Chapitre trente-huit

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Le lendemain fut plus rude encore que le matin où Liam l’avait fait courir. Le réveil sonna bien trop tôt au goût de Gwen. Il s’agita et ouvrit les yeux avec juste une envie de brûler le con qui s’était dit que le travail, ça élevait l’homme. Ça ne l’élevait pas mais ça le forçait à se lever, ça c’était acquis. Il repoussa la couette et s’assit dans le lit. Clément l’avait quitté depuis un bon moment, la place à ses côtés était froide. Il espérait que son nouvel amant avait au moins dormi quelques heures et n’avait pas passé la nuit à s’inquiéter de l’évolution de leur relation et de cette première fois hésitante.

Bien sûr, s’il devait être honnête, Gwen avait connu mieux au niveau physique. Mais dans les sentiments, il ne s’était jamais senti aussi transporté. Il comprenait, il ressentait enfin. L’exception qui confirme la règle comme disait Laurie, la personne, la bonne personne qui allait activer ce bouton dans son cœur et le faire marcher pour elle. Il descendit les escaliers et gagna la cuisine. Clément était déjà en train de lui verser une tasse de café. Et il était habillé.

« J’allais aller te chercher, on n’est pas en avance. »

Gwen s’avança jusqu’à Clément et laissa son front tomber contre le torse du plus âgé. Peut-être que Josh et ses amis avaient raison, il avait une légère fixation pour les hommes plus âgés. Il pouvait se comporter comme un gamin avec Clément et il aimait ça.

« Bonjour, marmonna-t-il.

— Tu parles sans café ? ironisa Clément tout en reposant la tasse de café pour l’entourer de ses bras.

— Je fais un effort pour mon homme. »

Clément tiqua à l’appellation puis sourit. Il n’avait jamais rien eu de tel de personne et ça lui plaisait. Il caressa le dos de Gwen puis lui releva la tête et l’embrassa.

« On est bien, lui assura-t-il. Je vais bien.

— Tant mieux alors.

— Mais on est sacrément en retard.

— Bah… pas tant. »

Gwen leva les yeux sur la vieille horloge murale en forme d’assiette fleurie.

« Oh bordel ! Pourquoi tu m’as pas réveillé ?

— Je l’ai fait. Trois fois. Tu m’as dit que tu arrivais.

— Et tu m’as cru ? Mon moi endormi est capable de mentir pour grapiller deux minutes de sommeil ! »

Ils se mirent à rire.

« Bon, j’oublie le petit dèj et je file m’habiller.

— Je te fais un thermos de café et je prends de quoi grignoter, dit Clément. Va te préparer, tu as à peine le temps. »

Gwen lui vola un baiser et fila, passant les mains dans ses cheveux qu’il n’arriverait certainement pas à discipliner dans un laps de temps aussi court. Bien sûr que Clément le voyait au naturel la plupart du temps mais il avait encore besoin de son identité quand il sortait. Besoin d’être lui. Et Clément comprenait apparemment et aimait tout. Oh, il allait le faire l’aimer, oui, entièrement.

Gwen et Clément travaillaient encore en binôme cette semaine, Francky et Karima étant ailleurs. Ils étaient sur un gros chantier de rénovation d’immeuble. C’était une première pour Gwen qui se frottait à l’étanchéité des toits. Pour ne pas changer, Gwen avait eu du mal à se lever et ils se faisaient un petit déj improvisé devant le chantier, en attendant de commencer.

« Alors, les gars, en train de s’en mettre plein la bouche ? »

Il y eut des rires. Clément leva la tête. L’équipe de l’entreprise de Quentin arrivait sur le chantier. Ce dernier, un peu plus loin, grimaça mais fit comme s’il n’avait pas entendu son ouvrier parler.

« Tout en finesse, bravo, fit Gwen. Je plains vos dames, messieurs, d’avoir des bourrins pareils. Enfin, non, je plains vos sœurs. La consanguinité, c’est moche.

— Oh l’enculé ! s’exclama le gars.

— Le problème actuel, c’est pas tant mon cul que ton cerveau, il doit être en train de moisir par manque d’utilisation ! rétorqua Gwen. »

Et on peut en dire autant de mon cul, pensa Gwen en lui-même, aimant se mettre des petits tacles mentaux. Parce que depuis deux semaines qu’ils faisaient l’amour, Clément ne s’était pas encore aventuré de ce côté-là.

