Chapitre trente-sept

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Gwen n’avait pas osé réinvestir la chambre de Clément malgré ce qu’il lui avait dit dans la cuisine, et le fait qu’ils aient dormi ensemble les deux nuits où ses amis étaient là. Bon, Gwen n’avait aucun souvenir de s’être endormi avec Clément parce qu’il ne tenait absolument pas l’alcool. Ce soir, Gwen tardait le plus possible à se coucher, le réveil du lendemain allait faire mal. Il jouait sur son téléphone, ne s’étant pas encore changé pour la nuit, et ça le démangeait de trouver une excuse pour aller voir Clément. Est-ce qu’un baiser relevait d’une quelconque urgence ? Est-ce qu’un déshabillage, suivi d’un culbutage intensif était une excuse suffisante ? Ah, il fallait qu’il arrête, même si Clément avait manifesté un peu plus d’envie, ça n’allait pas être d’actualité tout de suite malgré l’assurance dont il avait fait preuve peu de temps auparavant. Il soupira et ferma l’appli quand son téléphone sonna. Il décrocha en voyant le nom de Clément.

« Tu sais que je suis à dix mètres de toi ? Peut-être moins sur tu passes à travers le plancher. Je veux bien que tu épargnes tes vieilles jambes mais quand même…

— J’ai envie de toi, Gwen. »

Le brun s’étrangla avec sa propre salive et ne put rien dire pendant quelques secondes, couvrant le micro de sa main et toussant comme un demeuré. Non mais on n’avait pas idée de faire un truc aussi mal foutu que de réussir à s’étrangler soi-même. À un moment, fallait que les dieux se concertent un peu pour la création du bordel, enfin ! À croire qu’il n’y avait que le dieu de la luxure qui prenait son job au sérieux. Quoiqu’en ce moment, il était vraiment au minimum syndical. Mais si là tout de suite, son dieu se réveillait, Gwen était prêt à faire des prières ! À genoux bien sûr !

« Pardon, s’excusa Clément, je ne voulais pas te...

— Je monte, coupa Gwen, réussissant enfin à articuler. Garde cette envie en tête ! Ou ailleurs ! Ailleurs surtout. »

Clément inspira doucement et ferma les yeux quelques secondes. Il ne savait pas ce qui lui avait pris. Enfin, si, il avait quand même bien une idée. Il voulait Gwen et il voulait que ce dernier en soit persuadé. Pas qu’ils restent dans cet immobilisme tendu où Clément ne semblait pourvoir rien offrir, rien donner, juste des promesses d’un futur qui tardait à arriver. Quand il entendit deux bruits sourds contre sa porte et que cette dernière s’ouvrit, il rouvrit les yeux et fixa Gwen qui se faufila dans la chambre. Son ventre se noua sous le sentiment qu’il ressentait. Il en avait envie, profondément envie. Mais il ne savait pas s’il était prêt.

Gwen s’avança sur le lit et y posa le genou. Puis il s’inclina et avança à quatre pattes jusqu’à Clément jusqu’à pouvoir se glisser contre lui. Clément l’accueillit dans ses bras et le serra. Gwen était plus léger que Thierry et ne lui donnait pas cette sensation d’oppression quand il le surplombait.

Les lèvres de Gwen se posèrent sur les siennes. Clément sentit l’hésitation dans ce baiser léger. Gwen, hésitant, ne sachant que faire avec sa bouche, de sa langue, c’était l’ordre naturel des choses qui était bouleversé ! Clément esquissa un sourire, rendit le baiser. Et d’un petit coup de langue sur la lèvre inférieure de Gwen, signala qu’il voulait beaucoup plus, là, maintenant tout de suite. Dès que le brun entrouvrit les lèvres, Clément se hâta de guider sa langue à l’intérieur pour aller effleurer celle de Gwen. C’était tellement bon de frémir à ce petit contact.

Juste un frôlement de leurs langues et Clément sentit son ventre se serrer davantage, comme si toute l’envie du monde se concentrait dans son corps. Ce n’était pas assez. Il accrocha sa main sur la nuque de Gwen et l’attira plus près, pour qu’il puisse vraiment le goûter complètement.

