Épisode 18

6 minutes de lecture

Tiplouf

Ma soeur et moi, nous nous sommes éloignés du groupe, un moment, afin de nous percher près d’un ruisseau. Pendant ce temps, Marill fait connaissance avec Pikachu et Flamiaou. Je l’aime bien, celle-là. Elle a une bonne influence sur Bulbizarre.

Voilà depuis quelques minutes que nous gardons silence. Mais je le sais que ma sœur s’en veut pour notre dispute d’hier et de ce matin. Au bout d’un moment, je lui dis :

— C’est que je—

— Tout ça, c'est de ma—

Nous avons commencé à parler en même temps. Je pouffe de rire. Elle aussi. Je remarque que son maquillage a coulé le long de ses joues, elle qui aime jouer avec ce qu’on lui a acheté, depuis l’été dernier. Elle n’a pas l’air de s’en faire, en ce moment. Pour une adolescente de quinze ans, elle est beaucoup plus mature qu’elle ne laisse prétendre. Seulement, je suis déjà au courant que ma sœur se sent seule et qu’elle rêve toujours au prince charmant. C’est quand même une petite princesse, dans son cœur.

— Les gens se moquent de mon surpoids, à l’Académie, finit par m’expliquer Bulbizarre, alors qu’elle regarde son reflet dans l’eau. Ce n’est pas vrai ce que je t’ai dit hier… Il n’y a personne qui parle de toi, à part moi… Mais c’est vrai qu’on t’a vu au marché avec Pikachu. C’était l’une des chipies qui s’occupent de la gazette à ragots. Elle m’a demandé qui c’était, ton ami. Je ne lui ai rien dit. Quand je suis arrivée chez nous… j’ai… j’étais jalouse de te voir avec lui, hier, alors qu’on avait passé douze heures à s’inquiéter pour rien…

— C’est sûr que cette fausse alerte de terroristes nous a tous mis en l’envers, expliqué-je. Mais c’est déjà oublié, ce que tu m’as dit. Je ne t’en veux pas.

— Ah… ah bon ? couine-t-elle avant de tourner son visage vers moi.

Je l’observe et lui souris.

— C’est mon devoir de grand frère de toujours veiller sur toi. J’ai mal rempli ma tâche, on dirait bien. Je n’avais pas remarqué à quel point tu souffrais…

Les yeux larmoyants, Bulbizarre fonça dans mon ventre et pleura de plus belle. Je lui mis mes ailes sur la tête afin de la réconforter.

Nous restons ainsi pendant un moment, avant qu’elle se calme. Elle essuie ses larmes avec ses lianes, alors que j’écoute le bruit du ruisseau.

— Au fait, pourquoi n’avez-vous pas d’école, aujourd’hui ? questionné-je.

— Le Proviseur Roigada a fermé l’académie pour la journée, me dit ma sœur. Il avait une réunion très importante avec Madame Milobellus, apparemment. Je crois que c’est à propos de la sécurité de Bourg Bekipan. Le canular d’hier a secoué toute la communauté…

— Je vois… et les responsables paient leur crime en accompagnant papa et maman dans le nord. J’aurais dû m’en douter qu’il s’agissait de Salarsen et son groupe.

— Ah, c’était eux les responsables ?

— Oui, j’ai entendu maman parler d’eux avant qu’elle et papa ne sortent de chez nous, ce matin. Évidemment, papa était de mauvais poil.

— Ces morveux n’apprendront jamais… Déjà qu’ils ont vandalisé le mur d’un restaurant, le mois passé. Je suis surprise qu’ils aient enfin été rattrapés.

— Es-tu certaine que c’était eux, pour le mur ?

— Qui d’autre serait assez stupide pour le faire, d’après toi ? C’est le seul gang de rue qu’on connaisse à Bourg Bekipan…

Je me penche pour ramasser un caillou, à nos pattes. Je le lance aussitôt dans l’eau pour le faire bondir quelques fois. Bulbizarre essaie de m’imiter avec une liane, mais n’y arrive pas. Déçue, elle s’assit sur son arrière-train et boude.

— Au fait, Bulbi, formulé-je. C’était quoi cette capacité bizarre que tu m’as lancée, hier ? J’ai été paralysé pendant quelques minutes…

— Je sais pas… Ça m’est venu comme ça.

— Ton espèce n’est pas supposée connaître Para-Spore, n’est-ce pas ?

