II

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« Audi, vide, tace, si vis vivere »


Paniquée, Hope se redressa brusquement et agita son couteau devant elle. De sa main libre, elle toucha son torse à l’endroit pile où s’étaient logées les balles. Elle ne sentit que sa peau, intacte, sous ses doigts.

— Votre rythme cardiaque est de 140 battements par minute, vous êtes en état de panique, souhaitez-vous appeler les forces de l’ordre ?

Le souffle court, elle balaya la pièce d’un regard circulaire quand la lumière s’alluma automatiquement. Sous les néons, la petite chambre avait pris une teinte légèrement bleutée. La jeune femme regarda tour à tour les cartons vides par terre, les traces d’humidité sur les murs pâles et enfin la couette épaisse agonisant à moitié sur le sol. Un cauchemar. Ce n’était qu’un cauchemar.

— Votre rythme cardiaque est de 140…

— Non, répondit-elle après un raclement de gorge, merci.

L’intelligence artificielle s’interrompit et l’univers redevint silencieux. Hope se laissa retomber sur le matelas. L’arme retrouva sa place sous l’oreiller, son autre main quitta la zone meurtrie pour essuyer son front humide. Le mauvais rêve et le chauffage surpuissant de son appartement du 92e étage lui avaient donné des sueurs.

D’un geste, elle poussa l’étrange attirail posé à côté d’elle et se leva. Quand elle se dirigea vers la salle de bain attenante, les néons suivirent le mouvement ; ils s’éteignirent dans la pièce qu’elle quitta pour s’allumer dans celle dont elle franchit le seuil.

L’endroit était si étroit qu’on n’y avait installé qu’une douche, un lavabo et un miroir bancal. Elle passa une main devant le détecteur automatique. Le robinet grogna, toussa, puis une eau trouble éclaboussa la céramique fendillée par les années. Elle en recueillit une partie dans ses mains jointes avant de s’asperger le visage. La fraîcheur du liquide légèrement poisseux lui fit du bien. Elle répéta son geste jusqu’à ce que son souffle redevienne normal et que l’angoisse s’estompe. Fatigué, le débit se réduisit petit à petit, jusqu’à ne délivrer plus qu’un mince filet qui mourut dans les lézardes. Elle grommela.

Dans son immeuble comme dans le reste de la ville, l’eau courante était un luxe qu’elle payait au prix fort. Ici, un logement décent s’apparentait à un petit appartement comme le sien, hors de prix au sommet d’un building fatigué. L’humidité gagnait de plus en plus d’espace sur les murs déjà bien gorgés d’eau et l’électricité y était aussi précaire que son salaire. Ce n’était qu’une question de temps avant que la vétusté ne gagne la partie.

Elle se redressa pour faire face au miroir rongé par le calcaire. Ses cheveux noirs striés de mèches roses et violettes lui collaient à la peau. Quelques gouttes de sueurs perlaient dans son décolleté ainsi que sur son visage pâle. Elle ordonna à l’intelligence artificielle de baisser la température et enleva son tee-shirt, le temps que l’air devienne plus respirable.

Un peu plus à l’aise, elle partit se servir un verre d’eau dans une cuisine qui n’en méritait pas le nom. Avec son unique plaque de cuisson d’un autre âge, ses deux placards débordant à la fois de vaisselle et de conserves et son évier, elle était à peine assez grande pour que Hope elle-même puisse s’y tenir. Elle se baissa pour saisir sa dernière bouteille d’eau minérale, attrapa un verre au hasard dans le placard de gauche et se servit à boire. Cela faisait bien longtemps que c’était devenu la seule source potable de son appartement. Le traitement des eaux souffrait d’un dysfonctionnement tel que la ville avait interdit aux habitants d’en ingérer. Pendant ce temps, le prix des bouteilles importées directement des alentours avait atteint des sommets.

Le liquide avait un arrière-goût de javel mais lui fit du bien. Son calme revenu, elle réalisa qu’il n’était pas le seul. Sa migraine habituelle et ses vertiges se rappelaient aussi à son bon souvenir. Hope posa son verre pour se frotter doucement les tempes. Bee avait beau prétendre que son mal de tête était dû à ses mauvaises habitudes nocturnes, elle refusait catégoriquement de se l’avouer.

Dans l’obscurité de la chambre jouxtant la cuisine, une lumière rouge clignotante attira son regard. Elle alla mettre en marche son ordinateur.

Pendant que la vieille machine vrombissait, elle alluma la télévision située en face de son lit. Aussitôt, la soixantaine d’images seconde agressa ses rétines. Elle saisit la télécommande posée sur le bureau qui servait également de support à sa bécane et se laissa tomber sur l’unique chaise de la pièce. Sous son impulsion, les milliers de chaînes que comptait le bouquet télévisuel défilèrent une à une. Hope s’arrêta sur l’une des principales : une chaîne d’information officielle. Elle s’en détourna rapidement quand la journaliste se mit à présenter avec un enthousiasme démesuré la nouveauté de NeptunCorp. Depuis quelques mois, la société vendait des animaux de compagnie virtuels plus vrais que nature. Leur dernière trouvaille, déclinable en plusieurs espèces, avait pour particularité d’être connectée à une oreillette. Une fois cette dernière jumelée avec le robot, son propriétaire avait la possibilité d’enregistrer souvenirs, rêves, messages… Et tout ce qui pouvait lui passer par la tête. Littéralement.