Gwen attrapa ses hanches et le tira lui aussi, plaquant leurs entrejambes l’une contre l’autre. Clément émit un son étouffé. Il sentait le sexe tendu de Gwen contre lui. Et tout aussi surprenant, le sien réagissait également, très vite et très bien. Et il réagit encore plus quand Gwen pencha la tête pour accentuer le baiser et initia des caresses.

Leurs langues ne se quittaient toujours pas. Clément n’y croyait pas. Gwen embrassait comme il parlait, sans jamais reprendre son souffle. Clément finit par interrompre le baiser mais garda la main plaquée contre la nuque du plus jeune, ne souhaitant pas le voir s’éloigner.

Gwen embrassa le cou de Clément, sentant pulser la carotide sous ses lèvres, il aurait été un vampire, il l’aurait mordu. Le pouls était rapide contre sa bouche, emballé. Presque trop.

« Tout va bien ? demanda Gwen.

— Oui. »

En effet, ça devait aller puisque l’autre main de Clément vint caresser tout doucement le ventre de Gwen, soulevant le tee-shirt et le pull d’un même mouvement.

Le plus jeune se recula et tira l’ensemble pour l’enlever et le jeter au sol, se retrouvant torse nu devant Clément, dévoilant le tatouage. Est-ce qu’on pouvait être ébloui par des rayons d’encre noire ? se demanda Clément. Il sourit à sa pensée.

« J’en demandais pas tant.

— Je suis généreux, je donne, tu profites. Trop tôt ?

— Non, absolument pas. »

Clément hésita puis se releva et tendit les mains pour toucher Gwen du bout des doigts. Gwen le regarda faire en retenant son souffle. Clément caressa son ventre avec délicatesse, puis remonta, fit un détour pour frôler ses mamelons avec hésitation. Il gagna les rayons du soleil dont il traça les contours. Puis ses lèvres se posèrent sur les sillons d’encre pour y déposer des baisers et y faire courir sa langue. Gwen prit une profonde inspiration. Il l’avait senti à chaque fois et le ressentait encore, cette sensualité émanant de chaque geste de Clément. Et il voulait le laisser faire, le laisser expérimenter. Clément le repoussa et l’allongea tout en continuant ses baisers sur le corps de Gwen, allant cette fois-ci titiller les tétons de sa langue. Le brun se laissa aller dans un murmure appréciateur.

Il tendit les mains vers le tee-shirt de Clément, le souleva et lui enleva. Clément se recula en s’asseyant sur ses talons, soudain apeuré. Gwen le regarda, passant sa langue sur ses lèvres. Il n’avait pas eu beaucoup le loisir pour détailler le corps de Clément, à peine quelques baisers la dernière fois, et il en profita en se relevant.

« Mon dieu, Clém…, murmura-t-il.

— Désolé.

— De quoi, putain ? Tu es parfait. »

Il ne l’était pas, bien sûr. Mais il l’était aux yeux de Gwen. Les mains du brun vinrent enserrer la taille et le rapprocher. Il l’embrassa et prit tout son temps pour caresser la peau à nue. Clément sentit quelque chose d’absolument indescriptible à chaque effleurement, et suivit des yeux les mains de Gwen qui jouaient sur son corps. Elles décidèrent de caresser son ventre puis son torse, passant sur les muscles, les faisant se rétracter comme un réflexe incongru. Il ne voulait pas penser et en même temps, son cerveau semblait vouloir l’attirer sur un terrain où il ne voulait pas aller.

Il attrapa les mains de Gwen et le repoussa pour le rallonger, il s’allongea contre lui et laissa leurs torses entrer en contact. Gwen, c’était Gwen et il l’aimait, il le désirait, il voulait faire tant de choses au brun que ça le déstabilisait profondément. Il n’avait plus souhaité ça depuis si longtemps, c’était enivrant de désirer donner du plaisir. Il se laissa aller dans le cou du brun et laissa passer un long frisson. Gwen vint passer la main dans les cheveux châtains en un signe d’apaisement.