Gwen fixa le gars, il ne se s’était jamais laissé faire, du moins quand les circonstances lui permettaient, et il ne comptait pas commencer aujourd’hui. En plus, il n’avait aucun problème avec son orientation, aucun. Que les autres en aient un suffisait largement. Puis Gwen se rappela avec qui il vivait, qui il embrassait, à qui il avait fait l’amour presque tous les jours de la semaine et il s’arrêta, soudain anxieux à l’idée de l’avoir mis mal à l’aise. Clément se leva et lui passa devant. Il regarda les hommes derrière, qui ne disaient rien, mal à l’aise. Clément dévisagea chacun des gars, il connaissait certains depuis des années sauf celui qui se croyait drôle, qu’il n’avait fait qu’entrapercevoir. Ça avait dû bien discuter dans leur boite pour que ce type se permette d’être aussi frontal.

« Bonjour Luc, ta femme, ça va ? commença-t-il. Et ta gamine, Louise ?

— Ouais… Heu, ça va, merci.

— Et toi, Habib ? La famille ?

— Je… Pourquoi tu nous parles de nos familles, Clément ? »

Clément prit une inspiration et les regarda, ignorant celui qu’il ne connaissait pas vraiment mais attrapant le regard de tous ceux avec qui il avait travaillé. Il avait mal quelque part et il leur en voulait de lui faire ça.

« J’ai été à ton mariage, Luc, j’ai monté toutes les tonnelles pour le vin d’honneur avec Karima. »

Il se tourna vers le deuxième homme qui détourna le regard.

« Je suis venu aider quand le toit de la maison de ta mère s’est envolé pendant la dernière tempête, Habib, et qu’il a fallu bâcher en urgence. »

Il jeta un regard plus long vers Quentin.

« J’étais là pour l’enterrement de ton père. Vous m’expliquez ce qui a changé pour vous ?

— La vérité peut-être, l’honnêteté, fit Habib, ne semblant pas entièrement convaincu par ce qu’il disait.

— Quoi ? Tu as besoin de savoir ce qu’il se passe dans mon lit ? continua Clément, ne lâchant pas. Parce que moi, je n’ai pas besoin de savoir ce qu’il se passe dans les vôtres. Je m’en fiche.

— C’est bon, Clément, on a compris, coupa sèchement Quentin. Les gars… »

Il fit un signe de tête pour ordonner à son équipe de commencer à sortir le matériel pour se mettre au boulot. Le dénommé Luc rompit les rangs et vint tendre la main à Clément pour la serrer puis à Gwen.

« Désolé. On n’est pas tous des gros baufs, faut pas croire.

— Ouais, vous avez juste votre quota de cons, je comprends, fit Gwen à voix suffisamment haute pour se faire entendre. »

Habib s’arrêta et se retourna. Un fin sourire se dessina sur les lèvres puis le gars poursuivit son chemin.

« Allez, on y va, fit Clément à Gwen en l’incitant à se charger du matériel.

— Attends deux minutes, s’exclama Gwen. On travaille avec eux ?

— Oui.

— Oh bordel, t’aurais pu me le dire. »

Clément se mit à rire doucement.

« Je pensais que tu le savais, Yves nous l’a dit vendredi.

— Le même vendredi où tu as travaillé toute la journée en débardeur et où je pensais juste à te ramener à la maison ? Tu t’es pas dit que j’étais incapable d’écouter un truc ? »

Luc les regarda puis s’éloigna en cachant le fait qu’il était mort de rire.

« Est-ce que tu aurais été plus… soft si tu l’avais su ? »

Gwen ricana.

« Oh, tu me connais. J’aurais été plus subtile, comme je vais l’être. En plus, le patron de cette boite me plait moyen.

— J’ai peur, là.

— Je te signale que c’est toi qui as lancé les hostilités avec eux. »

Clément leva les sourcils, il n’avait pas… enfin, pas tant quand même. Il s’était juste senti lui-même pendant quelques secondes. Étienne, Francky, Karima, Yves, tous ces gens… toutes ces personnes qui se fichaient bien de ce qu’il faisait et avec qui, voir même qui étaient heureux pour lui. Mais les regards de Quentin et de son nouvel employé étaient tout autre, encore empli de préjugés.

« Je n’ai pas…

— Si. »

Gwen se pencha et chuchota à son oreille.

« Mais tu étais foutrement bandant ! »

Ah ben quand même, enfin, c’est bien de le reconnaître, fit la voix d’un poster maudit dans sa tête.

Clément rougit, finit par sourire et sa main vint tout doucement effleurer le dos de celle de Gwen. Ils montèrent le matériel en plusieurs fois, croisant les gars dans un silence pesant, hormis Luc qui semblait trouver la situation particulièrement amusante. Quentin redescendit après avoir donné quelques consignes à ses gars. Ce n’était pas vraiment le genre de patron à aimer se salir les mains. L’équipe au complet attendait sur l’immense toit, qu’Habib les dirige. Mais l’embarras semblait demeurer.

