Shéol

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Peter ouvre les yeux, il n'arrive pas à croire ce qu'il voit. Pourtant, la carte indique que l'endroit où il se trouve est bien la Terre. Néanmoins, il est clair qu'il n'y est pas, le vide de l'espace s'étend encore à perte de vue. Tout ce qu'il y a aux alentours, sont des rochers et des glaçons de la taille de montagnes ou de pays qui se fracassent les uns sur les autres. Il n'arrive pas à regarde le noyau au milieu, il brille presque aussi fort qu'un soleil.

Quelque chose cloche, des événements étranges ne cessent de se succéder les uns à la suite des autres. Tout d'abord des hallucinations, puis des pertes de connaissance et maintenant il se retrouve face à une planète détruite. Cela n'est pas rationnel, cette image de la Terre détruite est scientifiquement inexplicable. Notre héros se redresse, boit un verre d'eau, se pique une nouvelle fois pour reprendre des forces. Il se frotte alors les yeux pendant plusieurs secondes, mais cette fois-ci rien ne redevient normal, tout est donc bien réel.

Peter rôde dans le vaisseau, pour essayer de trouver des idées plus concrètes. C'est alors qu'une information capitale lui revient en tête : la raison de sa venue. Il n'est pas venu de son propre chef, une force qui le dépasse l'a entrainer jusque ici. Il n'a que très peu de souvenirs de ce qui précéde le début du voyage.

Il a peut être sombré dans les bras de Morphée. L'absence de sentiments, de souvenirs et des phénomènes angoissants peuvent amener à penser qu'il fait un cauchemar. Le temps lui est également impossible à déterminer. Le périple a pu commencer il y a des mois ou bien quelques minutes auparavant. Les brefs moments d'inconscience peuvent également s'apparenter à un basculement de rêve. Oui, ça se tient. Depuis très longtemps, il doit être dans le coma ou dans une situation similaire.

Désormais c'est évident, le fourvoyé est en train de dormir. Il a soudain une idée pour vérifier cette hypothèse. Il se souvient du film qui proposait de faire tourner une toupie, dans le cas où l'appareil s'arrête de virevolter, il s'agit de la réalité. Dans le cas contraire, il s'agit bel et bien d'un songe. Il se met alors à la recherche de cet objet, qui bien évidemment apparaît sur le bar, à côté de son verre. Il le fait donc tournoyer et l'outil de mauvaise qualité ne s'arrête pas, même après une longue attente.

Il se laisse distraire un léger instant par le spectacle incroyable des astres. Même s'il doute de la véracité de ce qu'il voit, il ne peut être qu'admiratif et rêveur face à ça. Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de participer à ce genre de spectacle. Tout à coup, il arrête de réfléchir et se demande si cette réalité aussi folle qu'elle soit n'a pas sa part de charme. Il se retourne et la toupie disparait sous ses yeux pour laisser place à un petit nuage de fumée. Tout à coup il est pris d'un vent de panique, son coeur bat la chamade mais pas dans le bon sens du terme. Le stress monte en lui, son estomac le brûle, ses muscles se raidissent et ses membres le font souffrir le martyre. Des crampes surviennent, suivi par des acouphènes et sa vue se brouille petit à petit. C'est comme si le poids d'une vie s'abattait sur lui en quelques secondes. Il tombe par terre se met à vomir tripes et boyaux. Une fois qu'il retrouve légèrement ses esprits, il se redresse et beugle "suis-je en train de mourir?"

Peter ferme les yeux, s'accroupit à nouveau, une voix grâve répond "Les vivants savent en effet qu'ils mourront, mais les morts ne savent rien du tout car il n'y a ni oeuvre, ni bilan, ni sagesse dans le séjour des morts où tu vas".

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