« C’est pas grave, Clém…, murmura Gwen, se méprenant sur son attitude.

— Ne crois pas t’en tirer à si bon compte, menaça Clément en se relevant. »

Il posa les yeux sur Gwen.

« J’ai encore plein d’idées à mettre en pratique à ton sujet.

— Oh mais je t’en prie, fais. Je peux t’en souffler quelques-unes si besoin, sourit Gwen.

— Est-ce que… ? »

Clément prit une seconde, il savait ce qu’il voulait dire, c’était important mais il chercha ses mots pendant quelques secondes.

« J’ai des capotes, du lubrifiant et une carte de fidélité au sex-shop non loin, plaisanta Gwen, si c’est ce que tu veux savoir.

— Non ! Enfin, si !

— Intéressant, sourit Gwen.

— Oh bon sang…, marmonna Clément. »

Gwen se releva et posa un baiser léger sur les lèvres du châtain.

« Vas-y, dis-moi.

— Niveau test ? »

Le brun comprit immédiatement.

« C’est ok pour moi, je fais attention et je fais des tests régulièrement, par acquis de conscience. Le dernier était négatif. Et toi ?

— J’ai eu les résultats il y a quelques semaines. Négatif aussi. »

Gwen fronça les sourcils.

« Tu as fait un test il y a peu ?

— Est-ce qu’on peut ne pas en parler maintenant ? S’il te plaît. »

Gwen hocha la tête, il devait avoir des milliards de choses que Clément ne lui avaient pas dites.

« On reparle de ma carte de fidélité ? demanda-t-il.

— Non plus, non, rit Clément. On arrête de parler. »

Le plus âgé reprit les lèvres de Gwen entre les siennes, voulant éloigner les souvenirs de la tromperie de Thierry et l’inquiétude qui avait suivi. Il faisait confiance à Gwen. Encore une fois, il poussa doucement le plus jeune pour l’allonger, ses yeux descendant sur le corps, et ses mains suivant pour poursuivre la caresse.

Clément arriva sur le pantalon de Gwen et le déboutonna. Ils échangèrent un regard très rapide, avec un assentiment d’un côté et de l’autre. Le châtain abaissa le pantalon, le sous-vêtement vint avec, ce qui laissa Clément quelque peu interdit.

« Le problème des futs moulants, ricana Gwen. Ça flingue le suspense. »

Sans un mot, Clément fini d’ôter les vêtements avant de les jeter sur le sol. Le sexe de Gwen se dressait devant lui, presque comme un défi. Clément se pencha sur les lèvres de Gwen tout en jetant un coup d’œil hésitant à l’érection de Gwen.

« Attends, l’interrompit Gwen en se relevant et en portant les mains sur le torse de Clément avant de descendre jusqu’au boxer. Je veux te déshabiller moi aussi. Complètement. »

Clément le rallongea à nouveau, presque autoritaire. Mais sa voix trembla quand il demanda :

« S’il te plait, ne bouge pas, pas pour l’instant. Ne bouge pas, je t’en prie, ne me touche pas pour l’instant… s’il te plait… »

Gwen le fixa et croisa ses bras derrière la nuque, se forçant à ne pas aller à la rencontre de Clément. Finalement, il ne semblait pas en avoir tout à fait fini avec la frustration. Mais il n’allait clairement pas se plaindre. D’ailleurs, il allait reprendre un abonnement chez son dieu.

« Ok, dit-il. Je vais te laisser faire et je ne bougerai pas d’un poil. Ça te va ? »

Clément sourit puis se mit à rire en voyant la position de Gwen.

« Espèce de pacha ! »

— Tout à fait ! »

Clément le fixa sérieusement.

« Merci Gwen.

— Oh mais je t’en prie. Si je peux rendre service comme ça, c’est quand tu veux. »

Clément se pencha et embrassa le plus jeune, cherchant encore le contact de sa langue.

