nous ne savons toujours pas ce que contient cet œuf.

Au lieu de dormir au dortoir qu’on m’avait assigné, j’ai opté pour dormir sur le divan chez mon ami, jusqu’à ce que ses parents reviennent. Son oncle n’y voit pas d’inconvénient, puisqu’il est tranquille et ne fait rien d’autre que de s’occuper des jardins et des ventes de produits, pendant l’absence de Monsieur Givrali et Madame Prinplouf. La ferme continue quand même à se faire quelques profits, même s’ils ne sont pas là.

Je m’arrête près de la fontaine alors que je vois un vieux Canarticho qui sort d’une ancienne boutique où l’on a enlevé tout ce qu’il y avait à l’intérieur, sauf une ampoule électrique. Il se retourne pour fermer la lumière et tourne une grande pancarte derrière la porte où je peux lire : À vendre, veuillez contacter Milobellus. Ensuite, le Canarticho ramasse une valise près de l’entrée, la glisse sous son aile, ferme la porte, et s’éloigne dans une direction opposée de la mienne. Il n’est pas le premier Pokémon à fermer boutique et partir depuis quelques jours.

J’ai aussi appris que Milobellus, ma nouvelle patronne, est en réalité la propriétaire de cette ville. J’ignorais qu’elle était multimilliardaire. Elle ne m’a pas semblé si effrayante que ça, la première fois que je lui ai adressé la parole. Même que le seul mot qui la décrivait, c’était maternante. Là, j’ai cette vague impression qu’elle est une sorte de mafieuse. Tout le monde en ville murmure son nom, comme s’il portait malheur à voix haute. En fait, on m’a expliqué qu’elle avait intimidé les politiciens de cette ville qui ne pensaient qu’aux profits perdus, lors du confinement. C’est Flamiaou qui a déniché cette information pour nous.

J’avoue que je ne connais pas assez Milobellus pour me faire une idée de cette Pokémon, mais tout le monde dans la guilde respecte cette dame. Même les personnes les plus défavorisés de cette ville chante ses louanges, d’après ce qu’on m’a dit. Certains la surnomment la sorcière de mers alors que d’autres disent que c’est un ange.

Je me demande si j’ai choisi le bon moment pour être amnésique, dans ce cas. Avec tout ce drame, je crains pour mon avenir. Je ne sais plus si j’ai fait le bon choix de rejoindre cette guilde. Je plaisante, bien sûr, pour mon amnésie. Je n’ai pas choisi de me réveiller sans souvenirs, mais j’ai quand même fait la connaissance de quelques personnes… ou plutôt, Pokémon avec qui je m’entends bien. Même la petite Bulbizarre a commencé à m’adresser la parole plus régulièrement, quand elle n’est pas en cours.

Alors que je m’apprête à pénétrer au QG, je percute un petit Pokémon qui nous fait tomber, tous deux, en bas des trois marches d’escalier qui se trouvent devant l’entrée. La créature, embêtée, se relève avant moi et m’aide à me soulève tout en époussetant la poussière de ma fourrure. Je crois me souvenir qui il est, mais je ne retiens pas son nom. C’est une sorte de loup bipède, au pelage bleu et noir.

— Mes excuses ! J’étais dans la lune.

— Ça va, j’ai connu pire. Tu es… le type qui s’est fait tabasser par Salarsen et son groupe, n’est-ce pas ? On ne s’est pas encore présenté.

— Oui, c’est bel et bien moi ! Je suis Riolu. Ton ami Flamiaou m’a parlé de toi. Tu es nouveau en ville, n’est-ce pas ? Encore une fois, désolé pour ma maladresse…

— Oui, ça fait environ une semaine que je suis là. Pourquoi es-tu si pressé ?

— Je dois me rendre de toute urgence au verger du village pour cueillir quelques baies. L’infirmière Leveinard a besoin d’une mixture pour un patient.

— Ah, Tiplouf et son oncle devraient t’aider, dans ce cas. Ils sont chez eux.

— Parfait ! Je dois te laisser, on se reparlera une autre fois ! Ciao !

Aussitôt, le Pokémon Combat s’éloigne à une vitesse hallucinante. Je l’observe s’éloigner et je me souviens avoir entendu dire qu’il est l’un des meilleurs livreurs de cette communauté. Voilà pourquoi je l’ai vu accomplir plusieurs petites requêtes de bas niveaux, depuis quelques jours. On le voit un peu partout. Il était déjà remis sur pattes, vingt-quatre heures après l’incident qui lui avait valu quelques points de suture et une bosse sur la tête. Il travaille très dur, d’après Tiplouf et c’est tout à son honneur.

— Drôle de petit bonhomme, je marmonne pour moi-même avant d’entrer au QG.

Alors que je pénètre à l’intérieur, je ressens une paire d’yeux se poser sur moi. Il s’agit d’un Scalpion qui garde la porte d’entrée. Il m’observe comme si j’étais quelqu’un de suspect et me fait un salut militaire.

— Rien à signaler. Vous pouvez circuler !

Il doit m’avoir reconnu, c’est pour ça. Il y a des Pokémon comme lui qui surveillent toutes les entrées de la ville et des bâtiments les plus importants. On les reconnait tous avec leurs foulards et leurs badges sur lesquels on peut lire la lettre S, représentant la sécurité. Tiplouf m’a même mentionné hier que quelques passages ont été barricadés, sous la ville. Les choses sont en train de changer à un tel point qu’une ambiance étrange est en train de saper le moral de la population… Et tout ça, c’est parce qu’on avait cru au retour de ces fameux terroristes. Quelque chose me dit que je n’ai pas du tout envie de les rencontrer.

C’est déprimant tout ça, mais il me faut vraiment consulter le babillard de missions. Sur cette pensée, je m’en approche, alors que j’entends quelqu’un m’interpeller :

— Ah ! Te voilà, Blues ! Je commençai à me demander quand tu allais te montrer.

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