« Bon alors, les gars, on travaille ou on s’encule ? Perso, j’ai jamais pensé que le travail, c’était la santé, commença Gwen. »

Clément porta la main à sa bouche pour étouffer le fou-rire qui montait. La subtilité venait de décéder de mort violente et soudaine. Il se sentit craquer mais quelqu’un le fit avant lui. Luc explosa de rire, suivi par Habib et finalement, quelques gars esquissèrent un sourire.

« Oh putain, le con, fit Luc. On va préférer bosser, gamin. Dur. Je sais pas si t’es habitué.

— Hum, pas très dur à mon avis, vous m’avez l’air d’être une belle bande de mou… du genou.

— Gwen, stop ! »

Luc jeta un œil à Clément.

« Tu sais le faire taire au moins, ton gars.

— Pas toujours avec des moyens conventionnels, non, répondit Clément, le visage neutre. »

Luc le regarda et un sourire naquit sur ses lèvres.

« Je savais pas que tu pouvais être drôle. »

Clément haussa les épaules, il ne le savait pas lui-même.

« Je crois que je revis, chantonna Gwen en ôtant ses chaussures de chantier et en rejoignant Clément dans la cuisine. Je te préviens, Clém, je ne veux pas entendre parler de peinture, d’enduit ou de quoi que ce soit ce soir.

— Ça va limiter les sujets de discussion.

— Oh, on n’est pas obligé de discuter. »

Gwen tendit la main et attrapa celle de Clément pour le rapprocher.

« Mais tu vas voir, je vais tellement te saouler que tu vas vraiment envie de me faire taire. »

Il lui embrassa les lèvres puis dériva sur sa mâchoire et puis son cou qu’il mordit tout doucement. C’était en lui, cette envie d’aimer à en mordre, comme si ses sentiments débordaient et qu’il ne voyait plus que ça pour manifester son amour. Il se maîtrisa et laissa ses dents griffer la peau en douceur. Ses mains s’insinuèrent jusqu’au jean et fit sauter les boutons du pantalon. D’un coup, Gwen tendit la main et éteignit le gaz sur lequel était posé une poêle pour faire il ne savait quoi et il s’en fichait bien. Il avait envie de tellement plus, il se rappela comment avait été Clément, ce matin, avec les gars de l’autre boite. Pas provocant et rogue comme pouvait l’être Gwen, il avait pointé les contradictions des gars et la bêtise de leurs réactions de façon posée. Et… Oh clairement, rien que d’y repenser, ça rendait Gwen tout chose. Il poussa Clément très lentement jusqu’au mur le plus proche et le cala contre. Il s’agenouilla ensuite pour ouvrir complètement le pantalon sans quitter Clément des yeux.

« Des moyens conventionnels ? demanda Gwen avec un petit sourire.

— Je pensais que tu aurais oublié, chuchota Clément, mal à l’aise et excité à la fois.

— Tu plaisantes ! J’y ai pensé toute la journée ! »

Gwen effleura de sa bouche le sous-vêtement sous lequel se devinait le sexe tendu.

« Gwen…, s’étrangla Clément. »

Le plus jeune leva la tête et plongea ses yeux dans ceux de Clément. Il n’avait aucun problème à être à genou devant lui, il aimait même l’idée de le vénérer ainsi, tout doucement, jusqu’à le faire vaciller.

« Clém, tu me fais confiance ? »

Clément s’adossa complètement au mur et expira.

« Oui… »

Gwen descendit le pantalon puis le boxer. Clément le regarda faire puis ferma les yeux. Il les rouvrit aussitôt. Il n’y aurait pas la voix de Gwen pour lui dire que tout allait bien et pour l’aguicher de mots. Alors, il ne quitta pas des yeux le plus jeune et le noir bleuté de ses cheveux. Oh bien sûr, il ne put manquer de voir ce que le plus jeune faisait avec sa bouche… et de le ressentir. Ça en doublait les effets, son corps et son esprit s’unirent l’espace de quelques minutes pour se dire.

C’est Gwen et c’est bien.

C’était même plus que bien. Et il eut du mal à se contrôler. Il sentit qu’il allait venir bien trop vite.

« Gwen… ralentis…, murmura-t-il en éloignant le visage du plus jeune. »

Le brun leva la tête vers lui, interrogatif.