Il aimait cette langue, autant quand elle parlait que quand elle l’embrassait. Il en profita encore de longues secondes avant de la laisser pour descendre et entreprendre une autre activité tout aussi intéressante. Le sexe de Gwen eut ce petit mouvement d’attente, presque d’impatience quand Clément s’en approcha. Il leva la tête et contempla Gwen. Ce dernier darda sa langue entre ses lèvres et la fit jouer au centre sa lèvre supérieure, manifestant son envie sans pudeur, ses mains toujours sagement immobilisées sous sa tête.

Sans s’en rendre compte, Clément inspira et imita Gwen comme un miroir, humidifiant ses lèvres, ce qui rendit le brun encore plus en attente de ce qui allait se passer.

« Tu peux m’arrêter avant que tu…, commença Clément, le faisant sonner plus comme une demande timide que comme un ordre. Je ne tiens pas à…

— Clément, je l’aurais fait de toute manière... »

Gwen s’obligea à se pas se relever pour enlacer son compagnon. Il sentait qu’il y allait avoir un gros travail à faire dans le domaine du respect en matière de sexe, Clément n’avait plus aucun repère. Et ça commençait ce soir, il allait lui montrer ce qu’un amant décent était censé être.

Clément baissa les yeux sur le sexe tendu et y porta la main, le caressant de la paume puis l’enserrant de ses doigts. Il n’avait rien à prouver à Gwen, ou à lui-même. Il voulait juste laisser monter ce qu’il ressentait jusqu’à avoir le courage de laisser parler son envie. Ça ne prit pas très longtemps. Il releva les yeux et fut happé par le regard sombre de Gwen. Le désir envahit Clément jusque dans la plus petite de ses cellules et il se pencha. Il décidait. Il donna un petit coup de langue et eut un soupir en retour. Ses lèvres s’enhardirent sur le sexe de Gwen, laissant le désir effacer toute appréhension. C’était Gwen et c’était bien. Il voulait faire ça à Gwen. Pas parce qu’il y était contraint par la peur, mais parce qu’il le désirait. Il accéléra, ajoutant sa main à ses lèvres et sentant que Gwen appréciait.

Le brun finit par s’emballer et sortit de sa réserve, il voulut porter la main aux cheveux de Clément et s’arrêta juste avant de le faire, serrant ses doigts et s’obligeant à ramener sa main derrière sa nuque. Ne pas le toucher… Ses doigts se serrèrent sur la peau de son cou et il agrippa ses propres cheveux, se concentrant sur ses sensations. À défaut de pouvoir toucher, il ouvrit grand les yeux et regarda la bouche de Clément aller et venir sur son sexe.

« Oh mon dieu, Clém, haleta Gwen, au bout de plusieurs minutes de ce traitement. »

Gwen le repoussa quelque peu vivement avant de prendre son sexe en main et de terminer avec quelques mouvements expéditifs, dans un grognement sourd. Clément le regarda jouir avec fascination et une profonde satisfaction. Gwen était l’expression même de l’allégeance au plaisir. Et c’était Clément qui lui avait donné, librement.

« Ton dieu ? Toujours le même ? rit Clément.

— J’en changerais pas, c’est un pro des miracles, souffla Gwen. »

Clément se leva et attrapa une serviette de toilette sur une chaise. Il la lança avec habilité à Gwen. Une fois nettoyé, Gwen se rapprocha de Clément, assis sur le lit, et l’entoura de ses bras.

« Merci. »

Clément hocha la tête sans un mot, il avait aimé le faire.

« Est-ce que je peux te déshabiller maintenant ? demanda Gwen. »

Il se sentait particulièrement serein après l’orgasme et il avait envie que Clément partage cette sensation avec lui. Clément acquiesça et Gwen l’embrassa, soudain extrêmement pressé de poser ses mains de partout sur Clément, il avait été frustré de ne pas pouvoir bouger mais avait compris le besoin de contrôle de Clément. Il caressa le torse finement musclé et descendit tout doucement jusqu’au sous-vêtement qu’il enleva. Puis il prit le sexe tendu en main, trop impatient.