Le bip discret qui se fit entendre depuis l’ordinateur lui permit d’oublier pendant un temps ce triste spectacle. Elle jeta un œil sur la fenêtre de conversation qui venait de s’ouvrir.

Hello Minnow, déjà debout ?

Salut Bee, tapa-t-elle sur son clavier, cauchemar.

Je t’avais bien dit de rêver de moi.

Tu y étais, c’est pour ça qu’il était repoussant.

Le smiley outré qui apparut en réponse à sa provocation lui arracha un sourire. Bee, de son vrai nom Allan Hill, était un homme d’une trentaine d’années préposé à l’entretien et la réparation des luxueux véhicules d’une société de transport. Ils s’étaient rencontrés sur le Réseau, au détour d’un forum où les internautes s’échangeaient les informations qui ne passaient pas la censure des médias traditionnels. Bee était un hacker, comme elle. Si aucun protocole de sécurité ne lui résistait, Hope, elle, était plus douée que n’importe qui pour s’immiscer dans les systèmes distants. Petit à petit, ils avaient pris l’habitude de travailler ensemble et se parlaient quotidiennement via leurs écrans. La jeune femme était de nature solitaire. Elle n’avait pas d’amis dans la vie réelle, Allan restait son seul « vrai » contact. Une situation qui lui convenait tout à fait.

Elle mit à profit les quelques secondes de silence pour regarder ses emails. Le nouveau message – une publicité pour le jouet de NeptunCorp– rejoignit immédiatement la corbeille virtuelle. En un clic, elle racheta également des packs d’eau minérale, non sans grogner contre leur prix. Moins d’une minute plus tard, la livraison était programmée pour le lendemain.

Quoi de neuf ? demanda Allan.

On va tous crever de soif et je ne supporte plus ces bestioles connectées.

— Il y a déjà des contrats en cours pour les pirater.

— Bof. Si les gens sont assez idiots pour acheter ce genre de gadget et exposer l’intérieur de leur cervelle à n’importe qui, c’est bien leur problème.

Votre compassion me touche, Sainte Minnow.

La jeune femme répliqua par une phrase qui prouvait sans détour qu’elle n’avait en tout cas pas le vocabulaire d’une sainte. Son regard accrocha de nouveau l’écran de télévision, où la même journaliste commentait à présent un accident de voiture qui venait de se produire. Hope repensa à son rêve. Le véhicule qu’elle y conduisait était étrange, comme s’il sortait d’une autre époque. Elle avait déjà fait ce même songe plusieurs fois au cours de ces derniers mois. A chaque fois, quelque chose changeait. Si elle avait placé ça sur le compte de ce qu’elle prenait pour s’endormir, cette fois-ci, elle ne reconnaissait ni la voiture, ni même la ville vers laquelle elle était censée se diriger. Quelques secondes d’hésitation plus tard, elle coupa le poste et se tourna de nouveau vers son clavier. Après tout, elle avait un spécialiste sous la main.

Bee, une voiture qui ne redémarre pas après un arrêt brutal, équipée d’un poste radio fatigué et d’une boîte de vitesse manuelle… Tu dirais que c’est… ?

La preuve que tu es plus vieille que ce que tu veux bien me faire croire, répondit son ami après quelques secondes de silence.

Je suis sérieuse.

Moi aussi. On ne fabrique plus ces modèles depuis plusieurs décennies.

Hope fixa l’écran, songeuse. Ce cauchemar récurrent la travaillait. Il lui semblait de plus en plus réel, bien trop pour que ce soit anodin.

Minn’, tu en as encore consommé ?

Presque malgré elle, elle se tourna légèrement vers le lit. En équilibre précaire sur un plateau métallique de petite taille, une pipe en verre, une aiguille et un sachet aux trois-quarts plein d’une poudre bleu nuit la narguaient. Elle savait que ce qu’elle faisait la détruisait. Pourtant, elle ne pouvait pas s’en empêcher, elle en avait besoin. Sans ça, elle était condamnée à revivre les mêmes scènes d’horreur en boucle et elle n’en avait pas la force.

Elle éluda donc volontairement la question de son acolyte. Elle n’avait pas le cœur aux leçons de morale, cette fois. Elle s’excusa puis quitta la messagerie instantanée. En écho à ses sombres réflexions, la pièce replongea dans le noir quand l’écran s’éteignit.

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Tout à coup, les yeux marrons d’Andréa s’assombrissent. Eux qui sont si pétillants d’ordinaire, se retrouvent à cet instant voilés par un épais brouillard de tristesse. Cette brume s’étend petit à petit jusqu’à chaque pore de sa peau. Tout son être est embrumé par son passé qui ressurgit. Elle le sent glissé sur elle par toutes ses extrémités. Il la pénètre. Il l’envahit. Elle doit découvrir pourquoi elle en est là aujourd’hui, et pourquoi elle a refusé d’écouter sa raison, qui lui avait pourtant souffler à maintes reprises d’arrêter cette histoire. Elle veut faire une dernière fois ce voyage vers l’amour, se replonger au coeur de ces moments qui l’ont tant marquée. Elle s’est sentie si vivante et à la fois si vulnérable. Les yeux clos, elle se laisse aller à cette nostalgie, cette rencontre du passée. Peut-être y trouvera-t-elle la solution pour mettre un point final à cette souffrance.
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