« Si tu continues comme ça, je vais jouir…

— Au cas où tu l’aurais pas remarqué, c’est un peu le but. »

La main de Gwen avait pris le relais de sa bouche et continuait une caresse lascive, maintenant l’excitation de Clément. Ce dernier se réadossa contre le mur, montrant qu’il avait envie de poursuivre. Gwen se mit à l’œuvre, non, il n’avait pas de problème à être à genoux s’il mettait Clément dans cet état. Et puis, il était toujours prêt à faire ses dévotions à son dieu, qui finalement, ne s’en sortait pas si mal dans les miracles. Il passa les mains sur les fesses de Clément, découvrant les muscles fermes. Il le maintint en serrant ses doigts sur la peau. Alors que Clément le prévenait de l’imminence de sa jouissance, il ne se recula pas.

Gwen se releva et se cala contre Clément alors qu’il reprenait son souffle.

« J’aime les moyens non conventionnels, murmura-t-il.

— Moi aussi… »

Clément se repoussa du mur mais se laissa aller contre Gwen.

« On continue dans le lit ? proposa-t-il.

— Le tien ? Le mien ?

— Le tien, il est plus près. »

La version colocation du chez toi, chez moi, pensa Gwen en pouffant. Il entraîna Clément jusqu’à la chambre et referma la porte, laissant le jour se coucher dehors alors qu’ils se déshabillaient l’un l’autre avec des gestes lents. Et que Clément redécouvrait le corps de Gwen, léchant la sueur sur l’encre de sa peau, ce qui fit frémir son compagnon.

Il descendit le long du corps fin et eut ce même reflexe de lever la tête pour capter le regard, sachant l’excitation que ça lui avait provoquée une dizaine de minutes auparavant.

« Clém ? Je peux te demander quelque chose ? chuchota Gwen. »

Clément hocha la tête, appréhendant ce que Gwen allait exiger. Il n’était pas sûr de pouvoir accepter qu’il lui frôle seulement les cheveux dans ces moments-là. Mais le plus jeune se releva un peu et attrapa un petit tube dans un sac. Puis il le regarda sans aucune honte, sans se cacher.

« Tes doigts… je les veux en moi…, murmura-t-il. Enfin, si l’idée te plait… »

Clément resta interdit durant quelques secondes puis sourit. Il n’avait pas osé mais si Gwen lui demandait.

« Oh, ça va me plaire, je crois, murmura-t-il. »

Et en effet, il aima voir les réactions de Gwen. À chaque fois qu’il put, il releva les yeux vers le visage de son amant et le trouva magnifique au travers des expressions qui passaient sur son visage. Parce que c’était Gwen et qu’il ne mentait pas, ne manipulait pas. Il recherchait, appréciait son plaisir sans faux-semblant, sans se demander si c’était bien ou non, dans la norme ou pas, si sa virilité ne s’en trouvait pas affectée, assumant de trouver son plaisir là où son corps lui soufflait de le faire.

Ils se douchèrent dans la salle de bains attenante.

« Ça fait un bien fou, murmura Gwen alors qu’il passait la tête recouverte de shampooing sous l’eau. Rentrer, faire l’amour comme si on n’avait rien d’autre à penser ! »

Soudain, les deux hommes s’arrêtèrent et se fixèrent un moment, chacun sentant qu’il y avait quelque chose à se rappeler mais quoi.

« Il y avait un truc de prévu, non ? On avait bien quelque chose à faire ce soir ?

— Hmm… Je veux pas dire Clément mais c’est pas comme si on avait une vie trépidante. Faudra remédier à ça d’ailleurs, fit Gwen en se débarrassant de la mousse et en sortant de la douche, attrapant la serviette tendue par Clément.

— Oh, ce n’était pas assez trépidant ? »

Gwen gloussa et se colla dans les bras de Clément.

« Je parlais en dehors d’un lit. Même si j’adore notre programme… faire l’amour, dormir… »

Gwen eut un clin d’œil coquin et Clément n’eut même pas le temps de se sentir embarrassé que son amant continua…

« Et bosser, manger… »

Ils eurent l’illumination en même temps.

« Les courses, fit Clément.

— Le drive ! s’exclama Gwen de son côté. Bon dieu, ça ferme à quelle heure, ce truc ? J’ai encore le temps ?

— Largement, on n’a pas été si trépidants que ça. »

Gwen sourit et embrassa son compagnon.

« On vise pas la performance, on vise le plaisir, cita Gwen en reprenant le devise de la guilde de Clément. »

Puis il s’approcha un peu plus et rajouta.

« Et c’était juste là, oui. Merci, j’ai adoré. »

Clément se sentit monter en température un peu trop vite. Il attrapa Gwen et l’embrassa pour cacher son embarras et ce semblant de fierté qui l’emplissait. Après tout, c’était agréable d’entendre qu’il avait donné du plaisir à Gwen.