« Non…, murmura Clément en l’écartant. »

La confiance en lui s’effondrait, les mots blessants revenaient dans sa tête et il tentait de ne pas les entendre.

« J’en ai envie, souffla le châtain, mais…

— Écoute ma voix, Clém, comme la dernière fois. »

Gwen se laissa glisser contre son amant et embrassa son cou jusqu’à ce que ses lèvres s’arrêtent à quelques centimètres de son oreille.

« J’ai envie de toi, Clément… envie de te toucher, de t’embrasser partout… »

Gwen se mordit les lèvres et continua doucement.

« Ferme les yeux… Il n’y a que nous deux et tout est bien… Tu es en sécurité. Et je t’aime. »

Les yeux gris se fermèrent et Clément bascula lentement sa tête en arrière, laissant à Gwen la possibilité de se nicher dans son cou pendant de longues secondes, l’embrassant avec tendresse. Puis Gwen se déplaça et se pencha au-dessus de Clément, sans pour autant basculer sur lui. Il déposa un baiser sur les lèvres et les ouvrit d’un coup de langue bien placé. Gwen continua les caresses et fixant Clément, il amena sa main jusqu’au sexe sans interrompre leur échange visuel. Au dernier moment, Clément le repoussa.

« Je ne peux pas…

— Ok. »

Gwen attrapa alors la main de Clément et l’incita à se caresser lui-même, ce qu’il fit plus facilement, non sans rougir. Gwen recouvrit sa main de la sienne.

« Tu as juste à écouter ma voix, Clém. »

Il interrompit le baiser et resta là, tout prêt des lèvres de Clément, à lui chuchoter tout ce qu’il avait envie de lui faire. Et le dieu de la luxure l’avait bien pourvu, niveau imagination.

« Si je pouvais, je t’embrasserais de partout, Clém, je te lècherais sur tout le corps et je ferais comme je t’ai promis alors que tu étais si loin de moi, je te prendrais dans ma bouche et je…

— Je crois que c’est plus gênant de t’entendre le dire que… le reste, fit Clément en rouvrant les yeux et en les plongeant dans ceux de Gwen.

— Oh, parce que tu crois que t’es au max de la gêne que je peux provoquer juste avec mes mots ? se marra Gwen. Tu me sous-estimes tellement, Clém, j’en suis qu’au début. »

Clément le fixa, détourna un peu le regard mais sourit. Gwen continua à parler encore, et sa main finit par imposer le rythme à celle de Clément, montant et descendant le long de son sexe. Mais pour autant, Gwen ne s’arrêta pas de parler, entrecoupant son monologue de baisers langoureux et de caresses appuyées. Jusqu’à ce que Clément ne se rappelle plus de ce dont il avait peur. Il ne sentait plus que l’urgence de son corps à lâcher prise et il enleva sa main pour que Gwen ait toute latitude pour le masturber, d’une poigne douce mais efficace.

« Parle-moi, supplia Clément alors que Gwen se taisait pour se concentrer sur ce qu’il faisait.

— Je t’aime, Clément. J’ai jamais aimé comme ça. »

Et ce ne fut pas tant les mots coquins qui eurent raison de Clément que ces mots d’amour. Et la certitude, presque absolue, qu’il allait pouvoir revivre un jour. Quand il aurait posé son fardeau.

Ils échangeaient des caresses depuis de longues minutes, se rassasiant du toucher de l’autre, s’embrassant très légèrement. Jusqu’à se caler, Clément sur le dos et Gwen collé contre son flanc. Et ils reposèrent ainsi un long moment, à la limite du sommeil parfois pour Gwen. Clément n’osait rien dire mais les doutes refaisaient surface dans son esprit. Il se connaissait, s’il se mettait à parler, il allait dire qu’il était désolé. Il crut que Gwen s’était endormi et tenta de se lever.

Son compagnon ouvrit les yeux, se releva sur son coude et le fixa intensément. Puis les doigts vinrent tapoter sur le front de Clément.