— Ouais. Nous, on se spécialise avec Poudre Dodo. Mais papa et maman m’ont dit que je suis spéciale. Je n’ai pas trop compris pourquoi, d’ailleurs…

— Donc, c’était une attaque improvisée.

— On peut dire ça, ouais…

— J’imagine que tu t’en es servie pour vous frayer un chemin jusqu’à nous, pas vrai ?

— On peut dire ça, hihihihi…

Alors qu’elle se répète, elle se frotte la tête avec une liane et rougit.

— Mari appelle ça ma capacité Surprise, m’explique-t-elle.

— Ce nom lui va bien, en tout cas. Parce que pour une surprise, c’était tout une sur…

Elle interrompt ma pensée, alors qu’elle m’affiche un air qui me dit de ne pas en rajouter. Je hausse les épaules et nous décidons d’aller rejoindre nos camarades. Nous n’allons pas tarder à faire demi-tour et rentrer. Nous avons passé assez de temps dans ce donjon mystérieux pour la journée.

Pikachu est fatigué et a besoin de faire une sieste, après les nombreux combats auxquels il a participé. Celui-ci a acquis beaucoup d’expérience, pour un novice. Il sait désormais lancer son attaque Éclair et la capacité Vive-Attaque sans problème. Ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’il n’apprenne de nouveaux tours.

Quant à Flamiaou et moi, nous sommes un peu plus habitués à explorer ces lieux, mais je dois reconnaître que nous avons déjà passé beaucoup de temps ici, pour aujourd’hui. Une fois que nous serons de retour dans le monde normal, j’imagine que notre oncle nous attendra au cottage. Je me demande s’il nous a ramené quelques souvenirs de son dernier voyage, celui-là. Ça fait longtemps qu’on ne l’a pas vu…

— Non, mais j’vous jure, déclare Marill, vous auriez dû voir Bulbi, tantôt ! Un vrai miracle ! Elle a foncé tout droit dans un groupe de Rattata et les a tous balancé dans une rivière avec ses lianes ! Pif ! Paf ! Crack ! J’ne vous raconte pas le sang qui a volé…

— C’est bon Mari, pas besoin de nous faire un dessin… couine ma petite sœur.

— Elle ferait une très bonne secouriste, remarque Pikachu.

— Oh ça non ! réplique Bulbizarre. Désolé les gars, mais je ne suis pas faite pour combattre… J’aimerais mieux retrouver mon foyer douillet et lire un bon livre près d’un feu de cheminée… ou bien au soleil… Oui… au soleil…

Elle rêvasse un peu, alors que nous nous approchons de l’escalier qui mène à l’étage supérieur. Je m’en approche en silence, pour appuyer sur le bouton de sortie d’urgence. Aussitôt, une lumière étrange commence à nous entourer et nous nous retrouvons tous cinq absorbés par cette magie qui nous matérialise à l’extérieur du donjon mystérieux, soit dans les bois derrière notre cour.

— Ah ! Comme ces bois m’ont manqué ! lance ma sœur qui va même jusqu’à embrasser un tronc d’arbre, tellement elle est heureuse d’être retournée à notre véritable dimension.

— Certains Pokémon ne peuvent pas supporter les donjons mystérieux, c’est un fait, soupire Flamiaou, près de moi. C’est dommage, parce que ta sœur aurait été un atout important pour la Team Pancakes.

— La Team Pancakes ? pouffe Bulbizarre. Mais c’est quoi ce nom ridicule !?

Elle éclate de rire, en même temps que Marill l’imite.

— C’est ton frangin qui en a eu l’idée, répond mon ami chat.

— Eh ! C’était une blague ! Vous étiez deux contre un pour le vote…

— Ouais, mais avoue que ça en jette ! On est la seule équipe dans toute la Guilde Pokémon à avoir un nom basé sur de la bouffe.

— Perso, j’aurai choisi Team Cupcakes, glousse ma sœur. Tu te rappelles, Flammy ? C’était la seule chose qu’il voulait manger pendant un temps… quand il était plus jeune...

— Oh ça va, n’en rajoute pas, toi, boudé-je.

Flamiaou et Bulbizarre se marrent encore plus fort à cette anecdote que Pikachu et Marill ne comprennent pas. Jamais je n’aurais pensé revivre mes jeunes années en l’espace de quelques minutes. Pourquoi faut-il toujours qu’on me ridiculise ? J’en ai marre…

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