Il finit de se sécher tranquillement et noua sa serviette autour de sa taille avant de chercher ses vêtements éparpillés autour du lit alors que Gwen s’habillait à toute vitesse.

« Je file ! hurla Gwen alors qu’il sortait de la chambre.

— À tout à l’heure. »

Clément prit quelques minutes pour redescendre de son petit monde, de ses sensations. Quand Gwen était là, la sensation au creux de son ventre s’effaçait.

Dans son for intérieur, il avait déjà pris la décision, il fallait juste maintenant la mettre en pratique, ne plus reculer mais ne pouvait le faire sur un coup de tête, il voulait que ce soit parfaitement réfléchi, conscient. Quand il fut prêt, Clément s’assit et prit son téléphone en main. Il le regarda pendant un petit moment avant d’enfin composer le numéro. Il sentit ses mots se perdre au début mais la personne au bout du fil le comprit et prit le temps de l’écouter, de le guider. Il posa son téléphone et regarda l’enveloppe griffonnée devant lui. Un fouillis de mots, de noms, de lieux et de numéros qui était censé lui apporter une solution, ou tout du moins un mieux-être.

Parce qu’il le sentait maintenant, dès que Gwen s’éloignait, le froid qui s’insinuait et il ne voulait pas être ainsi, dépendant de la lumière de son compagnon. Il souligna un numéro et le composa. C’était le premier pas.

Clément n’était pas encore endormi quand son téléphone vibra. Il tendit la main et le récupéra sur la table basse. Il fronça les sourcils, sentant la peur s’insinuer à l’idée que Thierry insiste à nouveau, avant de voir l’appelant. Il eut une inspiration rapide mêlée de soulagement et d’inquiétude et il décrocha.

« Étienne ?

— Clém, désolé de te déranger. »

Clément se mit à sourire à moitié et répondit :

« Tu ne me déranges jamais. »

Il y eut un silence à l’autre bout.

« Étienne ?

— Pardon. J’ai un problème et j’ai besoin de toi. »

Clément se releva dans le canapé.

« Tu vas bien ?

— Oui, ne te fais pas de souci. C’est le bar. Quelqu’un a pété la vitrine, Max m’a prévenu, je suis sur place. »

Étienne soupira.

« L’assurance me dit que personne ne peut intervenir avant demain matin. Sauf qu’il flotte et que l’eau rentre… Je veux bien être couvert mais si je peux éviter de changer le sol… »

La voix d’Étienne se fit plus lointaine comme s’il avait abaissé son téléphone.

« Les enfants, je suis pas sûr que l’urgent, là tout de suite, maintenant, ce soit de vérifier le whisky ! s’exclama son frère. Oh bon sang ! »

Clément se leva complètement. Ce n’était pas le moment de ressentir ce genre de chose mais il était content que son frère l’ait appelé à l’aide. Son cadet adorait son bar, c’était presque comme sa deuxième maison, il le savait, et Étienne devait être sous le choc, ses sourcils s’agitant dans tous les sens.

« Ne t’en fais pas, je vais aller chercher de quoi colmater. Tu peux mesurer la hauteur et la longueur que j’ai une idée précise de ce qu’il te faut ?

— Oui, je vais le faire… »

Il y eut un bruit derrière Étienne et Clément entendit un long soupir d’exaspération sortir de la bouche de son jeune frère.

« Bon, toi, tu poses ça et tu restes à un endroit où on peut te voir ! Et tu ne touches à rien ! s’écria Étienne. »

Clément se mit à pouffer malgré la situation.

« Je vais réveiller Gwen et on arrive. J’imagine qu’on sera pas de trop de trois pour…

— J’ai les grands gamins avec moi mais on va dire que y’en a qu’un qui est vraiment utile. L’autre, faudrait l’attacher. »

Il y eu une exclamation outrée derrière lui.

« Et le bâillonner aussi, ajouta Étienne. »

Clément éclata de rire. Si les aînés de Christen étaient comme Mathieu, il était urgent qu’il vienne en aide à son petit frère.

« Ce n’est pas drôle, Clém.

— Désolé. On arrive, envoie tes mesures dès que tu peux.

— Je vais essayer… »

Étienne marqua une pause et poussa un soupir :

« Je me demande s’il peut seulement tenir un mètre sans faire de bêtises. »

Bonsoir, désolé, c'est un postage à l'arrache, si y'a des fautes, dites-le moi, merci !

A bientôt.

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"Je t'aime".
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