« Stop, ordonna Gwen. N’y pense pas.

— À quoi ?

— Je sais pas mais arrête d’y penser. Enfin, sauf si tu penses à recommencer. Là, vas-y. »

Gwen sourit, ne lâchant pas Clément du regard. Puis il l’embrassa. Leurs langues se mêlèrent à nouveau. Gwen bascula sur lui avec une lenteur presque calculée et une de ses jambes vint se glisser entre les siennes. Puis une deuxième, les écartant jusqu’à ce que Gwen soit collé contre lui, entre ses cuisses. Et qu’il sente le sexe pas encore complètement dur contre ses fesses. Clément ressentit l’envie le quitter brusquement. Peut-être que Gwen voudrait autre chose cette fois et il ne le souhaitait pas. Pas encore.

« Gwen… »

Le plus jeune s’arrêta.

« C’est toujours toi qui décides, Clém. Qu’est-ce que tu veux ?

— Pas ça. »

Gwen s’arrêta devant la peur qu’il entendait dans la voix.

« Je… Je ne suis pas sûr d’arriver à aimer à nouveau, avoua Clément, tentant de justifier son refus.

— Ok, répondit Gwen en hochant la tête. »

Ce n’était nullement une obligation et chacun avait le droit d’apprécier ou pas. Il y avait cette certitude ancrée pour la majorité des gens que les hommes homosexuels devaient tous adorer pratiquer la sodomie.

« Tu aimes vraiment ? demanda Clément. Au point que ça en devienne un problème ? »

Gwen réfléchit quelques secondes.

« Je vais pas te mentir, Clém. Oui, j’aime ça. Mais non, ça ne sera pas un problème. Ce sera sans doute… un peu frustrant. Mais rien que je ne puisse surmonter, je pense. Surtout si l’inverse te tente, ajouta-t-il avec un petit clin d’œil. »

Il ne serait pas le premier mec qui n’aurait pas tout ce qu’il désire dans un lit et il y avait bien d’autres manières de prendre son pied. Peut-être que son dieu avait une double casquette en fait, luxure et frustration, c’était un poil moins vendeur.

« C’est comme si j’étais un enfant dans un glacier, j’ai envie de goûter à tous les parfums, continua Gwen. Je sais pas si je suis clair…

— Si, tu l’es. Désolé.

— Non, Clém, ne le sois pas. J’ai envie que tu en aies envie ! Que tu aies envie de me faire confiance. Mais pas parce que tu t’y sens contraint ou pour me faire plaisir.

— C’est moi qui décide, dit Clément.

— Oui. Mais je vais te dire quelque chose, ce que tu vas vivre avec moi, ça n’a aucune commune mesure avec ce que tu as pu vivre avec lui. On fait l’amour, Clém. Et on fera à chaque fois l’amour. »

Clément baissa les yeux et acquiesça, complètement envouté par les mots si simples et si directes.

« Laisse-moi le temps. »

Gwen se mit à sourire.

« Oh, je savais que ça allait prendre du temps de t’apprivoiser. Mais t’es quand même bien pire que le renard, je pense.

— Je n’ai pas du tout envie de demander, rit Clément.

— Mais si, t’en meurs d’envie, ça se voit, se moqua Gwen.

— Non, absolument pas. »

Clément repoussa un peu Gwen et ils reprirent leurs places sagement.

« Bon… explique-moi, finit par demander Clément. »

Gwen sourit et il dit à quoi il faisait référence.

« Tu sais que le petit prince quitte le renard à la fin du chapitre, murmura Clément.

— Aucune chance que je parte, Clém. »

Gwen pouffa.

« Parce que t’as une bien plus jolie queue que le renard.

— Oh mon dieu ! soupira Clément.

— Ah, ça y est, je t’ai converti ! rigola Gwen. »

Bonsoir, bonsoir,

j'espère que vous allez bien et que ce chapitre vous a plu. Trop ou pas assez, c'est toujours un peu compliqué de doser dans les scènes olés. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.

Merci et bonne soirée.

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